Interview de Lionel Marie, directeur sportif de garmin-Slipstream
Le 08/07/2009 14:59
Interview de Lionel Marie: "Si on veut gagner ce genre d'étape, malheureusement on ne peut pas attendre les coureurs retardataires."
Lionel, on a pu admirer tout au long de l'étape l'agilité de vos coureurs à se passer les relais.
"Ce sont des virtuoses, des techniciens hors-norme. Vous savez quand on a la chance d'avoir des coureurs du calibre de David Zabryskie, de Bradley Wiggins, de David Millar ou de Danny Pate, on peut leur faire confiance. On connaît leur potentiel. Quand David et Bradley auront réglé leur problème de confiance, ils feront très mal. Surtout Bradley d'ailleurs qui est un authentique phénomène. S'il attaque plus souvent dans les cinq derniers kilomètres, il aura des opportunités supplémentaires de victoires. Millar, lui, a pas mal de bouteille et est un grand professionnel. Toujours dans le bon tempo. Quant à Danny Pate, qu'on oublie de citer régulièrement et qui a été champion du monde Espoirs de la spécialité, a donné un travail fantastique."
Vu la physionomie de la course, finir avec cinq coureurs dans le final, est-ce que c'était un choix tactique assumé ?
"Oui, clairement. Il ne fallait absolument pas se rater. Je tiens à rendre hommage aux coureurs qui ont réalisé un boulot exceptionnel, qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes. Ils ne peuvent pas faire mieux, c'est impossible. Si on veut gagner ce genre d'étape, malheureusement on ne peut pas attendre les coureurs retardataires. C'est terrible pour le collectif mais c'est la loi du sport de haut niveau. Avec ces routes sinueuses et très techniques, le parcours est vraiment très spécial. Il est pratiquement impossible de terminer au complet. Notre 2ème place derrière Astana va permettre à Christian Van de Velde (5ème du Tour l'an passé), notre leader de prendre du temps à un certain nombre de nos adversaires directs pour le classement général. Même si on ne gagne pas, c'est un bon coup pour lui."
Justement vous venez de dire que vous avez fait le maximum alors qu'au Giro, il y avait un sentiment d'inachevé.
"Oui, au Giro, on n'était parti beaucoup moins vite. Au final, on était déçu puisqu'on se classait derrière le Team Columbia High-Road à 6 secondes. Mais on avait des circonstances en notre faveur. Il faut se rappeler que Millar revenait à la compétition après sa chute du Paris-Nice, Julian Dean qui revenait aussi de chute… Cette deuxième place nous ravit mais aussi nous frustre dans le même temps. A force de collectionner les places de dauphin, on commence un peu en avoir marre. Mais, que voulez-vous, il est impossible de battre l'armada d'Astana. On savait qu'ils étaient au-dessus du lot et ils l'ont confirmé avec éclat..."
Qu'est-ce qui fait la force d'Astana ? Sa différence avec les autres formations ?
"C'est extrêmement simple. Ils possèdent de loin les meilleurs rouleurs du peloton. Quand on a Armstrong, Contador, Klöden et Lepheimer dans la même équipe, il est impossible de rivaliser à arme égale. Ils peuvent rouler à bloc à 60, à 70 km/h, prendre des relais appuyés ahurissants. Ce qu'à réalisé le seul Armstrong est assez sidérant. Malgré tout, finir à 18 secondes d'une telle équipe est en soi une satisfaction."
Propos recueillis le 7 juillet 2009 à Montpellier.