Interview de Thibaut Vassal (Team Lapierre)

Le 18/06/2005 17:17

Interview de Thibaut Vassal (Team Lapierre), vainqueur de la TransVésubienne devant Jacques Devi début juin.

TV : TransVésubienne ou Thibaut Vassal ? Gagner cette course mythique dont rêvent beaucoup de vététistes n'est pas chose facile et pourtant, cette année, Thibaut Vassal (Team Lapierre) a réussi l'exploit de s'y imposer pour la deuxième année consécutive et marquer de son empreinte l'épreuve chère à Georges Edwards.

Thibaut, lorsque l'on gagne une première fois ce type d'épreuve, on a envie d'y revenir. La pression, si pression il y a, est-elle plus forte la deuxième fois ?
"La pression n'est pas la même mais elle est toujours présente, on a envie de faire aussi bien. Toutefois, par rapport à l'année dernière, je savais où j'allais, le terrain me faisait moins peur. Cette année, je n'ai déjà pas eu d'appréhension vis-à-vis du matériel. J'ai disposé de mon X-Ride Scandium un mois avant (NDLR : contre trois jours en 2004) et j'ai pu davantage me familiariser avec. Egalement par rapport à l'an passé, je savais que je disposais d'un vélo solide, bien que plus léger que le modèle précédent, conçu pour 120 millimètres de débattement, à l'avant comme à l'arrière, et avec lequel on peut vraiment attaquer sans risques, les nouveaux pneus Hutchinson apportant également un maximum d'accroche pour un minimum de perte de rendement. De plus, l'année dernière, j'avais terminé 6ème du prologue et l'objectif de la course était d'arriver seul. Cette année, en remportant d'entrée le prologue, je n'avais qu'à suivre mes dauphins, je n'avais aucun risque à prendre pour les semer."

Quels adversaires redoutais-tu le plus ?
"Je savais que Sam Péridy, très technique, avait préparé son affaire et qu'il est toujours bien placé sur ce genre d'épreuve. Il y avait également Grégory Doucène, très complet et aussi mon coéquipier chez Lapierre, Jean-Paul Stéphan, plus physique, qui n'était pas non plus venu pour ramasser des champignons... La surprise est plutôt venue de Jacques Devi. J'en avais entendu parler mais je ne le connaissais pas. C'est quelqu'un de très attachant de par ses grandes moustaches et il a montré que son titre de champion de France VTT acquis en 1987 n'était pas usurpé. Le "bougre" a encore une sérieuse condition physique et par un repérage minutieux du site, a su éviter les erreurs, de parcours notamment."

Comment s'est déroulée la course ?
"C'est parti assez vite mais j'ai plutôt assuré car je savais que la montée après Lantosque ferait un tri naturel. En haut, je me suis retrouvé en tête et Jacques suivait à quelques longueurs. Sachant qu'il connaissait le terrain, j'ai préféré l'attendre. Ensuite, nous avons fait route ensemble. Moi, j'avais ma "boussole" à moustaches et lui, selon ses dires, avait son ange gardien. Je n'avais aucun intérêt à essayer de le semer au risque de me perdre. Je l'ai attendu et j'ai bien fait puisque nous avons quand même devancé le 3ème d'une quinzaine de minutes. Nous sommes arrivés main dans la main et mon avance au prologue m'a permis de remporter le classement final."

Les années précédentes, certains concurrents s'étaient plaints du balisage. Qu'en était-il cette année ?
"Cette année, c'était parfait. Un peu plus roulant et mieux balisé. Ce qui est sûr, c'est que l'on ne court pas avec de la rubalise des deux côtés du chemin et qu'il faut éviter de foncer comme une mule. Il faut être attentif en permanence car toute erreur de parcours est fatale. C'est ce qui fait un des charmes de cette épreuve en plus des décors magnifiques traversés."

Et ta préparation physique dans tout ça ?
"Je n'ai pas forcément autant de temps que je le souhaite pour m'entraîner. Mon travail chez Fun Sports Cycles à Carcassonne est prenant. J'essaie donc de palier le quantitatif par du qualitatif. Je vais quand même travailler en vélo, ce qui représente déjà au minimum 45 kilomètres et ce, trois ou quatre fois par semaine suivant la météo. L'hiver, ce n'est pas évident mais avec les jours qui rallongent, il m'arrive souvent de rallonger mes sorties, soit en partant plus tôt le matin, soit en rentrant plus tard le soir. Voire les deux ! Les années précédentes, je faisais également des courses sur route. Cette année, je n'en ai faite qu'une et je sens que je manque un peu de puissance. En revanche, j'ai fait davantage de VTT et je me sens plus à l'aise techniquement."

Ensuite, tu t'alignes au départ de l'Avalanche Cup à Andorre ?
"L'avantage, c'est que c'est plus proche de chez moi. En travaillant dans un magasin, je ne peux prendre en congés, que cinq ou six samedis dans l'année. Ca explique aussi pourquoi je ne me déplace pas plus dans la saison. Je dois sélectionner mes objectifs.
De plus, par ma TransVésubienne le dimanche précédent, j'avais d'excellentes sensations. J'avais fait les reconnaissances avec Vincent Saut (également chez Lapierre). Disposer d'un des meilleurs descendeurs Français comme conseiller technique n'est pas négligeable. Seulement, ça s'est moins bien passé que prévu. Lors de ma manche qualificative, un coureur est venu m'accrocher le guidon au bout de quelques mètres. La chute a été inévitable. On s'est fait rouler dessus comme des malpropres par toute la vague (100 concurrents par manche) ! En me relevant, j'ai constaté que je m'étais déboîté l'épaule (fragilisée par d'autres "exploits" de ce type lors des années précédentes). Je me la suis remise en place, j'ai redressé le cintre et je suis reparti bon dernier, perdant une petite minute sur les premiers. J'ai pris pas mal de risques et je termine quand même 10ème. Le lendemain matin, dès que je suis monté sur le vélo, la douleur à l'épaule était trop forte. Je ne pouvais plus tirer sur le guidon. Je suis rentré à la maison, dépité."

Quels sont tes prochains objectifs maintenant ?
"Les principaux sont les prochaines manches de la Coupe de France Marathon, dont celle à Montgenèvre le 10 juillet où je souhaiterais faire mieux qu'à Plouha (NDLR : il avait terminé 2ème derrière Peter Pouly), le Championnat de France Marathon, le Roc d'Azur Marathon (3ème en 2004) puis la Mégavalanche à la Réunion à la fin de l'année."

Propos recueillis le 16 juin 2005 par Sylvain Dengreville.
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