Test du cuissard MP3 de Pearl Izumi

Le 20/06/2007 11:29

Test du cuissard MP3 de Pearl Izumi, un compagnon de route distrayant, encourageant, permettant aux mélomanes de satisfaire deux passions.

Introduction :

En 1903, la fonction des cuissards du premier Tour de France était bien sûr d'habiller, mais déjà élégamment, ces fabuleux cyclistes, sombres héros d'étapes interminables, le long de ces routes d'un autre siècle, où le silence de leur courage n'avait d'égal que la solitude des heures de selle. A l'automne 2006, au salon du cycle Eurobike de Friedrichshafen, la marque américaine Pearl Izumi présentait un cuissard, dont la vocation première reste bien évidemment d'habiller, confortablement, et toujours élégamment, le cycliste moderne, mais dont l'innovation technologique préfigure les vêtements du troisième millénaire. Ce cuissard fait en effet de la musique, intégrant discrètement dans ses tissus un lecteur MP3 et ses touches de commande. Il permet aussi de recevoir et de passer ses appels téléphoniques via le téléphone portable du cycliste. Ainsi configuré, le cuissard deviendrait-il un outil de communication, un compagnon de route, un copain de galère, laquelle deviendrait moins longue et moins rude grâce à la présence de la musique ? Permettrait-il d'associer harmonieusement le sport et la musique ?

D'emblée, cette innovation nous est apparue comme une bonne idée, un truc que l'on a envie d'essayer tout de suite. Mais avec une interrogation tout de même : la musique est-elle bien adaptée à l'acte cycliste ? Et qu'en est-il de notre sécurité, de notre vigilance si l'on s'isole du monde environnant, notamment celui des automobiles ?

Présentation :

Mais avant d'évoquer les conclusions de l'essai, revenons sur la présentation de ce cuissard MP3 et du maillot de la même marque. Pearl Izumi est certainement l'un des grands couturiers du vêtement cycliste. La qualité de fabrication, le confort, se placent dans le très haut de gamme. C'est du solide et du beau. Le look est sobre, franchement classe. Comme d'autres enseignes, telles Assos, zerorh+ ou Etxe Ondo, ces vêtements se démarquent des tenues bariolées, saturées de couleurs et de publicité. Le maillot (indépendant du système MP3) est le modèle "Focus Jersey : 49,99 $", élégant, bien taillé. Il s'ouvre jusqu'au ¾ de la hauteur et présente des aérations, en intégrant du tissu ajouté aux épaules et sur chaque côté du buste.

Venons-en à l'objet du délit : le cuissard "Vertex MP3 Bib Short". Noblesse oblige, il est présenté avec son équipement électronique, dans un coffre en aluminium brossé, dont la forme rappelle les boîtes aux lettres des ranchs américains : s'agirait-il d'un clin d'œil a l'ancêtre de la communication qu'est le courrier ? Dans ce coffre, se trouvent également le lecteur MP3, parallélépipède de 75x40x10 mm, sans aucun bouton mais avec deux Leds, d'une capacité de 512 Mo et 100 titres environ. Des écouteurs stéréo de marque Sennheiser, bien connue des mélomanes ; un petit chargeur pour la batterie du MP3 qui a une autonomie de huit heures ; un seul câble pour relier le lecteur soit au chargeur, soit à l'ordinateur via un port USB ; et un CD Rom qui contient une documentation technique assez sommaire, en anglais et en allemand. Donc, pas de logiciel spécifique à ce système. Le lecteur est reconnu par le PC comme une simple clé USB. Il suffira d'un copier-coller pour charger le lecteur de nos titres musicaux préférés.

La peau de chamois du cuissard est plutôt un moule aux formes et volumes apportant un confort rarement ressenti. La tranche de steak sous les fesses de nos grands-pères cyclistes ne s'imposant vraiment plus. Le tissu est parfois doublé ou ajouré. L'élastique au-dessus des genoux ne risque pas de nous lâcher, tellement il semble solide. Le lecteur MP3 se loge dans un petit boîtier dorsal en plastique souple se situant à la base des bretelles, juste au-dessus des poches du maillot. Sa connectique est reliée par une nappe de fils conducteurs très fine au bandeau de commande situé sur le côté de la cuisse gauche, lui-même composé de cinq touches qui s'intègrent à un graphisme adapté : deux touches pour le volume, deux autres pour choisir ces titres, une qui gère la marche ou le mode standby. Parmi ces cinq touches, deux pilotent également le téléphone. La connectique du boîtier reçoit aussi deux fils qui passant dans la bretelle gauche du maillot, sont reliés à un petit microphone facilement amovible puisque fixé par deux boutons-pression. Ce microphone situé au niveau de la clavicule permettra de communiquer via son téléphone portable. Dernière connexion du boîtier, celle d'une fiche où l'on branche les écouteurs.

Dès lors que les fils de ces derniers sont correctement placés, l'ensemble ne gène aucunement les mouvements, notamment sur la cuisse gauche où l'on ne ressent strictement rien de la présence de la nappe et des touches. Une réussite ! Le tout, désolé pour les accros du light, pèse son poids. Environ deux fois plus qu'un cuissard ordinaire. Le prix aussi pèse un peu : 499,99 $. Nous en reparlerons. Après avoir retiré le lecteur, le casque et le micro, on peut laver le cuissard en machine.

L'essai :

Venons-en à l'utilisation sur le terrain, plus précisément l'asphalte de nos routes d'entraînement. Commençons par le téléphone. La communication avec le boîtier MP3 se fait par des ondes radio selon la technologie bluetooth, dont le portable doit bien sûr être équipé. Les deux appareils doivent être appareillés pour se reconnaître (la documentation des deux appareils peut s'avérer ici indispensable). La fonction permettant de passer des appels n'a pas été testée, notre téléphone n'étant pas équipé de la technologie de "reconnaissance de voix". Pour recevoir des appels, c'est simple : le casque sur les oreilles, s'il y a de la musique, la réception de l'appel l'interrompt en émettant des bips. Il convient d'appuyer sur la touche dédiée, et vous entrez en communication avec votre interlocuteur. L'appui sur une autre touche coupe la conversation, et la musique reprend. Deux gestes, le doigt sur la cuisse, suffisent donc pour communiquer avec son portable.

Et là, nous observons l'intérêt majeur de ce cuissard : celui de la sécurité qu'il apporte. Il n'est pas rare de voir des cyclistes sortir de la poche du maillot leur téléphone, le manipuler pour gérer la communication, ne tenant plus le guidon que par une seule main. Et quand cela se passe au milieu d'un peloton participant à une cyclosportive, c'est évidemment dangereux, voire irresponsable. Ce cuissard Pearl Izumi évitera tous ces gestes parasites, inductifs de dangers. Pour écouter de la musique, on retrouve cet aspect sécurisant, puisqu'il n'est plus nécessaire de manipuler son lecteur accroché autour du cou ou rangé dans une poche. Des touches brèves sur le bandeau de commande permettent de choisir un morceau, de gérer le son, la marche et l'arrêt. Attention tout de même, la prudence et le respect du code de la route s'imposent plus que jamais. Nous ne sommes pas sur un home-trainer, mais sur la route ou les chemins, et la présence de la musique "entre les oreilles" nous rend moins attentifs, et nous isole du bruit des voitures.

Quant à l'adéquation entre la passion du mélomane et celle du cycliste, notre testeur est franchement enthousiaste. Osons la formule : la musique à vélo, c'est le pied... surtout les jours de bonnes jambes ! La musique accompagne superbement le coup de pédale, et intervient comme une motivation supplémentaire à tenir le rythme et à relancer l'allure. Un véritable entraîneur. Sachant aussi que l'acte cycliste, sa durée, sa concentration, son silence et sa solitude, rendent l'individu particulièrement disponible à l'écoute de ses musiques et chansons préférées. Ces deux entités s'enrichissent donc l'une l'autre. Le temps passe plus vite pour un plaisir et une qualité d'entraînement accentués.

Conclusion :

Bien évidemment, le bon sens invitera de n'utiliser les fonctions high-tech de ce cuissard que sur des routes ou des chemins tranquilles, avec un volume sonore raisonnable qui permettra d'entendre une voiture s'approcher, en roulant plutôt seul, et à l'occasion des sorties d'entraînement, à l'exception des courses et des cyclosportives. Pour de longues chevauchées solitaires, des ascensions de cols, ce cuissard est effectivement un compagnon de route distrayant, encourageant, permettant aux cyclistes mélomanes de satisfaire simultanément deux passions, de rester en contact avec sa famille ou son travail grâce à l'usage facilité du téléphone. L'intérêt qu'il présente de limiter les gestes de commande à de rapides impulsions, le doigt sur la couture, est un atout substantiel en terme de sécurité.

Quant au prix, comparé à ceux proposés, par exemple pour s'offrir un ensemble cintre-potence intégré, il semble justifié, compte tenu de la technicité, de la qualité haut de gamme de fabrication, et des fonctionnalités attrayantes que Pearl Izumi propose avec ce "Vertex MP3 Bib Short". Chacun en jugera, comme chacun choisira la musique qui lui convient afin de sublimer cette merveilleuse liberté que l'on peut ressentir quand on chevauche son vélo pour filer le vent.

Plus d'infos sur Specialized sur www.pearlizumi.com. Pour toute question sur ce test matériel, vous pouvez nous contacter directement par email : testvelo101@velo101.com.
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