Interview de Cyrille Guimard, candidat à la présidence de la FFC

Le 26/02/2009 10:22

Interview de Cyrille Guimard : "la conjoncture actuelle impose un changement radical et novateur dans l'appréhension de notre sport."

Samedi, les élections présidentielles auront lieu à la Fédération Française de Cyclisme. Trois candidats sont en lice : Michel Callot, Cyrille Guimard et David Lappartient. Fort d'un très riche passé cycliste, qui l'a vu endosser nombre de responsabilités en tant que coureur, dirigeant sportif ou président d'association, Cyrille Guimard nous livre ses arguments à quarante-huit heures des élections fédérales. Vous retrouverez l'intégralité de son programme sur le site Internet du mouvement qu'il représente : http://asso.nordnet.fr/veloclubroubaix/cg09.html.

Cyrille Guimard, des trois candidats à la présidence de la Fédération Française de Cyclisme, vous êtes assurément celui que le public connaît le mieux, mais pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?
"J'ai été président de l'UNCP (Union Nationale des Coureurs Professionnels) à l'âge de 23 ans. J'ai été vice-président et secrétaire général de la CNCP (commission des pros). Je suis aussi à l'origine, avec monsieur Marillier, de la Ligue Pro. Président de l'AC2000. Créateur, avec Roger Legeay, de l'AIGCP (association internationale des équipes). J'ai participé aux travaux de la commission technique de l'UCI. Je suis actuellement élu au comité Nord-Pas-de-Calais. J'ai bien sûr aussi été actif dans les clubs. Comme chacun le sait je suis toujours au VC Roubaix en ce moment (où nous avons des licenciés de l'école de cyclisme aux professionnels). Dès les années 1960-1970, je me suis occupé de jeunes et à la mise en place d'écoles de cyclisme. Je suis aussi toujours entraîneur et je collabore avec plusieurs médias. Bien sûr, j'ai aussi une carrière pro derrière moi. Chez les jeunes et les amateurs puis chez les professionnels. J'ai été champion de France route amateur, vitesse sur piste et cyclo-cross. Aussi deux fois champion de France route professionnel 1970-1971, mais après le déclassement de ceux qui m'avaient devancé (contrôle positif), la fédération n'a jamais eu l'idée de me restituer ces titres ! Il est vrai que le fait d'être le président du syndicat et mes prises de positions m'ont attiré quelques animosités. D'autres dans le même cas que moi ont, par la suite, été reclassés à la première place. J'ai été Maillot Jaune et Vert du Tour (avec sept victoires d'étapes). J'ai aussi été en équipe de France, deux médailles de bronze aux Championnats du Monde des pros. En tant que directeur sportif, j'ai dirigé Hinault, Fignon, Lemond, Madiot, Mottet, Durand, Marie... et les équipes Renault, Sytème U, Castorama..."

Qu'est-ce qui vous pousse à vous présenter à la présidence de la FFC ?
"Vous avez, conscience de la situation dramatique que traverse notre sport. Chacun d'entre nous s'en est rendu compte en constatant la dégradation de son image, l'appauvrissement de nos pelotons et la diminution du nombre de nos organisations. Cette conjoncture impose un changement radical et novateur dans l'appréhension de notre sport. Les connaissances et l'expérience que le cyclisme m'a apporté, par le biais de ses multiples composantes, rendent légitime ma décision de faire acte de candidature à la présidence de la FFC. Je veux redonner une crédibilité auprès des parents, des médias, des institutions et du public. Avoir une vraie stratégie de communication pour que cesse le lynchage médiatique de notre sport. Le cyclisme est aujourd'hui le plus propre des sports, hé oui ! Et nous avons tous les éléments pour le démontrer. Mais qui le sait ? Je veux aussi redonner aux clubs et entraîneurs un vrai plan de travail et une vraie reconnaissance de leurs mérites."

Selon vous, dans quel état se trouve la FFC ?
"Seul un audit financier et structurel permettra de le définir. Le simple fait de poser la question est significatif. Une entreprise ne peut vivre, voire exister, si elle n'a pas une communication en adéquation avec ses activités et un service marketing performant. Le second s'appuyant le premier ! Or notre fédération n'a ni stratégie, ni programme, ni politique, ni philosophie de communication et, par voie de conséquence, pas de marketing. Comment survivre sans ces armes indispensables à notre époque ? Combien de temps pourra-t-elle continuer d'exister en ponctionnant ses propres licenciés et en comptant sur les diverses subventions ? Combien de partenaires restent-t-il en 2009 à notre fédération ? Fédération qui a ramené deux médailles d'or, trois d'argent et une de bronze aux derniers JO. Pas une fédération française ne présente un aussi bon bilan."

Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?
"Je vous invite à prendre connaissance de l'ensemble de mon programme sur le site du Vélo Club de Roubaix. J'y ai établi neuf grands axes : changer les statuts de la FFC dès la fin de l'année, effectuer un audit financier, développer les services marketing et communication, continuer à se battre contre le dopage, replacer le club au cœur du système, redonner une autorité et une crédibilité à nos éducateurs et nos entraîneurs, permettre aux cyclistes de loisir et de compétition de trouver leur place dans un système de manifestations cohérent, simplifier la réglementation, les catégories et le calendrier, et me pencher sur l'administratif et le juridique. Je veux travailler à la restauration de notre sport et à la préservation de ses valeurs."

Quelles seraient vos premières mesures, une fois élu ?
"Désigner un DTN. Lancer l'audit financier et structurel qui, seul, pourra déterminer la situation réelle. C'est seulement après cet 'état des lieux' général que nous pourrons définir une vraie politique et une vraie stratégie globale avec des objectifs à court, à moyen et à long terme. Seul cet état des lieux permettra de cibler les nécessités et les besoins immédiats. Cet audit permettra d'avoir l'inventaire des potentialités, ainsi qu'une idée des moyens et des outils dont nous disposons, et ceux qu'il faut créer. Toutes promesses faites ou sous-entendues sur le plan de redistribution par les deux autres candidats n'engagent que ceux qui les écoutent (selon la formule consacrée). C'est un vœu respectable mais il faut être en relation avec la réalité d'aujourd'hui ! Je souhaitre également mettre en place les catégories de niveau et le calendrier."

Si vous deviez retenir quelque chose des mandats de Jean Pitallier, ce serait quoi ?
"La pérennisation d'un système dont il est prisonnier. De bonnes idées, de bonnes orientations, qui finissent toujours dans une poubelle comme la commission cyclisme de demain dont David Lappartient était le président. Cela sans explication, sans merci, sans commentaire... Les résultats des réflexions de cette commission ont inspiré en grande partie ma réflexion d'aujourd'hui ! Elle avait pourtant bien travaillé ! Il y a d'autres exemples dont Jo Gueguen (président du comité de Bretagne) pourrait vous faire le récit. Je retiendrai son engagement et son courage dans le conflit UCI/ASO soutenu, il faut le souligner, par nos instances gouvernementales."

Quels seront vos candidats pour le poste de DTN et de responsable de l'équipe de France ?
"Déontologiquement, je n'ai pas à m'exprimer ma préférence avant les élections. Cela d'autant plus que le choix ne dépend pas uniquement du président. Avant d'évoquer le ou les noms d'un responsable des équipes de France pros, définissons d'abord notre politique, définissons ce qu'on veut faire et comment, en concertation avec la ligue et les groupes sportifs. La compétence, l'autorité, le sens du devoir sont des critères essentiels de l'homme qui sera choisi et l'obligation stricte du respect des accords qui auront été validés par toutes les parties."

Le VTT et le BMX sont les principaux pourvoyeurs de médailles aux Jeux Olympiques, comment allez-vous intégrer cette nouvelle donne ?
"Je les ai côtoyés aux derniers JO, je n'ai pas eu l'impression qu'ils n'étaient pas intégrés sportivement parlant. C'est dans le système électoral de la FFC qu'ils sont tricards. Il faut qu'ils soient représentés au niveau de leurs performances, du nombre de leurs licenciés. Ce sont des disciplines jeunes, ils ne sont pas encore dans les systèmes claniques, ils sont plus en adéquation avec les besoins des jeunes, ils peuvent nous aider à nous sortir de la ringardise conservatrice des mandarins de la vieille maison du vélo traditionnel. Mais en disant ça, je viens de perdre mes dernières voix..."

Quelle est votre vision sur la place de la FFC dans le cyclisme français, notamment vis-à-vis d'un organisateur comme ASO ?
"Ne faudrait-il pas poser la question dans l'autre sens. Quelle est la vision sur la place d'ASO dans le cyclisme français, notamment vis-à-vis de la FFC et de la Ligue ? Nos intérêts sont convergents, nous sommes complémentaires et interdépendants. S'il y a un partage équitable dans tous les domaines, dans cinq ans nous aurons repris notre place sur le plan international. Je ne suis pas convaincu que ce soit un objectif partagé !"

Plusieurs épreuves pros entre autres disparaissent du calendrier ou souffrent, envisagez-vous que la FFC devienne un acteur plus fort dans le monde des organisations ?
"Ne bottons pas en touche en se défaussant sur la ligue. Le problème des épreuves pros est le même que les épreuves amateurs ! Les clubs organisateurs ont les mêmes statuts et l'administration ne fait pas de différence. Nous avons donc les mêmes problématiques administratives, juridiques et financières. Quelle est la différence entre le Grand Prix de Denain et la Route Bretonne, l'Etoile de Bessèges et le Tour de Normandie ? Le niveau de la participation..."

Propos recueillis le 26 février 2009.
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