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envoyé le 13/10/2020 21:26
Samedi 12 septembre 2020, 8h13... Mission du jour pour mes jambons : m'amener au bout des 500km du Dizzy Challenge, première édition d'une course ultra à travers le Luxembourg, pays de Ralph Diseviscourt, champion du monde de la discipline.
500 bornes, ça tombe bien : I want to ride my bicycle, I want to ride my bike, I want to ride my bicycle, I want to ride it where I like... 
Je pars un peu à la bourre, un peu stressé, un peu fébrile. Plein de doutes et de certitudes à la fois... Pressé d'en découdre, mais dans le doute, moi qui n'ai pas Ultra roulé depuis 2015, mon dernier REV, vais je y arriver ? J'ai pas mal de bornes derrière moi cette année, est ce que ce sera suffisant ? Et la sagesse aussi, l'expérience... Le mental... Ah oui, le mental... 
Allez, ça va le faire !!! Réponse à ces questions dans 500km. 
It's a beautiful day... C'est parti, je quitte l'aire de départ avec 4 min de retard.
Le fond de l'air est frais, le fond de l'eau, je sais pas, mais le fond de l'air est frais...  Devant moi, Claudio Rodriguez, ancien REVeur lui aussi. Je ne le verrai pas longtemps... À la sortie de Mondercange, il est déjà loin... Au fil des kilomètres, les jambes répondent présent. Le sud Luxembourg est assez urbanisé, plusieurs agglomérations traversées, feux, passage à niveau... Tiens, passage à Pétange... Et là j'entends mes deux preados ricaner comme des Minions... Pétange... Ahahah... Et la grande qui leur implore un peu de maturité... 
Au compteur, 30km/h sur les 2 premières heurs... Soit je tiens la forme de ma vie, soit...ça va se corser... À ce moment là de la course, on double, on se fait doubler. Il y a encore du monde devant et derrière. Pas encore d'écart conséquent. Arrivé à Pétange, On tourne à gauche... Pinaiz, me voilà collé à la route. Pourtant c'est plat !! Mais les pommes pourries au sol collent aux boyaux tel du bitume fondant !! Et ça sent le cidre... Bon, ça grimpe toujours pas... Tout sur la plaque. Et puis soudain... Le GPS indique à gauche. Je quitte la route principale pour prendre un chemin de ferme. Premiers gros pourcentages sur une route digne d'un parcours de classique ardennaise. Content d'avoir mis une cassette 11/32!!!
A 80km, Boulaide, premier pointage ravito. Une pause un peu longue... Je sais que je vais devoir lever le pied. J'ai 29,4 de moyenne. Toute manière, si je ne le fais pas, la route le fera pour moi... 
Je repars. Nous sommes dans le centre ouest luxembourgeois. Je découvre des paysages magnifiques, région très boisée, vallonnée, parsemée de villages paisibles. Les routes sont peu fréquentées, le tarmac impeccable, c'est très agréable pour rouler. Tout semble "propre et ordonné" ici.. 
Au loin, j'aperçois Fabrizio, ex REVeur, et sa roue lenticulaire (non, il n'a pas que sa roue lenticulaire... Il a un vélo avec une roue lenticulaire !!) . Je le rattrape tranquillement, il a toujours le sourire. On va se revoir à plusieurs reprises... J'arrive au point le plus au nord du parcours, au sud de Clervaux mais au nord du Luxembourg. Tout va bien, je ne suis pas à l'ouest. .. Descente très rapide vers la vallée de l'Our. Quelques kilomètres de plat pour rejoindre le deuxième ravito, près d'un camping. Région touristique... J'avale quelques pâtes, je fais le plein d'eau et je repars. 
Vianden, très touristique !! Ce serait pas mal de revenir dans le coin... Toujours dans la vallée, il fait beau et chaud !! Il doit être 14h... Je vais faire les prochains kilomètres "avec" Aloyse, encore un ancien REVeur, toujours un peu devant ou un peu derrière. Parfois à côté. Mais pas de drafting. Je crois d'ailleurs que ça m'aurait mis dans le rouge qu'on se tire la bourre ! La route est plutôt plate , puis nous retournons vers le centre du Luxembourg, vent de face. Cette portion est rendue difficile par la chaleur et le vent, plus que par la pente. J'avale les montées sans trop de difficultés, déjà 200km! Souvent, c'est le moment du coup de barre, des problèmes d'estomac... Dans la montée vers Goesdorf, je lève le pied. J'arrive au 3ème ravito. 10 minutes d'arrêt. Non, 15. Non 20... Sans doute 30 au final. Je mange, j'installe les éclairages, je prends les fringues de nuit, et je règle une avarie de lentille sur l' œil avant droit. Le truc qui passe pas au contrôle technique du Luxembourg pour rouler la nuit... J'ai perdu du temps. Je dois repartir avec 23 de moyenne... Il va me falloir un peu de temps pour me remettre dans le rythme. Après Wiltz, direction le sud et descente sur le Lac de Haute Sûre... Magnifique !! De là, on va chercher une boucle de 40km environ pour revenir sur Bourscheid. Entre temps, je double un kart à pédales, la nuit tombe, je mange une gaufre vanille, je passe la mi course, je retrouve vent de dos, je me rallonge de quelques kilomètres... 
La descente de Bourscheid est rapide, le château est splendide de nuit. Je passe à côté puis je l'aperçois sur les hauteurs depuis la vallée de la Sûre. Il fait nuit noire. Une montée, puis descente rapide sur Gilsdorf où nous attend le 4eme ravito. Km313. Tout va bien. Sauf mega problème, je sais que j'irai au bout. Un problème du style "j'ai inversé mes sacs des 2 derniers ravitos ?" chut... Un peu de suspens voyons !!! Je quitte le pointage, non sans avoir remercié nos anges gardiens... 100 bornes jusqu'au prochain ravito. Il fait frais désormais. 
Le ciel est clair... A Sky full of Stars... La montée qui suit va me réchauffer. Petite boucle, succession de toboggans pour rejoindre Echternach. Quelques kilomètres de plat dans la vallée de la Sûre, puis bifurcation vers Girsterklaus. Changement de rythme... Ça grimpe!! Les montées ne sont jamais trop longues ni trop pentues, mais les jambes commencent à être lourdes. Une longue boucle vallonnée pour rejoindre la vallée de la Moselle à Grevenmacher. Je profite de la nuit... Mais dis moi Olivier, que fais tu pour t'occuper pendant la nuit ? Ah, très bonne question... J'écoute les bruits, je regarde la lune, les étoiles, la route un peu aussi. Je fais des ombres chinoises (pour ça il faut des prolongateurs !!!), je compte les moutons, non, non surtout pas les moutons !!! Je pense à ma préparation, aux heures de selle... Et de temps en temps je pédale...
Vallée de la Moselle... Une quinzaine de kilomètres de plat jusqu'au dernier pointage... Ça sent le pinard... À droite des vignes... Vallée touristique de jour, déserte à ce moment là de la nuit... Je roule. J'ai dû passer le cap des 400km. Stradtbredimus... Dernier pointage... Et là, c'est le drame... Pas de gants, pas de craft manches longues... Dans quel sac ?!?! Je sais que je dois repartir vite... Je prends congé. Il est environ 3h. 85km à parcourir... Une boucle avec bosses, bosses, bosses, du plat, une bosse du côté de Schengen puis le reste plutôt plat. 
Je repars frigorifié... Ça ne va pas durer... Jusqu'à Oetrange, ça monte, je me réchauffe. Mais je ressens la fraîcheur dès que ça descend. La boucle m'emmene à Remich. La descente vers la Moselle réserve quelques surprises... Un chemin limite Gravel à travers les vignes. Dans la descente, je suis rejoint par 2 luxembourgeois et Arnaud, un strasbourgeois tous 3 déjà croisés dans la journée... Ou la nuit. Vallée de la Moselle. Tout roule. La montée en quittant la vallée, avant d'aller sur Mondorf sera notre "juge de paix". J'ai peur de coincer... Au final je grimpe à l'aise... À  la sortie de Mondorf, je me retrouve seul. Je me connais, je sais que je peux rouler assez dur sur les 2 dernières heures... Et je connais à peu près le final pour l'avoir fait en sens inverse 3 ans auparavant pour rendre visite à Jean-Claude lors de la Jean-Claude Arens Spécial Édition, qui nous avait emmenés d'Esch à Luxeuil. 
Je roule vite, plus personne derrière. Les autres ont coincé... À la sortie de Frisange, il est là, il arrive... Non, les lumières derrière, c'est pas le Père Noël, pas déjà !!! C'est la fusée Dizzy, Rocketman, qui se rapproche de moi... Tranquillement, il me double, un mot gentil d'encouragement... Mon lièvre de luxe va m'ouvrir la route jusqu'à Bettembourg. Devant le Parc Merveilleux, il est à 20/30 mètres devant... En ville, quelques relances plus rapides que les miennes, de vieux diesel sans turbo... Et je ne le reverrai qu'à l'arrivée. Il doit me rester 20 kilomètres... Une dernière bosse sur la liaison Kayl Esch, le genre de montée qui collerait ma grande carcasse au bitume sur une sortie classique!! Mais là, non, chi va piano, va sano à vélo... Ça grimpe tout seul !!! Descente, allez, encore une quinzaine de minutes... Beaucoup d'émotion pour ces derniers kilomètres... La fatigue... Mais je pense énormément à Jean-Claude... C'est lui en quelque sorte qui m'a amené ici... Il était là tout au long de ces 500km, 22h... Je l'ai entendu "allez mon grand", vu dans la nuit......
Et vers 6h, j'y suis : I'm still standing !! Retour au point de départ. C'est fait. Dizzy Challenge bouclé. 8 ans après mon premier REV, j'y arrive encore... C'est cool. Toutes les questions que je me posais... J'ai les réponses... Juste une ou deux autres... Suis-je capable de plus longtemps ? Plus loin ?
Affaire à suivre... 

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envoyé le 13/10/2020 22:22

Samedi 12 septembre 2020, 8h13... Mission du jour pour mes jambons : m'amener au bout des 500km du Dizzy Challenge, première édition d'une course ultra à travers le Luxembourg, pays de Ralph Diseviscourt, champion du monde de la discipline.
500 bornes, ça tombe bien : I want to ride my bicycle, I want to ride my bike, I want to ride my bicycle, I want to ride it where I like... 
Je pars un peu à la bourre, un peu stressé, un peu fébrile. Plein de doutes et de certitudes à la fois... Pressé d'en découdre, mais dans le doute, moi qui n'ai pas Ultra roulé depuis 2015, mon dernier REV, vais je y arriver ? J'ai pas mal de bornes derrière moi cette année, est ce que ce sera suffisant ? Et la sagesse aussi, l'expérience... Le mental... Ah oui, le mental... 
Allez, ça va le faire !!! Réponse à ces questions dans 500km. 
It's a beautiful day... C'est parti, je quitte l'aire de départ avec 4 min de retard.
Le fond de l'air est frais, le fond de l'eau, je sais pas, mais le fond de l'air est frais...  Devant moi, Claudio Rodriguez, ancien REVeur lui aussi. Je ne le verrai pas longtemps... À la sortie de Mondercange, il est déjà loin... Au fil des kilomètres, les jambes répondent présent. Le sud Luxembourg est assez urbanisé, plusieurs agglomérations traversées, feux, passage à niveau... Tiens, passage à Pétange... Et là j'entends mes deux preados ricaner comme des Minions... Pétange... Ahahah... Et la grande qui leur implore un peu de maturité... 
Au compteur, 30km/h sur les 2 premières heurs... Soit je tiens la forme de ma vie, soit...ça va se corser... À ce moment là de la course, on double, on se fait doubler. Il y a encore du monde devant et derrière. Pas encore d'écart conséquent. Arrivé à Pétange, On tourne à gauche... Pinaiz, me voilà collé à la route. Pourtant c'est plat !! Mais les pommes pourries au sol collent aux boyaux tel du bitume fondant !! Et ça sent le cidre... Bon, ça grimpe toujours pas... Tout sur la plaque. Et puis soudain... Le GPS indique à gauche. Je quitte la route principale pour prendre un chemin de ferme. Premiers gros pourcentages sur une route digne d'un parcours de classique ardennaise. Content d'avoir mis une cassette 11/32!!!
A 80km, Boulaide, premier pointage ravito. Une pause un peu longue... Je sais que je vais devoir lever le pied. J'ai 29,4 de moyenne. Toute manière, si je ne le fais pas, la route le fera pour moi... 
Je repars. Nous sommes dans le centre ouest luxembourgeois. Je découvre des paysages magnifiques, région très boisée, vallonnée, parsemée de villages paisibles. Les routes sont peu fréquentées, le tarmac impeccable, c'est très agréable pour rouler. Tout semble "propre et ordonné" ici.. 
Au loin, j'aperçois Fabrizio, ex REVeur, et sa roue lenticulaire (non, il n'a pas que sa roue lenticulaire... Il a un vélo avec une roue lenticulaire !!) . Je le rattrape tranquillement, il a toujours le sourire. On va se revoir à plusieurs reprises... J'arrive au point le plus au nord du parcours, au sud de Clervaux mais au nord du Luxembourg. Tout va bien, je ne suis pas à l'ouest. .. Descente très rapide vers la vallée de l'Our. Quelques kilomètres de plat pour rejoindre le deuxième ravito, près d'un camping. Région touristique... J'avale quelques pâtes, je fais le plein d'eau et je repars. 
Vianden, très touristique !! Ce serait pas mal de revenir dans le coin... Toujours dans la vallée, il fait beau et chaud !! Il doit être 14h... Je vais faire les prochains kilomètres "avec" Aloyse, encore un ancien REVeur, toujours un peu devant ou un peu derrière. Parfois à côté. Mais pas de drafting. Je crois d'ailleurs que ça m'aurait mis dans le rouge qu'on se tire la bourre ! La route est plutôt plate , puis nous retournons vers le centre du Luxembourg, vent de face. Cette portion est rendue difficile par la chaleur et le vent, plus que par la pente. J'avale les montées sans trop de difficultés, déjà 200km! Souvent, c'est le moment du coup de barre, des problèmes d'estomac... Dans la montée vers Goesdorf, je lève le pied. J'arrive au 3ème ravito. 10 minutes d'arrêt. Non, 15. Non 20... Sans doute 30 au final. Je mange, j'installe les éclairages, je prends les fringues de nuit, et je règle une avarie de lentille sur l' œil avant droit. Le truc qui passe pas au contrôle technique du Luxembourg pour rouler la nuit... J'ai perdu du temps. Je dois repartir avec 23 de moyenne... Il va me falloir un peu de temps pour me remettre dans le rythme. Après Wiltz, direction le sud et descente sur le Lac de Haute Sûre... Magnifique !! De là, on va chercher une boucle de 40km environ pour revenir sur Bourscheid. Entre temps, je double un kart à pédales, la nuit tombe, je mange une gaufre vanille, je passe la mi course, je retrouve vent de dos, je me rallonge de quelques kilomètres... 
La descente de Bourscheid est rapide, le château est splendide de nuit. Je passe à côté puis je l'aperçois sur les hauteurs depuis la vallée de la Sûre. Il fait nuit noire. Une montée, puis descente rapide sur Gilsdorf où nous attend le 4eme ravito. Km313. Tout va bien. Sauf mega problème, je sais que j'irai au bout. Un problème du style "j'ai inversé mes sacs des 2 derniers ravitos ?" chut... Un peu de suspens voyons !!! Je quitte le pointage, non sans avoir remercié nos anges gardiens... 100 bornes jusqu'au prochain ravito. Il fait frais désormais. 
Le ciel est clair... A Sky full of Stars... La montée qui suit va me réchauffer. Petite boucle, succession de toboggans pour rejoindre Echternach. Quelques kilomètres de plat dans la vallée de la Sûre, puis bifurcation vers Girsterklaus. Changement de rythme... Ça grimpe!! Les montées ne sont jamais trop longues ni trop pentues, mais les jambes commencent à être lourdes. Une longue boucle vallonnée pour rejoindre la vallée de la Moselle à Grevenmacher. Je profite de la nuit... Mais dis moi Olivier, que fais tu pour t'occuper pendant la nuit ? Ah, très bonne question... J'écoute les bruits, je regarde la lune, les étoiles, la route un peu aussi. Je fais des ombres chinoises (pour ça il faut des prolongateurs !!!), je compte les moutons, non, non surtout pas les moutons !!! Je pense à ma préparation, aux heures de selle... Et de temps en temps je pédale...
Vallée de la Moselle... Une quinzaine de kilomètres de plat jusqu'au dernier pointage... Ça sent le pinard... À droite des vignes... Vallée touristique de jour, déserte à ce moment là de la nuit... Je roule. J'ai dû passer le cap des 400km. Stradtbredimus... Dernier pointage... Et là, c'est le drame... Pas de gants, pas de craft manches longues... Dans quel sac ?!?! Je sais que je dois repartir vite... Je prends congé. Il est environ 3h. 85km à parcourir... Une boucle avec bosses, bosses, bosses, du plat, une bosse du côté de Schengen puis le reste plutôt plat. 
Je repars frigorifié... Ça ne va pas durer... Jusqu'à Oetrange, ça monte, je me réchauffe. Mais je ressens la fraîcheur dès que ça descend. La boucle m'emmene à Remich. La descente vers la Moselle réserve quelques surprises... Un chemin limite Gravel à travers les vignes. Dans la descente, je suis rejoint par 2 luxembourgeois et Arnaud, un strasbourgeois tous 3 déjà croisés dans la journée... Ou la nuit. Vallée de la Moselle. Tout roule. La montée en quittant la vallée, avant d'aller sur Mondorf sera notre "juge de paix". J'ai peur de coincer... Au final je grimpe à l'aise... À  la sortie de Mondorf, je me retrouve seul. Je me connais, je sais que je peux rouler assez dur sur les 2 dernières heures... Et je connais à peu près le final pour l'avoir fait en sens inverse 3 ans auparavant pour rendre visite à Jean-Claude lors de la Jean-Claude Arens Spécial Édition, qui nous avait emmenés d'Esch à Luxeuil. 
Je roule vite, plus personne derrière. Les autres ont coincé... À la sortie de Frisange, il est là, il arrive... Non, les lumières derrière, c'est pas le Père Noël, pas déjà !!! C'est la fusée Dizzy, Rocketman, qui se rapproche de moi... Tranquillement, il me double, un mot gentil d'encouragement... Mon lièvre de luxe va m'ouvrir la route jusqu'à Bettembourg. Devant le Parc Merveilleux, il est à 20/30 mètres devant... En ville, quelques relances plus rapides que les miennes, de vieux diesel sans turbo... Et je ne le reverrai qu'à l'arrivée. Il doit me rester 20 kilomètres... Une dernière bosse sur la liaison Kayl Esch, le genre de montée qui collerait ma grande carcasse au bitume sur une sortie classique!! Mais là, non, chi va piano, va sano à vélo... Ça grimpe tout seul !!! Descente, allez, encore une quinzaine de minutes... Beaucoup d'émotion pour ces derniers kilomètres... La fatigue... Mais je pense énormément à Jean-Claude... C'est lui en quelque sorte qui m'a amené ici... Il était là tout au long de ces 500km, 22h... Je l'ai entendu "allez mon grand", vu dans la nuit......
Et vers 6h, j'y suis : I'm still standing !! Retour au point de départ. C'est fait. Dizzy Challenge bouclé. 8 ans après mon premier REV, j'y arrive encore... C'est cool. Toutes les questions que je me posais... J'ai les réponses... Juste une ou deux autres... Suis-je capable de plus longtemps ? Plus loin ?
Affaire à suivre... 

Salut mec, toujours un plaisir à lire tes C.R, j'ai bien aimé ta viré dans la MANCHE et je pense y faire un tour l'année prochaine. Là ta p'tite ballade au Luxembourg me plait aussi...à réflechir.

A+ Bisous

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envoyé le 14/10/2020 10:45

Samedi 12 septembre 2020, 8h13... Mission du jour pour mes jambons : m'amener au bout des 500km du Dizzy Challenge, première édition d'une course ultra à travers le Luxembourg, pays de Ralph Diseviscourt, champion du monde de la discipline.
500 bornes, ça tombe bien : I want to ride my bicycle, I want to ride my bike, I want to ride my bicycle, I want to ride it where I like... 
Je pars un peu à la bourre, un peu stressé, un peu fébrile. Plein de doutes et de certitudes à la fois... Pressé d'en découdre, mais dans le doute, moi qui n'ai pas Ultra roulé depuis 2015, mon dernier REV, vais je y arriver ? J'ai pas mal de bornes derrière moi cette année, est ce que ce sera suffisant ? Et la sagesse aussi, l'expérience... Le mental... Ah oui, le mental... 
Allez, ça va le faire !!! Réponse à ces questions dans 500km. 
It's a beautiful day... C'est parti, je quitte l'aire de départ avec 4 min de retard.
Le fond de l'air est frais, le fond de l'eau, je sais pas, mais le fond de l'air est frais...  Devant moi, Claudio Rodriguez, ancien REVeur lui aussi. Je ne le verrai pas longtemps... À la sortie de Mondercange, il est déjà loin... Au fil des kilomètres, les jambes répondent présent. Le sud Luxembourg est assez urbanisé, plusieurs agglomérations traversées, feux, passage à niveau... Tiens, passage à Pétange... Et là j'entends mes deux preados ricaner comme des Minions... Pétange... Ahahah... Et la grande qui leur implore un peu de maturité... 
Au compteur, 30km/h sur les 2 premières heurs... Soit je tiens la forme de ma vie, soit...ça va se corser... À ce moment là de la course, on double, on se fait doubler. Il y a encore du monde devant et derrière. Pas encore d'écart conséquent. Arrivé à Pétange, On tourne à gauche... Pinaiz, me voilà collé à la route. Pourtant c'est plat !! Mais les pommes pourries au sol collent aux boyaux tel du bitume fondant !! Et ça sent le cidre... Bon, ça grimpe toujours pas... Tout sur la plaque. Et puis soudain... Le GPS indique à gauche. Je quitte la route principale pour prendre un chemin de ferme. Premiers gros pourcentages sur une route digne d'un parcours de classique ardennaise. Content d'avoir mis une cassette 11/32!!!
A 80km, Boulaide, premier pointage ravito. Une pause un peu longue... Je sais que je vais devoir lever le pied. J'ai 29,4 de moyenne. Toute manière, si je ne le fais pas, la route le fera pour moi... 
Je repars. Nous sommes dans le centre ouest luxembourgeois. Je découvre des paysages magnifiques, région très boisée, vallonnée, parsemée de villages paisibles. Les routes sont peu fréquentées, le tarmac impeccable, c'est très agréable pour rouler. Tout semble "propre et ordonné" ici.. 
Au loin, j'aperçois Fabrizio, ex REVeur, et sa roue lenticulaire (non, il n'a pas que sa roue lenticulaire... Il a un vélo avec une roue lenticulaire !!) . Je le rattrape tranquillement, il a toujours le sourire. On va se revoir à plusieurs reprises... J'arrive au point le plus au nord du parcours, au sud de Clervaux mais au nord du Luxembourg. Tout va bien, je ne suis pas à l'ouest. .. Descente très rapide vers la vallée de l'Our. Quelques kilomètres de plat pour rejoindre le deuxième ravito, près d'un camping. Région touristique... J'avale quelques pâtes, je fais le plein d'eau et je repars. 
Vianden, très touristique !! Ce serait pas mal de revenir dans le coin... Toujours dans la vallée, il fait beau et chaud !! Il doit être 14h... Je vais faire les prochains kilomètres "avec" Aloyse, encore un ancien REVeur, toujours un peu devant ou un peu derrière. Parfois à côté. Mais pas de drafting. Je crois d'ailleurs que ça m'aurait mis dans le rouge qu'on se tire la bourre ! La route est plutôt plate , puis nous retournons vers le centre du Luxembourg, vent de face. Cette portion est rendue difficile par la chaleur et le vent, plus que par la pente. J'avale les montées sans trop de difficultés, déjà 200km! Souvent, c'est le moment du coup de barre, des problèmes d'estomac... Dans la montée vers Goesdorf, je lève le pied. J'arrive au 3ème ravito. 10 minutes d'arrêt. Non, 15. Non 20... Sans doute 30 au final. Je mange, j'installe les éclairages, je prends les fringues de nuit, et je règle une avarie de lentille sur l' œil avant droit. Le truc qui passe pas au contrôle technique du Luxembourg pour rouler la nuit... J'ai perdu du temps. Je dois repartir avec 23 de moyenne... Il va me falloir un peu de temps pour me remettre dans le rythme. Après Wiltz, direction le sud et descente sur le Lac de Haute Sûre... Magnifique !! De là, on va chercher une boucle de 40km environ pour revenir sur Bourscheid. Entre temps, je double un kart à pédales, la nuit tombe, je mange une gaufre vanille, je passe la mi course, je retrouve vent de dos, je me rallonge de quelques kilomètres... 
La descente de Bourscheid est rapide, le château est splendide de nuit. Je passe à côté puis je l'aperçois sur les hauteurs depuis la vallée de la Sûre. Il fait nuit noire. Une montée, puis descente rapide sur Gilsdorf où nous attend le 4eme ravito. Km313. Tout va bien. Sauf mega problème, je sais que j'irai au bout. Un problème du style "j'ai inversé mes sacs des 2 derniers ravitos ?" chut... Un peu de suspens voyons !!! Je quitte le pointage, non sans avoir remercié nos anges gardiens... 100 bornes jusqu'au prochain ravito. Il fait frais désormais. 
Le ciel est clair... A Sky full of Stars... La montée qui suit va me réchauffer. Petite boucle, succession de toboggans pour rejoindre Echternach. Quelques kilomètres de plat dans la vallée de la Sûre, puis bifurcation vers Girsterklaus. Changement de rythme... Ça grimpe!! Les montées ne sont jamais trop longues ni trop pentues, mais les jambes commencent à être lourdes. Une longue boucle vallonnée pour rejoindre la vallée de la Moselle à Grevenmacher. Je profite de la nuit... Mais dis moi Olivier, que fais tu pour t'occuper pendant la nuit ? Ah, très bonne question... J'écoute les bruits, je regarde la lune, les étoiles, la route un peu aussi. Je fais des ombres chinoises (pour ça il faut des prolongateurs !!!), je compte les moutons, non, non surtout pas les moutons !!! Je pense à ma préparation, aux heures de selle... Et de temps en temps je pédale...
Vallée de la Moselle... Une quinzaine de kilomètres de plat jusqu'au dernier pointage... Ça sent le pinard... À droite des vignes... Vallée touristique de jour, déserte à ce moment là de la nuit... Je roule. J'ai dû passer le cap des 400km. Stradtbredimus... Dernier pointage... Et là, c'est le drame... Pas de gants, pas de craft manches longues... Dans quel sac ?!?! Je sais que je dois repartir vite... Je prends congé. Il est environ 3h. 85km à parcourir... Une boucle avec bosses, bosses, bosses, du plat, une bosse du côté de Schengen puis le reste plutôt plat. 
Je repars frigorifié... Ça ne va pas durer... Jusqu'à Oetrange, ça monte, je me réchauffe. Mais je ressens la fraîcheur dès que ça descend. La boucle m'emmene à Remich. La descente vers la Moselle réserve quelques surprises... Un chemin limite Gravel à travers les vignes. Dans la descente, je suis rejoint par 2 luxembourgeois et Arnaud, un strasbourgeois tous 3 déjà croisés dans la journée... Ou la nuit. Vallée de la Moselle. Tout roule. La montée en quittant la vallée, avant d'aller sur Mondorf sera notre "juge de paix". J'ai peur de coincer... Au final je grimpe à l'aise... À  la sortie de Mondorf, je me retrouve seul. Je me connais, je sais que je peux rouler assez dur sur les 2 dernières heures... Et je connais à peu près le final pour l'avoir fait en sens inverse 3 ans auparavant pour rendre visite à Jean-Claude lors de la Jean-Claude Arens Spécial Édition, qui nous avait emmenés d'Esch à Luxeuil. 
Je roule vite, plus personne derrière. Les autres ont coincé... À la sortie de Frisange, il est là, il arrive... Non, les lumières derrière, c'est pas le Père Noël, pas déjà !!! C'est la fusée Dizzy, Rocketman, qui se rapproche de moi... Tranquillement, il me double, un mot gentil d'encouragement... Mon lièvre de luxe va m'ouvrir la route jusqu'à Bettembourg. Devant le Parc Merveilleux, il est à 20/30 mètres devant... En ville, quelques relances plus rapides que les miennes, de vieux diesel sans turbo... Et je ne le reverrai qu'à l'arrivée. Il doit me rester 20 kilomètres... Une dernière bosse sur la liaison Kayl Esch, le genre de montée qui collerait ma grande carcasse au bitume sur une sortie classique!! Mais là, non, chi va piano, va sano à vélo... Ça grimpe tout seul !!! Descente, allez, encore une quinzaine de minutes... Beaucoup d'émotion pour ces derniers kilomètres... La fatigue... Mais je pense énormément à Jean-Claude... C'est lui en quelque sorte qui m'a amené ici... Il était là tout au long de ces 500km, 22h... Je l'ai entendu "allez mon grand", vu dans la nuit......
Et vers 6h, j'y suis : I'm still standing !! Retour au point de départ. C'est fait. Dizzy Challenge bouclé. 8 ans après mon premier REV, j'y arrive encore... C'est cool. Toutes les questions que je me posais... J'ai les réponses... Juste une ou deux autres... Suis-je capable de plus longtemps ? Plus loin ?
Affaire à suivre... 

Bravo Olivier et très beau récit.

Répondre Prévenir le modérateur

envoyé le 14/10/2020 18:48

Yéééé, épatant, bravo!

Ca donne envie d'y aller, mais 500 km d'un coup, au secours.

Répondre Prévenir le modérateur

envoyé le 14/10/2020 19:31

Salut mec, toujours un plaisir à lire tes C.R, j'ai bien aimé ta viré dans la MANCHE et je pense y faire un tour l'année prochaine. Là ta p'tite ballade au Luxembourg me plait aussi...à réflechir.

A+ Bisous

Hello Damien, merci... 

J'ai adoré rouler au Luxembourg... Peu de circulation dès que tu roules au nord de l'autoroute, les routes... un vrai billard... (sur 500 bornes, s'il y avait 5km de routes dégradées, c'est le grand max!)

Une organisation simple, comme sur le REV, un repas de clôture au top. 

Et j'ai revu d'ancien REVeurs, c'était cool. 

 

J'espère que les Spinergy roulent bien... smiley wink

Répondre Prévenir le modérateur

envoyé le 14/10/2020 19:33

Yéééé, épatant, bravo!

Ca donne envie d'y aller, mais 500 km d'un coup, au secours.

Merci Grand Schtroumpf !

500 bornes... Il y a de fortes chances que je schtroumfe la mise l'année prochaine du côté de chez toi... 

Répondre Prévenir le modérateur

envoyé le 15/10/2020 09:47

Samedi 12 septembre 2020, 8h13... Mission du jour pour mes jambons : m'amener au bout des 500km du Dizzy Challenge, première édition d'une course ultra à travers le Luxembourg, pays de Ralph Diseviscourt, champion du monde de la discipline.
500 bornes, ça tombe bien : I want to ride my bicycle, I want to ride my bike, I want to ride my bicycle, I want to ride it where I like... 
Je pars un peu à la bourre, un peu stressé, un peu fébrile. Plein de doutes et de certitudes à la fois... Pressé d'en découdre, mais dans le doute, moi qui n'ai pas Ultra roulé depuis 2015, mon dernier REV, vais je y arriver ? J'ai pas mal de bornes derrière moi cette année, est ce que ce sera suffisant ? Et la sagesse aussi, l'expérience... Le mental... Ah oui, le mental... 
Allez, ça va le faire !!! Réponse à ces questions dans 500km. 
It's a beautiful day... C'est parti, je quitte l'aire de départ avec 4 min de retard.
Le fond de l'air est frais, le fond de l'eau, je sais pas, mais le fond de l'air est frais...  Devant moi, Claudio Rodriguez, ancien REVeur lui aussi. Je ne le verrai pas longtemps... À la sortie de Mondercange, il est déjà loin... Au fil des kilomètres, les jambes répondent présent. Le sud Luxembourg est assez urbanisé, plusieurs agglomérations traversées, feux, passage à niveau... Tiens, passage à Pétange... Et là j'entends mes deux preados ricaner comme des Minions... Pétange... Ahahah... Et la grande qui leur implore un peu de maturité... 
Au compteur, 30km/h sur les 2 premières heurs... Soit je tiens la forme de ma vie, soit...ça va se corser... À ce moment là de la course, on double, on se fait doubler. Il y a encore du monde devant et derrière. Pas encore d'écart conséquent. Arrivé à Pétange, On tourne à gauche... Pinaiz, me voilà collé à la route. Pourtant c'est plat !! Mais les pommes pourries au sol collent aux boyaux tel du bitume fondant !! Et ça sent le cidre... Bon, ça grimpe toujours pas... Tout sur la plaque. Et puis soudain... Le GPS indique à gauche. Je quitte la route principale pour prendre un chemin de ferme. Premiers gros pourcentages sur une route digne d'un parcours de classique ardennaise. Content d'avoir mis une cassette 11/32!!!
A 80km, Boulaide, premier pointage ravito. Une pause un peu longue... Je sais que je vais devoir lever le pied. J'ai 29,4 de moyenne. Toute manière, si je ne le fais pas, la route le fera pour moi... 
Je repars. Nous sommes dans le centre ouest luxembourgeois. Je découvre des paysages magnifiques, région très boisée, vallonnée, parsemée de villages paisibles. Les routes sont peu fréquentées, le tarmac impeccable, c'est très agréable pour rouler. Tout semble "propre et ordonné" ici.. 
Au loin, j'aperçois Fabrizio, ex REVeur, et sa roue lenticulaire (non, il n'a pas que sa roue lenticulaire... Il a un vélo avec une roue lenticulaire !!) . Je le rattrape tranquillement, il a toujours le sourire. On va se revoir à plusieurs reprises... J'arrive au point le plus au nord du parcours, au sud de Clervaux mais au nord du Luxembourg. Tout va bien, je ne suis pas à l'ouest. .. Descente très rapide vers la vallée de l'Our. Quelques kilomètres de plat pour rejoindre le deuxième ravito, près d'un camping. Région touristique... J'avale quelques pâtes, je fais le plein d'eau et je repars. 
Vianden, très touristique !! Ce serait pas mal de revenir dans le coin... Toujours dans la vallée, il fait beau et chaud !! Il doit être 14h... Je vais faire les prochains kilomètres "avec" Aloyse, encore un ancien REVeur, toujours un peu devant ou un peu derrière. Parfois à côté. Mais pas de drafting. Je crois d'ailleurs que ça m'aurait mis dans le rouge qu'on se tire la bourre ! La route est plutôt plate , puis nous retournons vers le centre du Luxembourg, vent de face. Cette portion est rendue difficile par la chaleur et le vent, plus que par la pente. J'avale les montées sans trop de difficultés, déjà 200km! Souvent, c'est le moment du coup de barre, des problèmes d'estomac... Dans la montée vers Goesdorf, je lève le pied. J'arrive au 3ème ravito. 10 minutes d'arrêt. Non, 15. Non 20... Sans doute 30 au final. Je mange, j'installe les éclairages, je prends les fringues de nuit, et je règle une avarie de lentille sur l' œil avant droit. Le truc qui passe pas au contrôle technique du Luxembourg pour rouler la nuit... J'ai perdu du temps. Je dois repartir avec 23 de moyenne... Il va me falloir un peu de temps pour me remettre dans le rythme. Après Wiltz, direction le sud et descente sur le Lac de Haute Sûre... Magnifique !! De là, on va chercher une boucle de 40km environ pour revenir sur Bourscheid. Entre temps, je double un kart à pédales, la nuit tombe, je mange une gaufre vanille, je passe la mi course, je retrouve vent de dos, je me rallonge de quelques kilomètres... 
La descente de Bourscheid est rapide, le château est splendide de nuit. Je passe à côté puis je l'aperçois sur les hauteurs depuis la vallée de la Sûre. Il fait nuit noire. Une montée, puis descente rapide sur Gilsdorf où nous attend le 4eme ravito. Km313. Tout va bien. Sauf mega problème, je sais que j'irai au bout. Un problème du style "j'ai inversé mes sacs des 2 derniers ravitos ?" chut... Un peu de suspens voyons !!! Je quitte le pointage, non sans avoir remercié nos anges gardiens... 100 bornes jusqu'au prochain ravito. Il fait frais désormais. 
Le ciel est clair... A Sky full of Stars... La montée qui suit va me réchauffer. Petite boucle, succession de toboggans pour rejoindre Echternach. Quelques kilomètres de plat dans la vallée de la Sûre, puis bifurcation vers Girsterklaus. Changement de rythme... Ça grimpe!! Les montées ne sont jamais trop longues ni trop pentues, mais les jambes commencent à être lourdes. Une longue boucle vallonnée pour rejoindre la vallée de la Moselle à Grevenmacher. Je profite de la nuit... Mais dis moi Olivier, que fais tu pour t'occuper pendant la nuit ? Ah, très bonne question... J'écoute les bruits, je regarde la lune, les étoiles, la route un peu aussi. Je fais des ombres chinoises (pour ça il faut des prolongateurs !!!), je compte les moutons, non, non surtout pas les moutons !!! Je pense à ma préparation, aux heures de selle... Et de temps en temps je pédale...
Vallée de la Moselle... Une quinzaine de kilomètres de plat jusqu'au dernier pointage... Ça sent le pinard... À droite des vignes... Vallée touristique de jour, déserte à ce moment là de la nuit... Je roule. J'ai dû passer le cap des 400km. Stradtbredimus... Dernier pointage... Et là, c'est le drame... Pas de gants, pas de craft manches longues... Dans quel sac ?!?! Je sais que je dois repartir vite... Je prends congé. Il est environ 3h. 85km à parcourir... Une boucle avec bosses, bosses, bosses, du plat, une bosse du côté de Schengen puis le reste plutôt plat. 
Je repars frigorifié... Ça ne va pas durer... Jusqu'à Oetrange, ça monte, je me réchauffe. Mais je ressens la fraîcheur dès que ça descend. La boucle m'emmene à Remich. La descente vers la Moselle réserve quelques surprises... Un chemin limite Gravel à travers les vignes. Dans la descente, je suis rejoint par 2 luxembourgeois et Arnaud, un strasbourgeois tous 3 déjà croisés dans la journée... Ou la nuit. Vallée de la Moselle. Tout roule. La montée en quittant la vallée, avant d'aller sur Mondorf sera notre "juge de paix". J'ai peur de coincer... Au final je grimpe à l'aise... À  la sortie de Mondorf, je me retrouve seul. Je me connais, je sais que je peux rouler assez dur sur les 2 dernières heures... Et je connais à peu près le final pour l'avoir fait en sens inverse 3 ans auparavant pour rendre visite à Jean-Claude lors de la Jean-Claude Arens Spécial Édition, qui nous avait emmenés d'Esch à Luxeuil. 
Je roule vite, plus personne derrière. Les autres ont coincé... À la sortie de Frisange, il est là, il arrive... Non, les lumières derrière, c'est pas le Père Noël, pas déjà !!! C'est la fusée Dizzy, Rocketman, qui se rapproche de moi... Tranquillement, il me double, un mot gentil d'encouragement... Mon lièvre de luxe va m'ouvrir la route jusqu'à Bettembourg. Devant le Parc Merveilleux, il est à 20/30 mètres devant... En ville, quelques relances plus rapides que les miennes, de vieux diesel sans turbo... Et je ne le reverrai qu'à l'arrivée. Il doit me rester 20 kilomètres... Une dernière bosse sur la liaison Kayl Esch, le genre de montée qui collerait ma grande carcasse au bitume sur une sortie classique!! Mais là, non, chi va piano, va sano à vélo... Ça grimpe tout seul !!! Descente, allez, encore une quinzaine de minutes... Beaucoup d'émotion pour ces derniers kilomètres... La fatigue... Mais je pense énormément à Jean-Claude... C'est lui en quelque sorte qui m'a amené ici... Il était là tout au long de ces 500km, 22h... Je l'ai entendu "allez mon grand", vu dans la nuit......
Et vers 6h, j'y suis : I'm still standing !! Retour au point de départ. C'est fait. Dizzy Challenge bouclé. 8 ans après mon premier REV, j'y arrive encore... C'est cool. Toutes les questions que je me posais... J'ai les réponses... Juste une ou deux autres... Suis-je capable de plus longtemps ? Plus loin ?
Affaire à suivre... 

Très joli récit.

Ca donne envie… La longue distance,... un voyage intérieur! La nuit,... trouver la sérénité!

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envoyé le 15/10/2020 10:13

Très joli récit.

Ca donne envie… La longue distance,... un voyage intérieur! La nuit,... trouver la sérénité!

La nuit,... trouver la sérénité!

Sérénité mêlée parfois d'appréhension : 2 fois (sur un clm de 24h et sur l'un de mes B-P) il m'est arrivé de ne plus voir que d'un oeil car une pellicule de buée s'était formée sur l'autre oeil rendant la vision de celui-ci trop floue pour être utile. 

N'ayant pas de lunettes appropriées je faisais sans.

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envoyé le 15/10/2020 12:46

Très joli récit.

Ca donne envie… La longue distance,... un voyage intérieur! La nuit,... trouver la sérénité!

Rouler la nuit... c'est magique ! 

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envoyé le 16/10/2020 09:24

Très beau récit, on ne s'ennuie pas à le lire, quel périple, bravo...500 bornes smiley rolleyes 

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envoyé le 16/10/2020 15:36

Bravo,

récit qui fait rêver et pas que les REVeurs

Je n'ai fait 500 km que 2 fois et une fois 640 pour un Bordeaux Paris quand j'étais bien plus jeune.Comme je ne conduis pas, je privilégie les parcours en boucles ou étoile.Ou quand je prenais le train, je pouvais partir d'une gare , faire des cols et revenir par une autre gare, mais le train+vélo est tellement difficile en France !

Maintenant ma femme préfère que je ne fasse plus qu'une 1/2 journée. Alors du coup j'ai repris un peu la CAP marathon et surtout maintenant trail, mais cool.

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envoyé le 20/10/2020 05:55

Très beau récit, on ne s'ennuie pas à le lire, quel périple, bravo...500 bornes smiley rolleyes 

Je lorgne en ce moment sur la Race Across Belgium au départ d'Arlon en mai prochain... 1000km. J'ai mis un mois à pondre ce compte rendu, il m'en faudra alors au moins 3 ou 4 !!! 

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envoyé le 22/10/2020 21:26

Je lorgne en ce moment sur la Race Across Belgium au départ d'Arlon en mai prochain... 1000km. J'ai mis un mois à pondre ce compte rendu, il m'en faudra alors au moins 3 ou 4 !!! 

Salut grand, j'aimerai avoir un petit retour sur ton G.P.S, (autonomie, lisibilité ) car je n'ai pas encore investie dans cet appareil et si de jour je m'en sort pas trop mal, de nuit c'est compliqué.

Mes SPINERGY roules biensmiley cool, encore merci à+

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