Mon Tour de France... Johny Schleck

Pros Publié le 17/07/2017 10:12

"Quand le Tour de France passait à l'Alpe d'Huez, il n'y avait plus personne au Luxembourg : tout le monde était à l'Alpe pour encourager Frank et Andy !"

Johny Schleck
© Vélo 101

Johny, vous êtes-vous toujours intéressé au Tour de France ou y a-t-il eu un déclic ?
D'aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours suivi le Tour de France. Mon père, déjà, était coureur cycliste avant la guerre. J'ai pris son relais en courant chez les pros de 1965 à 1974, mon frère a fait du vélo lui aussi, puis ce sont mes files Frank et Andy qui ont eu la carrière que vous connaissez. Avec le Tour, j'ai un nombre incalculable de souvenirs, mais cette année la cerise sur le gâteau a été de le recevoir dans notre petite ville de Mondorf-les-Bains. Du temps où mes gamins couraient, je suivais le Tour dans son intégralité avec eux. Désormais j'ai pris un peu de recul par rapport à l'événement, mais je le suis toujours par le biais de la radio et j'essaie chaque année de m'y rendre quand il passe dans les Alpes.

A titre personnel, vous avez disputé sept Tours de France auprès de Jan Janssen et Luis Ocaña notamment...
J'ai couru le Tour après l'époque de Jacques Anquetil et en plein règne d'Eddy Merckx. J'ai couru avec de grands bonhommes dont on parle encore aujourd'hui. Je pense aussi à Raymond Poulidor. C'est une multitude de grands souvenirs auxquels il m'arrive souvent de repenser même si je n'étais pas aussi fort que mes fils. Eux étaient un ton au-dessus, moi je n'étais qu'un gregario qui faisait son job. Mes fils m'ont fait vibrer.

Si vous deviez retenir une édition plus qu'une autre, vous pencheriez donc davantage pour les Tours de France de vos enfants que ceux de votre génération ?
Exactement. Je crois que l'année qui m'a le plus marqué restera celle où Frank aurait pu gagner le Tour. C'était en 2008. Frank avait pris le maillot jaune à Prato Nevoso au terme de la deuxième semaine. Mais dans l'étape de l'Alpe d'Huez, à quatre jours de Paris, son coéquipier Carlos Sastre a pris la bonne échappée. Leur manager Bjarne Riis a laissé faire. Il pouvait gagner le Tour avec l'un ou l'autre mais il a préféré donner sa chance à Sastre. Frank a terminé 5ème.

Les Schleck titillent Alberto Contador vers Le Grand-Bornand
© Sirotti

Quelle image vous revient instantanément en mémoire quand on évoque les Tours de France de vos enfants ?
Etrangement ce ne sont pas les victoires mais les coups durs que je revois en premier. Les moments où mes gamins étaient par terre. La chute de Frank sur les pavés dans le Tour de France 2010 m'a affecté. L'abandon d'Andy après trois étapes dans le Tour 2014, son dernier, quand il s'est fait une rupture des ligaments croisés, m'a également blessé.

Vous ne mettez pas les moments de bonheur, qui ont été nombreux aussi sur le Tour, au premier plan...
Et pourtant il y en a eu beaucoup quand ils faisaient des résultats. Tout le Luxembourg était alors derrière eux. Et quand le Tour passait à l'Alpe d'Huez, il n'y avait plus personne au Luxembourg : tout le monde était à l'Alpe pour les encourager. Pour autant nous ne faisions pas une obsession de la victoire dans le Tour de France. François Faber a remporté le Tour de France en 1909, Nicolas Frantz en 1927 et 1928, Charly Gaul en 1958, Andy Schleck sur tapis vert en 2011. Le Luxembourg n'a pas toujours eu des champions en mesure de remporter le Tour. Désormais, avec Bob Jungels qui a terminé deux fois dans le Top 10 du Giro, j'y crois.

C'est lui, pour vous, le successeur d'Andy et Frank ?
Je le crois, oui. Bob Jungels a privilégié le Giro ces deux dernières années après une première participation au Tour en 2015 (NDLR : 27ème). Mais je pense aussi à des coureurs comme Jempy Drucker ou Alex Kirsch qui sont très talentueux dans leurs domaines respectifs.

Le podium du Tour de France 2011
© Sirotti

Aujourd'hui, comment le Tour de France est-il perçu au Grand-Duché du Luxembourg ?
Le Luxembourg est un pays de cyclisme. Nous comptons cinq victoires au palmarès du Tour de France et le vélo est de plus en plus populaire dans notre pays. Les routes en favorisent la pratique, comme vous avez pu vous en rendre compte lors de la troisième étape du Tour de France. 60 % de nos paysages sont encore boisés, nous bénéficions d'un réseau formidable de pistes cyclables, c'est une invitation à la pratique du cyclisme.

A 74 ans, faites-vous encore du vélo vous-même ?
Oui, mais plus de route. Je fais essentiellement du VTT !

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