Test du Powerbreathe
Le 19/07/2007 14:45
Test du Powerbreathe : les muscles inspiratoires sont souvent négligés dans la préparation. Il existe une solution pour remédier à cela.
Nous allons nous intéresser à un appareil qui a pour ambition d'améliorer nos performances d'une façon simple et naturelle puisqu'il agit sur une fonction essentielle dans la physiologie sportive : la respiration, et plus précisément sur la ventilation. Et encore plus exactement sur l'inspiration, car renforcer l'expiration serait dangereux. Petit rappel de physiologie : les fluides (liquides ou gaz) circulent grâce à une différence de pression, des hautes pressions aux basses pressions. C'est vrai pour toutes les tuyauteries de l'organisme, artères, veines, lymphatiques et bronches. Ceci est important pour la suite. Le but du Powerbreathe est de renforcer des muscles très sollicités, essentiels à la performance sportive mais complètement oubliés de notre entraînement : les muscles inspiratoires. La diaphragme en premier, les muscles thoraciques ainsi que les pectoraux. En d'autres termes, c'est remplir les poumons le plus vite possible et avec le moins d'effort possible.
Le produit est simple. Deux valves, un ressort, un embout, un pince-nez, une mollette de réglage de la tension du ressort, graduée de un à dix avec progression par quart de tour possible. Le protocole est lui aussi aisé. Deux fois par jour, effectuer trente inspirations forcées à travers l'embout et le nez pincé. Durée prévue : cinq minutes par séance. Selon des études sérieuses du fabricant, le gain espéré est de trois minutes sur un parcours de 40 kilomètres, au bout de trois semaines de test.
Finalement, au bout des trois semaines, même si on est loin des trois minutes promises, il semble effectivement que la ventilation maximale soit améliorée. L'effet ne peut se ressentir que lors d'effort quasi maximum où l'essoufflement est très important. Donc l'intérêt pour un entraînement en endurance est très limité, mais proche de la zone rouge, une des limites de la performance est la captation d'oxygène (on est à bout de souffle).
Nos conseils pour une bonne utilisation:
· Tenir les 2 séances quotidiennes à heures fixes (exemple : avant le petit-déjeuner et après la météo du soir) sinon on a tendance à zapper.
· On doit avoir du mal à finir les trente répétitions, donc utiliser le réglage maximum qui sollicite les muscles suffisamment pour les épuiser en fin de séance. (On ne progresse malheureusement pas aussi vite que le promet la notice : au bout de trois semaines avec l'appareil rouge, on est passé de la graduation trois à la quatre)
· Nettoyer l'embout comme préconisé. En effet, inspirer dans un appareil laissé sale n'est pas recommandé.
· L'utilisation en échauffement est judicieux, cela permet une ouverture de toutes les alvéoles pulmonaires et une bonne préparation du système cardio-vasculaire.
· L'utilisation en récupération pour améliorer le retour veineux. Ceci n'est pas décrit par le fabricant mais il est évident que l'inspiration contre résistance crée une dépression intra-thoracique. Le thorax contenant le cœur et les gros vaisseaux, les fluides vont être attirés à l'intérieur de celui-ci. L'entrée de l'air est contrariée par le Powerbreathe, la circulation artérielle est peu perturbée car très importante mais la circulation veineuse va être grandement avantagée par cette dépression. Donc le sang des membres va être remonté vers le cœur. C'est comme un massage mais de l'intérieur...
A noter que le Powerbreathe existe en 3 couleurs pour 3 utilisations différentes:
· Le vert pour la thérapie respiratoire (asthme...)
· Le bleu du sédentaire au bon sportif
· Le rouge pour athlètes confirmés
Conclusions :
Le Powerbreathe se destine soit aux déficients respiratoires (sur conseil médical), soit au sportif volontaire, qui se retrouve fréquemment à sa fréquence respiratoire maximum. Le prix d'un appareil aussi petit et aussi simple peut paraître élevé mais il faut certainement mettre beaucoup plus cher pour un même gain en performance si on joue la carte du matériel. Il est toujours plus judicieux d'améliorer le bonhomme que le vélo.
Se rappeler tout de même que renforcer l'inspiration, c'est bien mais que la phase la plus importante de la ventilation reste l'expiration la plus complète possible car plus on vide le vieil air utilisé, plus on rentre de l'air neuf oxygéné. Mais tout ça, il faut y penser car malheureusement ce n'est pas automatique.
Le powerbreathe est disponible à partir de 61 euros.
Benoît PHALIPPOU :
www.cyclingtrainerpro.com.