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Forum Route Général • Je vais gagner le Tour de France !

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envoyé le 01/03/2018 14:30

Hola laa, ça fait 10.000 fois que je passe devant la vitrine du magasin, et il est là, accroché en plein milieu, magnifique, splendide, trônant littéralement à un mètre de mes yeux éblouis, à portée de main si ce n'était la vitre qui m'en sépare et le prix conséquent à débourser pour l'acquérir... une fortune.

Bien entendu, je suis déjà rentré 20 fois dans le magasin, pour un oui pour un non, pour un rien. Et le vieux là, derrière son comptoir, imperturbable mais pas dupe, se cache sous un léger sourire. Il a bien vu que je portais mon attention à droite, là, vous voyez, où il a bien mis en évidence l'objet de tous mes désirs.

Je lui demande quelques renseignements et j'apprends, ô stupeur ultime que c'est lui, oui, bien lui, qui l'a assemblé, peint et décoré de ses magnifiques marques à son nom. Car sa fierté, c'est sa marque, personne d'autre que lui ne peut l'appliquer sur aucun vélo du pays, du monde, de l'univers, et de Molenbeek d'où je viens!

Mince, ce n'est pas rien tout de même! 

Sacré bonhomme, son tablier gris et ses rides m'inspirent immédiatement une confiance aveugle et absolue, ce Monsieur sait de quoi il parle, je suis dans un endroit sérieux!

N'empêche, tout ça c'est bien joli, mais comment je fais pour concrétiser mon rêve, moi !?

Parce que si je ne me dépêche pas, pfuit, envolée, la Merveille...

Il faut croire en ses Dieux car un jour, tataaan, j'ai enfin la somme folle pour l'acheter! Oui, ça y est, je vais réussir car les sous sont là, dans ma main et j'en tremble de joie de peur d'angoisse de désir de folie de tout ce que vous voulez et plus encore car, imaginez, si une andouille était passée hier soir pour l'acheter sous mon nez, non non non, ça ne se peut! Jamais les Dieux ne permettraient une aussi horrible imfâmie, et d'ailleurs la Terre se serait arrêtée de tourner, c'est sûr.

Court court court à toutes jambes, et à 9 heures, je suis devant sa vitrine.

Et là, triomphe, hahaha, il est toujours là... Yeeeee, c'est supeeeeer, purée le pied...

Le vieux ouvre la boutique, et il a compris. C'est mon jour de gloire. Pas besoin de préparer le vélo, il l'avait déjà fait depuis longtemps, il savait, lui. Je ne l'ai pas soupçonné de me l'avoir gardé, j'aurais dû, qui sait?

Il le sort de son écrin et, miracle, me le tend. Toutes les fanfares du paradis sonnent à mes oreilles, c'est trop beau pour être vrai, mais c'est pourtant à moi qu'échoit ce bonheur! 

Comment vais- je oser rouler là dessus, moi?

Dehors sur le trottoir, le vélo à la main, j'hésite. Il est trop beau, je n'ose pas.

Les rides s'amusent follement, je n'en mène pas large... allez mon p'ti Mich, vas y, monte!

Une dernière hésitation, un dernier regard aux rides, un sourire, hop le premier coup de pédale et là ça y est! Je m'envole, pour du vrai de vrai, je ne touche plus terre... le paradis, les gars je sais ce que c'est et ça va durer trèèèès longtemps!

Arrivé chez moi après une course avec Pégase, je le mets contre le mur et là, je redescends - un tout petit peu - sur la planète.

Contemplation.

Waaaa....

Il est bleu, mais vous voyez, vraiment le beau bleu bien pétant. Bleu, quoi. Plein de chromes là où il faut, la super marque Sturbelle sur le cadre (gage de sérieux), 10 vitesses, double plateaux et 5 pignons, guidoline bleue, pas de garde boue mais une belle sonnette qui tinte bien dans l'air de cet été resplendissant.

Au plus je le regarde, au plus je suis certain. Cette fois, les mecs, il faudra compter avec moi. Parce que le prochain Tour de France, vous savez, celui qui va passer dans ma rue à Molenbeek, juste sous les fenêtres de la Belle pour qui bat mon coeur, ce Tour là, j'ai toutes les chances de le gagner avec ce vélo! Aucun doutes sur la question, d'autant plus qu'Eddy ne va plus très fort depuis un an ou deux.

Dommage pour lui, j'aurais aimé l'aider en le tirant dans ma roue arrière, mais bon...

Il ne reste plus qu'à m'entraîner avec les copains du quartier, eux aussi éblouis par ma machine. Je les comprends et, j'avoue, les regarde d'un air condescendant, ils ne me battrons jamais.

L'équipement, je l'ai déjà, je viens d'acheter une nouvelle paire de basquets, j'ai un beau short blanc et une casquette que je mettrai à l'envers, évidemment.

Parfois, la Belle regarde par la fenêtre. Mon sprint alors dépasse l'imaginable. Jamais le vélo ne touche terre.

Quel bel été.

1973, j'avais 12 ans.

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envoyé le 01/03/2018 14:38

Hola laa, ça fait 10.000 fois que je passe devant la vitrine du magasin, et il est là, accroché en plein milieu, magnifique, splendide, trônant littéralement à un mètre de mes yeux éblouis, à portée de main si ce n'était la vitre qui m'en sépare et le prix conséquent à débourser pour l'acquérir... une fortune.

Bien entendu, je suis déjà rentré 20 fois dans le magasin, pour un oui pour un non, pour un rien. Et le vieux là, derrière son comptoir, imperturbable mais pas dupe, se cache sous un léger sourire. Il a bien vu que je portais mon attention à droite, là, vous voyez, où il a bien mis en évidence l'objet de tous mes désirs.

Je lui demande quelques renseignements et j'apprends, ô stupeur ultime que c'est lui, oui, bien lui, qui l'a assemblé, peint et décoré de ses magnifiques marques à son nom. Car sa fierté, c'est sa marque, personne d'autre que lui ne peut l'appliquer sur aucun vélo du pays, du monde, de l'univers, et de Molenbeek d'où je viens!

Mince, ce n'est pas rien tout de même! 

Sacré bonhomme, son tablier gris et ses rides m'inspirent immédiatement une confiance aveugle et absolue, ce Monsieur sait de quoi il parle, je suis dans un endroit sérieux!

N'empêche, tout ça c'est bien joli, mais comment je fais pour concrétiser mon rêve, moi !?

Parce que si je ne me dépêche pas, pfuit, envolée, la Merveille...

Il faut croire en ses Dieux car un jour, tataaan, j'ai enfin la somme folle pour l'acheter! Oui, ça y est, je vais réussir car les sous sont là, dans ma main et j'en tremble de joie de peur d'angoisse de désir de folie de tout ce que vous voulez et plus encore car, imaginez, si une andouille était passée hier soir pour l'acheter sous mon nez, non non non, ça ne se peut! Jamais les Dieux ne permettraient une aussi horrible imfâmie, et d'ailleurs la Terre se serait arrêtée de tourner, c'est sûr.

Court court court à toutes jambes, et à 9 heures, je suis devant sa vitrine.

Et là, triomphe, hahaha, il est toujours là... Yeeeee, c'est supeeeeer, purée le pied...

Le vieux ouvre la boutique, et il a compris. C'est mon jour de gloire. Pas besoin de préparer le vélo, il l'avait déjà fait depuis longtemps, il savait, lui. Je ne l'ai pas soupçonné de me l'avoir gardé, j'aurais dû, qui sait?

Il le sort de son écrin et, miracle, me le tend. Toutes les fanfares du paradis sonnent à mes oreilles, c'est trop beau pour être vrai, mais c'est pourtant à moi qu'échoit ce bonheur! 

Comment vais- je oser rouler là dessus, moi?

Dehors sur le trottoir, le vélo à la main, j'hésite. Il est trop beau, je n'ose pas.

Les rides s'amusent follement, je n'en mène pas large... allez mon p'ti Mich, vas y, monte!

Une dernière hésitation, un dernier regard aux rides, un sourire, hop le premier coup de pédale et là ça y est! Je m'envole, pour du vrai de vrai, je ne touche plus terre... le paradis, les gars je sais ce que c'est et ça va durer trèèèès longtemps!

Arrivé chez moi après une course avec Pégase, je le mets contre le mur et là, je redescends - un tout petit peu - sur la planète.

Contemplation.

Waaaa....

Il est bleu, mais vous voyez, vraiment le beau bleu bien pétant. Bleu, quoi. Plein de chromes là où il faut, la super marque Sturbelle sur le cadre (gage de sérieux), 10 vitesses, double plateaux et 5 pignons, guidoline bleue, pas de garde boue mais une belle sonnette qui tinte bien dans l'air de cet été resplendissant.

Au plus je le regarde, au plus je suis certain. Cette fois, les mecs, il faudra compter avec moi. Parce que le prochain Tour de France, vous savez, celui qui va passer dans ma rue à Molenbeek, juste sous les fenêtres de la Belle pour qui bat mon coeur, ce Tour là, j'ai toutes les chances de le gagner avec ce vélo! Aucun doutes sur la question, d'autant plus qu'Eddy ne va plus très fort depuis un an ou deux.

Dommage pour lui, j'aurais aimé l'aider en le tirant dans ma roue arrière, mais bon...

Il ne reste plus qu'à m'entraîner avec les copains du quartier, eux aussi éblouis par ma machine. Je les comprends et, j'avoue, les regarde d'un air condescendant, ils ne me battrons jamais.

L'équipement, je l'ai déjà, je viens d'acheter une nouvelle paire de basquets, j'ai un beau short blanc et une casquette que je mettrai à l'envers, évidemment.

Parfois, la Belle regarde par la fenêtre. Mon sprint alors dépasse l'imaginable. Jamais le vélo ne touche terre.

Quel bel été.

1973, j'avais 12 ans.

Ah, les rêves que l'on peut toucher du doigt quand on est gosse. C'est tout de même beau l'enfance smiley wink

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envoyé le 01/03/2018 15:08

Hola laa, ça fait 10.000 fois que je passe devant la vitrine du magasin, et il est là, accroché en plein milieu, magnifique, splendide, trônant littéralement à un mètre de mes yeux éblouis, à portée de main si ce n'était la vitre qui m'en sépare et le prix conséquent à débourser pour l'acquérir... une fortune.

Bien entendu, je suis déjà rentré 20 fois dans le magasin, pour un oui pour un non, pour un rien. Et le vieux là, derrière son comptoir, imperturbable mais pas dupe, se cache sous un léger sourire. Il a bien vu que je portais mon attention à droite, là, vous voyez, où il a bien mis en évidence l'objet de tous mes désirs.

Je lui demande quelques renseignements et j'apprends, ô stupeur ultime que c'est lui, oui, bien lui, qui l'a assemblé, peint et décoré de ses magnifiques marques à son nom. Car sa fierté, c'est sa marque, personne d'autre que lui ne peut l'appliquer sur aucun vélo du pays, du monde, de l'univers, et de Molenbeek d'où je viens!

Mince, ce n'est pas rien tout de même! 

Sacré bonhomme, son tablier gris et ses rides m'inspirent immédiatement une confiance aveugle et absolue, ce Monsieur sait de quoi il parle, je suis dans un endroit sérieux!

N'empêche, tout ça c'est bien joli, mais comment je fais pour concrétiser mon rêve, moi !?

Parce que si je ne me dépêche pas, pfuit, envolée, la Merveille...

Il faut croire en ses Dieux car un jour, tataaan, j'ai enfin la somme folle pour l'acheter! Oui, ça y est, je vais réussir car les sous sont là, dans ma main et j'en tremble de joie de peur d'angoisse de désir de folie de tout ce que vous voulez et plus encore car, imaginez, si une andouille était passée hier soir pour l'acheter sous mon nez, non non non, ça ne se peut! Jamais les Dieux ne permettraient une aussi horrible imfâmie, et d'ailleurs la Terre se serait arrêtée de tourner, c'est sûr.

Court court court à toutes jambes, et à 9 heures, je suis devant sa vitrine.

Et là, triomphe, hahaha, il est toujours là... Yeeeee, c'est supeeeeer, purée le pied...

Le vieux ouvre la boutique, et il a compris. C'est mon jour de gloire. Pas besoin de préparer le vélo, il l'avait déjà fait depuis longtemps, il savait, lui. Je ne l'ai pas soupçonné de me l'avoir gardé, j'aurais dû, qui sait?

Il le sort de son écrin et, miracle, me le tend. Toutes les fanfares du paradis sonnent à mes oreilles, c'est trop beau pour être vrai, mais c'est pourtant à moi qu'échoit ce bonheur! 

Comment vais- je oser rouler là dessus, moi?

Dehors sur le trottoir, le vélo à la main, j'hésite. Il est trop beau, je n'ose pas.

Les rides s'amusent follement, je n'en mène pas large... allez mon p'ti Mich, vas y, monte!

Une dernière hésitation, un dernier regard aux rides, un sourire, hop le premier coup de pédale et là ça y est! Je m'envole, pour du vrai de vrai, je ne touche plus terre... le paradis, les gars je sais ce que c'est et ça va durer trèèèès longtemps!

Arrivé chez moi après une course avec Pégase, je le mets contre le mur et là, je redescends - un tout petit peu - sur la planète.

Contemplation.

Waaaa....

Il est bleu, mais vous voyez, vraiment le beau bleu bien pétant. Bleu, quoi. Plein de chromes là où il faut, la super marque Sturbelle sur le cadre (gage de sérieux), 10 vitesses, double plateaux et 5 pignons, guidoline bleue, pas de garde boue mais une belle sonnette qui tinte bien dans l'air de cet été resplendissant.

Au plus je le regarde, au plus je suis certain. Cette fois, les mecs, il faudra compter avec moi. Parce que le prochain Tour de France, vous savez, celui qui va passer dans ma rue à Molenbeek, juste sous les fenêtres de la Belle pour qui bat mon coeur, ce Tour là, j'ai toutes les chances de le gagner avec ce vélo! Aucun doutes sur la question, d'autant plus qu'Eddy ne va plus très fort depuis un an ou deux.

Dommage pour lui, j'aurais aimé l'aider en le tirant dans ma roue arrière, mais bon...

Il ne reste plus qu'à m'entraîner avec les copains du quartier, eux aussi éblouis par ma machine. Je les comprends et, j'avoue, les regarde d'un air condescendant, ils ne me battrons jamais.

L'équipement, je l'ai déjà, je viens d'acheter une nouvelle paire de basquets, j'ai un beau short blanc et une casquette que je mettrai à l'envers, évidemment.

Parfois, la Belle regarde par la fenêtre. Mon sprint alors dépasse l'imaginable. Jamais le vélo ne touche terre.

Quel bel été.

1973, j'avais 12 ans.

Très belle histoire, qui me rappelle celle de mon Mercier, que j'ai eu en 1974 et que j'ai toujours. Par contre, de mémoire, c'est en 1975 que le Tour est passé à Molenbeek, après être parti de Charleroi. Il y avait eu une 1/2 étape (il y en avait à l'époque) entre Molenbeek et Roubaix. Le roi Eddy avait flingué ce jour là (le matin comme l'après-midi) pour éloigner ses adversaires : il avait pris une minute à Thévenet le matin, et une minute à Zoetemelk l'après-midi. Il devait sentir qu'il allait concéder du temps en montagne.

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envoyé le 01/03/2018 15:43

Hola laa, ça fait 10.000 fois que je passe devant la vitrine du magasin, et il est là, accroché en plein milieu, magnifique, splendide, trônant littéralement à un mètre de mes yeux éblouis, à portée de main si ce n'était la vitre qui m'en sépare et le prix conséquent à débourser pour l'acquérir... une fortune.

Bien entendu, je suis déjà rentré 20 fois dans le magasin, pour un oui pour un non, pour un rien. Et le vieux là, derrière son comptoir, imperturbable mais pas dupe, se cache sous un léger sourire. Il a bien vu que je portais mon attention à droite, là, vous voyez, où il a bien mis en évidence l'objet de tous mes désirs.

Je lui demande quelques renseignements et j'apprends, ô stupeur ultime que c'est lui, oui, bien lui, qui l'a assemblé, peint et décoré de ses magnifiques marques à son nom. Car sa fierté, c'est sa marque, personne d'autre que lui ne peut l'appliquer sur aucun vélo du pays, du monde, de l'univers, et de Molenbeek d'où je viens!

Mince, ce n'est pas rien tout de même! 

Sacré bonhomme, son tablier gris et ses rides m'inspirent immédiatement une confiance aveugle et absolue, ce Monsieur sait de quoi il parle, je suis dans un endroit sérieux!

N'empêche, tout ça c'est bien joli, mais comment je fais pour concrétiser mon rêve, moi !?

Parce que si je ne me dépêche pas, pfuit, envolée, la Merveille...

Il faut croire en ses Dieux car un jour, tataaan, j'ai enfin la somme folle pour l'acheter! Oui, ça y est, je vais réussir car les sous sont là, dans ma main et j'en tremble de joie de peur d'angoisse de désir de folie de tout ce que vous voulez et plus encore car, imaginez, si une andouille était passée hier soir pour l'acheter sous mon nez, non non non, ça ne se peut! Jamais les Dieux ne permettraient une aussi horrible imfâmie, et d'ailleurs la Terre se serait arrêtée de tourner, c'est sûr.

Court court court à toutes jambes, et à 9 heures, je suis devant sa vitrine.

Et là, triomphe, hahaha, il est toujours là... Yeeeee, c'est supeeeeer, purée le pied...

Le vieux ouvre la boutique, et il a compris. C'est mon jour de gloire. Pas besoin de préparer le vélo, il l'avait déjà fait depuis longtemps, il savait, lui. Je ne l'ai pas soupçonné de me l'avoir gardé, j'aurais dû, qui sait?

Il le sort de son écrin et, miracle, me le tend. Toutes les fanfares du paradis sonnent à mes oreilles, c'est trop beau pour être vrai, mais c'est pourtant à moi qu'échoit ce bonheur! 

Comment vais- je oser rouler là dessus, moi?

Dehors sur le trottoir, le vélo à la main, j'hésite. Il est trop beau, je n'ose pas.

Les rides s'amusent follement, je n'en mène pas large... allez mon p'ti Mich, vas y, monte!

Une dernière hésitation, un dernier regard aux rides, un sourire, hop le premier coup de pédale et là ça y est! Je m'envole, pour du vrai de vrai, je ne touche plus terre... le paradis, les gars je sais ce que c'est et ça va durer trèèèès longtemps!

Arrivé chez moi après une course avec Pégase, je le mets contre le mur et là, je redescends - un tout petit peu - sur la planète.

Contemplation.

Waaaa....

Il est bleu, mais vous voyez, vraiment le beau bleu bien pétant. Bleu, quoi. Plein de chromes là où il faut, la super marque Sturbelle sur le cadre (gage de sérieux), 10 vitesses, double plateaux et 5 pignons, guidoline bleue, pas de garde boue mais une belle sonnette qui tinte bien dans l'air de cet été resplendissant.

Au plus je le regarde, au plus je suis certain. Cette fois, les mecs, il faudra compter avec moi. Parce que le prochain Tour de France, vous savez, celui qui va passer dans ma rue à Molenbeek, juste sous les fenêtres de la Belle pour qui bat mon coeur, ce Tour là, j'ai toutes les chances de le gagner avec ce vélo! Aucun doutes sur la question, d'autant plus qu'Eddy ne va plus très fort depuis un an ou deux.

Dommage pour lui, j'aurais aimé l'aider en le tirant dans ma roue arrière, mais bon...

Il ne reste plus qu'à m'entraîner avec les copains du quartier, eux aussi éblouis par ma machine. Je les comprends et, j'avoue, les regarde d'un air condescendant, ils ne me battrons jamais.

L'équipement, je l'ai déjà, je viens d'acheter une nouvelle paire de basquets, j'ai un beau short blanc et une casquette que je mettrai à l'envers, évidemment.

Parfois, la Belle regarde par la fenêtre. Mon sprint alors dépasse l'imaginable. Jamais le vélo ne touche terre.

Quel bel été.

1973, j'avais 12 ans.

Sympa

Par contre je n'ai jamais été branché matériel, à cet âge là je rêvais plus des coureurs et des maillots

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envoyé le 01/03/2018 15:50

Sympa

Par contre je n'ai jamais été branché matériel, à cet âge là je rêvais plus des coureurs et des maillots

Attends, à 12 ans, un vélo bleu pétant de la mort, avec une grande pompe blanche! T'imagine!!!

Je n'étais pas non plus branché matériel, mais là j'avais LE vélo! Tous mes copains avaient des vélos de gosse à guidon droit, et je débarque avec un course. Stupeur et tremblement.

La Belle, hélas, ne m'a jamais regardé...

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envoyé le 01/03/2018 15:52

Attends, à 12 ans, un vélo bleu pétant de la mort, avec une grande pompe blanche! T'imagine!!!

Je n'étais pas non plus branché matériel, mais là j'avais LE vélo! Tous mes copains avaient des vélos de gosse à guidon droit, et je débarque avec un course. Stupeur et tremblement.

La Belle, hélas, ne m'a jamais regardé...

Par contre je faisais des courses avec mes petits vélos, je courais personnellement sous le maillot Flandria, que je troquais parfois contre le maillot à pois, rarement le jaune

A mon époque il y avait Hinault, je ne me sentais pas capable de gagner le Tour de France smiley cool

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envoyé le 01/03/2018 16:02

que sa rappelle nos souvenirs smiley smilemoi j'avais environ le même âgesmiley cry et j'étais revenu de Bordeaux au béarn en bus ,avec un vélo rouge métalliser !!!la terre me porter plussmiley cool cela  fait au moins 56anssmiley cry

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envoyé le 01/03/2018 16:09

Hola laa, ça fait 10.000 fois que je passe devant la vitrine du magasin, et il est là, accroché en plein milieu, magnifique, splendide, trônant littéralement à un mètre de mes yeux éblouis, à portée de main si ce n'était la vitre qui m'en sépare et le prix conséquent à débourser pour l'acquérir... une fortune.

Bien entendu, je suis déjà rentré 20 fois dans le magasin, pour un oui pour un non, pour un rien. Et le vieux là, derrière son comptoir, imperturbable mais pas dupe, se cache sous un léger sourire. Il a bien vu que je portais mon attention à droite, là, vous voyez, où il a bien mis en évidence l'objet de tous mes désirs.

Je lui demande quelques renseignements et j'apprends, ô stupeur ultime que c'est lui, oui, bien lui, qui l'a assemblé, peint et décoré de ses magnifiques marques à son nom. Car sa fierté, c'est sa marque, personne d'autre que lui ne peut l'appliquer sur aucun vélo du pays, du monde, de l'univers, et de Molenbeek d'où je viens!

Mince, ce n'est pas rien tout de même! 

Sacré bonhomme, son tablier gris et ses rides m'inspirent immédiatement une confiance aveugle et absolue, ce Monsieur sait de quoi il parle, je suis dans un endroit sérieux!

N'empêche, tout ça c'est bien joli, mais comment je fais pour concrétiser mon rêve, moi !?

Parce que si je ne me dépêche pas, pfuit, envolée, la Merveille...

Il faut croire en ses Dieux car un jour, tataaan, j'ai enfin la somme folle pour l'acheter! Oui, ça y est, je vais réussir car les sous sont là, dans ma main et j'en tremble de joie de peur d'angoisse de désir de folie de tout ce que vous voulez et plus encore car, imaginez, si une andouille était passée hier soir pour l'acheter sous mon nez, non non non, ça ne se peut! Jamais les Dieux ne permettraient une aussi horrible imfâmie, et d'ailleurs la Terre se serait arrêtée de tourner, c'est sûr.

Court court court à toutes jambes, et à 9 heures, je suis devant sa vitrine.

Et là, triomphe, hahaha, il est toujours là... Yeeeee, c'est supeeeeer, purée le pied...

Le vieux ouvre la boutique, et il a compris. C'est mon jour de gloire. Pas besoin de préparer le vélo, il l'avait déjà fait depuis longtemps, il savait, lui. Je ne l'ai pas soupçonné de me l'avoir gardé, j'aurais dû, qui sait?

Il le sort de son écrin et, miracle, me le tend. Toutes les fanfares du paradis sonnent à mes oreilles, c'est trop beau pour être vrai, mais c'est pourtant à moi qu'échoit ce bonheur! 

Comment vais- je oser rouler là dessus, moi?

Dehors sur le trottoir, le vélo à la main, j'hésite. Il est trop beau, je n'ose pas.

Les rides s'amusent follement, je n'en mène pas large... allez mon p'ti Mich, vas y, monte!

Une dernière hésitation, un dernier regard aux rides, un sourire, hop le premier coup de pédale et là ça y est! Je m'envole, pour du vrai de vrai, je ne touche plus terre... le paradis, les gars je sais ce que c'est et ça va durer trèèèès longtemps!

Arrivé chez moi après une course avec Pégase, je le mets contre le mur et là, je redescends - un tout petit peu - sur la planète.

Contemplation.

Waaaa....

Il est bleu, mais vous voyez, vraiment le beau bleu bien pétant. Bleu, quoi. Plein de chromes là où il faut, la super marque Sturbelle sur le cadre (gage de sérieux), 10 vitesses, double plateaux et 5 pignons, guidoline bleue, pas de garde boue mais une belle sonnette qui tinte bien dans l'air de cet été resplendissant.

Au plus je le regarde, au plus je suis certain. Cette fois, les mecs, il faudra compter avec moi. Parce que le prochain Tour de France, vous savez, celui qui va passer dans ma rue à Molenbeek, juste sous les fenêtres de la Belle pour qui bat mon coeur, ce Tour là, j'ai toutes les chances de le gagner avec ce vélo! Aucun doutes sur la question, d'autant plus qu'Eddy ne va plus très fort depuis un an ou deux.

Dommage pour lui, j'aurais aimé l'aider en le tirant dans ma roue arrière, mais bon...

Il ne reste plus qu'à m'entraîner avec les copains du quartier, eux aussi éblouis par ma machine. Je les comprends et, j'avoue, les regarde d'un air condescendant, ils ne me battrons jamais.

L'équipement, je l'ai déjà, je viens d'acheter une nouvelle paire de basquets, j'ai un beau short blanc et une casquette que je mettrai à l'envers, évidemment.

Parfois, la Belle regarde par la fenêtre. Mon sprint alors dépasse l'imaginable. Jamais le vélo ne touche terre.

Quel bel été.

1973, j'avais 12 ans.

Bravo. Très agréable à lire.

1968, pour moi, un peu la même histoire, fait à mes "mesures".

Merckx marchait vers la gloire, j'admirais Gimondi ...

La vie devant soi ...

Mon vélo était de randonnée. Je n'avais pas la course en tête mais la découverte du pays ...

Et ce qui a été dit à été fait.

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envoyé le 01/03/2018 16:23

Haaa ce magasin Sturbelle!!!

Une devanture à l'ancienne, avec chassis en bois peint en vert, un tout petit bouiboui, juste la place pour exposer un vélo (le mien!), deux dérailleurs et trois chaînes. 

Le vieux en tablier qui sort de son atelier pleins de mystères quand tinte la clochette de l'entrée, le petit garçon en culotte courte intimidé mais vachement décidé, les yeux plus illuminés que la voie Lactée...

35 ans plus tard, ce sera le même émerveillement devant mon Merckx, avec moins de naïveté mais tout autant de bonheur.

De bons moments agréables à se remémorer par ce temps maussade.

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envoyé le 01/03/2018 20:07

Haaa ce magasin Sturbelle!!!

Une devanture à l'ancienne, avec chassis en bois peint en vert, un tout petit bouiboui, juste la place pour exposer un vélo (le mien!), deux dérailleurs et trois chaînes. 

Le vieux en tablier qui sort de son atelier pleins de mystères quand tinte la clochette de l'entrée, le petit garçon en culotte courte intimidé mais vachement décidé, les yeux plus illuminés que la voie Lactée...

35 ans plus tard, ce sera le même émerveillement devant mon Merckx, avec moins de naïveté mais tout autant de bonheur.

De bons moments agréables à se remémorer par ce temps maussade.

Merci, Michel, pour cette belle histoire. Elle ressemble un peu à la mienne mais en revanche mon tout premier vrai vélo de course fut un Eddy Merckx blanc et rouge avec roues à boyaux acheté dans une boutique de Besançon en 1970.

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envoyé le 01/03/2018 21:20

Hola laa, ça fait 10.000 fois que je passe devant la vitrine du magasin, et il est là, accroché en plein milieu, magnifique, splendide, trônant littéralement à un mètre de mes yeux éblouis, à portée de main si ce n'était la vitre qui m'en sépare et le prix conséquent à débourser pour l'acquérir... une fortune.

Bien entendu, je suis déjà rentré 20 fois dans le magasin, pour un oui pour un non, pour un rien. Et le vieux là, derrière son comptoir, imperturbable mais pas dupe, se cache sous un léger sourire. Il a bien vu que je portais mon attention à droite, là, vous voyez, où il a bien mis en évidence l'objet de tous mes désirs.

Je lui demande quelques renseignements et j'apprends, ô stupeur ultime que c'est lui, oui, bien lui, qui l'a assemblé, peint et décoré de ses magnifiques marques à son nom. Car sa fierté, c'est sa marque, personne d'autre que lui ne peut l'appliquer sur aucun vélo du pays, du monde, de l'univers, et de Molenbeek d'où je viens!

Mince, ce n'est pas rien tout de même! 

Sacré bonhomme, son tablier gris et ses rides m'inspirent immédiatement une confiance aveugle et absolue, ce Monsieur sait de quoi il parle, je suis dans un endroit sérieux!

N'empêche, tout ça c'est bien joli, mais comment je fais pour concrétiser mon rêve, moi !?

Parce que si je ne me dépêche pas, pfuit, envolée, la Merveille...

Il faut croire en ses Dieux car un jour, tataaan, j'ai enfin la somme folle pour l'acheter! Oui, ça y est, je vais réussir car les sous sont là, dans ma main et j'en tremble de joie de peur d'angoisse de désir de folie de tout ce que vous voulez et plus encore car, imaginez, si une andouille était passée hier soir pour l'acheter sous mon nez, non non non, ça ne se peut! Jamais les Dieux ne permettraient une aussi horrible imfâmie, et d'ailleurs la Terre se serait arrêtée de tourner, c'est sûr.

Court court court à toutes jambes, et à 9 heures, je suis devant sa vitrine.

Et là, triomphe, hahaha, il est toujours là... Yeeeee, c'est supeeeeer, purée le pied...

Le vieux ouvre la boutique, et il a compris. C'est mon jour de gloire. Pas besoin de préparer le vélo, il l'avait déjà fait depuis longtemps, il savait, lui. Je ne l'ai pas soupçonné de me l'avoir gardé, j'aurais dû, qui sait?

Il le sort de son écrin et, miracle, me le tend. Toutes les fanfares du paradis sonnent à mes oreilles, c'est trop beau pour être vrai, mais c'est pourtant à moi qu'échoit ce bonheur! 

Comment vais- je oser rouler là dessus, moi?

Dehors sur le trottoir, le vélo à la main, j'hésite. Il est trop beau, je n'ose pas.

Les rides s'amusent follement, je n'en mène pas large... allez mon p'ti Mich, vas y, monte!

Une dernière hésitation, un dernier regard aux rides, un sourire, hop le premier coup de pédale et là ça y est! Je m'envole, pour du vrai de vrai, je ne touche plus terre... le paradis, les gars je sais ce que c'est et ça va durer trèèèès longtemps!

Arrivé chez moi après une course avec Pégase, je le mets contre le mur et là, je redescends - un tout petit peu - sur la planète.

Contemplation.

Waaaa....

Il est bleu, mais vous voyez, vraiment le beau bleu bien pétant. Bleu, quoi. Plein de chromes là où il faut, la super marque Sturbelle sur le cadre (gage de sérieux), 10 vitesses, double plateaux et 5 pignons, guidoline bleue, pas de garde boue mais une belle sonnette qui tinte bien dans l'air de cet été resplendissant.

Au plus je le regarde, au plus je suis certain. Cette fois, les mecs, il faudra compter avec moi. Parce que le prochain Tour de France, vous savez, celui qui va passer dans ma rue à Molenbeek, juste sous les fenêtres de la Belle pour qui bat mon coeur, ce Tour là, j'ai toutes les chances de le gagner avec ce vélo! Aucun doutes sur la question, d'autant plus qu'Eddy ne va plus très fort depuis un an ou deux.

Dommage pour lui, j'aurais aimé l'aider en le tirant dans ma roue arrière, mais bon...

Il ne reste plus qu'à m'entraîner avec les copains du quartier, eux aussi éblouis par ma machine. Je les comprends et, j'avoue, les regarde d'un air condescendant, ils ne me battrons jamais.

L'équipement, je l'ai déjà, je viens d'acheter une nouvelle paire de basquets, j'ai un beau short blanc et une casquette que je mettrai à l'envers, évidemment.

Parfois, la Belle regarde par la fenêtre. Mon sprint alors dépasse l'imaginable. Jamais le vélo ne touche terre.

Quel bel été.

1973, j'avais 12 ans.

Bravo Schtroumpf bleu de Molenbeek smiley wink

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envoyé le 02/03/2018 08:11

Merci, Michel, pour cette belle histoire. Elle ressemble un peu à la mienne mais en revanche mon tout premier vrai vélo de course fut un Eddy Merckx blanc et rouge avec roues à boyaux acheté dans une boutique de Besançon en 1970.

Un Merckx en 1970? Là, je suis surpris... J'ignorais qu'il en existât déjà à cette époque. 

Oui, ce sont de beaux moments d'émoi pour les petits garçons que nous étions.

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envoyé le 02/03/2018 08:58

Un Merckx en 1970? Là, je suis surpris... J'ignorais qu'il en existât déjà à cette époque. 

Oui, ce sont de beaux moments d'émoi pour les petits garçons que nous étions.

en fait c'étaient des vélos avec la photo d'Eddy sur la colonne de direction car officiellement la marque n'est apparue que plus tard.

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envoyé le 02/03/2018 09:14

en fait c'étaient des vélos avec la photo d'Eddy sur la colonne de direction car officiellement la marque n'est apparue que plus tard.

Eddy a commencé à fabriquer des vélos aciers aux alentours de 1980. C'est De Rosa qui lui a appris (enfin à son personnel) comment braser des cadres. A l'époque les cadres aciers étaient brasés (à l'étain?) sur des raccords, la soudure TIG est venue plus tard pour les vélos.

Il est bon de signaler que Merckx est parti d'une feuille blanche dans la conception de cadres de vélo et qu'il a eu beaucoup de succès, aussi bien chez les aficionados du champion que dans de grandes équipes cyclistes : Motorola (7 Eleven), Kelme, Gan, Lotto, QS,...

Cette seconde carrière a été une grande réussite aussi!

 

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envoyé le 02/03/2018 09:31

Eddy a commencé à fabriquer des vélos aciers aux alentours de 1980. C'est De Rosa qui lui a appris (enfin à son personnel) comment braser des cadres. A l'époque les cadres aciers étaient brasés (à l'étain?) sur des raccords, la soudure TIG est venue plus tard pour les vélos.

Il est bon de signaler que Merckx est parti d'une feuille blanche dans la conception de cadres de vélo et qu'il a eu beaucoup de succès, aussi bien chez les aficionados du champion que dans de grandes équipes cyclistes : Motorola (7 Eleven), Kelme, Gan, Lotto, QS,...

Cette seconde carrière a été une grande réussite aussi!

 

Je suis allé choisir mon vélo dans sa ferme à l'époque, en 2009, juste au moment où il terminait cette activité. Je n'ai pas eu la chance de le voir, mais je n'en menais pas large au moment de passer la porte.

Voir Eddy et lui serrer la main... waa, j'en ai rêvé mais je n'ai jamais eu cette chance.

L'année dernière, je suis aussi passé à l'atelier de Zellik, en plein déménagement puisque tout a été transféré chez Ridley. C'était gigantesque et d'un professionnalisme à la flamande. Triste aussi, car tout le personnel a été remercié. On sentait comme une ambiance de naufrage, et ça mettait mal à l'aise dans un endroit pareil, chargé de forte valeur émotionnelle.

C'est curieux quand même comme on peut être touché par des moments comme ceux là... je me souviens tellement bien de tous ces petits instants qui jonchèrent ma vie et qui ont trait au vélo. Depuis le premier, pas le bleu dont je parle en introduction, il y en avait un avant, jusqu'à celui d'aujourd'hui qui est la concrétisation d'un rêve d'adolescent.

A 56 ans, il est possible que j'en achète un autre plus tard, mais le Merckx, c'est sûr, je ne le vendrai jamais.

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envoyé le 02/03/2018 09:45

Eddy a commencé à fabriquer des vélos aciers aux alentours de 1980. C'est De Rosa qui lui a appris (enfin à son personnel) comment braser des cadres. A l'époque les cadres aciers étaient brasés (à l'étain?) sur des raccords, la soudure TIG est venue plus tard pour les vélos.

Il est bon de signaler que Merckx est parti d'une feuille blanche dans la conception de cadres de vélo et qu'il a eu beaucoup de succès, aussi bien chez les aficionados du champion que dans de grandes équipes cyclistes : Motorola (7 Eleven), Kelme, Gan, Lotto, QS,...

Cette seconde carrière a été une grande réussite aussi!

 

j'avais lu que les cycles EM avaient été repris par Ridley

https://www.lecho.be/entreprises/sport/la-marque-ridley-reprend-les-velos-eddy-merckx/9907297.html

mais une partie a longtemps était sous traitée en Asie

http://www.lalibre.be/actu/belgique/les-velos-eddy-merckx-pedaler-avec-la-legende-51b8e7f2e4b0de6db9c60092

http://www.agencesport.be/detail_fr.php?id=14982

donc apparemment il y a 2 sortes de fabrications pour tout public et pour ceux qui en ont les moyens

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envoyé le 02/03/2018 09:53

Hola laa, ça fait 10.000 fois que je passe devant la vitrine du magasin, et il est là, accroché en plein milieu, magnifique, splendide, trônant littéralement à un mètre de mes yeux éblouis, à portée de main si ce n'était la vitre qui m'en sépare et le prix conséquent à débourser pour l'acquérir... une fortune.

Bien entendu, je suis déjà rentré 20 fois dans le magasin, pour un oui pour un non, pour un rien. Et le vieux là, derrière son comptoir, imperturbable mais pas dupe, se cache sous un léger sourire. Il a bien vu que je portais mon attention à droite, là, vous voyez, où il a bien mis en évidence l'objet de tous mes désirs.

Je lui demande quelques renseignements et j'apprends, ô stupeur ultime que c'est lui, oui, bien lui, qui l'a assemblé, peint et décoré de ses magnifiques marques à son nom. Car sa fierté, c'est sa marque, personne d'autre que lui ne peut l'appliquer sur aucun vélo du pays, du monde, de l'univers, et de Molenbeek d'où je viens!

Mince, ce n'est pas rien tout de même! 

Sacré bonhomme, son tablier gris et ses rides m'inspirent immédiatement une confiance aveugle et absolue, ce Monsieur sait de quoi il parle, je suis dans un endroit sérieux!

N'empêche, tout ça c'est bien joli, mais comment je fais pour concrétiser mon rêve, moi !?

Parce que si je ne me dépêche pas, pfuit, envolée, la Merveille...

Il faut croire en ses Dieux car un jour, tataaan, j'ai enfin la somme folle pour l'acheter! Oui, ça y est, je vais réussir car les sous sont là, dans ma main et j'en tremble de joie de peur d'angoisse de désir de folie de tout ce que vous voulez et plus encore car, imaginez, si une andouille était passée hier soir pour l'acheter sous mon nez, non non non, ça ne se peut! Jamais les Dieux ne permettraient une aussi horrible imfâmie, et d'ailleurs la Terre se serait arrêtée de tourner, c'est sûr.

Court court court à toutes jambes, et à 9 heures, je suis devant sa vitrine.

Et là, triomphe, hahaha, il est toujours là... Yeeeee, c'est supeeeeer, purée le pied...

Le vieux ouvre la boutique, et il a compris. C'est mon jour de gloire. Pas besoin de préparer le vélo, il l'avait déjà fait depuis longtemps, il savait, lui. Je ne l'ai pas soupçonné de me l'avoir gardé, j'aurais dû, qui sait?

Il le sort de son écrin et, miracle, me le tend. Toutes les fanfares du paradis sonnent à mes oreilles, c'est trop beau pour être vrai, mais c'est pourtant à moi qu'échoit ce bonheur! 

Comment vais- je oser rouler là dessus, moi?

Dehors sur le trottoir, le vélo à la main, j'hésite. Il est trop beau, je n'ose pas.

Les rides s'amusent follement, je n'en mène pas large... allez mon p'ti Mich, vas y, monte!

Une dernière hésitation, un dernier regard aux rides, un sourire, hop le premier coup de pédale et là ça y est! Je m'envole, pour du vrai de vrai, je ne touche plus terre... le paradis, les gars je sais ce que c'est et ça va durer trèèèès longtemps!

Arrivé chez moi après une course avec Pégase, je le mets contre le mur et là, je redescends - un tout petit peu - sur la planète.

Contemplation.

Waaaa....

Il est bleu, mais vous voyez, vraiment le beau bleu bien pétant. Bleu, quoi. Plein de chromes là où il faut, la super marque Sturbelle sur le cadre (gage de sérieux), 10 vitesses, double plateaux et 5 pignons, guidoline bleue, pas de garde boue mais une belle sonnette qui tinte bien dans l'air de cet été resplendissant.

Au plus je le regarde, au plus je suis certain. Cette fois, les mecs, il faudra compter avec moi. Parce que le prochain Tour de France, vous savez, celui qui va passer dans ma rue à Molenbeek, juste sous les fenêtres de la Belle pour qui bat mon coeur, ce Tour là, j'ai toutes les chances de le gagner avec ce vélo! Aucun doutes sur la question, d'autant plus qu'Eddy ne va plus très fort depuis un an ou deux.

Dommage pour lui, j'aurais aimé l'aider en le tirant dans ma roue arrière, mais bon...

Il ne reste plus qu'à m'entraîner avec les copains du quartier, eux aussi éblouis par ma machine. Je les comprends et, j'avoue, les regarde d'un air condescendant, ils ne me battrons jamais.

L'équipement, je l'ai déjà, je viens d'acheter une nouvelle paire de basquets, j'ai un beau short blanc et une casquette que je mettrai à l'envers, évidemment.

Parfois, la Belle regarde par la fenêtre. Mon sprint alors dépasse l'imaginable. Jamais le vélo ne touche terre.

Quel bel été.

1973, j'avais 12 ans.

Très bien raconté avec tes yeux de gamin bravo Michel ! 

 

Michel Crepel aurait était fier de toi ....

 

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envoyé le 02/03/2018 10:04

Je suis allé choisir mon vélo dans sa ferme à l'époque, en 2009, juste au moment où il terminait cette activité. Je n'ai pas eu la chance de le voir, mais je n'en menais pas large au moment de passer la porte.

Voir Eddy et lui serrer la main... waa, j'en ai rêvé mais je n'ai jamais eu cette chance.

L'année dernière, je suis aussi passé à l'atelier de Zellik, en plein déménagement puisque tout a été transféré chez Ridley. C'était gigantesque et d'un professionnalisme à la flamande. Triste aussi, car tout le personnel a été remercié. On sentait comme une ambiance de naufrage, et ça mettait mal à l'aise dans un endroit pareil, chargé de forte valeur émotionnelle.

C'est curieux quand même comme on peut être touché par des moments comme ceux là... je me souviens tellement bien de tous ces petits instants qui jonchèrent ma vie et qui ont trait au vélo. Depuis le premier, pas le bleu dont je parle en introduction, il y en avait un avant, jusqu'à celui d'aujourd'hui qui est la concrétisation d'un rêve d'adolescent.

A 56 ans, il est possible que j'en achète un autre plus tard, mais le Merckx, c'est sûr, je ne le vendrai jamais.

L'article de La Libre que cite Jaky ci-dessus se termine par cette phrase énigmatique mais inquiétante :

Minoritaire dans le capital de l’entreprise qu’il a fondée, Eddy Merckx reste un ambassadeur dont le prestige pourrait être entamé par les soupçons de corruption.

Pourrais-tu nous la décrypter? 

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envoyé le 02/03/2018 10:16

L'article de La Libre que cite Jaky ci-dessus se termine par cette phrase énigmatique mais inquiétante :

Minoritaire dans le capital de l’entreprise qu’il a fondée, Eddy Merckx reste un ambassadeur dont le prestige pourrait être entamé par les soupçons de corruption.

Pourrais-tu nous la décrypter? 

Tu fais comme moi : google c'est pas fait pour les chiens :

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=0ahUKEwiCprSGps3ZAhXO-aQKHR_GAycQFggnMAA&url=https%3A%2F%2Fwww.rtbf.be%2Fsport%2Fcyclisme%2Fdetail_dossier-de-corruption-le-parquet-de-bruxelles-entend-juger-eddy-merckx%3Fid%3D9312360&usg=AOvVaw2t1pfWZNhJvAdRJtxQTNpL

Si ça n'est que ça ! C'est pas bien grave !

 Tape Eddy Merckx corruption ... tu verras ... .

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envoyé le 02/03/2018 10:19

L'article de La Libre que cite Jaky ci-dessus se termine par cette phrase énigmatique mais inquiétante :

Minoritaire dans le capital de l’entreprise qu’il a fondée, Eddy Merckx reste un ambassadeur dont le prestige pourrait être entamé par les soupçons de corruption.

Pourrais-tu nous la décrypter? 

Qui suis- je pour "décrypter" une telle affirmation, Bernard?

Cycliste de loisir, je laisse à l'auteur de cette phrase la responsabilité de ses écrits et le soin de te l'expliquer. Il ne m'appartient pas de prendre position à sa place, ni de donner mon avis sur la place publique dans un débat dont je ne suis pas partie prenante.

Je ne suis qu'un doux rêveur qui aime flâner en profitant du beau temps avec les copains. Le reste, tu sais...

Et ça y est, le post dévie déjà. Z'êtes graves, les mecs!

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envoyé le 02/03/2018 10:33

Tu fais comme moi : google c'est pas fait pour les chiens :

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=0ahUKEwiCprSGps3ZAhXO-aQKHR_GAycQFggnMAA&url=https%3A%2F%2Fwww.rtbf.be%2Fsport%2Fcyclisme%2Fdetail_dossier-de-corruption-le-parquet-de-bruxelles-entend-juger-eddy-merckx%3Fid%3D9312360&usg=AOvVaw2t1pfWZNhJvAdRJtxQTNpL

Si ça n'est que ça ! C'est pas bien grave !

 Tape Eddy Merckx corruption ... tu verras ... .

En effet, j'avais complètement oublié cette histoire.

 

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envoyé le 02/03/2018 10:45

Vous voyez, la différence entre vous et moi elle est là.

Moi, je crée, j'entretiens et je raconte du rêve.

Vous, vous le brisez.

Non pas que j'ignore la face obscure de tout ça, mais s'il vous plait, prenez du plaisir simple et de la joie là où c'est possible. Ok, ces messieurs fricotent dans leur coin, mais quoi, qu'est-ce que je m'en fiche! Je ne suis nullement concerné et à la limite, vous non plus.

Mois je vois ce beau vélo, je vois la signature d'Eddy dessus, et j'ai de nouveau 12 ans! Le reste, une fois de plus, ne me concerne pas.

Et si un jour j'ai le privilège de faire un ou deux km dans la roue de mon champion, je serai le plus heureux des petits garçons!

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envoyé le 02/03/2018 10:51

Ah, les rêves que l'on peut toucher du doigt quand on est gosse. C'est tout de même beau l'enfance smiley wink

Et le temps est assassin---------smiley cry

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envoyé le 02/03/2018 10:52

Vous voyez, la différence entre vous et moi elle est là.

Moi, je crée, j'entretiens et je raconte du rêve.

Vous, vous le brisez.

Non pas que j'ignore la face obscure de tout ça, mais s'il vous plait, prenez du plaisir simple et de la joie là où c'est possible. Ok, ces messieurs fricotent dans leur coin, mais quoi, qu'est-ce que je m'en fiche! Je ne suis nullement concerné et à la limite, vous non plus.

Mois je vois ce beau vélo, je vois la signature d'Eddy dessus, et j'ai de nouveau 12 ans! Le reste, une fois de plus, ne me concerne pas.

Et si un jour j'ai le privilège de faire un ou deux km dans la roue de mon champion, je serai le plus heureux des petits garçons!

Tu sais ... une bricole ... me semble-t-il ...comme ça n'impacte nullement la bonne estime que j'ai de Merckx !

Je doute que la justice trouve à redire à ... rien.

46 vélos ! Et une défense bien légitime de son industrie et de son commerce !

Ça n'enlève rien à la qualité de ton texte que de se poser une question ... que je ne me posais pas mais que Bernard Moreau a légitimement soulevée.

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