Interview de Jean Niger, directeur d'organisation de l'Essor Breton

Le 28/07/2005 12:24

Interview de Jean Niger, directeur d'organisation de l'Essor Breton : "le cyclisme français manque de jeunes vraiment motivés."

Pouvez-vous nous présenter l'Essor Breton ?
"L'Essor Breton est la plus ancienne course amateur française depuis le retrait de la Route de France. C'est la doyenne des courses par étapes. Nous en serons à la 48ème édition en 2006. Le programme est déjà établi. Nous partirons de Plougasnou pour nous diriger dans la région de Lorient et terminer sur Plougourvest. Nous avons un partenariat avec la Communauté d'agglomération du Pays de Lorient et nous organiserons donc un contre-la-montre par équipes et deux arrivées d'étapes là-bas."

Quel est le palmarès de l'épreuve ?
"L'Essor Breton a débuté en 1958 avec pour premier vainqueur André Foucher, qui fut tout de même une figure du cyclisme français. Au niveau international, le vainqueur de l'Essor Breton 1997 a quand même été un certain Alexandre Vinokourov. En 1999, c'était Benoît Poilvet. Cette saison, la victoire est revenue à Samuel Plouhinec, avant qu'il ne se fracture le rocher au Tour de Vendée. On souhaiterait relancer le niveau amateur des équipes de Division Nationale 1."

A ce jour, l'épreuve est organisée au mois de mai...
"Oui, mais nous souhaiterions l'organiser au mois de juin, qui est une période plus propice car les équipes sont plus disponibles. Elle se placerait ainsi en guise de course de préparation au Championnat de France. Je pense que ça intéresserait davantage les équipes de DN1 de participer à l'Essor Breton à ce moment-là car actuellement, nous sommes toujours en concurrence avec la manche de Coupe de France de DN1, Tarbes-Sauveterre. De ce fait, nous nous retrouvons avec des équipes de DN1 mais jamais l'équipe numéro une. Nous avons en revanche le droit aux équipes continentales françaises. Cette année, Bretagne-Jean Floc'h était chez nous mais Auber 93 était au Tour de la Manche, donc ce serait mieux d'avoir les deux."

Ressentez-vous l'effet ProTour à votre niveau ?
"Oui. Par exemple, la Fédération Française de Cyclisme avait autorisé les équipes continentales étrangères à venir mais, au dernier moment, ce projet s'est éteint et cela nous a mis un peu dans l'embarras puisque cela nous a privés d'une partie de la compétitivité de cette épreuve."

Comment se porte le cyclisme amateur en France aujourd'hui ?
"Je trouve que ce n'est pas très bon en ce moment car on manque de jeunes vraiment motivés, ne serait-ce qu'au niveau breton. Par le passé, en Bretagne, il y avait quand même quelques équipes qui tenaient la route. Ca devient maintenant de plus en plus rare. Une fois passés Juniors, les gars rencontrent un palier. Alors on se demande ce qu'il faut faire, s'il faut garder toutes les catégories qui existent actuellement... Je pense que c'est à ce niveau-là qu'il faut qu'on agisse."

A quoi est dû ce désintérêt des jeunes pour le cyclisme ?
"Je pense qu'il y a tellement de loisirs qui leur sont proposés qu'ils s'en détournent de plus en plus. Il fut un temps, le vélo était une manière pour beaucoup de s'en sortir. Maintenant, les coureurs ont de plus en plus de bagages et n'ont plus besoin du vélo pour vivre. C'est devenu un loisir, et un bonus pour le gars qui parvient à s'en sortir avec le cyclisme. Mais celui qui en a l'opportunité lâchera plutôt le vélo pour autre chose."

Que faudrait-il donc faire pour relancer le niveau amateur en France ?
"C'est une vaste question. Que faire pour pouvoir accrocher les gars ? Je pense qu'on leur donne trop de moyens au départ. Arrivé à un moment, ils sont presque blasés. Le moindre petit accroc les fait partir. Il faut qu'ils soient vraiment au-dessus sinon ils font ça pour leur plaisir. De plus en plus de compétitions loisirs se créent et les gars trouvent leur bonheur là-dedans. Souvent, les Régionaux vont faire une course sur les cyclosportives. Il arrive un moment où quand il s'agit de se dépasser, ils ne suivent plus. Ils aiment bien courir sur 100-120 kilomètres, trois heures, et dès qu'ils passent à 160, ça coince. C'est pourtant là que ça paie."

Propos recueillis à Fromentine le 2 juillet 2005.
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