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Cyclo-cross

Interview de Francis Mourey (Française des Jeux)

Publié le 15/12/2008 15:53

Interview de Francis Mourey : "fin janvier, quel que soit le résultat, j'aurai encore mis tous les atouts de mon côté."
Interview de Francis Mourey : "je sais que fin janvier, quel que soit le résultat, j'aurai encore mis tous les atouts de mon côté cette saison."

David Pagnier l'avait fait à intervalles irréguliers en 1992, 1993, 1997, 1999 et 2000, le triple champion de France Francis Mourey (Française des Jeux) l'a fait de manière consécutive. En s'imposant hier à Quelneuc dans la finale du Challenge National, le Franc-Comtois a ajouté un cinquième succès d'affilée à sa collection au classement général du triptyque français. Un record quasi absolu qui fait de Francis Mourey le meilleur cyclo-crossman du pays, sa domination sur les trois manches du Challenge National cet hiver ayant encore été sans faille, sans concession et sans discussion. Le voilà à présent favori logique à la conquête d'un quatrième titre de champion de France sur le circuit de Pontchâteau, le 11 janvier prochain. Avant que l'équipe de France ne le soutienne pour les Championnats du Monde, son principal objectif cet hiver.
Francis, encore une fois, vous avez dominé le cyclo-cross français en vous adjugeant le Challenge National pour la cinquième fois et sans partage ?
"Je suis venu à Quelneuc pour gagner premièrement la course, deuxième le classement général du Challenge National et troisièmement pour faire une très belle journée de travail. Quand on a la chance d'avoir un très beau circuit comme celui-là, très physique, très technique, on peut travailler un peu tout ce qu'on veut. Je suis venu pour travailler sérieusement, faire une belle journée de vélo. Je suis en stage depuis une semaine avec la Française des Jeux, je serai encore en stage tout au long de la semaine prochaine. Faire une course comme ça au milieu d'un stage, c'est très important. Je suis arrivé un peu fatigué au matin mais faire un cyclo-cross avec un petit peu de fatigue dans les jambes, c'est aussi très important. Ca permet de rehausser un peu le niveau."

Quelles ont été vos sensations ?
"J'ai bien tourné car j'ai entendu Daniel Mangeas dire que je tournais quasiment tous les tours au même rythme. Et quand on tourne du premier au dernier tour dans la moyenne, ça veut dire que la forme n'est pas trop mal. Je sais que je vais avoir très mal aux jambes tous les soirs la semaine prochaine, mais j'espère encore progresser. S'il faut passer par là pour gagner de belles courses au mois de janvier, je le ferai volontiers."

Vous êtes véritablement seul dans la course, comment faites-vous pour vous appliquer ?
"Le vélo, c'est dans les jambes mais c'est aussi beaucoup psychologique. Comme je l'ai dit j'avais trois buts en venant à Quelneuc. J'avais ça dans la tête dès le départ, faire une très belle journée de travail, et c'est ce qui m'a permis de me maintenir aujourd'hui. Je me suis retrouvé seul devant dès le premier tour et je ne me suis pas occupé de mes adversaires. S'ils avaient été meilleurs que moi, j'aurais fait la même course, en travaillant très bien les parties physiques, mais j'ai vu que j'étais encore au-dessus des autres, et j'espère que ça se maintiendra ainsi jusqu'aux Championnats de France."

On vous sent arriver progressivement à votre meilleur niveau...
"Tout le monde me dit que mon visage se creuse. Personnellement, je ne me pèse jamais donc je ne peux pas vous dire si je suis moins gros que l'année passée, mais beaucoup de personnes me le disent, et j'espère pouvoir encore m'affûter pour être encore plus performant. Je ne sais pas si je suis plus en forme mais les sensations que j'ai eues sur la finale du Challenge National à Quelneuc étaient meilleures que celles obtenues il y a un an à la même époque au Cap d'Agde. Après, ça ne veut rien dire. La forme est peut-être la même. Au Cap d'Agde, j'étais arrivé la veille au soir. Là, ça fait une semaine que je suis en stage."

Et ça aide ?
"Oui car quand on est en stage, on n'a qu'un souci, celui de faire du vélo. Quand on rentre de l'entraînement, on a le massage et rien à s'occuper. Quand on est à la maison, on est toujours plus actif. J'ai un enfant, il faut s'en occuper. C'est sans doute pour ça que j'avais de meilleures sensations cette année. Mais je pense que l'état de forme est quasiment identique, l'essentiel étant de garder en point de mire les objectifs, de travailler sérieusement. Ce qui arrivera arrivera. Je sais que fin janvier, quel que soit le résultat, j'aurai encore mis tous les atouts de mon côté cette saison, avec le concours de la Française des Jeux."

Si vous avez fait vos preuves sur le plan national cette saison, on a le sentiment que vous êtes encore en retard au niveau international. Comment l'expliquez-vous ?
"Je pense être pareil sauf que cette année je n'ai pas obtenu de podium comme les deux dernières années. Ca fait trois ans que je suis au meilleur niveau mais sur une course, tout peut basculer d'un instant à l'autre. Je vois la première Coupe du Monde à Kalmthout l'année passée je rentre le premier dans le champ, cette année je rentre le dernier. Pareil à Igorre. A partir de là c'est dur de faire un résultat. Maintenant je pense que l'état physique est identique mais qu'il me manque le petit truc en course. Je suis peut-être un petit peu moins concentré. Mais je reste satisfait quand je vois les entraînements que j'effectue, mon comportement en Coupe du Monde malgré tout."

Ne mettez-vous pas ce manque de résultat sur une trop grosse pression médiatique ?
"Non, je fais du vélo mais dès que je rentre chez moi, quand je rentre de l'entraînement, je le repose sur un crochet et je ne le reprends pas avant le lendemain. Chez moi, avec ma femme, on ne parle jamais de vélo. Je ne regarde jamais les sites de vélo, je n'achète jamais le journal. C'est peut-être pour ça aussi que j'arrive à maintenir mes objectifs. Je ne me disperse pas. Pourquoi je n'arrive pas à jouer le podium en Coupe du Monde ? Je ne peux pas l'expliquer. Intérieurement je sais que j'ai le niveau mais c'est comme ça. Les années se suivent et ne se ressemblent pas..."

Propos recueillis à Quelneuc le 14 décembre 2008.

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