Chris Froome (Team Sky), en jaune au terme de la première semaine de course, comme en 2013, 2015 et 2016, parvenu à glaner 4 secondes de bonification supplémentaires à Chambéry et à éloigner un certain nombre de ses adversaires. « J’ai des sentiments confus à l’issue de cette étape. Je susi bien sûr heureux d’être toujours en jaune mais ça a été une étape folle. J’ai vu les images de la chute de Richie Porte et je lui souhaite un prompt rétablissement. Et j’ai aussi perdu un coéquipier important en la personne de Geraint Thomas. Pour le reste, l’équipe a fait un sacré boulot car contrôler ce type de course n’est pas facile. J’ai moi-même eu un petit souci mécanique au pied du Mont du Chat quand mon dérailleur a cessé de fonctionner, ce qui m’a contraint à changer de vélo. La journée de repos arrive à point nommé, je pense que tout le monde a fini assez détruit par cette étape. »

Fabio Aru (Astana), remuant sur les pentes du Mont du Chat et désormais 2ème du classement général à 18 secondes. « C’était une journée difficile et dangereuse mais l’équipe a affiché un très gros niveau et on peut se réjouir du résultat. On avait prévu d’attaquer dans le Mont du Chat, et c’est ce que j’ai fait quand j’ai trouvé une ouverture. Je n’ai pas vu que Chris Froome rencontrait alors un problème mécanique, j’étais pleinement concentré sur mon action. On m’a dit ensuite dans l’oreillette que Froome avait dû s’arrêter pour changer de vélo, alors j’ai coupé mon effort pour l’attendre. Dans la descente très périlleuse, j’ai essayé de ne pas prendre trop de risques. Et dans le final on a roulé pour avoir une chance de jouer la victoire d’étape et d’écarter encore les adversaires qui avaient sauté. »

Romain Bardet (Ag2r La Mondiale), passé à l’attaque dans la descente du Mont du Chat, repris à 2 kilomètres de l’arrivée et 3ème du classement général à 51 secondes. « Il n’a pas manqué grand-chose dans le final, où j’avais peut-être un peu trop de vent de face. Je suis déçu parce que j’attendais beaucoup de la descente du Mont du Chat. On a mené la course comme on l’a voulu et ça n’a pas suffi. Je suis néanmoins au niveau des meilleurs, content de mes sensations et du travail de l’équipe. Je suis sur le podium virtuel, donc je me positionne, et il y a encore de grandes batailles à livrer dans les Pyrénées et dans les Alpes. Je rêve porter un jour le maillot jaune mais je ne pourrai plus le prendre par surprise. Il va falloir aller le chercher à la pédale. »

Charly Wegelius, directeur sportif de Rigoberto Uran (Cannondale-Drapac), vainqueur à Chambéry en dépit d’un dérailleur arrière coincé sur le 11 dents. « Quand on a su qu’il avait un problème avec son dérailleur arrière dans la descente, et qu’il n’avait plus que deux options, 53×11 et 39×11, on a choisi d’atteindre la ligne comme ça. Rigo aurait pu s’arrêter dans les 3 derniers kilomètres pour changer de vélo et bénéficier du temps du groupe des favoris, mais on voulait tenter de gagner l’étape. Sans possibilité de changer de vitesse, il lui fallait mener un long sprint. On lui a dit de faire l’effort de loin, on lui a dit où se placer, et il l’a fait. J’ai vu les images de la télé, j’ai vu Warren Barguil lever un bras. Mais quelques secondes après on a reçu le résultat officiel de Tissot par texto et on annonçait Rigoberto Uran vainqueur. On a attendu encore quelques intenses minutes pour avoir cette confirmation. »

Warren Barguil (Team Sunweb), battu d’un boyau à Chambéry au terme d’une étape passée devant qui lui permet d’endosser le maillot à pois de meilleur grimpeur. « J’ai réalisé une super journée dont je suis super content. J’ai attendu le dernier moment pour lancer le sprint, j’étais convaincu d’avoir passé Rigoberto Uran sur la ligne. Il m’a semblé déçu et j’ai cru que lui aussi s’était imaginé battu. Je l’avais déjà battu d’un rien à la Vuelta… mais c’est comme ça. »

Dan Martin (Quick-Step Floors), impliqué dans la chute de Richie Porte dans la descente du Mont du Chat et repoussé de 1’15 » à Chambéry. « J’avais échappé de peu à la chute avec Geraint Thomas, mais cette fois je n’ai pas pu éviter Richie Porte en pleine descente. Ça glissait beaucoup sous les arbres, il a fait une légère sortie de route dans une courbe, a roulé sur l’herbe et a chuté violemment. Je n’ai rien pu faire. Ça a été compliqué de repartir. L’assistance Mavic m’a fourni une nouvelle roue avant, puis j’ai rejoint un groupe et j’ai repris de la vitesse. J’ai tout donné en roulant avec les autres comme dans un contre-la-montre par équipes pour essayer de sauver ce qui pouvait l’être. »

Nairo Quintana (Movistar Team), en souffrance dans le Mont du Chat, débiteur de 1’15 » et 8ème du général à 2’13 ». « Les forces m’ont manqué, mais je me suis battu autant que possible, même si j’ai fini par céder du temps au final. J’ai pu échapper aux nombreuses chutes par je ne sais quel miracle, et je me dis que ça pourrait être pire et que je pourrais déjà être à la maison. On va continuer à aller de l’avant sur ce Tour et on verra comment je me sens dans les jours à venir. Les sensations ne sont pas les meilleures que j’ai connues, mais il faut savoir passer les moments difficiles. On va essayer de se réinventer pour continuer à exister. »

Alberto Contador (Trek-Segafredo), tombé deux fois sans grand dommage puis distancé dans le Mont du Chat, dans lequel il perd 4’19 ». « J’ai vécu une mauvaise journée. Je me sentais pourtant bien au réveil, je pensais même à attaquer, ce pourquoi on a placé Bauke Mollema et Jarlinson Pantano dans l’échappée. Mais les jambes n’ont simplement pas répondu comme je le voulais. Il faut maintenant voir où j’en suis pour envisager la suite et peut-être imaginer un plan pour revenir au classement général (12ème à 5’15 »). »

Marc Madiot, manager de l’équipe FDJ, dont Arnaud Démare et trois coéquipiers sont arrivés hors délais à Chambéry. « Ça fait partie du jeu. On sait que dans le Tour, on peut perdre des coureurs sur chute, sur maladie, c’est la course. Ce n’est pas agréable mais il faut faire avec. Samedi soir je pensais qu’Arnaud avait souffert d’un coup de chaud mais ce doit être autre chose. Il va faire des analyses, il est nécessaire de comprendre. Maintenant, l’équipe va continuer avec les cinq coureurs restants. Dans le Tour, on est un coup en haut, c’était le cas à Vittel quand notre sprinteur a levé les bras, puis on peut être un coup en bas. On est en bas, on va essayer de remonter. »