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Cyclosport

Compte-rendu de la Granfondo Ventoux

Publié le 02/06/2013 13:38

La Granfondo Ventoux s'est déroulée version jantes basses pour les cyclos lancés dans un défi épique. Pour David Polveroni, le mistral aura été gagnant.

Le Mont VentouxLe Mont Ventoux | © Vélo 101Il fallait être courageux pour envoyer les 1050 inscrits des deux parcours de la Granfondo Ventoux-Beaumes-de-Venise à l'assaut du Géant de Provence, ce samedi 1er juin vers 8h30. Pour une fois qu'on n'avait pas la pluie, la grêle ou la neige, on a eu le mistral qui soufflait à plus de 80 km/h au sommet du Ventoux et, en plus, pas de vue sur le sommet à cause du brouillard. Dès le départ, il fallait tirer des bords, et rester ou essayer de rester à l'abri dans les paquets qui se constituaient sans attendre les premières bosses de Lafare puis Suzette. Depuis le début de saison, c'est la même litote. En mars OK pour les giboulées, ce sera mieux en avril, puis en mai... et là maintenant en juin. Il ne se passe toujours rien côté thermomètre et conditions pour rouler !

Deux parcours étaient proposés, un de 91 kilomètres, et le parcours Masters de 130 kilomètres, tous les deux avec le Ventoux par Malaucène, autant dire qu'il n'y avait pas de plan B au cas où les conditions auraient été par trop extrêmes à 1912 mètres. Au lieu d'être constant, le vent soufflait par bourrasques, bien pire au final car imprévisible. Et à voir les branches concassées sur la route, il fallait être attentif et concentré à tout instant. Une année sur deux, le parcours de la Ventoux emprunte le versant nord, moins pratiqué, moins connu, moins noble, mais tout aussi beau que le versant sud car avec une vue magnifique sur les Alpes. Par temps clair et dégagé, alors hier autant oublier. Comme à chaque fois avec le Ventoux, on a beaucoup de Belges, de Hollandais, d'Anglais venus à la fois jouer le Grand Trophée mais surtout attirés par le Ventoux que le monde entier nous envie.

Après Lafare et Suzette comme mise en bouche, c'était donc Malaucène et la longue procession de 22 kilomètres vers le sommet, la plupart du temps avec le vent pour rajouter à la difficulté, 130 kilomètres contre 170 pour le parcours version Bedoin et les deux montées, mais au final la difficulté aura été presque la même. C'est après le Mont Serein que les conditions vont devenir épiques, avec le brouillard, les voitures de face avec les warnings et les phares allumés, les groupes de motards venus profiter des paysages (!) et le vent dans les glissières comme pour rajouter à l'ambiance Giro de cette édition 2013. On ne voyait pas le sommet, pas plus que la pente. Il fallait gérer et on n'allait pas être déçus.

Patrick Fiorentino, David Polveroni et Nicolas OugierPatrick Fiorentino, David Polveroni et Nicolas Ougier | © Vélo 101Au sommet, c'était sauve qui peut. Certains sont descendus à pied, d'autres un pied sorti des pédales pour anticiper. Pas question de lâcher les mains, frigorifiées, pour un ravito ou un coupe-vent à enfiler. Et dire qu'en face certains, certaines, montaient depuis Bedoin à pied, sur le vélo, tant bien que mal. Si Ventoux vient de venteux, ce samedi en a été la preuve et le col des tempêtes a bien porté son nom. C'était bourrasques à tout va. Un coureur a d'ailleurs fracassé son vélo au niveau de la stèle Tom Simpson, plus de peur que de mal apparemment, mais ça calme et surtout ça a amené l'organisation à prendre la décision de bloquer la course au sommet pour demander aux coureurs de faire demi-tour et rentrer sur Beaumes. Pour les classements, ce n'est pas l'idéal, mais c'est sans doute la solution la plus sage quand on sait que les motards du sport ont dû soutenir certains coureurs pour descendre. Heureusement que le brouillard n'allait pas au-delà des deux premiers kilomètres de la descente, autant voir les voitures et les coureurs en face !

Pour se réchauffer, rien de tel que les 26 kilomètres de descente vers Sault, avec une route refaite à neuf, et où il faut toujours être en prise. Au moins cela a permis de remettre les doigts et l'organisme à température. Aurel, on salue Montbrun-les-Bains, un des plus beaux villages de France, et on tire vers la vallée du Toulourenc (tout ou rien en provençal), Saint-Léger-du-Ventoux et Entrechaux. Le mistral est toujours là, et mieux vaut être bien accompagné que seul, c'est bien connu et là encore plus vrai. La route est vallonnée, au milieu des cerisiers, des oliviers et de la vigne. Il reste 20 kilomètres et à Malaucène, c'est au tour de tout le monde (le parcours sénior est arrivé par Bedoin et le col de la Madeleine) de prendre le parcours aller à l'envers pour rallier Suzette, les Dentelles de Montmirail et Beaumes, où ça fait autant de bien aux jambes qu'au cœur. Le col de la Chaîne est toujours aussi venté et il faudra attendre Suzette et les 5 derniers kilomètres pour avoir enfin le vent dans le dos et se faire vraiment un grand plaisir.

Les leaders du Grand Trophée après quatre manchesLes leaders du Grand Trophée après quatre manches | © Vélo 101Côté courses, le Ventoux est toujours autant un juge de paix. Il ne se monte jamais en playback. Sur le 91 kilomètres, Ludovic Colomb gagne en 3h16'50" devant Brice Aerts et Vincent Arnaud, le champion de France Espoirs de marathon. Sur le parcours Masters, Patrick Fiorentino est passé en tête au sommet pour continuer son cavalier seul qui l'a mené presque au bout, 2ème au final. C'est bien connu, le vent est l'ennemi du cycliste, alors quand on roule seul dans la vallée du Toulourenc, on finit par se brûler les ailes et se faire manger par David Polveroni dans les dernières bosses. Le petit grimpeur de l'Isère gagne en 4h13'30" et Nicolas Ougier complète le podium en 4h18'42". Ce qui est bien avec le Ventoux, c'est qu'il n'y a pas trop besoin de photo-finish. Mieux vaut d'ailleurs car le final dans Beaumes est un peu tortueux. Chez les féminines, les Hollandaise du team Veltec étaient bien là et bien accompagnées par leurs gregarii, mais la plus haute marche est revenue à Stéphanie Gros en 5h12'49", elle prend par là-même le leadership du Grand Trophée dans sa catégorie.

Le Grand Trophée 2013 est donc lancé et bien lancé. Les épreuves de haute montagne vont s'enchaîner à commencer par les 3 Ballons samedi prochain. Après cette Ventoux, on espère que tous ceux qui ont chuté vont bien se remettre, ça semblait être la cas à l'arrivée, tant mieux. Cette édition 2013 restera épique, comme le souligne notre témoin juste après. Même en Belgique, du vent comme ça, y'en a pas ! Pour les jantes hautes, comme pour les cuissards, maillots et gants courts, on espère ne pas avoir à attendre juillet !

Le témoin Vélo 101... Jean-François Franquet (Team Virginia)

Jean-François Franquet et ses collègues du Team VirginiaJean-François Franquet et ses collègues du Team Virginia | © Vélo 101

Jean-François, tu es originaire de Liège. Comment t'es-tu retrouvé dans le Ventoux ?
Je fais partie du Team Virginia, un club belge. Un copain à moi avait entendu parler de la Granfondo Ventoux sur Internet. C'est ainsi que je m'y suis engagé. Avec mon club nous faisons deux à trois cyclos à l'étranger chaque année, comme les 3 Ballons ou les Boucles du Verdon. La grosse différence avec les cyclos en Belgique, c'est que chez nous nous avons des ascensions chronométrées mais pas de classement à l'arrivée. Et nous n'avons pas non plus le même relief !

Vous connaissez bien le vent en Belgique, comment l'as-tu appréhendé sur le Ventoux ?
On le connaît mais ce n'est pas ce que l'on préfère, c'est propre à tout cycliste. Ici on a été particulièrement éprouvés par un vent plus que violent. On pensait franchement que la cyclo allait être annulée, car c'était très dangereux.

Tu étais inscrit sur le grand parcours mais tu as fait partie des cyclos détournés au sommet du Ventoux...
Arrivés au sommet, on nous a fait comprendre qu'il était impossible de passer de l'autre côté, que les vents étaient trop violents pour redescendre. Nous avons dû rebrousser chemin et descendre en sens inverse.

Peux-tu nous parler du Team Virginia ?
Nous sommes un petit club de la banlieue liégeoise qui comprend une petite trentaine de cyclistes. Nous nous retrouvons tous les dimanches pour rouler. A Liège, nous sommes l'un des rares clubs à rouler toute l'année, hiver compris, soit 5000 à 8000 kilomètres par an. Mais cette année, le temps ayant été plus qu'exécrable, on a moins roulé.

Classement 130 km :

1. David Polveroni en 4h13'30"
2. Patrick Fiorentino en 4h15'06"
3. Nicolas Ougier en 4h18'42"
4. Rodolphe Lourd en 4h18'43"
5. Sjef Graafmans en 4h18'44"
6. Gaël Brandy en 4h22'01"
7. Hugues Rico en 4h22'29"
8. Franck Lemasson en 4h22'59"
9. Hylke Sibtsen en 4h23'07"
10. Kenny Nijssen en 4h23'22"
...
121 et 1ère féminine. Stéphanie Gros en 5h12'49"

Classement 91 km :

1. Ludovic Colomb en 3h16'50"
2. Brice Aerts en 3h16'51"
3. Vincent Arnaud en 3h27'57"
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41 et 1ère féminine. Danièle Troesch en 4h01'01"

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