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envoyé le 05/07/2012 17:15

 

Braves gens prenez garde… ne trainez pas sur internet, sur des sites plus ou moins avouables. C’est comme cela que l’on rencontre des gens peu fréquentables, vous savez le genre de types qui vous envoient pédaler dans des endroits qui semblent inaccessibles et que l’on chope des maladies surprenantes.

Cette maladie, elle s’appelle la DFUsite, elle ne pardonne pas. Si vous êtes atteint vous voudrez devenir un Fondu de l’Ubaye

Moi j’ai été contaminé à la fin de l’été dernier, sans m’en apercevoir, je suis tombé sur un site qui parlait de gens suffisamment imbéciles pour pédaler pendant des heures et gravir des dénivelés de fous furieux, uniquement pour le plaisir de le faire et tenter de vaincre une véritable saloperie qui est ,elle, une vraie maladie : la mucoviscidose.

Je me suis dit dans ma petite tête qu’il ne fallait pas être clair pour faire un truc pareil et je pensais oublier tout ça. Que nenni, j’étais contaminé sans le savoir.

Dans les mois qui ont suivi, sans m’en rendre compte je suis retourné sur le site, j’ai lu les témoignages, j’en ai découvert d’autres en surfant sur le net, bref j’étais en période d’incubation.

Le premier symptôme est apparu au début du printemps quand une idée saugrenue a percé ce qui me restait de conscience : « après tout pourquoi tu n’essaierais pas ? ». La DFUsite, c’est terrible ça commence par attaquer le cerveau.

Comment peut-on imaginer un truc pareil, alors que mon expérience de cycliste montagnard est des plus limitées, je suis tout juste un cycliste du dimanche, plus précisément du dimanche matin, juste avant l’apéro…

J’avais encore une chance de m’en sortir, prétextant quelques demandes de renseignements j’ai adressé deux mails à Claude Verran, certain que l’on ne me répondrait pas et que je pourrai renoncer tout en ayant bonne conscience. Fatalitas ! Les deux fois on m’a répondu par retour !  Qu’est ce que c’est que ces organisateurs qui font bien leur boulot et croient à ce qu’ils font ! À cause de dangereux individus comme eux, on ne peut plus se défiler !

 Je n’avais plus d’excuse j’ai bien été obligé d’envoyer mon bulletin d’inscription, c’est sur j’étais atteint.

Tout semblait être rentré dans l’ordre, mais en réalité la DFUsite me gagnait. Régulièrement je regardais des profils routiers et comptais des pourcentages. Je savais que 7 cols ce n’était pas à ma portée, déjà je serais content d’arriver à 4. 5 cols c’était mon rêve inavoué.

Nuit du 28 au 29 juin. Une crise violente de DFUsite me prend, je ne parviens pas à m’endormir. Demain je pars pour Barcelonette et jusqu’à 2 heures du matin je me tourne et me retourne en ressassant un hypothétique plan de route, certains comptent les moutons pour s’endormir, moi je compte les kilomètres.

29 juin fin d’après midi.  J’arrive à Barcelo, en allant retirer ma plaque de cadre j’observe les autres participants. Beaucoup se connaissent, nombreux sont ceux qui ressemblent à de vrais cyclistes. Je me demande  ce que je fais là…. Je pose quelques questions pour tenter de me rassurer, mais mon sourire crispé ne doit tromper personne. Ces enfoirés de l’organisation ont tout prévu : pour être surs que vous n’allez pas avoir un éclair de lucidité et partir en courant, ils vous répondent gentiment, avec un grand sourire et vous rassurent en tentant de calmer toutes vos angoisses.

L’un d’eux aura cette phrase superbe frappée au coin du bon sens « t’inquiète pas de toute façon, la moitié de la route c’est de la descente ». Comme j’objecte que ce qui m’inquiète c’est l’autre moitié, il ne désarme pas : « Pas de souci, tu as 24 heures pour faire ton circuit ». Que répondre à ça : rien.

Seulement se rappeler ce qui nous est répété : quand c’est dur pour vous, pensez à la souffrance des enfants malades.

Mon sommeil sera bref, je tenterais à nouveau de dormir en comptant des moutons qui pédalent dans des cols…La nuit ne portera pas de conseil intelligent, si bien qu’à 5 heures du matin je serais, comme 205 autres illuminés, en route vers la ligne de départ. Il fait nuit mais un tas de petits vélos clignotent en se dirigeant vers le marché couvert de Barcelonette. Ma peur d’être ridicule  est compensée par ma fierté de faire partie de cette aventure : « mon Dieu, faites que je ne sois pas trop à la ramasse.. »

                                                                                                                                                                                                                                                   5h20. J’ai fait tamponner ma carte de pointage et me voilà dans le sas de départ, avec l’impression du type qui saute d’un avion sans parachute et se dit « jusque là tout va bien… » Un dernier petit mot de Claude Verran et, alors que le ciel blanchit, c’est parti pour la grande aventure, on ne peut plus reculer. On enfile la rue Manuel où quelques volets s’ouvrent pour voir qui sont ces abrutis sur leurs vélos qui perturbent le sommeil des honnêtes citoyens sous leurs couettes.

Le peloton remonte la vallée de l’Ubaye dans le petit jour. On entend quelques plaisanteries qui couvrent le feulement des pneus. La température est idéale, il fait beau. Bien abrité dans le peloton,  je suis le Roi du Monde. Ça a de la gueule plus de 200 vélos qui avancent, groupés pour affronter une rude épreuve. Très vite je vais me rendre compte que la même épreuve ne sera pas affrontée par tout le monde de la même manière, quelques fusées partent devant et  je ne les reverrais que très fugitivement en les croisant, tant que cela sera encore possible….

Embranchement vers le col de Vars, quelques uns s’arrêtent pour passer en tenue légère, je continue, ça roule bien même si au niveau des tunnels une première pente nous rappelle pourquoi on est là, on l’avale sans problème.

Hameau de Mélézen, la pente se durcit, on est dans les 10% d’après mon compteur, comme je l’ai grimpé plusieurs fois sur internet je le savais et ne suis pas surpris. Je serre les dents et continue. Je suis agréablement surpris de la manière dont je monte, jusque là tout va bien. On croise les premiers qui redescendent. Il n’y a plus de pelotons mais des individualités. Je repère des maillots que je vais croiser toute la journée.

Col de Vars,  ça y est, un de fait, je pointe, une photo souvenir et on repart. Dans la descente quelques encouragements à ceux qui montent encore (tiens, je ne suis pas dernier..).

Direction Sainte Anne. Surprise, on ne m’avait pas dit que c’était du cyclo cross. La route est couverte de gravillons quand ce n’est pas de la terre. Il commence à faire chaud, je renonce aux manches longues et comme on dit je « gère l’effort ». En matière de gestion ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus brillant mais je grimpe à mon rythme. Si vous ne connaissez pas, Sainte Anne c’est court mais bon. Sur la carte ça a l’air de rien mais quand on y est  on comprend pourquoi on appelle ça « la montée de Sainte Anne » le revêtement pourri grimpe dans les 12%, ça vous met bien en jambes…

Sommet, pointage et demi tour. Il faut faire attention dans la descente mais le retour au fond de la vallée est bien agréable.

Ravitaillement à Jausiers. Là encore les bénévoles sont insupportables, c’est vrai quoi, on devait être là pour que ce soit dur et ils gâchent tout avec leur gentillesse. Ils  vous agressent avec, un sandwich, un coca, un fruit, un sourire….je suis convaincu qu’ils ont leur propre compétition : le prix du plus sympa, il faut une photo à l’arrivée pour les départager.

Je pars dans la Bonette. Je la connais déjà par l’autre versant, mais c’est la première fois que je m’y attaque avec deux cols dans les pattes. Il fait très chaud, le vent se lève, je sens que ça ne va pas être de la tarte, même si la DDE nous a fait un splendide revêtement tout neuf, un vrai billard.

La route a été fermée pour nous après le hameau de Lans et c’est bien agréable. Les voitures ou motards qui s’y sont aventurés doivent faire demi tour, bien fait pour eux, les panneaux étaient suffisamment explicites. J’ai appris plus tard que des bénévoles ont eu du mal à faire respecter l’interdiction, qu’ils soient encore remerciés de leurs efforts. Je franchis la barrière sous les applaudissements de quelques supporters qui font du bien au cœur mais ne soulagent que très modéremment mes cuisses.

La Bonette c’est long, très long, très chaud (le thermo indiquera 26° au sommet) même si j’essaie de me mettre en danseuse de temps en temps je sens que le rythme diminue. Au plus je grimpe, au plus ma vitesse s’effondre. Je rattrape un concurrent qui pousse son vélo, je l’encourage mais il me répond qu’il a des crampes. Le seul fait de voir quelqu’un à pied m’a mis un coup au moral. Quand on est atteint de DFUsite, le mental peut être très fragile. Je me dis que je ne poserai pas pied à terre, mais le ver est dans le fruit.

Ça grimpe et ça regrimpe, c’est interminable. Je m’hydrate régulièrement en essayant de gérer le niveau de mes bidons, mais quand je lève les yeux je ne vois toujours pas le sommet. Jusque là tout allait bien. Ce n’est pas les crampes ni les cuisses qui ont lâché, c’est la tête. Je l’avoue, mais ne le répétez pas à personne, que cela reste entre nous, j’ai mis pied à terre dans la Bonette. A deux reprises sur une centaine de mètres, le temps que quelqu’un me dise, en me passant « allez courage ». Ce leitmotiv du DFU, c’est un peu notre mot de passe, celui que l’on échange quand on croise ou dépasse un concurrent. Lorsque la crise de DFUsite vous terrasse et vous cloue au sol on n’a pas trouvé de meilleur traitement. Une injection d’encouragement et on remonte sur le vélo.

12h30 la route est rouverte, je croise la voiture qui retient le flot des véhicules à quelques centaines de mètres du sommet. Son conducteur me fait un signe d’encouragement. C’en est fini de la tranquillité, mais on touche au bout. J’avoue que je remettrai pied à terre quelques mètres dans la cime, il faut boire le calice jusqu’à la lie.

C’est reparti vers la vallée. Il y en a toujours qui montent. A mon tour de traiter leurs « coups de mou » par une injection massive de « allez courage ! ». Je me paie le luxe de passer une voiture dans la descente et me prends presque pour un vrai cycliste. Dans la vallée on se retrouve à 4 à relayer comme des pros et on descend comme une fleur jusqu’à Barcelo. Le moral remonte, les cuisses retrouvent un semblant de  tonus. Jusque là, tout recommence à aller bien.

Arrivée à Barcelo. Une fois de plus je suis pris en charge par les membres de l’organisation qui sont aux petits soins. Les uns procèdent à l’injection règlementaire d’encouragement et félicitations (je ne connais pas de meilleur dopant), les autres assurent l’intendance avec un grand sourire. A peine le temps de s’assoir et une copieuse salade de pates m’attend. Il faut bien ça pour se remettre. Je discute avec quelques participants (ceux de mon niveau, les autres sont déjà loin devant), il semble que le vent chaud, de face, dans la Bonette ait fait revoir à la baisse quelques ambitions.

Comment refuser le petit café qui m’est proposé avec le sourire par une charmante dame de l’organisation ? Arrêtez d’être sympa comme ça, vous allez me dégouter de repartir, on est si bien reçu chez vous! Mais une nouvelle crise de DFUsite me prend, le devoir m’appelle, je reprends mon vélo pour le 4ème col.

Direction la Cayolle avec un bordelais qui me rend ma liberté et  m’invite rapidement à rouler à mon rythme, qu’il estime supérieur au sien (qu’est ce qu’il ne faut pas entendre). Une pause  au ravito d’Uvernet, devant la mairie pour refaire le niveau des bidons et admirer une charmante mariée et ses demoiselles d’honneur, et c’est reparti.

Me voilà dans les gorges du Bachelard, c’est beau que ça n’en peut plus. La route a un dénivelé humain et je m’en mets plein les yeux en prenant quelques photos. Mon bordelais en profite pour me rattraper et nous repartons ensemble en discutant. Faire des rencontres sympas ça fait aussi partie des symptômes de la DFUsite.

Même si la Cayolle n’est pas le plus dur, c’est quand même un vrai col, mon bordelais passe dans le rouge et me rend à nouveau ma liberté. Sans pitié je le laisse derrière moi. Ça devient plus dur dans les derniers kilomètres. Je rattrape et dépasse une charmante féminine avec qui je vais jouer à « saute mouton »  quand j’essaie de faire des photos de marmotte : elle en profite pour me repasser et je la rattrape plus loin, et on recommence…..

Ça y est le 4 ème col est franchi. Devant moi les Alpes Maritimes mais après avoir échangé quelques mots avec les contrôleurs et ma compagne de route, demi-tour, je repars vers la vallée. Mon but est atteint je suis devenu un fondu de l’Ubaye. Je redescends tout guilleret. Ce qui me paraissait inaccessible est réalisé.

Arrêt au contrôle d’Uvernet. Discussion avec les contrôleurs qui me posent la question fatidique : continuation vers Allos ou retour sur Barcelo ? Il se fait tard, le Défi que je m’étais fixé a été rempli, je me dégonfle et décide de m’arrêter là et retourne vers le marché couvert pour rendre ma plaque de cadre. Quand j’arriverai, le premier,  qui  lui a fait 7 cols, sera douché depuis longtemps….

Les félicitations des bénévoles ne m’empêchent pas d’avoir un gout d’inachevé, je ne peux m’empêcher de penser que j’aurai du grimper Allos, ou tout au moins essayer. Ces regrets je ne serais pas le seul à les avoir et lors de la Pasta party, alors que des concurents plus courageux arrivront du 7ème col, nous nous dirons « l’année prochaine, je me fais le 5ème… » ou pour d’autres « j’irai au 7ème… ».

C’est ça qui est terrible avec la DFUsite, on n’en guérit jamais….sitôt la crise passée on se met à rêver à l’année d’après. Je me dis qu’Allos et à ma portée, et sait-on jamais , un coup de guidon avant le marché de Barcelonette et pourquoi pas envisager de rajouter St Jean et Pontis….51 Grands Maîtres de la Confrérie de l’Ubaye ont réussi cet exploits cette année  et je leur tire mon chapeau.

 Ce long (trop long, comme la Bonette…) récit était destiné à prouver que l’on peut participer au Défi des Fondus de l’Ubaye à tous les niveaux, c’est vrai qu’on a 24 heures pour réussir son propre défi…

Moi, avec mes 180 kilomètres pour 4800 mètres de dénivelé, je ne suis qu’un simple Fondu, mais fier de l’être.

Heureux d’avoir participé à ce Défi contre la maladie, d’avoir apporté une très modeste contribution.

De grands bravos à tous ceux qui ont pédalés mais aussi à ceux qui sur le bord de notre route ont tout fait pour que cette épreuve se déroule dans les meilleures conditions possibles, leur gentillesse, leurs sourires, nous ont tous aidés.

Si l’année prochaine, fin Juin à la tombée du jour vous voyez un gugusse en haut du Col d’Allos avec un grand sourire, ça sera moi. Méfiez vous !!!! N’approchez pas ! La DFUsite, c’est peut être contagieux, je serai capable de vous la refiler…..

 

Répondre Prévenir le modérateur

envoyé le 05/07/2012 18:41

Belle plume Christian ,,,,,,,,,,,,,,, tu transpires la passion !!!

Patrick

Répondre Prévenir le modérateur

envoyé le 05/07/2012 19:58

Belle plume Christian ,,,,,,,,,,,,,,, tu transpires la passion !!!

Patrick

ah moi j'avais "seulement" 4100 m de dénivelé au compteur

Répondre Prévenir le modérateur

envoyé le 06/07/2012 08:05

 

Braves gens prenez garde… ne trainez pas sur internet, sur des sites plus ou moins avouables. C’est comme cela que l’on rencontre des gens peu fréquentables, vous savez le genre de types qui vous envoient pédaler dans des endroits qui semblent inaccessibles et que l’on chope des maladies surprenantes.

Cette maladie, elle s’appelle la DFUsite, elle ne pardonne pas. Si vous êtes atteint vous voudrez devenir un Fondu de l’Ubaye

Moi j’ai été contaminé à la fin de l’été dernier, sans m’en apercevoir, je suis tombé sur un site qui parlait de gens suffisamment imbéciles pour pédaler pendant des heures et gravir des dénivelés de fous furieux, uniquement pour le plaisir de le faire et tenter de vaincre une véritable saloperie qui est ,elle, une vraie maladie : la mucoviscidose.

Je me suis dit dans ma petite tête qu’il ne fallait pas être clair pour faire un truc pareil et je pensais oublier tout ça. Que nenni, j’étais contaminé sans le savoir.

Dans les mois qui ont suivi, sans m’en rendre compte je suis retourné sur le site, j’ai lu les témoignages, j’en ai découvert d’autres en surfant sur le net, bref j’étais en période d’incubation.

Le premier symptôme est apparu au début du printemps quand une idée saugrenue a percé ce qui me restait de conscience : « après tout pourquoi tu n’essaierais pas ? ». La DFUsite, c’est terrible ça commence par attaquer le cerveau.

Comment peut-on imaginer un truc pareil, alors que mon expérience de cycliste montagnard est des plus limitées, je suis tout juste un cycliste du dimanche, plus précisément du dimanche matin, juste avant l’apéro…

J’avais encore une chance de m’en sortir, prétextant quelques demandes de renseignements j’ai adressé deux mails à Claude Verran, certain que l’on ne me répondrait pas et que je pourrai renoncer tout en ayant bonne conscience. Fatalitas ! Les deux fois on m’a répondu par retour !  Qu’est ce que c’est que ces organisateurs qui font bien leur boulot et croient à ce qu’ils font ! À cause de dangereux individus comme eux, on ne peut plus se défiler !

 Je n’avais plus d’excuse j’ai bien été obligé d’envoyer mon bulletin d’inscription, c’est sur j’étais atteint.

Tout semblait être rentré dans l’ordre, mais en réalité la DFUsite me gagnait. Régulièrement je regardais des profils routiers et comptais des pourcentages. Je savais que 7 cols ce n’était pas à ma portée, déjà je serais content d’arriver à 4. 5 cols c’était mon rêve inavoué.

Nuit du 28 au 29 juin. Une crise violente de DFUsite me prend, je ne parviens pas à m’endormir. Demain je pars pour Barcelonette et jusqu’à 2 heures du matin je me tourne et me retourne en ressassant un hypothétique plan de route, certains comptent les moutons pour s’endormir, moi je compte les kilomètres.

29 juin fin d’après midi.  J’arrive à Barcelo, en allant retirer ma plaque de cadre j’observe les autres participants. Beaucoup se connaissent, nombreux sont ceux qui ressemblent à de vrais cyclistes. Je me demande  ce que je fais là…. Je pose quelques questions pour tenter de me rassurer, mais mon sourire crispé ne doit tromper personne. Ces enfoirés de l’organisation ont tout prévu : pour être surs que vous n’allez pas avoir un éclair de lucidité et partir en courant, ils vous répondent gentiment, avec un grand sourire et vous rassurent en tentant de calmer toutes vos angoisses.

L’un d’eux aura cette phrase superbe frappée au coin du bon sens « t’inquiète pas de toute façon, la moitié de la route c’est de la descente ». Comme j’objecte que ce qui m’inquiète c’est l’autre moitié, il ne désarme pas : « Pas de souci, tu as 24 heures pour faire ton circuit ». Que répondre à ça : rien.

Seulement se rappeler ce qui nous est répété : quand c’est dur pour vous, pensez à la souffrance des enfants malades.

Mon sommeil sera bref, je tenterais à nouveau de dormir en comptant des moutons qui pédalent dans des cols…La nuit ne portera pas de conseil intelligent, si bien qu’à 5 heures du matin je serais, comme 205 autres illuminés, en route vers la ligne de départ. Il fait nuit mais un tas de petits vélos clignotent en se dirigeant vers le marché couvert de Barcelonette. Ma peur d’être ridicule  est compensée par ma fierté de faire partie de cette aventure : « mon Dieu, faites que je ne sois pas trop à la ramasse.. »

                                                                                                                                                                                                                                                   5h20. J’ai fait tamponner ma carte de pointage et me voilà dans le sas de départ, avec l’impression du type qui saute d’un avion sans parachute et se dit « jusque là tout va bien… » Un dernier petit mot de Claude Verran et, alors que le ciel blanchit, c’est parti pour la grande aventure, on ne peut plus reculer. On enfile la rue Manuel où quelques volets s’ouvrent pour voir qui sont ces abrutis sur leurs vélos qui perturbent le sommeil des honnêtes citoyens sous leurs couettes.

Le peloton remonte la vallée de l’Ubaye dans le petit jour. On entend quelques plaisanteries qui couvrent le feulement des pneus. La température est idéale, il fait beau. Bien abrité dans le peloton,  je suis le Roi du Monde. Ça a de la gueule plus de 200 vélos qui avancent, groupés pour affronter une rude épreuve. Très vite je vais me rendre compte que la même épreuve ne sera pas affrontée par tout le monde de la même manière, quelques fusées partent devant et  je ne les reverrais que très fugitivement en les croisant, tant que cela sera encore possible….

Embranchement vers le col de Vars, quelques uns s’arrêtent pour passer en tenue légère, je continue, ça roule bien même si au niveau des tunnels une première pente nous rappelle pourquoi on est là, on l’avale sans problème.

Hameau de Mélézen, la pente se durcit, on est dans les 10% d’après mon compteur, comme je l’ai grimpé plusieurs fois sur internet je le savais et ne suis pas surpris. Je serre les dents et continue. Je suis agréablement surpris de la manière dont je monte, jusque là tout va bien. On croise les premiers qui redescendent. Il n’y a plus de pelotons mais des individualités. Je repère des maillots que je vais croiser toute la journée.

Col de Vars,  ça y est, un de fait, je pointe, une photo souvenir et on repart. Dans la descente quelques encouragements à ceux qui montent encore (tiens, je ne suis pas dernier..).

Direction Sainte Anne. Surprise, on ne m’avait pas dit que c’était du cyclo cross. La route est couverte de gravillons quand ce n’est pas de la terre. Il commence à faire chaud, je renonce aux manches longues et comme on dit je « gère l’effort ». En matière de gestion ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus brillant mais je grimpe à mon rythme. Si vous ne connaissez pas, Sainte Anne c’est court mais bon. Sur la carte ça a l’air de rien mais quand on y est  on comprend pourquoi on appelle ça « la montée de Sainte Anne » le revêtement pourri grimpe dans les 12%, ça vous met bien en jambes…

Sommet, pointage et demi tour. Il faut faire attention dans la descente mais le retour au fond de la vallée est bien agréable.

Ravitaillement à Jausiers. Là encore les bénévoles sont insupportables, c’est vrai quoi, on devait être là pour que ce soit dur et ils gâchent tout avec leur gentillesse. Ils  vous agressent avec, un sandwich, un coca, un fruit, un sourire….je suis convaincu qu’ils ont leur propre compétition : le prix du plus sympa, il faut une photo à l’arrivée pour les départager.

Je pars dans la Bonette. Je la connais déjà par l’autre versant, mais c’est la première fois que je m’y attaque avec deux cols dans les pattes. Il fait très chaud, le vent se lève, je sens que ça ne va pas être de la tarte, même si la DDE nous a fait un splendide revêtement tout neuf, un vrai billard.

La route a été fermée pour nous après le hameau de Lans et c’est bien agréable. Les voitures ou motards qui s’y sont aventurés doivent faire demi tour, bien fait pour eux, les panneaux étaient suffisamment explicites. J’ai appris plus tard que des bénévoles ont eu du mal à faire respecter l’interdiction, qu’ils soient encore remerciés de leurs efforts. Je franchis la barrière sous les applaudissements de quelques supporters qui font du bien au cœur mais ne soulagent que très modéremment mes cuisses.

La Bonette c’est long, très long, très chaud (le thermo indiquera 26° au sommet) même si j’essaie de me mettre en danseuse de temps en temps je sens que le rythme diminue. Au plus je grimpe, au plus ma vitesse s’effondre. Je rattrape un concurrent qui pousse son vélo, je l’encourage mais il me répond qu’il a des crampes. Le seul fait de voir quelqu’un à pied m’a mis un coup au moral. Quand on est atteint de DFUsite, le mental peut être très fragile. Je me dis que je ne poserai pas pied à terre, mais le ver est dans le fruit.

Ça grimpe et ça regrimpe, c’est interminable. Je m’hydrate régulièrement en essayant de gérer le niveau de mes bidons, mais quand je lève les yeux je ne vois toujours pas le sommet. Jusque là tout allait bien. Ce n’est pas les crampes ni les cuisses qui ont lâché, c’est la tête. Je l’avoue, mais ne le répétez pas à personne, que cela reste entre nous, j’ai mis pied à terre dans la Bonette. A deux reprises sur une centaine de mètres, le temps que quelqu’un me dise, en me passant « allez courage ». Ce leitmotiv du DFU, c’est un peu notre mot de passe, celui que l’on échange quand on croise ou dépasse un concurrent. Lorsque la crise de DFUsite vous terrasse et vous cloue au sol on n’a pas trouvé de meilleur traitement. Une injection d’encouragement et on remonte sur le vélo.

12h30 la route est rouverte, je croise la voiture qui retient le flot des véhicules à quelques centaines de mètres du sommet. Son conducteur me fait un signe d’encouragement. C’en est fini de la tranquillité, mais on touche au bout. J’avoue que je remettrai pied à terre quelques mètres dans la cime, il faut boire le calice jusqu’à la lie.

C’est reparti vers la vallée. Il y en a toujours qui montent. A mon tour de traiter leurs « coups de mou » par une injection massive de « allez courage ! ». Je me paie le luxe de passer une voiture dans la descente et me prends presque pour un vrai cycliste. Dans la vallée on se retrouve à 4 à relayer comme des pros et on descend comme une fleur jusqu’à Barcelo. Le moral remonte, les cuisses retrouvent un semblant de  tonus. Jusque là, tout recommence à aller bien.

Arrivée à Barcelo. Une fois de plus je suis pris en charge par les membres de l’organisation qui sont aux petits soins. Les uns procèdent à l’injection règlementaire d’encouragement et félicitations (je ne connais pas de meilleur dopant), les autres assurent l’intendance avec un grand sourire. A peine le temps de s’assoir et une copieuse salade de pates m’attend. Il faut bien ça pour se remettre. Je discute avec quelques participants (ceux de mon niveau, les autres sont déjà loin devant), il semble que le vent chaud, de face, dans la Bonette ait fait revoir à la baisse quelques ambitions.

Comment refuser le petit café qui m’est proposé avec le sourire par une charmante dame de l’organisation ? Arrêtez d’être sympa comme ça, vous allez me dégouter de repartir, on est si bien reçu chez vous! Mais une nouvelle crise de DFUsite me prend, le devoir m’appelle, je reprends mon vélo pour le 4ème col.

Direction la Cayolle avec un bordelais qui me rend ma liberté et  m’invite rapidement à rouler à mon rythme, qu’il estime supérieur au sien (qu’est ce qu’il ne faut pas entendre). Une pause  au ravito d’Uvernet, devant la mairie pour refaire le niveau des bidons et admirer une charmante mariée et ses demoiselles d’honneur, et c’est reparti.

Me voilà dans les gorges du Bachelard, c’est beau que ça n’en peut plus. La route a un dénivelé humain et je m’en mets plein les yeux en prenant quelques photos. Mon bordelais en profite pour me rattraper et nous repartons ensemble en discutant. Faire des rencontres sympas ça fait aussi partie des symptômes de la DFUsite.

Même si la Cayolle n’est pas le plus dur, c’est quand même un vrai col, mon bordelais passe dans le rouge et me rend à nouveau ma liberté. Sans pitié je le laisse derrière moi. Ça devient plus dur dans les derniers kilomètres. Je rattrape et dépasse une charmante féminine avec qui je vais jouer à « saute mouton »  quand j’essaie de faire des photos de marmotte : elle en profite pour me repasser et je la rattrape plus loin, et on recommence…..

Ça y est le 4 ème col est franchi. Devant moi les Alpes Maritimes mais après avoir échangé quelques mots avec les contrôleurs et ma compagne de route, demi-tour, je repars vers la vallée. Mon but est atteint je suis devenu un fondu de l’Ubaye. Je redescends tout guilleret. Ce qui me paraissait inaccessible est réalisé.

Arrêt au contrôle d’Uvernet. Discussion avec les contrôleurs qui me posent la question fatidique : continuation vers Allos ou retour sur Barcelo ? Il se fait tard, le Défi que je m’étais fixé a été rempli, je me dégonfle et décide de m’arrêter là et retourne vers le marché couvert pour rendre ma plaque de cadre. Quand j’arriverai, le premier,  qui  lui a fait 7 cols, sera douché depuis longtemps….

Les félicitations des bénévoles ne m’empêchent pas d’avoir un gout d’inachevé, je ne peux m’empêcher de penser que j’aurai du grimper Allos, ou tout au moins essayer. Ces regrets je ne serais pas le seul à les avoir et lors de la Pasta party, alors que des concurents plus courageux arrivront du 7ème col, nous nous dirons « l’année prochaine, je me fais le 5ème… » ou pour d’autres « j’irai au 7ème… ».

C’est ça qui est terrible avec la DFUsite, on n’en guérit jamais….sitôt la crise passée on se met à rêver à l’année d’après. Je me dis qu’Allos et à ma portée, et sait-on jamais , un coup de guidon avant le marché de Barcelonette et pourquoi pas envisager de rajouter St Jean et Pontis….51 Grands Maîtres de la Confrérie de l’Ubaye ont réussi cet exploits cette année  et je leur tire mon chapeau.

 Ce long (trop long, comme la Bonette…) récit était destiné à prouver que l’on peut participer au Défi des Fondus de l’Ubaye à tous les niveaux, c’est vrai qu’on a 24 heures pour réussir son propre défi…

Moi, avec mes 180 kilomètres pour 4800 mètres de dénivelé, je ne suis qu’un simple Fondu, mais fier de l’être.

Heureux d’avoir participé à ce Défi contre la maladie, d’avoir apporté une très modeste contribution.

De grands bravos à tous ceux qui ont pédalés mais aussi à ceux qui sur le bord de notre route ont tout fait pour que cette épreuve se déroule dans les meilleures conditions possibles, leur gentillesse, leurs sourires, nous ont tous aidés.

Si l’année prochaine, fin Juin à la tombée du jour vous voyez un gugusse en haut du Col d’Allos avec un grand sourire, ça sera moi. Méfiez vous !!!! N’approchez pas ! La DFUsite, c’est peut être contagieux, je serai capable de vous la refiler…..

 

Très beau compte rendu Christian.

Moi qui me trouve parfois long et un peu trop emphatique sur mes comptes rendus, je vois que toi aussi, tu transpires la passion du vélo, et de la narration.

Je crois en fait que quand on vit une telle expérience et qu'on atteint son Graal, on a besoin d'en parler, de faire partager ses émotions aux autres! et où mieux que sur un forum cyclo ou un site spécifique peut on s’épancher?

J'ai fais de même sur le site de mon club ces jours pour une superbe sortie en Maurienne (Amis Cyclos Bussiérois rubrique activités)

En tous cas, bravo à toi pour cet exploit, tu me ferais presque envie.......... on sent en te lisant que l'effort dans ces cols que je connais (presque) tous est à l'égal de ta joie, immense!

Dommage pour Allos, qui est pour moi un des plus beau du coin, c'est partie remise!

Gilles PEYRARD

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envoyé le 06/07/2012 08:29

 

Braves gens prenez garde… ne trainez pas sur internet, sur des sites plus ou moins avouables. C’est comme cela que l’on rencontre des gens peu fréquentables, vous savez le genre de types qui vous envoient pédaler dans des endroits qui semblent inaccessibles et que l’on chope des maladies surprenantes.

Cette maladie, elle s’appelle la DFUsite, elle ne pardonne pas. Si vous êtes atteint vous voudrez devenir un Fondu de l’Ubaye

Moi j’ai été contaminé à la fin de l’été dernier, sans m’en apercevoir, je suis tombé sur un site qui parlait de gens suffisamment imbéciles pour pédaler pendant des heures et gravir des dénivelés de fous furieux, uniquement pour le plaisir de le faire et tenter de vaincre une véritable saloperie qui est ,elle, une vraie maladie : la mucoviscidose.

Je me suis dit dans ma petite tête qu’il ne fallait pas être clair pour faire un truc pareil et je pensais oublier tout ça. Que nenni, j’étais contaminé sans le savoir.

Dans les mois qui ont suivi, sans m’en rendre compte je suis retourné sur le site, j’ai lu les témoignages, j’en ai découvert d’autres en surfant sur le net, bref j’étais en période d’incubation.

Le premier symptôme est apparu au début du printemps quand une idée saugrenue a percé ce qui me restait de conscience : « après tout pourquoi tu n’essaierais pas ? ». La DFUsite, c’est terrible ça commence par attaquer le cerveau.

Comment peut-on imaginer un truc pareil, alors que mon expérience de cycliste montagnard est des plus limitées, je suis tout juste un cycliste du dimanche, plus précisément du dimanche matin, juste avant l’apéro…

J’avais encore une chance de m’en sortir, prétextant quelques demandes de renseignements j’ai adressé deux mails à Claude Verran, certain que l’on ne me répondrait pas et que je pourrai renoncer tout en ayant bonne conscience. Fatalitas ! Les deux fois on m’a répondu par retour !  Qu’est ce que c’est que ces organisateurs qui font bien leur boulot et croient à ce qu’ils font ! À cause de dangereux individus comme eux, on ne peut plus se défiler !

 Je n’avais plus d’excuse j’ai bien été obligé d’envoyer mon bulletin d’inscription, c’est sur j’étais atteint.

Tout semblait être rentré dans l’ordre, mais en réalité la DFUsite me gagnait. Régulièrement je regardais des profils routiers et comptais des pourcentages. Je savais que 7 cols ce n’était pas à ma portée, déjà je serais content d’arriver à 4. 5 cols c’était mon rêve inavoué.

Nuit du 28 au 29 juin. Une crise violente de DFUsite me prend, je ne parviens pas à m’endormir. Demain je pars pour Barcelonette et jusqu’à 2 heures du matin je me tourne et me retourne en ressassant un hypothétique plan de route, certains comptent les moutons pour s’endormir, moi je compte les kilomètres.

29 juin fin d’après midi.  J’arrive à Barcelo, en allant retirer ma plaque de cadre j’observe les autres participants. Beaucoup se connaissent, nombreux sont ceux qui ressemblent à de vrais cyclistes. Je me demande  ce que je fais là…. Je pose quelques questions pour tenter de me rassurer, mais mon sourire crispé ne doit tromper personne. Ces enfoirés de l’organisation ont tout prévu : pour être surs que vous n’allez pas avoir un éclair de lucidité et partir en courant, ils vous répondent gentiment, avec un grand sourire et vous rassurent en tentant de calmer toutes vos angoisses.

L’un d’eux aura cette phrase superbe frappée au coin du bon sens « t’inquiète pas de toute façon, la moitié de la route c’est de la descente ». Comme j’objecte que ce qui m’inquiète c’est l’autre moitié, il ne désarme pas : « Pas de souci, tu as 24 heures pour faire ton circuit ». Que répondre à ça : rien.

Seulement se rappeler ce qui nous est répété : quand c’est dur pour vous, pensez à la souffrance des enfants malades.

Mon sommeil sera bref, je tenterais à nouveau de dormir en comptant des moutons qui pédalent dans des cols…La nuit ne portera pas de conseil intelligent, si bien qu’à 5 heures du matin je serais, comme 205 autres illuminés, en route vers la ligne de départ. Il fait nuit mais un tas de petits vélos clignotent en se dirigeant vers le marché couvert de Barcelonette. Ma peur d’être ridicule  est compensée par ma fierté de faire partie de cette aventure : « mon Dieu, faites que je ne sois pas trop à la ramasse.. »

                                                                                                                                                                                                                                                   5h20. J’ai fait tamponner ma carte de pointage et me voilà dans le sas de départ, avec l’impression du type qui saute d’un avion sans parachute et se dit « jusque là tout va bien… » Un dernier petit mot de Claude Verran et, alors que le ciel blanchit, c’est parti pour la grande aventure, on ne peut plus reculer. On enfile la rue Manuel où quelques volets s’ouvrent pour voir qui sont ces abrutis sur leurs vélos qui perturbent le sommeil des honnêtes citoyens sous leurs couettes.

Le peloton remonte la vallée de l’Ubaye dans le petit jour. On entend quelques plaisanteries qui couvrent le feulement des pneus. La température est idéale, il fait beau. Bien abrité dans le peloton,  je suis le Roi du Monde. Ça a de la gueule plus de 200 vélos qui avancent, groupés pour affronter une rude épreuve. Très vite je vais me rendre compte que la même épreuve ne sera pas affrontée par tout le monde de la même manière, quelques fusées partent devant et  je ne les reverrais que très fugitivement en les croisant, tant que cela sera encore possible….

Embranchement vers le col de Vars, quelques uns s’arrêtent pour passer en tenue légère, je continue, ça roule bien même si au niveau des tunnels une première pente nous rappelle pourquoi on est là, on l’avale sans problème.

Hameau de Mélézen, la pente se durcit, on est dans les 10% d’après mon compteur, comme je l’ai grimpé plusieurs fois sur internet je le savais et ne suis pas surpris. Je serre les dents et continue. Je suis agréablement surpris de la manière dont je monte, jusque là tout va bien. On croise les premiers qui redescendent. Il n’y a plus de pelotons mais des individualités. Je repère des maillots que je vais croiser toute la journée.

Col de Vars,  ça y est, un de fait, je pointe, une photo souvenir et on repart. Dans la descente quelques encouragements à ceux qui montent encore (tiens, je ne suis pas dernier..).

Direction Sainte Anne. Surprise, on ne m’avait pas dit que c’était du cyclo cross. La route est couverte de gravillons quand ce n’est pas de la terre. Il commence à faire chaud, je renonce aux manches longues et comme on dit je « gère l’effort ». En matière de gestion ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus brillant mais je grimpe à mon rythme. Si vous ne connaissez pas, Sainte Anne c’est court mais bon. Sur la carte ça a l’air de rien mais quand on y est  on comprend pourquoi on appelle ça « la montée de Sainte Anne » le revêtement pourri grimpe dans les 12%, ça vous met bien en jambes…

Sommet, pointage et demi tour. Il faut faire attention dans la descente mais le retour au fond de la vallée est bien agréable.

Ravitaillement à Jausiers. Là encore les bénévoles sont insupportables, c’est vrai quoi, on devait être là pour que ce soit dur et ils gâchent tout avec leur gentillesse. Ils  vous agressent avec, un sandwich, un coca, un fruit, un sourire….je suis convaincu qu’ils ont leur propre compétition : le prix du plus sympa, il faut une photo à l’arrivée pour les départager.

Je pars dans la Bonette. Je la connais déjà par l’autre versant, mais c’est la première fois que je m’y attaque avec deux cols dans les pattes. Il fait très chaud, le vent se lève, je sens que ça ne va pas être de la tarte, même si la DDE nous a fait un splendide revêtement tout neuf, un vrai billard.

La route a été fermée pour nous après le hameau de Lans et c’est bien agréable. Les voitures ou motards qui s’y sont aventurés doivent faire demi tour, bien fait pour eux, les panneaux étaient suffisamment explicites. J’ai appris plus tard que des bénévoles ont eu du mal à faire respecter l’interdiction, qu’ils soient encore remerciés de leurs efforts. Je franchis la barrière sous les applaudissements de quelques supporters qui font du bien au cœur mais ne soulagent que très modéremment mes cuisses.

La Bonette c’est long, très long, très chaud (le thermo indiquera 26° au sommet) même si j’essaie de me mettre en danseuse de temps en temps je sens que le rythme diminue. Au plus je grimpe, au plus ma vitesse s’effondre. Je rattrape un concurrent qui pousse son vélo, je l’encourage mais il me répond qu’il a des crampes. Le seul fait de voir quelqu’un à pied m’a mis un coup au moral. Quand on est atteint de DFUsite, le mental peut être très fragile. Je me dis que je ne poserai pas pied à terre, mais le ver est dans le fruit.

Ça grimpe et ça regrimpe, c’est interminable. Je m’hydrate régulièrement en essayant de gérer le niveau de mes bidons, mais quand je lève les yeux je ne vois toujours pas le sommet. Jusque là tout allait bien. Ce n’est pas les crampes ni les cuisses qui ont lâché, c’est la tête. Je l’avoue, mais ne le répétez pas à personne, que cela reste entre nous, j’ai mis pied à terre dans la Bonette. A deux reprises sur une centaine de mètres, le temps que quelqu’un me dise, en me passant « allez courage ». Ce leitmotiv du DFU, c’est un peu notre mot de passe, celui que l’on échange quand on croise ou dépasse un concurrent. Lorsque la crise de DFUsite vous terrasse et vous cloue au sol on n’a pas trouvé de meilleur traitement. Une injection d’encouragement et on remonte sur le vélo.

12h30 la route est rouverte, je croise la voiture qui retient le flot des véhicules à quelques centaines de mètres du sommet. Son conducteur me fait un signe d’encouragement. C’en est fini de la tranquillité, mais on touche au bout. J’avoue que je remettrai pied à terre quelques mètres dans la cime, il faut boire le calice jusqu’à la lie.

C’est reparti vers la vallée. Il y en a toujours qui montent. A mon tour de traiter leurs « coups de mou » par une injection massive de « allez courage ! ». Je me paie le luxe de passer une voiture dans la descente et me prends presque pour un vrai cycliste. Dans la vallée on se retrouve à 4 à relayer comme des pros et on descend comme une fleur jusqu’à Barcelo. Le moral remonte, les cuisses retrouvent un semblant de  tonus. Jusque là, tout recommence à aller bien.

Arrivée à Barcelo. Une fois de plus je suis pris en charge par les membres de l’organisation qui sont aux petits soins. Les uns procèdent à l’injection règlementaire d’encouragement et félicitations (je ne connais pas de meilleur dopant), les autres assurent l’intendance avec un grand sourire. A peine le temps de s’assoir et une copieuse salade de pates m’attend. Il faut bien ça pour se remettre. Je discute avec quelques participants (ceux de mon niveau, les autres sont déjà loin devant), il semble que le vent chaud, de face, dans la Bonette ait fait revoir à la baisse quelques ambitions.

Comment refuser le petit café qui m’est proposé avec le sourire par une charmante dame de l’organisation ? Arrêtez d’être sympa comme ça, vous allez me dégouter de repartir, on est si bien reçu chez vous! Mais une nouvelle crise de DFUsite me prend, le devoir m’appelle, je reprends mon vélo pour le 4ème col.

Direction la Cayolle avec un bordelais qui me rend ma liberté et  m’invite rapidement à rouler à mon rythme, qu’il estime supérieur au sien (qu’est ce qu’il ne faut pas entendre). Une pause  au ravito d’Uvernet, devant la mairie pour refaire le niveau des bidons et admirer une charmante mariée et ses demoiselles d’honneur, et c’est reparti.

Me voilà dans les gorges du Bachelard, c’est beau que ça n’en peut plus. La route a un dénivelé humain et je m’en mets plein les yeux en prenant quelques photos. Mon bordelais en profite pour me rattraper et nous repartons ensemble en discutant. Faire des rencontres sympas ça fait aussi partie des symptômes de la DFUsite.

Même si la Cayolle n’est pas le plus dur, c’est quand même un vrai col, mon bordelais passe dans le rouge et me rend à nouveau ma liberté. Sans pitié je le laisse derrière moi. Ça devient plus dur dans les derniers kilomètres. Je rattrape et dépasse une charmante féminine avec qui je vais jouer à « saute mouton »  quand j’essaie de faire des photos de marmotte : elle en profite pour me repasser et je la rattrape plus loin, et on recommence…..

Ça y est le 4 ème col est franchi. Devant moi les Alpes Maritimes mais après avoir échangé quelques mots avec les contrôleurs et ma compagne de route, demi-tour, je repars vers la vallée. Mon but est atteint je suis devenu un fondu de l’Ubaye. Je redescends tout guilleret. Ce qui me paraissait inaccessible est réalisé.

Arrêt au contrôle d’Uvernet. Discussion avec les contrôleurs qui me posent la question fatidique : continuation vers Allos ou retour sur Barcelo ? Il se fait tard, le Défi que je m’étais fixé a été rempli, je me dégonfle et décide de m’arrêter là et retourne vers le marché couvert pour rendre ma plaque de cadre. Quand j’arriverai, le premier,  qui  lui a fait 7 cols, sera douché depuis longtemps….

Les félicitations des bénévoles ne m’empêchent pas d’avoir un gout d’inachevé, je ne peux m’empêcher de penser que j’aurai du grimper Allos, ou tout au moins essayer. Ces regrets je ne serais pas le seul à les avoir et lors de la Pasta party, alors que des concurents plus courageux arrivront du 7ème col, nous nous dirons « l’année prochaine, je me fais le 5ème… » ou pour d’autres « j’irai au 7ème… ».

C’est ça qui est terrible avec la DFUsite, on n’en guérit jamais….sitôt la crise passée on se met à rêver à l’année d’après. Je me dis qu’Allos et à ma portée, et sait-on jamais , un coup de guidon avant le marché de Barcelonette et pourquoi pas envisager de rajouter St Jean et Pontis….51 Grands Maîtres de la Confrérie de l’Ubaye ont réussi cet exploits cette année  et je leur tire mon chapeau.

 Ce long (trop long, comme la Bonette…) récit était destiné à prouver que l’on peut participer au Défi des Fondus de l’Ubaye à tous les niveaux, c’est vrai qu’on a 24 heures pour réussir son propre défi…

Moi, avec mes 180 kilomètres pour 4800 mètres de dénivelé, je ne suis qu’un simple Fondu, mais fier de l’être.

Heureux d’avoir participé à ce Défi contre la maladie, d’avoir apporté une très modeste contribution.

De grands bravos à tous ceux qui ont pédalés mais aussi à ceux qui sur le bord de notre route ont tout fait pour que cette épreuve se déroule dans les meilleures conditions possibles, leur gentillesse, leurs sourires, nous ont tous aidés.

Si l’année prochaine, fin Juin à la tombée du jour vous voyez un gugusse en haut du Col d’Allos avec un grand sourire, ça sera moi. Méfiez vous !!!! N’approchez pas ! La DFUsite, c’est peut être contagieux, je serai capable de vous la refiler…..

 

Merci Christian pour nous avoir fait partager ton expérience au travers de ce récit.

Ce fut un plaisir de te lire;)

Yannick

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envoyé le 06/07/2012 13:42

 

Braves gens prenez garde… ne trainez pas sur internet, sur des sites plus ou moins avouables. C’est comme cela que l’on rencontre des gens peu fréquentables, vous savez le genre de types qui vous envoient pédaler dans des endroits qui semblent inaccessibles et que l’on chope des maladies surprenantes.

Cette maladie, elle s’appelle la DFUsite, elle ne pardonne pas. Si vous êtes atteint vous voudrez devenir un Fondu de l’Ubaye

Moi j’ai été contaminé à la fin de l’été dernier, sans m’en apercevoir, je suis tombé sur un site qui parlait de gens suffisamment imbéciles pour pédaler pendant des heures et gravir des dénivelés de fous furieux, uniquement pour le plaisir de le faire et tenter de vaincre une véritable saloperie qui est ,elle, une vraie maladie : la mucoviscidose.

Je me suis dit dans ma petite tête qu’il ne fallait pas être clair pour faire un truc pareil et je pensais oublier tout ça. Que nenni, j’étais contaminé sans le savoir.

Dans les mois qui ont suivi, sans m’en rendre compte je suis retourné sur le site, j’ai lu les témoignages, j’en ai découvert d’autres en surfant sur le net, bref j’étais en période d’incubation.

Le premier symptôme est apparu au début du printemps quand une idée saugrenue a percé ce qui me restait de conscience : « après tout pourquoi tu n’essaierais pas ? ». La DFUsite, c’est terrible ça commence par attaquer le cerveau.

Comment peut-on imaginer un truc pareil, alors que mon expérience de cycliste montagnard est des plus limitées, je suis tout juste un cycliste du dimanche, plus précisément du dimanche matin, juste avant l’apéro…

J’avais encore une chance de m’en sortir, prétextant quelques demandes de renseignements j’ai adressé deux mails à Claude Verran, certain que l’on ne me répondrait pas et que je pourrai renoncer tout en ayant bonne conscience. Fatalitas ! Les deux fois on m’a répondu par retour !  Qu’est ce que c’est que ces organisateurs qui font bien leur boulot et croient à ce qu’ils font ! À cause de dangereux individus comme eux, on ne peut plus se défiler !

 Je n’avais plus d’excuse j’ai bien été obligé d’envoyer mon bulletin d’inscription, c’est sur j’étais atteint.

Tout semblait être rentré dans l’ordre, mais en réalité la DFUsite me gagnait. Régulièrement je regardais des profils routiers et comptais des pourcentages. Je savais que 7 cols ce n’était pas à ma portée, déjà je serais content d’arriver à 4. 5 cols c’était mon rêve inavoué.

Nuit du 28 au 29 juin. Une crise violente de DFUsite me prend, je ne parviens pas à m’endormir. Demain je pars pour Barcelonette et jusqu’à 2 heures du matin je me tourne et me retourne en ressassant un hypothétique plan de route, certains comptent les moutons pour s’endormir, moi je compte les kilomètres.

29 juin fin d’après midi.  J’arrive à Barcelo, en allant retirer ma plaque de cadre j’observe les autres participants. Beaucoup se connaissent, nombreux sont ceux qui ressemblent à de vrais cyclistes. Je me demande  ce que je fais là…. Je pose quelques questions pour tenter de me rassurer, mais mon sourire crispé ne doit tromper personne. Ces enfoirés de l’organisation ont tout prévu : pour être surs que vous n’allez pas avoir un éclair de lucidité et partir en courant, ils vous répondent gentiment, avec un grand sourire et vous rassurent en tentant de calmer toutes vos angoisses.

L’un d’eux aura cette phrase superbe frappée au coin du bon sens « t’inquiète pas de toute façon, la moitié de la route c’est de la descente ». Comme j’objecte que ce qui m’inquiète c’est l’autre moitié, il ne désarme pas : « Pas de souci, tu as 24 heures pour faire ton circuit ». Que répondre à ça : rien.

Seulement se rappeler ce qui nous est répété : quand c’est dur pour vous, pensez à la souffrance des enfants malades.

Mon sommeil sera bref, je tenterais à nouveau de dormir en comptant des moutons qui pédalent dans des cols…La nuit ne portera pas de conseil intelligent, si bien qu’à 5 heures du matin je serais, comme 205 autres illuminés, en route vers la ligne de départ. Il fait nuit mais un tas de petits vélos clignotent en se dirigeant vers le marché couvert de Barcelonette. Ma peur d’être ridicule  est compensée par ma fierté de faire partie de cette aventure : « mon Dieu, faites que je ne sois pas trop à la ramasse.. »

                                                                                                                                                                                                                                                   5h20. J’ai fait tamponner ma carte de pointage et me voilà dans le sas de départ, avec l’impression du type qui saute d’un avion sans parachute et se dit « jusque là tout va bien… » Un dernier petit mot de Claude Verran et, alors que le ciel blanchit, c’est parti pour la grande aventure, on ne peut plus reculer. On enfile la rue Manuel où quelques volets s’ouvrent pour voir qui sont ces abrutis sur leurs vélos qui perturbent le sommeil des honnêtes citoyens sous leurs couettes.

Le peloton remonte la vallée de l’Ubaye dans le petit jour. On entend quelques plaisanteries qui couvrent le feulement des pneus. La température est idéale, il fait beau. Bien abrité dans le peloton,  je suis le Roi du Monde. Ça a de la gueule plus de 200 vélos qui avancent, groupés pour affronter une rude épreuve. Très vite je vais me rendre compte que la même épreuve ne sera pas affrontée par tout le monde de la même manière, quelques fusées partent devant et  je ne les reverrais que très fugitivement en les croisant, tant que cela sera encore possible….

Embranchement vers le col de Vars, quelques uns s’arrêtent pour passer en tenue légère, je continue, ça roule bien même si au niveau des tunnels une première pente nous rappelle pourquoi on est là, on l’avale sans problème.

Hameau de Mélézen, la pente se durcit, on est dans les 10% d’après mon compteur, comme je l’ai grimpé plusieurs fois sur internet je le savais et ne suis pas surpris. Je serre les dents et continue. Je suis agréablement surpris de la manière dont je monte, jusque là tout va bien. On croise les premiers qui redescendent. Il n’y a plus de pelotons mais des individualités. Je repère des maillots que je vais croiser toute la journée.

Col de Vars,  ça y est, un de fait, je pointe, une photo souvenir et on repart. Dans la descente quelques encouragements à ceux qui montent encore (tiens, je ne suis pas dernier..).

Direction Sainte Anne. Surprise, on ne m’avait pas dit que c’était du cyclo cross. La route est couverte de gravillons quand ce n’est pas de la terre. Il commence à faire chaud, je renonce aux manches longues et comme on dit je « gère l’effort ». En matière de gestion ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus brillant mais je grimpe à mon rythme. Si vous ne connaissez pas, Sainte Anne c’est court mais bon. Sur la carte ça a l’air de rien mais quand on y est  on comprend pourquoi on appelle ça « la montée de Sainte Anne » le revêtement pourri grimpe dans les 12%, ça vous met bien en jambes…

Sommet, pointage et demi tour. Il faut faire attention dans la descente mais le retour au fond de la vallée est bien agréable.

Ravitaillement à Jausiers. Là encore les bénévoles sont insupportables, c’est vrai quoi, on devait être là pour que ce soit dur et ils gâchent tout avec leur gentillesse. Ils  vous agressent avec, un sandwich, un coca, un fruit, un sourire….je suis convaincu qu’ils ont leur propre compétition : le prix du plus sympa, il faut une photo à l’arrivée pour les départager.

Je pars dans la Bonette. Je la connais déjà par l’autre versant, mais c’est la première fois que je m’y attaque avec deux cols dans les pattes. Il fait très chaud, le vent se lève, je sens que ça ne va pas être de la tarte, même si la DDE nous a fait un splendide revêtement tout neuf, un vrai billard.

La route a été fermée pour nous après le hameau de Lans et c’est bien agréable. Les voitures ou motards qui s’y sont aventurés doivent faire demi tour, bien fait pour eux, les panneaux étaient suffisamment explicites. J’ai appris plus tard que des bénévoles ont eu du mal à faire respecter l’interdiction, qu’ils soient encore remerciés de leurs efforts. Je franchis la barrière sous les applaudissements de quelques supporters qui font du bien au cœur mais ne soulagent que très modéremment mes cuisses.

La Bonette c’est long, très long, très chaud (le thermo indiquera 26° au sommet) même si j’essaie de me mettre en danseuse de temps en temps je sens que le rythme diminue. Au plus je grimpe, au plus ma vitesse s’effondre. Je rattrape un concurrent qui pousse son vélo, je l’encourage mais il me répond qu’il a des crampes. Le seul fait de voir quelqu’un à pied m’a mis un coup au moral. Quand on est atteint de DFUsite, le mental peut être très fragile. Je me dis que je ne poserai pas pied à terre, mais le ver est dans le fruit.

Ça grimpe et ça regrimpe, c’est interminable. Je m’hydrate régulièrement en essayant de gérer le niveau de mes bidons, mais quand je lève les yeux je ne vois toujours pas le sommet. Jusque là tout allait bien. Ce n’est pas les crampes ni les cuisses qui ont lâché, c’est la tête. Je l’avoue, mais ne le répétez pas à personne, que cela reste entre nous, j’ai mis pied à terre dans la Bonette. A deux reprises sur une centaine de mètres, le temps que quelqu’un me dise, en me passant « allez courage ». Ce leitmotiv du DFU, c’est un peu notre mot de passe, celui que l’on échange quand on croise ou dépasse un concurrent. Lorsque la crise de DFUsite vous terrasse et vous cloue au sol on n’a pas trouvé de meilleur traitement. Une injection d’encouragement et on remonte sur le vélo.

12h30 la route est rouverte, je croise la voiture qui retient le flot des véhicules à quelques centaines de mètres du sommet. Son conducteur me fait un signe d’encouragement. C’en est fini de la tranquillité, mais on touche au bout. J’avoue que je remettrai pied à terre quelques mètres dans la cime, il faut boire le calice jusqu’à la lie.

C’est reparti vers la vallée. Il y en a toujours qui montent. A mon tour de traiter leurs « coups de mou » par une injection massive de « allez courage ! ». Je me paie le luxe de passer une voiture dans la descente et me prends presque pour un vrai cycliste. Dans la vallée on se retrouve à 4 à relayer comme des pros et on descend comme une fleur jusqu’à Barcelo. Le moral remonte, les cuisses retrouvent un semblant de  tonus. Jusque là, tout recommence à aller bien.

Arrivée à Barcelo. Une fois de plus je suis pris en charge par les membres de l’organisation qui sont aux petits soins. Les uns procèdent à l’injection règlementaire d’encouragement et félicitations (je ne connais pas de meilleur dopant), les autres assurent l’intendance avec un grand sourire. A peine le temps de s’assoir et une copieuse salade de pates m’attend. Il faut bien ça pour se remettre. Je discute avec quelques participants (ceux de mon niveau, les autres sont déjà loin devant), il semble que le vent chaud, de face, dans la Bonette ait fait revoir à la baisse quelques ambitions.

Comment refuser le petit café qui m’est proposé avec le sourire par une charmante dame de l’organisation ? Arrêtez d’être sympa comme ça, vous allez me dégouter de repartir, on est si bien reçu chez vous! Mais une nouvelle crise de DFUsite me prend, le devoir m’appelle, je reprends mon vélo pour le 4ème col.

Direction la Cayolle avec un bordelais qui me rend ma liberté et  m’invite rapidement à rouler à mon rythme, qu’il estime supérieur au sien (qu’est ce qu’il ne faut pas entendre). Une pause  au ravito d’Uvernet, devant la mairie pour refaire le niveau des bidons et admirer une charmante mariée et ses demoiselles d’honneur, et c’est reparti.

Me voilà dans les gorges du Bachelard, c’est beau que ça n’en peut plus. La route a un dénivelé humain et je m’en mets plein les yeux en prenant quelques photos. Mon bordelais en profite pour me rattraper et nous repartons ensemble en discutant. Faire des rencontres sympas ça fait aussi partie des symptômes de la DFUsite.

Même si la Cayolle n’est pas le plus dur, c’est quand même un vrai col, mon bordelais passe dans le rouge et me rend à nouveau ma liberté. Sans pitié je le laisse derrière moi. Ça devient plus dur dans les derniers kilomètres. Je rattrape et dépasse une charmante féminine avec qui je vais jouer à « saute mouton »  quand j’essaie de faire des photos de marmotte : elle en profite pour me repasser et je la rattrape plus loin, et on recommence…..

Ça y est le 4 ème col est franchi. Devant moi les Alpes Maritimes mais après avoir échangé quelques mots avec les contrôleurs et ma compagne de route, demi-tour, je repars vers la vallée. Mon but est atteint je suis devenu un fondu de l’Ubaye. Je redescends tout guilleret. Ce qui me paraissait inaccessible est réalisé.

Arrêt au contrôle d’Uvernet. Discussion avec les contrôleurs qui me posent la question fatidique : continuation vers Allos ou retour sur Barcelo ? Il se fait tard, le Défi que je m’étais fixé a été rempli, je me dégonfle et décide de m’arrêter là et retourne vers le marché couvert pour rendre ma plaque de cadre. Quand j’arriverai, le premier,  qui  lui a fait 7 cols, sera douché depuis longtemps….

Les félicitations des bénévoles ne m’empêchent pas d’avoir un gout d’inachevé, je ne peux m’empêcher de penser que j’aurai du grimper Allos, ou tout au moins essayer. Ces regrets je ne serais pas le seul à les avoir et lors de la Pasta party, alors que des concurents plus courageux arrivront du 7ème col, nous nous dirons « l’année prochaine, je me fais le 5ème… » ou pour d’autres « j’irai au 7ème… ».

C’est ça qui est terrible avec la DFUsite, on n’en guérit jamais….sitôt la crise passée on se met à rêver à l’année d’après. Je me dis qu’Allos et à ma portée, et sait-on jamais , un coup de guidon avant le marché de Barcelonette et pourquoi pas envisager de rajouter St Jean et Pontis….51 Grands Maîtres de la Confrérie de l’Ubaye ont réussi cet exploits cette année  et je leur tire mon chapeau.

 Ce long (trop long, comme la Bonette…) récit était destiné à prouver que l’on peut participer au Défi des Fondus de l’Ubaye à tous les niveaux, c’est vrai qu’on a 24 heures pour réussir son propre défi…

Moi, avec mes 180 kilomètres pour 4800 mètres de dénivelé, je ne suis qu’un simple Fondu, mais fier de l’être.

Heureux d’avoir participé à ce Défi contre la maladie, d’avoir apporté une très modeste contribution.

De grands bravos à tous ceux qui ont pédalés mais aussi à ceux qui sur le bord de notre route ont tout fait pour que cette épreuve se déroule dans les meilleures conditions possibles, leur gentillesse, leurs sourires, nous ont tous aidés.

Si l’année prochaine, fin Juin à la tombée du jour vous voyez un gugusse en haut du Col d’Allos avec un grand sourire, ça sera moi. Méfiez vous !!!! N’approchez pas ! La DFUsite, c’est peut être contagieux, je serai capable de vous la refiler…..

 

merçi Christian pour ton compte rendu,

j'ai eu les memes symptomes que toi et je me suis retrouvé samedi matin a 5 h 30 pour le départ .....

j'étais avec un pote de club et nous avons réussi a faire 5 cols .on y retournera certainement pour tenter les 7 ....

t'inquiéte pas tu n'es pas seul contaminé ....encore merçi pour ton compte rendu , super récit .

a l'année prochaine pour la piqure de rappel ......

sportivement.

 sylvain. 

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envoyé le 06/07/2012 16:55

 

Braves gens prenez garde… ne trainez pas sur internet, sur des sites plus ou moins avouables. C’est comme cela que l’on rencontre des gens peu fréquentables, vous savez le genre de types qui vous envoient pédaler dans des endroits qui semblent inaccessibles et que l’on chope des maladies surprenantes.

Cette maladie, elle s’appelle la DFUsite, elle ne pardonne pas. Si vous êtes atteint vous voudrez devenir un Fondu de l’Ubaye

Moi j’ai été contaminé à la fin de l’été dernier, sans m’en apercevoir, je suis tombé sur un site qui parlait de gens suffisamment imbéciles pour pédaler pendant des heures et gravir des dénivelés de fous furieux, uniquement pour le plaisir de le faire et tenter de vaincre une véritable saloperie qui est ,elle, une vraie maladie : la mucoviscidose.

Je me suis dit dans ma petite tête qu’il ne fallait pas être clair pour faire un truc pareil et je pensais oublier tout ça. Que nenni, j’étais contaminé sans le savoir.

Dans les mois qui ont suivi, sans m’en rendre compte je suis retourné sur le site, j’ai lu les témoignages, j’en ai découvert d’autres en surfant sur le net, bref j’étais en période d’incubation.

Le premier symptôme est apparu au début du printemps quand une idée saugrenue a percé ce qui me restait de conscience : « après tout pourquoi tu n’essaierais pas ? ». La DFUsite, c’est terrible ça commence par attaquer le cerveau.

Comment peut-on imaginer un truc pareil, alors que mon expérience de cycliste montagnard est des plus limitées, je suis tout juste un cycliste du dimanche, plus précisément du dimanche matin, juste avant l’apéro…

J’avais encore une chance de m’en sortir, prétextant quelques demandes de renseignements j’ai adressé deux mails à Claude Verran, certain que l’on ne me répondrait pas et que je pourrai renoncer tout en ayant bonne conscience. Fatalitas ! Les deux fois on m’a répondu par retour !  Qu’est ce que c’est que ces organisateurs qui font bien leur boulot et croient à ce qu’ils font ! À cause de dangereux individus comme eux, on ne peut plus se défiler !

 Je n’avais plus d’excuse j’ai bien été obligé d’envoyer mon bulletin d’inscription, c’est sur j’étais atteint.

Tout semblait être rentré dans l’ordre, mais en réalité la DFUsite me gagnait. Régulièrement je regardais des profils routiers et comptais des pourcentages. Je savais que 7 cols ce n’était pas à ma portée, déjà je serais content d’arriver à 4. 5 cols c’était mon rêve inavoué.

Nuit du 28 au 29 juin. Une crise violente de DFUsite me prend, je ne parviens pas à m’endormir. Demain je pars pour Barcelonette et jusqu’à 2 heures du matin je me tourne et me retourne en ressassant un hypothétique plan de route, certains comptent les moutons pour s’endormir, moi je compte les kilomètres.

29 juin fin d’après midi.  J’arrive à Barcelo, en allant retirer ma plaque de cadre j’observe les autres participants. Beaucoup se connaissent, nombreux sont ceux qui ressemblent à de vrais cyclistes. Je me demande  ce que je fais là…. Je pose quelques questions pour tenter de me rassurer, mais mon sourire crispé ne doit tromper personne. Ces enfoirés de l’organisation ont tout prévu : pour être surs que vous n’allez pas avoir un éclair de lucidité et partir en courant, ils vous répondent gentiment, avec un grand sourire et vous rassurent en tentant de calmer toutes vos angoisses.

L’un d’eux aura cette phrase superbe frappée au coin du bon sens « t’inquiète pas de toute façon, la moitié de la route c’est de la descente ». Comme j’objecte que ce qui m’inquiète c’est l’autre moitié, il ne désarme pas : « Pas de souci, tu as 24 heures pour faire ton circuit ». Que répondre à ça : rien.

Seulement se rappeler ce qui nous est répété : quand c’est dur pour vous, pensez à la souffrance des enfants malades.

Mon sommeil sera bref, je tenterais à nouveau de dormir en comptant des moutons qui pédalent dans des cols…La nuit ne portera pas de conseil intelligent, si bien qu’à 5 heures du matin je serais, comme 205 autres illuminés, en route vers la ligne de départ. Il fait nuit mais un tas de petits vélos clignotent en se dirigeant vers le marché couvert de Barcelonette. Ma peur d’être ridicule  est compensée par ma fierté de faire partie de cette aventure : « mon Dieu, faites que je ne sois pas trop à la ramasse.. »

                                                                                                                                                                                                                                                   5h20. J’ai fait tamponner ma carte de pointage et me voilà dans le sas de départ, avec l’impression du type qui saute d’un avion sans parachute et se dit « jusque là tout va bien… » Un dernier petit mot de Claude Verran et, alors que le ciel blanchit, c’est parti pour la grande aventure, on ne peut plus reculer. On enfile la rue Manuel où quelques volets s’ouvrent pour voir qui sont ces abrutis sur leurs vélos qui perturbent le sommeil des honnêtes citoyens sous leurs couettes.

Le peloton remonte la vallée de l’Ubaye dans le petit jour. On entend quelques plaisanteries qui couvrent le feulement des pneus. La température est idéale, il fait beau. Bien abrité dans le peloton,  je suis le Roi du Monde. Ça a de la gueule plus de 200 vélos qui avancent, groupés pour affronter une rude épreuve. Très vite je vais me rendre compte que la même épreuve ne sera pas affrontée par tout le monde de la même manière, quelques fusées partent devant et  je ne les reverrais que très fugitivement en les croisant, tant que cela sera encore possible….

Embranchement vers le col de Vars, quelques uns s’arrêtent pour passer en tenue légère, je continue, ça roule bien même si au niveau des tunnels une première pente nous rappelle pourquoi on est là, on l’avale sans problème.

Hameau de Mélézen, la pente se durcit, on est dans les 10% d’après mon compteur, comme je l’ai grimpé plusieurs fois sur internet je le savais et ne suis pas surpris. Je serre les dents et continue. Je suis agréablement surpris de la manière dont je monte, jusque là tout va bien. On croise les premiers qui redescendent. Il n’y a plus de pelotons mais des individualités. Je repère des maillots que je vais croiser toute la journée.

Col de Vars,  ça y est, un de fait, je pointe, une photo souvenir et on repart. Dans la descente quelques encouragements à ceux qui montent encore (tiens, je ne suis pas dernier..).

Direction Sainte Anne. Surprise, on ne m’avait pas dit que c’était du cyclo cross. La route est couverte de gravillons quand ce n’est pas de la terre. Il commence à faire chaud, je renonce aux manches longues et comme on dit je « gère l’effort ». En matière de gestion ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus brillant mais je grimpe à mon rythme. Si vous ne connaissez pas, Sainte Anne c’est court mais bon. Sur la carte ça a l’air de rien mais quand on y est  on comprend pourquoi on appelle ça « la montée de Sainte Anne » le revêtement pourri grimpe dans les 12%, ça vous met bien en jambes…

Sommet, pointage et demi tour. Il faut faire attention dans la descente mais le retour au fond de la vallée est bien agréable.

Ravitaillement à Jausiers. Là encore les bénévoles sont insupportables, c’est vrai quoi, on devait être là pour que ce soit dur et ils gâchent tout avec leur gentillesse. Ils  vous agressent avec, un sandwich, un coca, un fruit, un sourire….je suis convaincu qu’ils ont leur propre compétition : le prix du plus sympa, il faut une photo à l’arrivée pour les départager.

Je pars dans la Bonette. Je la connais déjà par l’autre versant, mais c’est la première fois que je m’y attaque avec deux cols dans les pattes. Il fait très chaud, le vent se lève, je sens que ça ne va pas être de la tarte, même si la DDE nous a fait un splendide revêtement tout neuf, un vrai billard.

La route a été fermée pour nous après le hameau de Lans et c’est bien agréable. Les voitures ou motards qui s’y sont aventurés doivent faire demi tour, bien fait pour eux, les panneaux étaient suffisamment explicites. J’ai appris plus tard que des bénévoles ont eu du mal à faire respecter l’interdiction, qu’ils soient encore remerciés de leurs efforts. Je franchis la barrière sous les applaudissements de quelques supporters qui font du bien au cœur mais ne soulagent que très modéremment mes cuisses.

La Bonette c’est long, très long, très chaud (le thermo indiquera 26° au sommet) même si j’essaie de me mettre en danseuse de temps en temps je sens que le rythme diminue. Au plus je grimpe, au plus ma vitesse s’effondre. Je rattrape un concurrent qui pousse son vélo, je l’encourage mais il me répond qu’il a des crampes. Le seul fait de voir quelqu’un à pied m’a mis un coup au moral. Quand on est atteint de DFUsite, le mental peut être très fragile. Je me dis que je ne poserai pas pied à terre, mais le ver est dans le fruit.

Ça grimpe et ça regrimpe, c’est interminable. Je m’hydrate régulièrement en essayant de gérer le niveau de mes bidons, mais quand je lève les yeux je ne vois toujours pas le sommet. Jusque là tout allait bien. Ce n’est pas les crampes ni les cuisses qui ont lâché, c’est la tête. Je l’avoue, mais ne le répétez pas à personne, que cela reste entre nous, j’ai mis pied à terre dans la Bonette. A deux reprises sur une centaine de mètres, le temps que quelqu’un me dise, en me passant « allez courage ». Ce leitmotiv du DFU, c’est un peu notre mot de passe, celui que l’on échange quand on croise ou dépasse un concurrent. Lorsque la crise de DFUsite vous terrasse et vous cloue au sol on n’a pas trouvé de meilleur traitement. Une injection d’encouragement et on remonte sur le vélo.

12h30 la route est rouverte, je croise la voiture qui retient le flot des véhicules à quelques centaines de mètres du sommet. Son conducteur me fait un signe d’encouragement. C’en est fini de la tranquillité, mais on touche au bout. J’avoue que je remettrai pied à terre quelques mètres dans la cime, il faut boire le calice jusqu’à la lie.

C’est reparti vers la vallée. Il y en a toujours qui montent. A mon tour de traiter leurs « coups de mou » par une injection massive de « allez courage ! ». Je me paie le luxe de passer une voiture dans la descente et me prends presque pour un vrai cycliste. Dans la vallée on se retrouve à 4 à relayer comme des pros et on descend comme une fleur jusqu’à Barcelo. Le moral remonte, les cuisses retrouvent un semblant de  tonus. Jusque là, tout recommence à aller bien.

Arrivée à Barcelo. Une fois de plus je suis pris en charge par les membres de l’organisation qui sont aux petits soins. Les uns procèdent à l’injection règlementaire d’encouragement et félicitations (je ne connais pas de meilleur dopant), les autres assurent l’intendance avec un grand sourire. A peine le temps de s’assoir et une copieuse salade de pates m’attend. Il faut bien ça pour se remettre. Je discute avec quelques participants (ceux de mon niveau, les autres sont déjà loin devant), il semble que le vent chaud, de face, dans la Bonette ait fait revoir à la baisse quelques ambitions.

Comment refuser le petit café qui m’est proposé avec le sourire par une charmante dame de l’organisation ? Arrêtez d’être sympa comme ça, vous allez me dégouter de repartir, on est si bien reçu chez vous! Mais une nouvelle crise de DFUsite me prend, le devoir m’appelle, je reprends mon vélo pour le 4ème col.

Direction la Cayolle avec un bordelais qui me rend ma liberté et  m’invite rapidement à rouler à mon rythme, qu’il estime supérieur au sien (qu’est ce qu’il ne faut pas entendre). Une pause  au ravito d’Uvernet, devant la mairie pour refaire le niveau des bidons et admirer une charmante mariée et ses demoiselles d’honneur, et c’est reparti.

Me voilà dans les gorges du Bachelard, c’est beau que ça n’en peut plus. La route a un dénivelé humain et je m’en mets plein les yeux en prenant quelques photos. Mon bordelais en profite pour me rattraper et nous repartons ensemble en discutant. Faire des rencontres sympas ça fait aussi partie des symptômes de la DFUsite.

Même si la Cayolle n’est pas le plus dur, c’est quand même un vrai col, mon bordelais passe dans le rouge et me rend à nouveau ma liberté. Sans pitié je le laisse derrière moi. Ça devient plus dur dans les derniers kilomètres. Je rattrape et dépasse une charmante féminine avec qui je vais jouer à « saute mouton »  quand j’essaie de faire des photos de marmotte : elle en profite pour me repasser et je la rattrape plus loin, et on recommence…..

Ça y est le 4 ème col est franchi. Devant moi les Alpes Maritimes mais après avoir échangé quelques mots avec les contrôleurs et ma compagne de route, demi-tour, je repars vers la vallée. Mon but est atteint je suis devenu un fondu de l’Ubaye. Je redescends tout guilleret. Ce qui me paraissait inaccessible est réalisé.

Arrêt au contrôle d’Uvernet. Discussion avec les contrôleurs qui me posent la question fatidique : continuation vers Allos ou retour sur Barcelo ? Il se fait tard, le Défi que je m’étais fixé a été rempli, je me dégonfle et décide de m’arrêter là et retourne vers le marché couvert pour rendre ma plaque de cadre. Quand j’arriverai, le premier,  qui  lui a fait 7 cols, sera douché depuis longtemps….

Les félicitations des bénévoles ne m’empêchent pas d’avoir un gout d’inachevé, je ne peux m’empêcher de penser que j’aurai du grimper Allos, ou tout au moins essayer. Ces regrets je ne serais pas le seul à les avoir et lors de la Pasta party, alors que des concurents plus courageux arrivront du 7ème col, nous nous dirons « l’année prochaine, je me fais le 5ème… » ou pour d’autres « j’irai au 7ème… ».

C’est ça qui est terrible avec la DFUsite, on n’en guérit jamais….sitôt la crise passée on se met à rêver à l’année d’après. Je me dis qu’Allos et à ma portée, et sait-on jamais , un coup de guidon avant le marché de Barcelonette et pourquoi pas envisager de rajouter St Jean et Pontis….51 Grands Maîtres de la Confrérie de l’Ubaye ont réussi cet exploits cette année  et je leur tire mon chapeau.

 Ce long (trop long, comme la Bonette…) récit était destiné à prouver que l’on peut participer au Défi des Fondus de l’Ubaye à tous les niveaux, c’est vrai qu’on a 24 heures pour réussir son propre défi…

Moi, avec mes 180 kilomètres pour 4800 mètres de dénivelé, je ne suis qu’un simple Fondu, mais fier de l’être.

Heureux d’avoir participé à ce Défi contre la maladie, d’avoir apporté une très modeste contribution.

De grands bravos à tous ceux qui ont pédalés mais aussi à ceux qui sur le bord de notre route ont tout fait pour que cette épreuve se déroule dans les meilleures conditions possibles, leur gentillesse, leurs sourires, nous ont tous aidés.

Si l’année prochaine, fin Juin à la tombée du jour vous voyez un gugusse en haut du Col d’Allos avec un grand sourire, ça sera moi. Méfiez vous !!!! N’approchez pas ! La DFUsite, c’est peut être contagieux, je serai capable de vous la refiler…..

 

SUPER C.R merci Christian  une superbe région qui plus est j'ai pratiqué la rando pédestre dans le parc du queyras  

et bravo pour ta perf 

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envoyé le 06/07/2012 17:28

 

Braves gens prenez garde… ne trainez pas sur internet, sur des sites plus ou moins avouables. C’est comme cela que l’on rencontre des gens peu fréquentables, vous savez le genre de types qui vous envoient pédaler dans des endroits qui semblent inaccessibles et que l’on chope des maladies surprenantes.

Cette maladie, elle s’appelle la DFUsite, elle ne pardonne pas. Si vous êtes atteint vous voudrez devenir un Fondu de l’Ubaye

Moi j’ai été contaminé à la fin de l’été dernier, sans m’en apercevoir, je suis tombé sur un site qui parlait de gens suffisamment imbéciles pour pédaler pendant des heures et gravir des dénivelés de fous furieux, uniquement pour le plaisir de le faire et tenter de vaincre une véritable saloperie qui est ,elle, une vraie maladie : la mucoviscidose.

Je me suis dit dans ma petite tête qu’il ne fallait pas être clair pour faire un truc pareil et je pensais oublier tout ça. Que nenni, j’étais contaminé sans le savoir.

Dans les mois qui ont suivi, sans m’en rendre compte je suis retourné sur le site, j’ai lu les témoignages, j’en ai découvert d’autres en surfant sur le net, bref j’étais en période d’incubation.

Le premier symptôme est apparu au début du printemps quand une idée saugrenue a percé ce qui me restait de conscience : « après tout pourquoi tu n’essaierais pas ? ». La DFUsite, c’est terrible ça commence par attaquer le cerveau.

Comment peut-on imaginer un truc pareil, alors que mon expérience de cycliste montagnard est des plus limitées, je suis tout juste un cycliste du dimanche, plus précisément du dimanche matin, juste avant l’apéro…

J’avais encore une chance de m’en sortir, prétextant quelques demandes de renseignements j’ai adressé deux mails à Claude Verran, certain que l’on ne me répondrait pas et que je pourrai renoncer tout en ayant bonne conscience. Fatalitas ! Les deux fois on m’a répondu par retour !  Qu’est ce que c’est que ces organisateurs qui font bien leur boulot et croient à ce qu’ils font ! À cause de dangereux individus comme eux, on ne peut plus se défiler !

 Je n’avais plus d’excuse j’ai bien été obligé d’envoyer mon bulletin d’inscription, c’est sur j’étais atteint.

Tout semblait être rentré dans l’ordre, mais en réalité la DFUsite me gagnait. Régulièrement je regardais des profils routiers et comptais des pourcentages. Je savais que 7 cols ce n’était pas à ma portée, déjà je serais content d’arriver à 4. 5 cols c’était mon rêve inavoué.

Nuit du 28 au 29 juin. Une crise violente de DFUsite me prend, je ne parviens pas à m’endormir. Demain je pars pour Barcelonette et jusqu’à 2 heures du matin je me tourne et me retourne en ressassant un hypothétique plan de route, certains comptent les moutons pour s’endormir, moi je compte les kilomètres.

29 juin fin d’après midi.  J’arrive à Barcelo, en allant retirer ma plaque de cadre j’observe les autres participants. Beaucoup se connaissent, nombreux sont ceux qui ressemblent à de vrais cyclistes. Je me demande  ce que je fais là…. Je pose quelques questions pour tenter de me rassurer, mais mon sourire crispé ne doit tromper personne. Ces enfoirés de l’organisation ont tout prévu : pour être surs que vous n’allez pas avoir un éclair de lucidité et partir en courant, ils vous répondent gentiment, avec un grand sourire et vous rassurent en tentant de calmer toutes vos angoisses.

L’un d’eux aura cette phrase superbe frappée au coin du bon sens « t’inquiète pas de toute façon, la moitié de la route c’est de la descente ». Comme j’objecte que ce qui m’inquiète c’est l’autre moitié, il ne désarme pas : « Pas de souci, tu as 24 heures pour faire ton circuit ». Que répondre à ça : rien.

Seulement se rappeler ce qui nous est répété : quand c’est dur pour vous, pensez à la souffrance des enfants malades.

Mon sommeil sera bref, je tenterais à nouveau de dormir en comptant des moutons qui pédalent dans des cols…La nuit ne portera pas de conseil intelligent, si bien qu’à 5 heures du matin je serais, comme 205 autres illuminés, en route vers la ligne de départ. Il fait nuit mais un tas de petits vélos clignotent en se dirigeant vers le marché couvert de Barcelonette. Ma peur d’être ridicule  est compensée par ma fierté de faire partie de cette aventure : « mon Dieu, faites que je ne sois pas trop à la ramasse.. »

                                                                                                                                                                                                                                                   5h20. J’ai fait tamponner ma carte de pointage et me voilà dans le sas de départ, avec l’impression du type qui saute d’un avion sans parachute et se dit « jusque là tout va bien… » Un dernier petit mot de Claude Verran et, alors que le ciel blanchit, c’est parti pour la grande aventure, on ne peut plus reculer. On enfile la rue Manuel où quelques volets s’ouvrent pour voir qui sont ces abrutis sur leurs vélos qui perturbent le sommeil des honnêtes citoyens sous leurs couettes.

Le peloton remonte la vallée de l’Ubaye dans le petit jour. On entend quelques plaisanteries qui couvrent le feulement des pneus. La température est idéale, il fait beau. Bien abrité dans le peloton,  je suis le Roi du Monde. Ça a de la gueule plus de 200 vélos qui avancent, groupés pour affronter une rude épreuve. Très vite je vais me rendre compte que la même épreuve ne sera pas affrontée par tout le monde de la même manière, quelques fusées partent devant et  je ne les reverrais que très fugitivement en les croisant, tant que cela sera encore possible….

Embranchement vers le col de Vars, quelques uns s’arrêtent pour passer en tenue légère, je continue, ça roule bien même si au niveau des tunnels une première pente nous rappelle pourquoi on est là, on l’avale sans problème.

Hameau de Mélézen, la pente se durcit, on est dans les 10% d’après mon compteur, comme je l’ai grimpé plusieurs fois sur internet je le savais et ne suis pas surpris. Je serre les dents et continue. Je suis agréablement surpris de la manière dont je monte, jusque là tout va bien. On croise les premiers qui redescendent. Il n’y a plus de pelotons mais des individualités. Je repère des maillots que je vais croiser toute la journée.

Col de Vars,  ça y est, un de fait, je pointe, une photo souvenir et on repart. Dans la descente quelques encouragements à ceux qui montent encore (tiens, je ne suis pas dernier..).

Direction Sainte Anne. Surprise, on ne m’avait pas dit que c’était du cyclo cross. La route est couverte de gravillons quand ce n’est pas de la terre. Il commence à faire chaud, je renonce aux manches longues et comme on dit je « gère l’effort ». En matière de gestion ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus brillant mais je grimpe à mon rythme. Si vous ne connaissez pas, Sainte Anne c’est court mais bon. Sur la carte ça a l’air de rien mais quand on y est  on comprend pourquoi on appelle ça « la montée de Sainte Anne » le revêtement pourri grimpe dans les 12%, ça vous met bien en jambes…

Sommet, pointage et demi tour. Il faut faire attention dans la descente mais le retour au fond de la vallée est bien agréable.

Ravitaillement à Jausiers. Là encore les bénévoles sont insupportables, c’est vrai quoi, on devait être là pour que ce soit dur et ils gâchent tout avec leur gentillesse. Ils  vous agressent avec, un sandwich, un coca, un fruit, un sourire….je suis convaincu qu’ils ont leur propre compétition : le prix du plus sympa, il faut une photo à l’arrivée pour les départager.

Je pars dans la Bonette. Je la connais déjà par l’autre versant, mais c’est la première fois que je m’y attaque avec deux cols dans les pattes. Il fait très chaud, le vent se lève, je sens que ça ne va pas être de la tarte, même si la DDE nous a fait un splendide revêtement tout neuf, un vrai billard.

La route a été fermée pour nous après le hameau de Lans et c’est bien agréable. Les voitures ou motards qui s’y sont aventurés doivent faire demi tour, bien fait pour eux, les panneaux étaient suffisamment explicites. J’ai appris plus tard que des bénévoles ont eu du mal à faire respecter l’interdiction, qu’ils soient encore remerciés de leurs efforts. Je franchis la barrière sous les applaudissements de quelques supporters qui font du bien au cœur mais ne soulagent que très modéremment mes cuisses.

La Bonette c’est long, très long, très chaud (le thermo indiquera 26° au sommet) même si j’essaie de me mettre en danseuse de temps en temps je sens que le rythme diminue. Au plus je grimpe, au plus ma vitesse s’effondre. Je rattrape un concurrent qui pousse son vélo, je l’encourage mais il me répond qu’il a des crampes. Le seul fait de voir quelqu’un à pied m’a mis un coup au moral. Quand on est atteint de DFUsite, le mental peut être très fragile. Je me dis que je ne poserai pas pied à terre, mais le ver est dans le fruit.

Ça grimpe et ça regrimpe, c’est interminable. Je m’hydrate régulièrement en essayant de gérer le niveau de mes bidons, mais quand je lève les yeux je ne vois toujours pas le sommet. Jusque là tout allait bien. Ce n’est pas les crampes ni les cuisses qui ont lâché, c’est la tête. Je l’avoue, mais ne le répétez pas à personne, que cela reste entre nous, j’ai mis pied à terre dans la Bonette. A deux reprises sur une centaine de mètres, le temps que quelqu’un me dise, en me passant « allez courage ». Ce leitmotiv du DFU, c’est un peu notre mot de passe, celui que l’on échange quand on croise ou dépasse un concurrent. Lorsque la crise de DFUsite vous terrasse et vous cloue au sol on n’a pas trouvé de meilleur traitement. Une injection d’encouragement et on remonte sur le vélo.

12h30 la route est rouverte, je croise la voiture qui retient le flot des véhicules à quelques centaines de mètres du sommet. Son conducteur me fait un signe d’encouragement. C’en est fini de la tranquillité, mais on touche au bout. J’avoue que je remettrai pied à terre quelques mètres dans la cime, il faut boire le calice jusqu’à la lie.

C’est reparti vers la vallée. Il y en a toujours qui montent. A mon tour de traiter leurs « coups de mou » par une injection massive de « allez courage ! ». Je me paie le luxe de passer une voiture dans la descente et me prends presque pour un vrai cycliste. Dans la vallée on se retrouve à 4 à relayer comme des pros et on descend comme une fleur jusqu’à Barcelo. Le moral remonte, les cuisses retrouvent un semblant de  tonus. Jusque là, tout recommence à aller bien.

Arrivée à Barcelo. Une fois de plus je suis pris en charge par les membres de l’organisation qui sont aux petits soins. Les uns procèdent à l’injection règlementaire d’encouragement et félicitations (je ne connais pas de meilleur dopant), les autres assurent l’intendance avec un grand sourire. A peine le temps de s’assoir et une copieuse salade de pates m’attend. Il faut bien ça pour se remettre. Je discute avec quelques participants (ceux de mon niveau, les autres sont déjà loin devant), il semble que le vent chaud, de face, dans la Bonette ait fait revoir à la baisse quelques ambitions.

Comment refuser le petit café qui m’est proposé avec le sourire par une charmante dame de l’organisation ? Arrêtez d’être sympa comme ça, vous allez me dégouter de repartir, on est si bien reçu chez vous! Mais une nouvelle crise de DFUsite me prend, le devoir m’appelle, je reprends mon vélo pour le 4ème col.

Direction la Cayolle avec un bordelais qui me rend ma liberté et  m’invite rapidement à rouler à mon rythme, qu’il estime supérieur au sien (qu’est ce qu’il ne faut pas entendre). Une pause  au ravito d’Uvernet, devant la mairie pour refaire le niveau des bidons et admirer une charmante mariée et ses demoiselles d’honneur, et c’est reparti.

Me voilà dans les gorges du Bachelard, c’est beau que ça n’en peut plus. La route a un dénivelé humain et je m’en mets plein les yeux en prenant quelques photos. Mon bordelais en profite pour me rattraper et nous repartons ensemble en discutant. Faire des rencontres sympas ça fait aussi partie des symptômes de la DFUsite.

Même si la Cayolle n’est pas le plus dur, c’est quand même un vrai col, mon bordelais passe dans le rouge et me rend à nouveau ma liberté. Sans pitié je le laisse derrière moi. Ça devient plus dur dans les derniers kilomètres. Je rattrape et dépasse une charmante féminine avec qui je vais jouer à « saute mouton »  quand j’essaie de faire des photos de marmotte : elle en profite pour me repasser et je la rattrape plus loin, et on recommence…..

Ça y est le 4 ème col est franchi. Devant moi les Alpes Maritimes mais après avoir échangé quelques mots avec les contrôleurs et ma compagne de route, demi-tour, je repars vers la vallée. Mon but est atteint je suis devenu un fondu de l’Ubaye. Je redescends tout guilleret. Ce qui me paraissait inaccessible est réalisé.

Arrêt au contrôle d’Uvernet. Discussion avec les contrôleurs qui me posent la question fatidique : continuation vers Allos ou retour sur Barcelo ? Il se fait tard, le Défi que je m’étais fixé a été rempli, je me dégonfle et décide de m’arrêter là et retourne vers le marché couvert pour rendre ma plaque de cadre. Quand j’arriverai, le premier,  qui  lui a fait 7 cols, sera douché depuis longtemps….

Les félicitations des bénévoles ne m’empêchent pas d’avoir un gout d’inachevé, je ne peux m’empêcher de penser que j’aurai du grimper Allos, ou tout au moins essayer. Ces regrets je ne serais pas le seul à les avoir et lors de la Pasta party, alors que des concurents plus courageux arrivront du 7ème col, nous nous dirons « l’année prochaine, je me fais le 5ème… » ou pour d’autres « j’irai au 7ème… ».

C’est ça qui est terrible avec la DFUsite, on n’en guérit jamais….sitôt la crise passée on se met à rêver à l’année d’après. Je me dis qu’Allos et à ma portée, et sait-on jamais , un coup de guidon avant le marché de Barcelonette et pourquoi pas envisager de rajouter St Jean et Pontis….51 Grands Maîtres de la Confrérie de l’Ubaye ont réussi cet exploits cette année  et je leur tire mon chapeau.

 Ce long (trop long, comme la Bonette…) récit était destiné à prouver que l’on peut participer au Défi des Fondus de l’Ubaye à tous les niveaux, c’est vrai qu’on a 24 heures pour réussir son propre défi…

Moi, avec mes 180 kilomètres pour 4800 mètres de dénivelé, je ne suis qu’un simple Fondu, mais fier de l’être.

Heureux d’avoir participé à ce Défi contre la maladie, d’avoir apporté une très modeste contribution.

De grands bravos à tous ceux qui ont pédalés mais aussi à ceux qui sur le bord de notre route ont tout fait pour que cette épreuve se déroule dans les meilleures conditions possibles, leur gentillesse, leurs sourires, nous ont tous aidés.

Si l’année prochaine, fin Juin à la tombée du jour vous voyez un gugusse en haut du Col d’Allos avec un grand sourire, ça sera moi. Méfiez vous !!!! N’approchez pas ! La DFUsite, c’est peut être contagieux, je serai capable de vous la refiler…..

 

Merci Christian pour ce compte-rendu qui sent le vécu et la passion ! Pour ma part, c'est la 3ème fois que je rechute, ça devient une maladie chronique ;-) Il faut croire que c'est extrêmement contagieux puisque le record de participation a été pulvérisé pour le 10ème anniversaire avec 255 participants (à comparer aux 8 de l'édition inaugurale en 2002)... Tant mieux pour la lutte contre la mucoviscidose ! Merci à Claude Véran et à tous les bénévoles qui, soit dit en passant, ont nettoyé préalablement les bas-côtés de chaque col et exposé à Barcelonnette l'imposant tas d'immondices ramassés, preuve s'il en est que beaucoup d'efforts restent à fournir pour conserver de si beaux paysages intacts...

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envoyé le 06/07/2012 23:01

merçi Christian pour ton compte rendu,

j'ai eu les memes symptomes que toi et je me suis retrouvé samedi matin a 5 h 30 pour le départ .....

j'étais avec un pote de club et nous avons réussi a faire 5 cols .on y retournera certainement pour tenter les 7 ....

t'inquiéte pas tu n'es pas seul contaminé ....encore merçi pour ton compte rendu , super récit .

a l'année prochaine pour la piqure de rappel ......

sportivement.

 sylvain. 

Salut Sylvain,

c'est pour ça que je viens pas aux sorties du club : vous seriez bien capables de me contaminer à mon tour smiley wink

Idem pour l'article de Christian, j'ai commencé à lire, mais j'ai vite arrêté parce que ça donnait trop envie... faut faire gaffe.smiley smile

Vincent

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envoyé le 10/07/2012 11:23

 

Braves gens prenez garde… ne trainez pas sur internet, sur des sites plus ou moins avouables. C’est comme cela que l’on rencontre des gens peu fréquentables, vous savez le genre de types qui vous envoient pédaler dans des endroits qui semblent inaccessibles et que l’on chope des maladies surprenantes.

Cette maladie, elle s’appelle la DFUsite, elle ne pardonne pas. Si vous êtes atteint vous voudrez devenir un Fondu de l’Ubaye

Moi j’ai été contaminé à la fin de l’été dernier, sans m’en apercevoir, je suis tombé sur un site qui parlait de gens suffisamment imbéciles pour pédaler pendant des heures et gravir des dénivelés de fous furieux, uniquement pour le plaisir de le faire et tenter de vaincre une véritable saloperie qui est ,elle, une vraie maladie : la mucoviscidose.

Je me suis dit dans ma petite tête qu’il ne fallait pas être clair pour faire un truc pareil et je pensais oublier tout ça. Que nenni, j’étais contaminé sans le savoir.

Dans les mois qui ont suivi, sans m’en rendre compte je suis retourné sur le site, j’ai lu les témoignages, j’en ai découvert d’autres en surfant sur le net, bref j’étais en période d’incubation.

Le premier symptôme est apparu au début du printemps quand une idée saugrenue a percé ce qui me restait de conscience : « après tout pourquoi tu n’essaierais pas ? ». La DFUsite, c’est terrible ça commence par attaquer le cerveau.

Comment peut-on imaginer un truc pareil, alors que mon expérience de cycliste montagnard est des plus limitées, je suis tout juste un cycliste du dimanche, plus précisément du dimanche matin, juste avant l’apéro…

J’avais encore une chance de m’en sortir, prétextant quelques demandes de renseignements j’ai adressé deux mails à Claude Verran, certain que l’on ne me répondrait pas et que je pourrai renoncer tout en ayant bonne conscience. Fatalitas ! Les deux fois on m’a répondu par retour !  Qu’est ce que c’est que ces organisateurs qui font bien leur boulot et croient à ce qu’ils font ! À cause de dangereux individus comme eux, on ne peut plus se défiler !

 Je n’avais plus d’excuse j’ai bien été obligé d’envoyer mon bulletin d’inscription, c’est sur j’étais atteint.

Tout semblait être rentré dans l’ordre, mais en réalité la DFUsite me gagnait. Régulièrement je regardais des profils routiers et comptais des pourcentages. Je savais que 7 cols ce n’était pas à ma portée, déjà je serais content d’arriver à 4. 5 cols c’était mon rêve inavoué.

Nuit du 28 au 29 juin. Une crise violente de DFUsite me prend, je ne parviens pas à m’endormir. Demain je pars pour Barcelonette et jusqu’à 2 heures du matin je me tourne et me retourne en ressassant un hypothétique plan de route, certains comptent les moutons pour s’endormir, moi je compte les kilomètres.

29 juin fin d’après midi.  J’arrive à Barcelo, en allant retirer ma plaque de cadre j’observe les autres participants. Beaucoup se connaissent, nombreux sont ceux qui ressemblent à de vrais cyclistes. Je me demande  ce que je fais là…. Je pose quelques questions pour tenter de me rassurer, mais mon sourire crispé ne doit tromper personne. Ces enfoirés de l’organisation ont tout prévu : pour être surs que vous n’allez pas avoir un éclair de lucidité et partir en courant, ils vous répondent gentiment, avec un grand sourire et vous rassurent en tentant de calmer toutes vos angoisses.

L’un d’eux aura cette phrase superbe frappée au coin du bon sens « t’inquiète pas de toute façon, la moitié de la route c’est de la descente ». Comme j’objecte que ce qui m’inquiète c’est l’autre moitié, il ne désarme pas : « Pas de souci, tu as 24 heures pour faire ton circuit ». Que répondre à ça : rien.

Seulement se rappeler ce qui nous est répété : quand c’est dur pour vous, pensez à la souffrance des enfants malades.

Mon sommeil sera bref, je tenterais à nouveau de dormir en comptant des moutons qui pédalent dans des cols…La nuit ne portera pas de conseil intelligent, si bien qu’à 5 heures du matin je serais, comme 205 autres illuminés, en route vers la ligne de départ. Il fait nuit mais un tas de petits vélos clignotent en se dirigeant vers le marché couvert de Barcelonette. Ma peur d’être ridicule  est compensée par ma fierté de faire partie de cette aventure : « mon Dieu, faites que je ne sois pas trop à la ramasse.. »

                                                                                                                                                                                                                                                   5h20. J’ai fait tamponner ma carte de pointage et me voilà dans le sas de départ, avec l’impression du type qui saute d’un avion sans parachute et se dit « jusque là tout va bien… » Un dernier petit mot de Claude Verran et, alors que le ciel blanchit, c’est parti pour la grande aventure, on ne peut plus reculer. On enfile la rue Manuel où quelques volets s’ouvrent pour voir qui sont ces abrutis sur leurs vélos qui perturbent le sommeil des honnêtes citoyens sous leurs couettes.

Le peloton remonte la vallée de l’Ubaye dans le petit jour. On entend quelques plaisanteries qui couvrent le feulement des pneus. La température est idéale, il fait beau. Bien abrité dans le peloton,  je suis le Roi du Monde. Ça a de la gueule plus de 200 vélos qui avancent, groupés pour affronter une rude épreuve. Très vite je vais me rendre compte que la même épreuve ne sera pas affrontée par tout le monde de la même manière, quelques fusées partent devant et  je ne les reverrais que très fugitivement en les croisant, tant que cela sera encore possible….

Embranchement vers le col de Vars, quelques uns s’arrêtent pour passer en tenue légère, je continue, ça roule bien même si au niveau des tunnels une première pente nous rappelle pourquoi on est là, on l’avale sans problème.

Hameau de Mélézen, la pente se durcit, on est dans les 10% d’après mon compteur, comme je l’ai grimpé plusieurs fois sur internet je le savais et ne suis pas surpris. Je serre les dents et continue. Je suis agréablement surpris de la manière dont je monte, jusque là tout va bien. On croise les premiers qui redescendent. Il n’y a plus de pelotons mais des individualités. Je repère des maillots que je vais croiser toute la journée.

Col de Vars,  ça y est, un de fait, je pointe, une photo souvenir et on repart. Dans la descente quelques encouragements à ceux qui montent encore (tiens, je ne suis pas dernier..).

Direction Sainte Anne. Surprise, on ne m’avait pas dit que c’était du cyclo cross. La route est couverte de gravillons quand ce n’est pas de la terre. Il commence à faire chaud, je renonce aux manches longues et comme on dit je « gère l’effort ». En matière de gestion ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus brillant mais je grimpe à mon rythme. Si vous ne connaissez pas, Sainte Anne c’est court mais bon. Sur la carte ça a l’air de rien mais quand on y est  on comprend pourquoi on appelle ça « la montée de Sainte Anne » le revêtement pourri grimpe dans les 12%, ça vous met bien en jambes…

Sommet, pointage et demi tour. Il faut faire attention dans la descente mais le retour au fond de la vallée est bien agréable.

Ravitaillement à Jausiers. Là encore les bénévoles sont insupportables, c’est vrai quoi, on devait être là pour que ce soit dur et ils gâchent tout avec leur gentillesse. Ils  vous agressent avec, un sandwich, un coca, un fruit, un sourire….je suis convaincu qu’ils ont leur propre compétition : le prix du plus sympa, il faut une photo à l’arrivée pour les départager.

Je pars dans la Bonette. Je la connais déjà par l’autre versant, mais c’est la première fois que je m’y attaque avec deux cols dans les pattes. Il fait très chaud, le vent se lève, je sens que ça ne va pas être de la tarte, même si la DDE nous a fait un splendide revêtement tout neuf, un vrai billard.

La route a été fermée pour nous après le hameau de Lans et c’est bien agréable. Les voitures ou motards qui s’y sont aventurés doivent faire demi tour, bien fait pour eux, les panneaux étaient suffisamment explicites. J’ai appris plus tard que des bénévoles ont eu du mal à faire respecter l’interdiction, qu’ils soient encore remerciés de leurs efforts. Je franchis la barrière sous les applaudissements de quelques supporters qui font du bien au cœur mais ne soulagent que très modéremment mes cuisses.

La Bonette c’est long, très long, très chaud (le thermo indiquera 26° au sommet) même si j’essaie de me mettre en danseuse de temps en temps je sens que le rythme diminue. Au plus je grimpe, au plus ma vitesse s’effondre. Je rattrape un concurrent qui pousse son vélo, je l’encourage mais il me répond qu’il a des crampes. Le seul fait de voir quelqu’un à pied m’a mis un coup au moral. Quand on est atteint de DFUsite, le mental peut être très fragile. Je me dis que je ne poserai pas pied à terre, mais le ver est dans le fruit.

Ça grimpe et ça regrimpe, c’est interminable. Je m’hydrate régulièrement en essayant de gérer le niveau de mes bidons, mais quand je lève les yeux je ne vois toujours pas le sommet. Jusque là tout allait bien. Ce n’est pas les crampes ni les cuisses qui ont lâché, c’est la tête. Je l’avoue, mais ne le répétez pas à personne, que cela reste entre nous, j’ai mis pied à terre dans la Bonette. A deux reprises sur une centaine de mètres, le temps que quelqu’un me dise, en me passant « allez courage ». Ce leitmotiv du DFU, c’est un peu notre mot de passe, celui que l’on échange quand on croise ou dépasse un concurrent. Lorsque la crise de DFUsite vous terrasse et vous cloue au sol on n’a pas trouvé de meilleur traitement. Une injection d’encouragement et on remonte sur le vélo.

12h30 la route est rouverte, je croise la voiture qui retient le flot des véhicules à quelques centaines de mètres du sommet. Son conducteur me fait un signe d’encouragement. C’en est fini de la tranquillité, mais on touche au bout. J’avoue que je remettrai pied à terre quelques mètres dans la cime, il faut boire le calice jusqu’à la lie.

C’est reparti vers la vallée. Il y en a toujours qui montent. A mon tour de traiter leurs « coups de mou » par une injection massive de « allez courage ! ». Je me paie le luxe de passer une voiture dans la descente et me prends presque pour un vrai cycliste. Dans la vallée on se retrouve à 4 à relayer comme des pros et on descend comme une fleur jusqu’à Barcelo. Le moral remonte, les cuisses retrouvent un semblant de  tonus. Jusque là, tout recommence à aller bien.

Arrivée à Barcelo. Une fois de plus je suis pris en charge par les membres de l’organisation qui sont aux petits soins. Les uns procèdent à l’injection règlementaire d’encouragement et félicitations (je ne connais pas de meilleur dopant), les autres assurent l’intendance avec un grand sourire. A peine le temps de s’assoir et une copieuse salade de pates m’attend. Il faut bien ça pour se remettre. Je discute avec quelques participants (ceux de mon niveau, les autres sont déjà loin devant), il semble que le vent chaud, de face, dans la Bonette ait fait revoir à la baisse quelques ambitions.

Comment refuser le petit café qui m’est proposé avec le sourire par une charmante dame de l’organisation ? Arrêtez d’être sympa comme ça, vous allez me dégouter de repartir, on est si bien reçu chez vous! Mais une nouvelle crise de DFUsite me prend, le devoir m’appelle, je reprends mon vélo pour le 4ème col.

Direction la Cayolle avec un bordelais qui me rend ma liberté et  m’invite rapidement à rouler à mon rythme, qu’il estime supérieur au sien (qu’est ce qu’il ne faut pas entendre). Une pause  au ravito d’Uvernet, devant la mairie pour refaire le niveau des bidons et admirer une charmante mariée et ses demoiselles d’honneur, et c’est reparti.

Me voilà dans les gorges du Bachelard, c’est beau que ça n’en peut plus. La route a un dénivelé humain et je m’en mets plein les yeux en prenant quelques photos. Mon bordelais en profite pour me rattraper et nous repartons ensemble en discutant. Faire des rencontres sympas ça fait aussi partie des symptômes de la DFUsite.

Même si la Cayolle n’est pas le plus dur, c’est quand même un vrai col, mon bordelais passe dans le rouge et me rend à nouveau ma liberté. Sans pitié je le laisse derrière moi. Ça devient plus dur dans les derniers kilomètres. Je rattrape et dépasse une charmante féminine avec qui je vais jouer à « saute mouton »  quand j’essaie de faire des photos de marmotte : elle en profite pour me repasser et je la rattrape plus loin, et on recommence…..

Ça y est le 4 ème col est franchi. Devant moi les Alpes Maritimes mais après avoir échangé quelques mots avec les contrôleurs et ma compagne de route, demi-tour, je repars vers la vallée. Mon but est atteint je suis devenu un fondu de l’Ubaye. Je redescends tout guilleret. Ce qui me paraissait inaccessible est réalisé.

Arrêt au contrôle d’Uvernet. Discussion avec les contrôleurs qui me posent la question fatidique : continuation vers Allos ou retour sur Barcelo ? Il se fait tard, le Défi que je m’étais fixé a été rempli, je me dégonfle et décide de m’arrêter là et retourne vers le marché couvert pour rendre ma plaque de cadre. Quand j’arriverai, le premier,  qui  lui a fait 7 cols, sera douché depuis longtemps….

Les félicitations des bénévoles ne m’empêchent pas d’avoir un gout d’inachevé, je ne peux m’empêcher de penser que j’aurai du grimper Allos, ou tout au moins essayer. Ces regrets je ne serais pas le seul à les avoir et lors de la Pasta party, alors que des concurents plus courageux arrivront du 7ème col, nous nous dirons « l’année prochaine, je me fais le 5ème… » ou pour d’autres « j’irai au 7ème… ».

C’est ça qui est terrible avec la DFUsite, on n’en guérit jamais….sitôt la crise passée on se met à rêver à l’année d’après. Je me dis qu’Allos et à ma portée, et sait-on jamais , un coup de guidon avant le marché de Barcelonette et pourquoi pas envisager de rajouter St Jean et Pontis….51 Grands Maîtres de la Confrérie de l’Ubaye ont réussi cet exploits cette année  et je leur tire mon chapeau.

 Ce long (trop long, comme la Bonette…) récit était destiné à prouver que l’on peut participer au Défi des Fondus de l’Ubaye à tous les niveaux, c’est vrai qu’on a 24 heures pour réussir son propre défi…

Moi, avec mes 180 kilomètres pour 4800 mètres de dénivelé, je ne suis qu’un simple Fondu, mais fier de l’être.

Heureux d’avoir participé à ce Défi contre la maladie, d’avoir apporté une très modeste contribution.

De grands bravos à tous ceux qui ont pédalés mais aussi à ceux qui sur le bord de notre route ont tout fait pour que cette épreuve se déroule dans les meilleures conditions possibles, leur gentillesse, leurs sourires, nous ont tous aidés.

Si l’année prochaine, fin Juin à la tombée du jour vous voyez un gugusse en haut du Col d’Allos avec un grand sourire, ça sera moi. Méfiez vous !!!! N’approchez pas ! La DFUsite, c’est peut être contagieux, je serai capable de vous la refiler…..

 

Merci pour vos encouragements à tous ceux qui ont pris le temps de lire mon CR.

J'espère qu'il n'a pas dégouté les autres et que nous serons encore plus nombreux l'année prochaine à pédaler pour la bonne cause.

N'hésitez pas à venir nous rejoindre, devenez Fondus...

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envoyé le 10/07/2012 14:39

Salut Sylvain,

c'est pour ça que je viens pas aux sorties du club : vous seriez bien capables de me contaminer à mon tour smiley wink

Idem pour l'article de Christian, j'ai commencé à lire, mais j'ai vite arrêté parce que ça donnait trop envie... faut faire gaffe.smiley smile

Vincent

Attention vincent, comme sylvain a franchi 5 cols il fait partie de la confrerie des fondus de l'ubaye et il faut donc l'appeller"maitre". ce n'est plus sylvain mais " maitre sylvain". et peut etre que l'année prochaine si les 7 cols sont franchis il faudra l'appeller "grand maitre" .... mais pas obligé de s'agenouiller quand meme!!!

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envoyé le 12/07/2012 06:10

Que de bons souvenirs à ce DFU, comme chaque année... Vivement l'année prochaine!

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envoyé le 14/07/2012 19:01

Merci pour vos encouragements à tous ceux qui ont pris le temps de lire mon CR.

J'espère qu'il n'a pas dégouté les autres et que nous serons encore plus nombreux l'année prochaine à pédaler pour la bonne cause.

N'hésitez pas à venir nous rejoindre, devenez Fondus...

Hello Christian ....

Je découvre ton compte rendu à retardement .... GENIAL !!!!

Bel hommage à une épreuve qui le mérite vraiment .... Cette edition 2012 fut une réussite.

Bon courage pour le diplôme de Grand Maître l'an prochain .... Ca vaut le coup de se vider les tripes !!!!

Poucet, fondu gravement atteint     

 

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envoyé le 15/07/2012 07:53

Noble aventure et magnifique récit, bravo !

Je ne suis pas encore contaminé, mais comme je vais dans le coin cet été tater 2 ou 3 de ces cols, ça ressemblerait presque à un vaccin, tu connais le principe, accepter l'intrus sans trop en souffrir ... Je regrette d'être si loin de ces évènements qui forgent la vie et la mémoire d'un cycliste.

Encore bravo et merci pour ce partage.

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envoyé le 15/07/2012 16:03

 

Braves gens prenez garde… ne trainez pas sur internet, sur des sites plus ou moins avouables. C’est comme cela que l’on rencontre des gens peu fréquentables, vous savez le genre de types qui vous envoient pédaler dans des endroits qui semblent inaccessibles et que l’on chope des maladies surprenantes.

Cette maladie, elle s’appelle la DFUsite, elle ne pardonne pas. Si vous êtes atteint vous voudrez devenir un Fondu de l’Ubaye

Moi j’ai été contaminé à la fin de l’été dernier, sans m’en apercevoir, je suis tombé sur un site qui parlait de gens suffisamment imbéciles pour pédaler pendant des heures et gravir des dénivelés de fous furieux, uniquement pour le plaisir de le faire et tenter de vaincre une véritable saloperie qui est ,elle, une vraie maladie : la mucoviscidose.

Je me suis dit dans ma petite tête qu’il ne fallait pas être clair pour faire un truc pareil et je pensais oublier tout ça. Que nenni, j’étais contaminé sans le savoir.

Dans les mois qui ont suivi, sans m’en rendre compte je suis retourné sur le site, j’ai lu les témoignages, j’en ai découvert d’autres en surfant sur le net, bref j’étais en période d’incubation.

Le premier symptôme est apparu au début du printemps quand une idée saugrenue a percé ce qui me restait de conscience : « après tout pourquoi tu n’essaierais pas ? ». La DFUsite, c’est terrible ça commence par attaquer le cerveau.

Comment peut-on imaginer un truc pareil, alors que mon expérience de cycliste montagnard est des plus limitées, je suis tout juste un cycliste du dimanche, plus précisément du dimanche matin, juste avant l’apéro…

J’avais encore une chance de m’en sortir, prétextant quelques demandes de renseignements j’ai adressé deux mails à Claude Verran, certain que l’on ne me répondrait pas et que je pourrai renoncer tout en ayant bonne conscience. Fatalitas ! Les deux fois on m’a répondu par retour !  Qu’est ce que c’est que ces organisateurs qui font bien leur boulot et croient à ce qu’ils font ! À cause de dangereux individus comme eux, on ne peut plus se défiler !

 Je n’avais plus d’excuse j’ai bien été obligé d’envoyer mon bulletin d’inscription, c’est sur j’étais atteint.

Tout semblait être rentré dans l’ordre, mais en réalité la DFUsite me gagnait. Régulièrement je regardais des profils routiers et comptais des pourcentages. Je savais que 7 cols ce n’était pas à ma portée, déjà je serais content d’arriver à 4. 5 cols c’était mon rêve inavoué.

Nuit du 28 au 29 juin. Une crise violente de DFUsite me prend, je ne parviens pas à m’endormir. Demain je pars pour Barcelonette et jusqu’à 2 heures du matin je me tourne et me retourne en ressassant un hypothétique plan de route, certains comptent les moutons pour s’endormir, moi je compte les kilomètres.

29 juin fin d’après midi.  J’arrive à Barcelo, en allant retirer ma plaque de cadre j’observe les autres participants. Beaucoup se connaissent, nombreux sont ceux qui ressemblent à de vrais cyclistes. Je me demande  ce que je fais là…. Je pose quelques questions pour tenter de me rassurer, mais mon sourire crispé ne doit tromper personne. Ces enfoirés de l’organisation ont tout prévu : pour être surs que vous n’allez pas avoir un éclair de lucidité et partir en courant, ils vous répondent gentiment, avec un grand sourire et vous rassurent en tentant de calmer toutes vos angoisses.

L’un d’eux aura cette phrase superbe frappée au coin du bon sens « t’inquiète pas de toute façon, la moitié de la route c’est de la descente ». Comme j’objecte que ce qui m’inquiète c’est l’autre moitié, il ne désarme pas : « Pas de souci, tu as 24 heures pour faire ton circuit ». Que répondre à ça : rien.

Seulement se rappeler ce qui nous est répété : quand c’est dur pour vous, pensez à la souffrance des enfants malades.

Mon sommeil sera bref, je tenterais à nouveau de dormir en comptant des moutons qui pédalent dans des cols…La nuit ne portera pas de conseil intelligent, si bien qu’à 5 heures du matin je serais, comme 205 autres illuminés, en route vers la ligne de départ. Il fait nuit mais un tas de petits vélos clignotent en se dirigeant vers le marché couvert de Barcelonette. Ma peur d’être ridicule  est compensée par ma fierté de faire partie de cette aventure : « mon Dieu, faites que je ne sois pas trop à la ramasse.. »

                                                                                                                                                                                                                                                   5h20. J’ai fait tamponner ma carte de pointage et me voilà dans le sas de départ, avec l’impression du type qui saute d’un avion sans parachute et se dit « jusque là tout va bien… » Un dernier petit mot de Claude Verran et, alors que le ciel blanchit, c’est parti pour la grande aventure, on ne peut plus reculer. On enfile la rue Manuel où quelques volets s’ouvrent pour voir qui sont ces abrutis sur leurs vélos qui perturbent le sommeil des honnêtes citoyens sous leurs couettes.

Le peloton remonte la vallée de l’Ubaye dans le petit jour. On entend quelques plaisanteries qui couvrent le feulement des pneus. La température est idéale, il fait beau. Bien abrité dans le peloton,  je suis le Roi du Monde. Ça a de la gueule plus de 200 vélos qui avancent, groupés pour affronter une rude épreuve. Très vite je vais me rendre compte que la même épreuve ne sera pas affrontée par tout le monde de la même manière, quelques fusées partent devant et  je ne les reverrais que très fugitivement en les croisant, tant que cela sera encore possible….

Embranchement vers le col de Vars, quelques uns s’arrêtent pour passer en tenue légère, je continue, ça roule bien même si au niveau des tunnels une première pente nous rappelle pourquoi on est là, on l’avale sans problème.

Hameau de Mélézen, la pente se durcit, on est dans les 10% d’après mon compteur, comme je l’ai grimpé plusieurs fois sur internet je le savais et ne suis pas surpris. Je serre les dents et continue. Je suis agréablement surpris de la manière dont je monte, jusque là tout va bien. On croise les premiers qui redescendent. Il n’y a plus de pelotons mais des individualités. Je repère des maillots que je vais croiser toute la journée.

Col de Vars,  ça y est, un de fait, je pointe, une photo souvenir et on repart. Dans la descente quelques encouragements à ceux qui montent encore (tiens, je ne suis pas dernier..).

Direction Sainte Anne. Surprise, on ne m’avait pas dit que c’était du cyclo cross. La route est couverte de gravillons quand ce n’est pas de la terre. Il commence à faire chaud, je renonce aux manches longues et comme on dit je « gère l’effort ». En matière de gestion ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus brillant mais je grimpe à mon rythme. Si vous ne connaissez pas, Sainte Anne c’est court mais bon. Sur la carte ça a l’air de rien mais quand on y est  on comprend pourquoi on appelle ça « la montée de Sainte Anne » le revêtement pourri grimpe dans les 12%, ça vous met bien en jambes…

Sommet, pointage et demi tour. Il faut faire attention dans la descente mais le retour au fond de la vallée est bien agréable.

Ravitaillement à Jausiers. Là encore les bénévoles sont insupportables, c’est vrai quoi, on devait être là pour que ce soit dur et ils gâchent tout avec leur gentillesse. Ils  vous agressent avec, un sandwich, un coca, un fruit, un sourire….je suis convaincu qu’ils ont leur propre compétition : le prix du plus sympa, il faut une photo à l’arrivée pour les départager.

Je pars dans la Bonette. Je la connais déjà par l’autre versant, mais c’est la première fois que je m’y attaque avec deux cols dans les pattes. Il fait très chaud, le vent se lève, je sens que ça ne va pas être de la tarte, même si la DDE nous a fait un splendide revêtement tout neuf, un vrai billard.

La route a été fermée pour nous après le hameau de Lans et c’est bien agréable. Les voitures ou motards qui s’y sont aventurés doivent faire demi tour, bien fait pour eux, les panneaux étaient suffisamment explicites. J’ai appris plus tard que des bénévoles ont eu du mal à faire respecter l’interdiction, qu’ils soient encore remerciés de leurs efforts. Je franchis la barrière sous les applaudissements de quelques supporters qui font du bien au cœur mais ne soulagent que très modéremment mes cuisses.

La Bonette c’est long, très long, très chaud (le thermo indiquera 26° au sommet) même si j’essaie de me mettre en danseuse de temps en temps je sens que le rythme diminue. Au plus je grimpe, au plus ma vitesse s’effondre. Je rattrape un concurrent qui pousse son vélo, je l’encourage mais il me répond qu’il a des crampes. Le seul fait de voir quelqu’un à pied m’a mis un coup au moral. Quand on est atteint de DFUsite, le mental peut être très fragile. Je me dis que je ne poserai pas pied à terre, mais le ver est dans le fruit.

Ça grimpe et ça regrimpe, c’est interminable. Je m’hydrate régulièrement en essayant de gérer le niveau de mes bidons, mais quand je lève les yeux je ne vois toujours pas le sommet. Jusque là tout allait bien. Ce n’est pas les crampes ni les cuisses qui ont lâché, c’est la tête. Je l’avoue, mais ne le répétez pas à personne, que cela reste entre nous, j’ai mis pied à terre dans la Bonette. A deux reprises sur une centaine de mètres, le temps que quelqu’un me dise, en me passant « allez courage ». Ce leitmotiv du DFU, c’est un peu notre mot de passe, celui que l’on échange quand on croise ou dépasse un concurrent. Lorsque la crise de DFUsite vous terrasse et vous cloue au sol on n’a pas trouvé de meilleur traitement. Une injection d’encouragement et on remonte sur le vélo.

12h30 la route est rouverte, je croise la voiture qui retient le flot des véhicules à quelques centaines de mètres du sommet. Son conducteur me fait un signe d’encouragement. C’en est fini de la tranquillité, mais on touche au bout. J’avoue que je remettrai pied à terre quelques mètres dans la cime, il faut boire le calice jusqu’à la lie.

C’est reparti vers la vallée. Il y en a toujours qui montent. A mon tour de traiter leurs « coups de mou » par une injection massive de « allez courage ! ». Je me paie le luxe de passer une voiture dans la descente et me prends presque pour un vrai cycliste. Dans la vallée on se retrouve à 4 à relayer comme des pros et on descend comme une fleur jusqu’à Barcelo. Le moral remonte, les cuisses retrouvent un semblant de  tonus. Jusque là, tout recommence à aller bien.

Arrivée à Barcelo. Une fois de plus je suis pris en charge par les membres de l’organisation qui sont aux petits soins. Les uns procèdent à l’injection règlementaire d’encouragement et félicitations (je ne connais pas de meilleur dopant), les autres assurent l’intendance avec un grand sourire. A peine le temps de s’assoir et une copieuse salade de pates m’attend. Il faut bien ça pour se remettre. Je discute avec quelques participants (ceux de mon niveau, les autres sont déjà loin devant), il semble que le vent chaud, de face, dans la Bonette ait fait revoir à la baisse quelques ambitions.

Comment refuser le petit café qui m’est proposé avec le sourire par une charmante dame de l’organisation ? Arrêtez d’être sympa comme ça, vous allez me dégouter de repartir, on est si bien reçu chez vous! Mais une nouvelle crise de DFUsite me prend, le devoir m’appelle, je reprends mon vélo pour le 4ème col.

Direction la Cayolle avec un bordelais qui me rend ma liberté et  m’invite rapidement à rouler à mon rythme, qu’il estime supérieur au sien (qu’est ce qu’il ne faut pas entendre). Une pause  au ravito d’Uvernet, devant la mairie pour refaire le niveau des bidons et admirer une charmante mariée et ses demoiselles d’honneur, et c’est reparti.

Me voilà dans les gorges du Bachelard, c’est beau que ça n’en peut plus. La route a un dénivelé humain et je m’en mets plein les yeux en prenant quelques photos. Mon bordelais en profite pour me rattraper et nous repartons ensemble en discutant. Faire des rencontres sympas ça fait aussi partie des symptômes de la DFUsite.

Même si la Cayolle n’est pas le plus dur, c’est quand même un vrai col, mon bordelais passe dans le rouge et me rend à nouveau ma liberté. Sans pitié je le laisse derrière moi. Ça devient plus dur dans les derniers kilomètres. Je rattrape et dépasse une charmante féminine avec qui je vais jouer à « saute mouton »  quand j’essaie de faire des photos de marmotte : elle en profite pour me repasser et je la rattrape plus loin, et on recommence…..

Ça y est le 4 ème col est franchi. Devant moi les Alpes Maritimes mais après avoir échangé quelques mots avec les contrôleurs et ma compagne de route, demi-tour, je repars vers la vallée. Mon but est atteint je suis devenu un fondu de l’Ubaye. Je redescends tout guilleret. Ce qui me paraissait inaccessible est réalisé.

Arrêt au contrôle d’Uvernet. Discussion avec les contrôleurs qui me posent la question fatidique : continuation vers Allos ou retour sur Barcelo ? Il se fait tard, le Défi que je m’étais fixé a été rempli, je me dégonfle et décide de m’arrêter là et retourne vers le marché couvert pour rendre ma plaque de cadre. Quand j’arriverai, le premier,  qui  lui a fait 7 cols, sera douché depuis longtemps….

Les félicitations des bénévoles ne m’empêchent pas d’avoir un gout d’inachevé, je ne peux m’empêcher de penser que j’aurai du grimper Allos, ou tout au moins essayer. Ces regrets je ne serais pas le seul à les avoir et lors de la Pasta party, alors que des concurents plus courageux arrivront du 7ème col, nous nous dirons « l’année prochaine, je me fais le 5ème… » ou pour d’autres « j’irai au 7ème… ».

C’est ça qui est terrible avec la DFUsite, on n’en guérit jamais….sitôt la crise passée on se met à rêver à l’année d’après. Je me dis qu’Allos et à ma portée, et sait-on jamais , un coup de guidon avant le marché de Barcelonette et pourquoi pas envisager de rajouter St Jean et Pontis….51 Grands Maîtres de la Confrérie de l’Ubaye ont réussi cet exploits cette année  et je leur tire mon chapeau.

 Ce long (trop long, comme la Bonette…) récit était destiné à prouver que l’on peut participer au Défi des Fondus de l’Ubaye à tous les niveaux, c’est vrai qu’on a 24 heures pour réussir son propre défi…

Moi, avec mes 180 kilomètres pour 4800 mètres de dénivelé, je ne suis qu’un simple Fondu, mais fier de l’être.

Heureux d’avoir participé à ce Défi contre la maladie, d’avoir apporté une très modeste contribution.

De grands bravos à tous ceux qui ont pédalés mais aussi à ceux qui sur le bord de notre route ont tout fait pour que cette épreuve se déroule dans les meilleures conditions possibles, leur gentillesse, leurs sourires, nous ont tous aidés.

Si l’année prochaine, fin Juin à la tombée du jour vous voyez un gugusse en haut du Col d’Allos avec un grand sourire, ça sera moi. Méfiez vous !!!! N’approchez pas ! La DFUsite, c’est peut être contagieux, je serai capable de vous la refiler…..

 

Beau récit

le mien! en plus court.

http://www.veloblan.com/article-defi-des-fondus-de-l-ubaye-107687441.html

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envoyé le 16/07/2012 10:45

Beau récit

le mien! en plus court.

http://www.veloblan.com/article-defi-des-fondus-de-l-ubaye-107687441.html

ton récit a le gros avantage sur le mien de contenir des photos sympas, sans parler de la vidéo des moutons  qui me eprmet de réaliser ce que j'ai manqué en faisant l'impasse sur Allos....

bravo pour ton blog

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envoyé le 16/07/2012 10:52

Hello Christian ....

Je découvre ton compte rendu à retardement .... GENIAL !!!!

Bel hommage à une épreuve qui le mérite vraiment .... Cette edition 2012 fut une réussite.

Bon courage pour le diplôme de Grand Maître l'an prochain .... Ca vaut le coup de se vider les tripes !!!!

Poucet, fondu gravement atteint     

 

euh, grand maitre l'année prochaine??????....restons réaliste,  le mal des montagnes n'empéche pas d'être conscient de ses possibilités: visons cinq cols, ce sera bien (et ça n'empéche pas de mettre la'éclairage dans le sac pour le cas où....)

A moins que suivant l'exemple des fusées du CCK, je fasse une perf.

Félicitations à votre club pour son enthousiasme et ses féminines aussi charmantes que redoutables sur un vélo.

J'espére que votre gars qui a joué "bréve rencontre" avec un hollandais dans la Cayolle s'en est bien tiré, transmets lui tous mes souhaits.

A l'année prochaine

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envoyé le 16/07/2012 14:34

ton récit a le gros avantage sur le mien de contenir des photos sympas, sans parler de la vidéo des moutons  qui me eprmet de réaliser ce que j'ai manqué en faisant l'impasse sur Allos....

bravo pour ton blog

Une rando magnifique avec des bénévoles vraiment super sympas, belle journée!

Merci, la vidéo n'est pas de moi

 

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envoyé le 16/07/2012 22:24

Attention vincent, comme sylvain a franchi 5 cols il fait partie de la confrerie des fondus de l'ubaye et il faut donc l'appeller"maitre". ce n'est plus sylvain mais " maitre sylvain". et peut etre que l'année prochaine si les 7 cols sont franchis il faudra l'appeller "grand maitre" .... mais pas obligé de s'agenouiller quand meme!!!

Salut Lionel,

C'est bien noté.

Cela dit, j'ai franchi en juin 3 fois le Colombier par Artemare, Culoz et Anglefort, ce qui me vaut le titre officiel de Maître dans la (prestigieuse) confrérie des fêlés du Colombier, confrérie que je salue au passage. A la prochaine sortie, on va pouvoir se donner du Maître par ci, Maître par là smiley smile

Vincent

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envoyé le 18/07/2012 20:58

euh, grand maitre l'année prochaine??????....restons réaliste,  le mal des montagnes n'empéche pas d'être conscient de ses possibilités: visons cinq cols, ce sera bien (et ça n'empéche pas de mettre la'éclairage dans le sac pour le cas où....)

A moins que suivant l'exemple des fusées du CCK, je fasse une perf.

Félicitations à votre club pour son enthousiasme et ses féminines aussi charmantes que redoutables sur un vélo.

J'espére que votre gars qui a joué "bréve rencontre" avec un hollandais dans la Cayolle s'en est bien tiré, transmets lui tous mes souhaits.

A l'année prochaine

 Bonjour Christian, merci pour tes souhais, je suis celui qui a fait la bise au hollandais... je ne m'en tire pas trop mal, j'ai pu refaire l'EDT 1 la semaine suivante et je termine à une place que je n'osais pas espérer au départ. Par contre c'est avec le mulet, le vélo ne s'est pas relevé lui .

 C'est vrai que quand on met le doigt dans ce DFU on se fait absober tout entier et on y retourne, c'était ma 4° participation de suite. Et ce n'est pas la chaleur ou le froid des orages et de la grêle qui mon empêché d'y retourner.

 Donc à l'année prochaine smiley smile

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