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DN2 — Team Pays de Dinan: un tremplin vers le monde pro (1/2)

Publié le 13/09/2018 06:00

L’équipe bretonne s’affirme un peu plus chaque année comme une structure capable de sortir des coureurs talentueux et de les amener vers le haut niveau. Jean-François Bodennec, directeur sportif, nous parle de la recette du club.

Le Team Pays de Dinan, en début de saisonLe Team Pays de Dinan comptait 22 coureurs en début de saison | © Team Pays de Dinan

Jean-François, nous sommes dans la dernière phase de la saison, quel bilan tirez-vous jusqu’à présent?

« Le bilan est bon, il est même très bon. Je pense qu’on en est au même nombre de victoires que la saison précédente. Nous avons deux hommes qui tirent toute l’équipe vers le haut avec Thibaut Guernalec et Alan Riou. C’est plutôt une superbe année pour notre équipe et une belle vitrine pour le Team Pays de Dinan, pour la formation et le travail qu’on fait. On reste dans la continuité même si chaque année nous avons des départs. On repart avec des jeunes coureurs qui parviennent à éclore chez nous. Il y a eu aussi des révélations cette saison, comme Alan Boileau. A ce stade je pense qu’on peut dire que le bilan est dans la lignée de celui des années précédentes. »

Les résultats sont donc en adéquation avec les objectifs fixés ?

« Tout à fait. On savait qu’Alan (Riou) aurait plus de disponibilités cette année. Par conséquent on se doutait bien qu’il aurait encore plus de victoires, même si il y a toujours une différence entre les projections et la réalité sur le terrain. Alan (Riou) fait partie de ceux qui sont arrivés au Team il y a trois ans, il est en train d’éclore juste avant son passage chez les professionnels. Pour nous c’est une très belle récompense. C’est notre quatrième coureur qui passe professionnel en quatre ans - potentiellement cinq puisque Florentin Lecamus-Lambert est stagiaire chez Fortuneo-Samsic. Je crois qu’il n’y a pas d’équivalent sur les quatre dernières années, en Bretagne c’est sûr, en France je n’en sais rien. »

Team Pays de Dinan 1Team Pays de Dinan | © Pauline Drouet

« Il n’y a pas qu’un seul leader chez nous »

Le potentiel est une chose, mais le fait que vos garçons répondent présents le jour J c’est aussi une grosse satisfaction…

« Forcément. Entre se douter des capacités d’un coureur et le voir atteindre les objectifs il y a un écart. Les voir réussir c’est plus que satisfaisant, d’autant plus qu’en course il y a toujours des aléas. Au delà de ça, les garçons se rendent disponibles aussi pour l’équipe, pour aider leurs coéquipiers, ils se rendent la pareille entre eux. Ça fait partie de leur mentalité, de notre formation. Il n’y a pas qu’un seul leader chez nous, tout le monde peut l’être, tout le monde peut gagner un jour. »

Vous avez évoqué la formation. On constate que l’équipe continue de sortir de très bons coureurs. Quelle est votre recette?

« Le plaisir, la bonne humeur, mais je crois surtout que la marque de fabrique du Team Pays de Dinan c’est de travailler avec un encadrement qui est entièrement bénévole et ça, dans l’éducation de nos jeunes, c’est important. C’est symbolique de leur montrer que nous aussi, en tant que bénévoles, on se donne à 100% voire 200%. Nous avons nos métiers respectifs à côté, on ne fait pas tout bien, c’est sûr, mais on essaie de faire au mieux. Si les coureurs nous rendent cet investissement tous les ans à travers leurs résultats c’est parce-qu’ils voient bien que tout le monde se donne à fond. Ils se disent qu’eux aussi doivent s’investir, même s’il n’y a pas d’obligation, ça reste d’un point de vue moral. Les coureurs sont reconnaissants envers le staff et ne manquent pas de le dire ou de le montrer. »

L’une des volontés du club est donc l’accompagnement de vos coureurs vers le très haut niveau donc ?

« Oui. On commence à être reconnus, et pourtant nous n'avons pas les mêmes moyens financiers que d’autres équipes… »

« Faire du vélo sans se prendre la tête »

Justement, vous avez un budget inférieur à certaines équipes. Le Team Pays de Dinan, ce sont des bénévoles, mais surtout des passionnés. Comment ça s’organise au sein de la structure?

« C’est une gymnastique qui n’est pas simple. On a en gros un vivier de 25 bénévoles autour de l’équipe. On met en place un calendrier avec une visibilité à deux mois. De là, chacun s’inscrit comme il veut, et comme il peut surtout, pour être disponible pour les différents évènements. Si on s’investit autant c’est parce-que les coureurs nous le rendent bien, et puis ça reste un plaisir pour nous. On est pas en vacances quand on est sur une course, mais on passe quand même de bons moments et on prend du bon temps. A titre personnel, j’apprécie le côté détente lors des compétitions, les moments où l’on parle d’autres choses que du vélo. Sur des épreuves de cinq jours il faut savoir se vider la tête, sortir un peu de la compétition. On prend le temps de discuter, d’aller boire un verre, sinon les jeunes restent dans leurs chambres devant leurs écrans. J’aime autant qu’il y ait de l’échange, ça permet entre autres de créer une émulation au sein de l’équipe. C’est un état d’esprit que l’on a: faire du vélo sans « se prendre la tête », sans ne penser qu’à 100% au vélo… et c’est peut-être ça qui fait que ça fonctionne bien. » 

Michel Danjou, manager général Team Pays de DinanMichel Danjou, manager général Team Pays de Dinan avec le maillot jaune du Tour de l'Avenir d'Alan Riou | © Team Pays de Dinan

Nous parlions en début d’interview, d’Alan Riou. Quand vous le voyez gagner sur le Tour de l’Avenir et porter le maillot de leader pendant quatre jours, on imagine qu’indirectement c’est aussi une belle récompense pour le staff, les bénévoles, l’équipe…

« C’est la vitrine du Team Pays de Dinan à ce jour. Il y avait eu par le passé Elie Gesbert qui avait gagné une étape sur le Tour de l’Avenir, là c’est une victoire d’étape plus le maillot de leader pendant quatre jours. Forcément on ne pouvait pas espérer mieux pour Alan (Riou). Il lui reste le mois de septembre à faire avec nous, après ça il pourra partir tranquille. Alan (Riou) nous a largement rendu ce qu’on lui a donné, si tant est qu’on lui ait donné quelque-chose. »

Pour revenir à la saison en cours, quelles sont les prochaines échéances importantes pour l’équipe ? 

« La dernière grosse échéance à venir est la finale de la Coupe de France de DN2, le 23 septembre prochain, sur laquelle on joue la montée en DN1. Sur la dernière manche (Grand Prix Christian Fenioux, le 14 aôut, ndlr) nous n’avons pas récupéré de points pour une histoire de jours entre les compétitions. On a joué le jeu de l’équipe de France en préservant Alan Riou, entre autres. Quoiqu’il en soit, on aura à coeur de faire quelque chose pour montrer qu’on est capable de monter en DN1. »

Il risque d’y avoir une belle bagarre pour la deuxième place avec le Team Peltrax-CSD…

« Oui, nous ne sommes pas décrochés de la deuxième place. Le V.C. Villefranche Beaujolais a trop d’avance en tête du classement, c’est quasiment acquis pour eux. La deuxième place est encore largement jouable en ce qui nous concerne. On va y aller à fond, avec la grosse équipe. » 

M.L.

Retrouvez la suite de cet entretien demain sur notre site.

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