Le premier marathon: sport olympique et discipline universelle
Les grecs ignoraient le marathon. La distance la plus longue des jeux olympiques étaient le 5000 m. La naissance du marathon comme discipline sportive date de l'ère moderne du sport avec la renaissance des jeux olympiques en 1896.
Au départ de la course, ils sont 17 athlètes dont 12 grecs. A 1h56'30'', ils s'élancent. Dès le 10ième kilomètre, les coureurs commencent à s'échelonner suivis par des officiels à cheval. Le premier coureur est le français Lermusiaux, cocorico, puis à distance d'un kilomètre, arrive l'australien Flack et deux cent mètres plus loin l'américain Blake. Sept kilomètre sépare le premier du dernier coureur. Le français a couru quinze kilomètres en cinquante-deux minutes.
Après Pikermi, le scénario commence à se modifier. Une file de chaises est disposé sur le bas coté de la route. Des verres de vin, d'eau-de-vie, des oeufs durs, des morceaux de pain et des oranges ont été déposés dessus. Les trois premiers passent sans s'arrêter. Le grec Lougadis tombe mais après quelques frictions, se relève et poursuit sa course. Un autre grec Louys arrive et demande un verre qu'il vide cul-sec en plaisantant :"Je les rejoindrai bientôt..."Les gens se sont massés le long de la route.
Au vingtième kilomètre, l'américain Blake tombe ; il montrait des signes d'une grande fatigue. A Charvati, un arc de triomphe est érigé. Une couronne de laurier attendait le premier. Lermusiaux passe. La foule de paysans pousse des hourras. La petite couronne est posée sur sa tête puis elle s'enfonce et finit autour de son cou. Une terrible montée survient, Flack n'est plus très loin. A un kilomètre, on distingue la silhouette de Louys, l'amaroussiote. Un kilomètre après la montée, Lermusiaux s'arrête ; Flack en profite pour le doubler.
La ville d'Athènes commence à apparaître à l'horizon. Quelques gouttes de pluie tombent. A huit kilomètres, Louys dépasse Lermusiaux qui devient troisième. Le français s'évanouit. Il est aussitôt placer dans un chariot ou le médecin Dronisos lui prodigue de l'aide et le sauve à coup de gifles et d'eau de vie. Au trente troisième, Louys dépasse Flack. Flack réussit à se maintenir deux cent mètres derrière mais quatre kilomètres plus loin Louys décide d'accélérer. Athènes est proche. Flack est prêt à s'effondrer. Il s'appuie sur une personne du bord de la route. Le chariot arrive à sa hauteur, le docteur Dronisos le place à l'intérieur.
Il est quatre heures quarante cinq minutes. Les innombrables rangs de spectateurs massés dans le stade olympique sont parcourus de frissons ; la fin de la course est proche. Enfin le vainqueur du Marathon fait son entrée dans le stade ; c'est Louys, l'amaroussiote. Il est vêtu de blanc. Seul, ses bas sont noircis par la poussière. Il franchit la ligne en 2 heures 58' 50'' .

