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envoyé le 03/08/2012 22:04

 

8h27... c'est l'heure pour moi de vivre mon rêve... Sur la "rampe de départ" j'enfourche mon vélo et la charmante Géromine (pardon pour l'orthographe si j'ai écorché ton prénom) me donne le top départ... Je me lance donc à l'assault des cols vosgiens, content d'y etre enfin, en me disant que maintenant ça va se jouer entre mes jambes, mon mental, mon vélo... et les aléas!



A la sortie de Luxeuil, direction Froideconche, c'est la première ou la deuxième??? premier doute, premières calottes à distribuer. Si j'ai bien reconnu le final, je n'ai pas vérifié ce détail important... ça commence bien... Je fais 500mètres et vérifie sur mon GPCR (Guidage Par Carte Routière). Demi tour, c'était la première!!! quel idiot!!!

Je reprends donc la route, la bonne et file vers Froideconche, puis Raddon... Il tombe quelques gouttes, mais pas autant que dans la nuit ou meme le matin pour saluer le départ des randonneurs.

La route s'élève peu à peu, le revêtement ne rend pas... j'ai déjà mal aux jambes... Est ce dû au stress, la fatigue du trajet? Peu importe... Roulez jeunesse.

Km 22, je rattrape un collègue REVeur Belge Alex Joris un peu après le premier lacet bien gravillonné... Un ptit bonjour, et hop, on continue... en quoi c'est important??? simplement parce que 4 kms plus loin, j'entends discuter derrière moi... Non, je ne REVe pas!!! Eric Leblacher parti 6 minutes derrière moi est déjà là!!! Il ne lui faut pas longtemps pour fondre sur moi, me saluer à son tour... et m'enrhumer!!! Je profite néanmoins de ce lièvre et d'une pente un peu plus à ma convenance pour maintenir un écart raisonnable... Dans la descente vers le Mont de Fourche, je me permets meme de le rattraper et le doubler!!! La frime. J'en profite, ca n'arrive pas tous les jours!! Enfin faut dire que la quinzaine (menteur va!!) non la vingtaine de kilos qui nous sépare joue en ma faveur... L'avion de chasse me double à nouveau dès la première « rampe » qui suit... et ce coup ci, je ne le reverrai qu'à l'Abbaye!!



Km 47, premier ravito au Col des Croix, émargement et remplissage rapide des bidons, je m'arrêterai plus longuement au deuxième passage et j'entame la montée du Ballon de Servance, première ascension importante de la journée. La montée ne me semble pas trop dure... Je rejoins Eric Royer, on papote et on termine la montée ensemble, ca fait passer les deux derniers kilomètres un peu plus vite. On bascule ensemble, avec un troisième Reveur. La descente est rapide, un peu délicate, chaussée un peu glissante, manque de visibilité... Au bout d'une ligne droite, je vois celui qui me précède amorcer le virage, jambe gauche levée... Pipi??? NON!!! virage qui se referme!! Je freine moi aussi à bloc, et lève aussi la jambe!!! Prudence donc!! Encore une fois, mon poids et mon passé de canoeiste (quel rapport??? lecture de trajectoire, transfert de poids... et habitude des conditions humides, j'y reviendrai plus tard) semblent jouer en ma faveur puisque je me retrouve seul à Plancher les mines et cela jusqu'au Col des Croix.

Km 101 ravito au Col des Croix, j'en profite pour faire le plein. Je suis en avance sur mon prévisionnel, j'ai un peu plus de 26km/h de moyenne. C'est bien... mais il reste 500kms... et les gros cols arrivent!!

Je repars pour mon premier ballon. Après St Maurice, les premiers lacets sont durs à avaler. La pluie de la nuit a rendu l'atmosphère étouffante... La montée va laisser des traces!!!

Km 120, ravito pointage au Ballon, il fait bon au sommet, je remplis les bidons et un peu mon bidon... J'enfile un coupe vent, et j'amorce la descente rapide vers Sewen puis Masevaux. Je profite encore une fois de ma « grosse » carcasse pour filer vers mon deuxième ballon. Ca me permet aussi de mesurer ce qui m'attend demain... après 450kms!

Au pied de mon deuxième ballon, je me prends une bonne averse pendant 5 minutes. Mais ca ne me refroidit pas. Je crois que c'est Laurent Jeanmaire qui me suivait à moins de 2 minutes qui me dira que lui est passé au travers!! C'est pô juste!!

Le deuxième Ballon depuis Giromagny est long, mais la pente relativement « faible » permet de bien tourner les jambes. La montée est belle. On double, on se fait doubler... Les premiers REVeurs avec assistance arrivent déjà. Le sommet dégarni du Ballon approche enfin, j'ai mal au ventre...

Km181 Je m'arrete au ravito mais je n'arrive pas à manger. Ca ne passe pas. Pourtant il est plus que l'heure de manger (vers 15h je pense). Il y a un peu de monde au sommet, les gens se demandent sans doute ce qu'on fait avec nos numéros sur le cadre... ah... s'ils savaient!!!

Je repars pour entamer la descente vers Le Thillot, descente très rapide et très agréable. Je roule ensuite plutot allègrement et je passe les cols du Ménil et d'Oderen sans trop de mal. Ils sont plutot roulants., enfin suffisamment pour ne pas faire trop mal aux jambes. En haut du col d'Oderen, je retrouve le grand Eric Royer qui a dû me doubler... perte totale de repères... qui se trouve devant??? qui s'est arreté plus longtemps au ravito?? On ne sait plus trop. Qu'importe. On fait la descente ensemble...

A Kruth, on vire à gauche. Tiens un mariage... s'ils savaient dans quoi ils s'engagent!!! bon je file, pas d'état d'ames, d'amertume, de pleurnicherie! (surtout que c'est proscrit par certains forumeurs...).

J'arrive au pied du Markstein. Les premiers kilomètres sont impitoyables et vont laisser des traces. J'ai mal au ventre, mal au dos, mal aux jambes!!! Mon compteur flanche aussi. Il s'arrete parfois, du coup, je n'ai plus de repère. Il me reste 7 ou 7,5 jusqu'en haut??? Bah, quelle importance? La montée reste agréable, car bien abritée par les sapins. Ca coupe du vent et du soleil,meme s'il commence à se faire un peu tard. J'arrive enfin au Markstein, toujours en avance sur mon prévisionnel... c'est bon pour le moral

 

km 238 Le Markstein. J'ai mal au ventre et mal au dos, une grosse envie de m'allonger, besoin aussi de manger, mais encore une fois... ca ne passe pas. Une soupe... Les spaghettis bolo me font de l'oeil... mais je ne peux pas. Aie Aie!!! il faut que je mange. Je prépare mon vélo pour la nuit, éclairages, chasuble, dans 1h30 à 2h je serai dans le noir. Je repars le ventre vide ou presque... J'espère que ca va aller mieux. Heureusement, j'ai de quoi m'alimenter en route si ca revient. Mais ca me fait douter. J'espère qu'au col du Calvaire je pourrai manger pour de vrai.

La route de crètes m'attend. Elle me casse les jambes, montées, descentes, et l'arret au Markstein m'a un peu refroidi. Je tourne à gauche pour rejoindre Longemer par la route des américains. Mauvais revetement, ca saute et j'entends quelquechose tomber, me retourne et vois quelquechose partir vers le dévers... Je m'arrete, remonte un peu. Je fais le point. Poches, vélo... PU.... naise!!! Je viens de perdre un de mes feux arrière!! et forcément le meilleur, le plus cher, le plus puissant. J'essaie de le chercher, mais je finis par me résigner, il m'en reste un et trois devant. Je vais donc en prendre un avant pour remplacer. Arrivé à la Bresse, j'ai un doute sur mon itinéraire... Il fallait tourner ou pas??? je m'arrete, le GPRC me confirme que c'est bon, je n'ai pas à remonter au carrefour précédent. Je termine la descente vers la Bresse et amorce la remontée vers la le col des Feignes par la très jolie vallée de Chajoux. La route est très agréable, les jambes tournent toujours pas trop mal et hourra!!!! j'ai faim!!! contrôle visuel un peu après un joli lac, et je termine la montée. En haut, je m'impose un arret pour manger une ptite gaufre au miel. Pas des Meli, j'en ai plus, mais elle passe très bien aussi!!! ca fait du bien! J'allume mes ptites lampes pour commencer la descente. La nuit approche. Le lac de Xonrupt est très joli, odeur de barbec en passant devant les campings... miam!!! vivement le Calvaire... je veux dire le Col du Calvaire... Enfin vous m'avez compris... Non??? faites pas exprès!

J'enchaine avec la montée du col du Surceneux, puis je bascule vers Plainfaing, longue, très longue descente... je prends un peu de pluie, la nuit est là... Avant de monter le Bonhomme, je m'arrete pour resserrer mon deuxième feu arrière improvisé. Un bout de carton pour completer le serrage. Et c'est reparti.

La montée se fait « bien »... enfin pas trop mal. C'est toujours dur pour le moral de se faire doubler par des fusées! Mais j'admire et j'envie. Les jambes tournent, c'est fluide, quel facilité! Ca n'est pas sans me rappeler les Dupont en jeep dans le désert!

En haut du Bonhomme, je me souviens que c'est un de mes premiers cols... en VTT depuis Colmar il y a pas loin de 20ans... Ben oui, déjà à l'époque avec maxi 500kms dans l'année... Un ptit grain déjà...Allez, direction le Col du Calvaire. J'ai souvenir que cette route est assez casse pattes, et je suis assez prudent sur la première partie pour garder un peu de forces. Après le col du Louchbach la route remonte et ca devient un peu plus dur... C'est long, j'ai faim, je suis trempé. Je suis pressé d'arriver. J'ai un sac d'affaires chaudes et sèches pour la nuit! Le feu de camp m'attend aussi!

J'arrive enfin

 

Km 313 Col du Calvaire Je me change et j'enfile mes fringues d'hiver pour la nuit. Est ce que je vais avoir trop chaud??? au pire j'ouvrirai tout, mais je suis mieux les jambes couvertes, et bien au chaud. Je fais une grosse pause, je mange enfin, soupe, pates, viande, gateau de riz... tout passe!!! Grosse dose de café aussi. Je ne sais pas combien de temps je suis resté. Trop sans doute, mais j'avais besoin d'une bonne pause. Celle du Markstein était inutilement longue car au final je n'ai rien mangé. Je suis toujours un peu en avance sur mes prévisions. Ca fait du bien au moral et ca laisse une marge de manoeuvre en cas de défaillance ou d'imprévu...

La route des Crêtes. Je me souviens avoir fait du ski de fond sur cette route avec ma maman... Qui aurait dit que j'y repasserais 20 ans plus tard à 2h du mat' à vélo???

Je me souviens que Jean- Claude avait dit que sur cette route on pourrait apercevoir une fée... Je ne l'ai pas vue... Moi j'ai un ange qui m'accompagne depuis le départ... (oui oui je suis parti sans assistance, mais je me comprends...). En musique (Angels de Robbie Williams) et dans ma tete. Je sais les oreillettes sont interdites, mais j'ai mis un peu de musique pour la nuit.

Au loin je vois quelques éclairs... La fusée Leblacher doit etre en train de faire peter tous les radars sur la route!!! J'arrive assez rapidement à la Schlucht et je descends rapidement vers la bifurcation vers le Wettstein. A chaque descente il y a la crainte... Pas la chute pour moi, je suis concentré, je descends bien, mais je reste prudent. Non la crainte d'aller trop bas!!! Ne pas rater la route!!!! La voilà, je tourne à gauche et je retrouve 5kms d'ascension avant le col. Derrière moi une voiture qui monte. Et une petite lumière juste devant... Voilà un autre REVeur dans la nuit... Il me rattrape petit à petit mais je bascule avant lui. Descente sur Orbey très rapide, puis direction 3 épis. Je ne vois plus les phares et la pluie commence à tomber. Je m'arrete sous un abri bus pour manger un peu et vérifier ma carte. Je vais essayer de faire vite au ravito du Collet du Linge. J'ai bien mangé au précédent et le suivant n'est qu'à 25kms. La pluie tombe un peu plus fort. Je tourne à droite sur la route qui me ramène au Collet du Linge. Le REVeur de la montée du Wettstein n'est plus loin derrière moi. La pluie est de plus en plus forte... Le Collet du Linge approche, mais c'est désormais un déluge!!! Je suis trempé. Heureusement il ne fait pas froid en pédalant.

 

Km 372 Collet du Linge... tout le monde est caché dans les voitures, c'est clair, je ne vais pas m'attarder. La pluie ne me gêne pas trop, je prends une soupe, un café, je fais le plein des bidons... tout le monde est trempé. Les bénévoles sont là depuis des heures et ont encore un moment à attendre... Chapeau à eux... Leur défi est de continuer à servir du chaud dans ces conditions!!! Par contre le top pour rincer la vaisselle!!!! Je repars assez vite, je connais un peu la descente... pour l'avoir montée à deux reprises en VTT... il y a une vingtaine d'années. Il m'en reste quelques souvenirs. Je pense que j'ai rarement autant freiné en descente! J'aborde les virages avec prudence, scrute et anticipe tout ce qui pourrait me mettre au tapis, plaques d'égout, traversée d'eau, branchages... La descente se passe pas trop mal on va dire. En bas, plus de pluie. Un REVeur 420 me rejoint. Il a pris la meme saucée dans la descente de la Schlucht! Nous filons ensemble vers Munster. Je pédale fort pour me réchauffer. Dans Munster, secteur pavé n°1 et n°2!! J'aime bien le pavé, mais après plus de 380 bornes, ca fait vraiment mal aux fesses!!! Je les passe rapidement malgré tout.... mais ca secoue! Je continue ma descente vers la route qui me mènera aux deux « épouvantails » du REV : le Petit Ballon et le col P (clin d'oeil à Martial et Didier...). Un cliquetis agaçant dans la chaine... qui aura son importance un peu plus tard dans la nuit... La pluie à nouveau jusqu'à Wasserbourg, mais moins soutenue qu'en montant le Collet du Linge.

Wasserbourg approche... et je me souviens du road book : « la route s'élève brusquement »... Ouais, la route s'élève brusquement qu'il disait!!! Une belle rampe à la sortie de Wasserbourg me permet de vérifier que je suis bien sur la bonne route... Oui la route se cabre d'un seul coup. Je me fais meme flasher par Didier Miranda... Oui... à la vitesse ou j'allais dans cette permière rampe, ca pouvait pas etre autre chose!! Les suivantes vont faire mal aux jambes aussi. C'est à ce moment que je me rends compte que mon compteur ne marche plus vraiment puisqu'il n'affiche plus qu'un chiffre!! A ce rythme, je vais mettre des plombes à rejoindre le ravito suivant!!! après quelques kilomètres mais aussi un gros gros paquet de minutes, j'aperçois une lumière un peu plus haut... Non c'est pas le ravito??? Si loin??? Je m'accroche il doit rester encore 2 kilomètres.... c'est long, très long!

Oui les lumières au fond c'était bien le ravito!!! j'y arrive enfin, et là quelques fusées pour saluer mon arrivée!!!

 

Km 403 Le Petit Ballon. Ca fait du bien d'arriver... Encore une fois l'accueil est chaleureux. J'en ai un peu bavé, le début de la montée est difficile et ensuite la pente reste assez raide pour ne pouvoir relancer. J'ai « grillé » l'avance que j'avais acquise sur mes prévisions. Je prends une bonne soupe avec des pates, un bon café et essaie de ne pas trop tarder pour ne pas trop refroidir! Quelques infos sur la suite, surtout le fameux col P, pour savoir si ca va etre aussi dur... Et je repars. Dans la descente, prudence, la pluie a ramené pas mal de graviers sur la route et je me méfie d'une mauvaise surprise... Encore une fois, je freine beaucoup... juste avant de remonter, j'ai un ptit soucis au moment de remettre la moulinette en route pour remonter le col P. Je repars, mais le cliquetis dans la chaine est plus fort et devient inquiétant... Après 500 mètres, je décide de m'arreter. Diagnostique : un maillon de la chaine est sorti de son logement, et ca va finir par sauter! Une voiture s'arrete derrière moi et m'éclaire, ca va m'aider car lumière plus diffuse que la frontale. Je sors le dérive chaine, un ptit bout de chaine que j'avais en secours et je me mets à bricoler. Mon dos me fait mal!! j'ai presque fini, plus qu'à remettre un morceau. Didier Miranda arrive et m'aide à terminer ma réparation. Grace à ces deux suiveurs, je repars les mains propres et meme les mains qui sentent bon!! avec meme une ptite poussette pour repartir (mais chut!!!). Je reprends donc la longue, très longue, trop longue montée vers le col (ouais je sais ca fait que 5kms mais là c'est long!!!) La montée est régulière, et comme dans le Petit Ballon, mon compteur ne daigne afficher qu'un seul chiffre. Je suis sur mon 34/26, et je regrette presque de ne pas avoir mis un 27 ou un 29. Le col arrive enfin... En haut du fameux col P, une ptite réplique des Monty Python me traverse l'esprit « I'm not quite dead »... Elle sera suivie dans la descente de «  I'm getting better »... Oui je commence à délirer!! Le jour pointe son nez mais il fait humide... Il reste un ptit bout de route irrégulière pour rejoindre la route des crêtes. Brouillard, pluie, vent, Je sais qu'il reste 2 ou 3 kilomètres avant des portions plus faciles. Je rejoins enfin la route des Crêtes, je remets la plaque et je file à travers le brouillard vers le Markstein. Mon compteur remarche enfin!!!! Deux chiffres pour la vitesse !!(et non le premier n'est pas 1...). Descente rapide vers le pied du Grand Ballon avant d'attaquer 2kms environ de remontée. Après les pentes des deux cols précédents, j'ai l'impression que ca roule tout seul. Meme pour remonter au sommet du Ballon. La descente qui suit est très rapide, deux « secteurs » pavés. Ca envoie. Je rattrape un peu de temps, je tourne les jambes à bloc pour récupérer, j'essaie de me détendre et m'étirer aussi. J'arrive au prochain ravito

 

Km 442 Col Amic. J'arrive et je me change, je suis trempé encore une fois, et j'adopte une tenue mi saison. Il doit etre 7h du mat'. Pas de croissant pour le ptit dèj, une soupe encore un fois, des pates, un bon café, et il est temps de repartir... Sauf que... roue avant crevée!!! La poisse!! un coup au moral... Je change la chambre, je profite encore une fois de Didier Miranda (enfin pas de lui, de sa pompe à pied!) pour mettre la bonne pression. 8 bars et ca repart!!! Les kilomètres qui suivent sont plutot désagréables. La rampe juste après le col et la route avant d'amorcer la descente donnent la sensation d'etre scotché à la route. Et je ne suis pas mécontent quand la vraie descente arrive. Je file vers Wattwiller puis Wuenheim. Là je prends la fameuse route qui remonte vers le col Amic, très jolie route de la sapinière très agréable, beau revetement. Elle commence néanmoins par un ptit coup de cul à la sortie de Wuenheim qui me fait très mal!! La montée est régulière pas trop pentue mais je ressens la fatigue... ca fait 24h que je roule, et je n'arrive plus à relancer ou hausser le rythme. Sur la route, quelques indications pour me dire que j'approche du sommet... La difficulté de cette montée est aussi d'éviter crapauds écrasés, grosses limaces et escargots (bon ca va il n'y en a pas un qui m'a doublé!!!).Normalement ils plient le pointage à 9h... ca doit le faire mais faut pas que je traine. Plus qu'un kilomètre, mais je suis toujours dans les bois... En fait le « point chaud » n'est pas au sommet. Ce sera pareil pour la dernière montée du Ballon dans l'aprèm.

 

Km 475 Col Amic. 10 minutes d'arret, l'arrière de mon vélo ne déssert pas les gares... N'importe quoi!!! Je me change et je mets une tenue d'été (oui, j'ai cette folie aussi, après tout on est juste un peu en été!!!), je mange, j'ai un peu abusé des pauses je dois dire... j'enlève mes éclairages pour voyager un peu plus léger. Ca descend vite encore une fois. J'arrive rapidement à Willer sur Thur puis Thann. Je tourne pour grimper le Hundsrück, « petit » col de 748m, mais à ce moment là il fait très mal... Dans un lacet, j'entends des voix en contrebas, d'autres cyclistes grimpent et vont me doubler... Bon moi j'ai presque 500kms dans les pattes, impossible de les accrocher. Et puis meme sans cela, je n'aurais pas pu... Quand le sommet arrive, je sais que les 100 derniers kilomètres vont etre durs... route vallonnée jusqu'à Masevaux, puis un revetement qui ne rend pas pour rejoindre le pied du Ballon à Sewen. Je prends d'ailleurs la piste cyclable. A Masevaux, les cloches sonnent. Un mariage ??? ben non on est dimanche après midi. Un peu plus tard, je réalise qu'on est dimanche matin. : complètement déphasé!!! A Sewen, je sais que ca va etre dur... Quelques lacets pour commencer la montée, et j'adopte un rythme de croisière en essayant tant bien que mal de rester au dessus de 10. J'ai un sentiment de ne pas avancer. Le 34 m'apporte de la facilité, mais l'impression de faire du sur place. Je me rends compte que je manque d'expérience et qu'il me manque des points de comparaison pour savoir quel développement aurait été idéal à cet endroit. La montée me laisse du temps pour penser à ce que je viens de vivre... ce que j'ai fait pendant les dernières 24 heures (et maintenant un peu plus). Les camions Europcar, Astana et Auber 93 me doublent. Arrivée du tour d'Alsace au sommet du Ballon un peu plus tard. Quand je vois le « grimpeur » à 1kms, je me dis que j'y suis... sauf que non, il reste encore 1 kms pour rejoindre la route qui va me permettre de redescendre vers Giromagny. Didier est là encore à attendre Martial. Je suis bien incapable de lui dire à combien il est derrière moi. Je n'ai plus trop de notion des écarts, j'ai plus trop l'impression d'avancer, à part en descente...heureusement!

La descente du Ballon est très rapide. 24H plus tot j'y étais dans l'autre sens!! Je roule ensuite assez rapidement à ma surprise vers Plancher Bas, puis Plancher.... Un ptit vent de panique cependant, je ne vois pas le dernier pointage... Je m'arrete téléphoner... personne. Le concurrent qui me double me dit que c'est plus loin.

 

Km 547. Plancher les mines. Je prends mon dernier ravitaillement, je tarde un peu à repartir. La montée du ballon de Servance est magnifique. J'ai beaucoup de difficultés à reprendre un rythme correct. La route est irréguliere et ne rend pas. J'arrive plus à avancer. A nouveau quand la pente va s'accentuer, mon compteur va me miner le moral... Je n'avance plus... La montée est très belle « calme et majesté de ce ballon » avait dit Jean Claude dans le road book. C'est très vrai. J'ai tout le loisir d'en profiter. Je fais meme une pause pour manger un peu, je n'arrive plus à manger et rouler en meme temps... Après ca me coute trop de relancer. J'en profite pour regarder la carte. Plus que deux kilomètres. Le dernier va sembler interminable... Enfin le sommet!! La descente va etre dure... La route est mauvaise et saute beaucoup, revetement bof bof, et moi j'ai le dos en vrac, mes fesses n'amortissent plus rien... J'essaie de ne pas perdre trop de temps, mais j'avoue que j'ai pris plus de plaisir à descendre le collet du Linge sous la pluie et le brouillard que le Ballon de Servance!! La descente me semble aussi longue que la montée, c'est pour dire!!! Gros soulagement de rejoindre le col des Croix pour la 3ème fois depuis le départ. La route remonte légèrement, il me reste une trentaine de kilomètres, il ne me reste plus que le pointage « volant » que Jean Claude a préparé... et comme beaucoup, je vais le chercher encore et encore... Je roule comme un dingue sur cette partie plutot descendante, 50/12 ou 50/13 et c'est une partie ou je me fais vraiment plaisir. Pas trop mal aux jambes, le dos suit bien si je ne change pas trop de position. Esmoulières une jolie maison sur la gauche... j'ai apprécié les routes décorées tout au long du parcours. J'aime le coté festif du vélo et le passage du tour a permis aux fanas de vélo de s'exprimer et d'embellir les villages. Jolie maison, jardin fleuri, je me serais bien arreté poser pour la photo au milieu des nains!!!

Je longe la rivière ensuite, là ou le vendredi je m'étais posé pour « réviser » mon road book, les pieds dans l'eau. J'arrive dans Froideconche. Ca fait 31h que je suis parti. Je n'aurai pas droit à la boucle plus. Mes jambes tournent encore bien. Dommage.

Dernière ligne droite... J'arrive dans 5 minutes... c'est un moment un peu étrange... Beaucoup de sentiments qui se bousculent et s'emmèlent. Soulagement d'arriver, émotion d'avoir réussi, fatigue d'une nuit blanche, satisfaction d'avoir préparé un objectif et d'etre allé au bout... Et puis tout ce qui fait que je me suis engagé dans de défi un peu fou, tout ce qui en a créé le besoin, ce que j'ai traversé ces derniers mois, et les changements survenus dans ma vie (oui je sais faut pas venir sur le forum pour pleurnicher...). Dernier rond point, le mac do de Didier, un distributeur de m&m's... direction l'abbaye... Alive and Kicking!!! J'arrive à l'abbaye! Je passe le portail et je remonte la « rampe de lancement ». Un bip retentit. 31H09 pour 610kms. Je descends de mon vélo et vais m'assoir... Vide, vidé. Content d'etre arrivé... mais presque déçu que ce joli REV s'arrete...

Echange d'impressions avec ceux qui m'ont précédé, mais j'ai du mal à réaliser que c'est fait...

J'ai vécu pleinement mon REV... Je veux vivre pleinement mes rêves désormais.

 

Mon REV a commencé il y a presque un an, lecture des compte rendus sur le forum, sur les blog et site du CC Froideconche, et l'envie de REVer à germé. Envie et besoin d'un défi hors norme, autre que ceux que le vie nous impose ou qui nous tombent dessus par manque de discernement, de lucidité ou à cause de mauvais choix. Mon REV c'est aussi une forme de réponse à celles et ceux qui depuis plus de deux ans me piétinent la gueule et n'hésitent pas à me cracher dessus, dans le dos évidemment, prétendent m'aider mais juste pour se donner bonne conscience... J'ai réussi, tout seul, comme un grand... Je me suis relevé malgré tout!!

J'ai mis du temps à me décider sur la formule... 420??? puis finalement le REV... Autant vivre ce REV à fond!! Préparation en conséquence... Je ne me suis pas lancé complètement dans l'inconnu. J'ai testé mon corps à plusieurs reprises, mon mental aussi...Je me souviendrai toujours cette belle sortie nocturne à Pâques, qui m'a mené vers Dinan, Dinard, St Malo, Mont saint Michel... sous la pleine lune, puis les suivante, de jour ou de nuit... difficiles mais toujours magiques. Test physique, mais aussi test mental. J'ai enchainé des sorties longues seul, accumulé les charges de travail et fatigué mon corps... Un peu de folie sans doute, comme le jour de la Bernard Hinault ou je fais le grand parcours le matin (195kms) et la corrida de Langueux (10kms à pied) le soir... Parfois les motivations sont obscures... ce jour là elles étaient claires et pas que sportives On dit souvent que c'est dans la tete... Oui je le pense. Ca se passe beaucoup dans la tete. Ce REV j'en avais besoin, j'en avais envie. Sortir de la routine, oser, vivre des choses différentes, se lancer... 4 jours après, j'ai du mal à reprendre une vie ordinaire. Cet objectif a rythmé ma vie depuis des semaines, préparation, questionnements, etc... J'ai couru pas mal de championnat de France en canoe slalom ou descente, mais là le stress était différent. En canoe, tout était devenu automatique, presque banal. Le stress montait 1h avant le départ, et encore... Ici, la semaine avant le départ a été dure à gérer... Et l'après aussi... Il me manque quelquechose...

 

Je veux enfin remercier tous ceux qui ont rendu ce REV possible, Jean Claude et ton équipe, toi qui a eu la folie d'imaginer cette épreuve et pire encore, la faire naitre et la faire vivre. Pas facile de mobiliser une équipe de bénévoles quand on n'a que si peu d'inscrits... Mais sur le vélo et aux ravitos et à la préparation, un meme esprit : l'amour du vélo.

Merci à ceux qui m'ont donné envie de participer, les récits des éditions précédentes, les échanges sur les forums...

Merci à celle et ceux (ils sont très très peu nombreux car je n'ai pas trop parlé de mon REV de fou avant...) qui ont compris ma démarche et qui m'ont soutenu.

Merci à Patrick pour le vélo, c'est celui que tu m'as « déniché » il y a 5 ou 6 ans déjà...

Merci aux autres participants qui eux aussi font vivre le REV et me permettent de voir que si je suis fou, je ne suis pas le seul à enfermer...

 

Enfin, j'ai aimé le REV et forcément mon REV. C'est un lieu de mixité... chacun est animé d'une motivation différente au départ et chacun a sa raison d'etre ici... et puis il y a d'anciens champions, des cyclistes au palmarès étoffé et éloquent, des cyclistes au palmarès moins prestigieux mais qui ont vécu un tas d'expériences intéressantes à partager, et puis les autres, comme moi qui découvrent... Tout ce monde rassemblé pour partager la meme aventure, aller au bout de soi meme, faire de son mieux et vivre son REV à fond!! C'est le sport comme je l'aime. J'en veux et j'en redemande...

Aujourd'hui je suis en vacances chez mes parents et je récupère tranquillement. Une ptite sortie de 40kms hier pareil aujourd'hui... C'est tout plat ici!... Et dans l'ancienne chambre de mon frère... une carte du massif vosgien qui me fait de l'oeil et m'appelle... REV 2013???

 

 

Répondre Prévenir le modérateur

envoyé le 04/08/2012 00:06

Merci pour ce superbe CR !!! J'ai pris énormément de plaisir à le lire...

Et Bravo pour l'accomplissement de ce superbe défi ! Repose toi bien ...

Répondre Prévenir le modérateur

envoyé le 04/08/2012 17:38

 

8h27... c'est l'heure pour moi de vivre mon rêve... Sur la "rampe de départ" j'enfourche mon vélo et la charmante Géromine (pardon pour l'orthographe si j'ai écorché ton prénom) me donne le top départ... Je me lance donc à l'assault des cols vosgiens, content d'y etre enfin, en me disant que maintenant ça va se jouer entre mes jambes, mon mental, mon vélo... et les aléas!



A la sortie de Luxeuil, direction Froideconche, c'est la première ou la deuxième??? premier doute, premières calottes à distribuer. Si j'ai bien reconnu le final, je n'ai pas vérifié ce détail important... ça commence bien... Je fais 500mètres et vérifie sur mon GPCR (Guidage Par Carte Routière). Demi tour, c'était la première!!! quel idiot!!!

Je reprends donc la route, la bonne et file vers Froideconche, puis Raddon... Il tombe quelques gouttes, mais pas autant que dans la nuit ou meme le matin pour saluer le départ des randonneurs.

La route s'élève peu à peu, le revêtement ne rend pas... j'ai déjà mal aux jambes... Est ce dû au stress, la fatigue du trajet? Peu importe... Roulez jeunesse.

Km 22, je rattrape un collègue REVeur Belge Alex Joris un peu après le premier lacet bien gravillonné... Un ptit bonjour, et hop, on continue... en quoi c'est important??? simplement parce que 4 kms plus loin, j'entends discuter derrière moi... Non, je ne REVe pas!!! Eric Leblacher parti 6 minutes derrière moi est déjà là!!! Il ne lui faut pas longtemps pour fondre sur moi, me saluer à son tour... et m'enrhumer!!! Je profite néanmoins de ce lièvre et d'une pente un peu plus à ma convenance pour maintenir un écart raisonnable... Dans la descente vers le Mont de Fourche, je me permets meme de le rattraper et le doubler!!! La frime. J'en profite, ca n'arrive pas tous les jours!! Enfin faut dire que la quinzaine (menteur va!!) non la vingtaine de kilos qui nous sépare joue en ma faveur... L'avion de chasse me double à nouveau dès la première « rampe » qui suit... et ce coup ci, je ne le reverrai qu'à l'Abbaye!!



Km 47, premier ravito au Col des Croix, émargement et remplissage rapide des bidons, je m'arrêterai plus longuement au deuxième passage et j'entame la montée du Ballon de Servance, première ascension importante de la journée. La montée ne me semble pas trop dure... Je rejoins Eric Royer, on papote et on termine la montée ensemble, ca fait passer les deux derniers kilomètres un peu plus vite. On bascule ensemble, avec un troisième Reveur. La descente est rapide, un peu délicate, chaussée un peu glissante, manque de visibilité... Au bout d'une ligne droite, je vois celui qui me précède amorcer le virage, jambe gauche levée... Pipi??? NON!!! virage qui se referme!! Je freine moi aussi à bloc, et lève aussi la jambe!!! Prudence donc!! Encore une fois, mon poids et mon passé de canoeiste (quel rapport??? lecture de trajectoire, transfert de poids... et habitude des conditions humides, j'y reviendrai plus tard) semblent jouer en ma faveur puisque je me retrouve seul à Plancher les mines et cela jusqu'au Col des Croix.

Km 101 ravito au Col des Croix, j'en profite pour faire le plein. Je suis en avance sur mon prévisionnel, j'ai un peu plus de 26km/h de moyenne. C'est bien... mais il reste 500kms... et les gros cols arrivent!!

Je repars pour mon premier ballon. Après St Maurice, les premiers lacets sont durs à avaler. La pluie de la nuit a rendu l'atmosphère étouffante... La montée va laisser des traces!!!

Km 120, ravito pointage au Ballon, il fait bon au sommet, je remplis les bidons et un peu mon bidon... J'enfile un coupe vent, et j'amorce la descente rapide vers Sewen puis Masevaux. Je profite encore une fois de ma « grosse » carcasse pour filer vers mon deuxième ballon. Ca me permet aussi de mesurer ce qui m'attend demain... après 450kms!

Au pied de mon deuxième ballon, je me prends une bonne averse pendant 5 minutes. Mais ca ne me refroidit pas. Je crois que c'est Laurent Jeanmaire qui me suivait à moins de 2 minutes qui me dira que lui est passé au travers!! C'est pô juste!!

Le deuxième Ballon depuis Giromagny est long, mais la pente relativement « faible » permet de bien tourner les jambes. La montée est belle. On double, on se fait doubler... Les premiers REVeurs avec assistance arrivent déjà. Le sommet dégarni du Ballon approche enfin, j'ai mal au ventre...

Km181 Je m'arrete au ravito mais je n'arrive pas à manger. Ca ne passe pas. Pourtant il est plus que l'heure de manger (vers 15h je pense). Il y a un peu de monde au sommet, les gens se demandent sans doute ce qu'on fait avec nos numéros sur le cadre... ah... s'ils savaient!!!

Je repars pour entamer la descente vers Le Thillot, descente très rapide et très agréable. Je roule ensuite plutot allègrement et je passe les cols du Ménil et d'Oderen sans trop de mal. Ils sont plutot roulants., enfin suffisamment pour ne pas faire trop mal aux jambes. En haut du col d'Oderen, je retrouve le grand Eric Royer qui a dû me doubler... perte totale de repères... qui se trouve devant??? qui s'est arreté plus longtemps au ravito?? On ne sait plus trop. Qu'importe. On fait la descente ensemble...

A Kruth, on vire à gauche. Tiens un mariage... s'ils savaient dans quoi ils s'engagent!!! bon je file, pas d'état d'ames, d'amertume, de pleurnicherie! (surtout que c'est proscrit par certains forumeurs...).

J'arrive au pied du Markstein. Les premiers kilomètres sont impitoyables et vont laisser des traces. J'ai mal au ventre, mal au dos, mal aux jambes!!! Mon compteur flanche aussi. Il s'arrete parfois, du coup, je n'ai plus de repère. Il me reste 7 ou 7,5 jusqu'en haut??? Bah, quelle importance? La montée reste agréable, car bien abritée par les sapins. Ca coupe du vent et du soleil,meme s'il commence à se faire un peu tard. J'arrive enfin au Markstein, toujours en avance sur mon prévisionnel... c'est bon pour le moral

 

km 238 Le Markstein. J'ai mal au ventre et mal au dos, une grosse envie de m'allonger, besoin aussi de manger, mais encore une fois... ca ne passe pas. Une soupe... Les spaghettis bolo me font de l'oeil... mais je ne peux pas. Aie Aie!!! il faut que je mange. Je prépare mon vélo pour la nuit, éclairages, chasuble, dans 1h30 à 2h je serai dans le noir. Je repars le ventre vide ou presque... J'espère que ca va aller mieux. Heureusement, j'ai de quoi m'alimenter en route si ca revient. Mais ca me fait douter. J'espère qu'au col du Calvaire je pourrai manger pour de vrai.

La route de crètes m'attend. Elle me casse les jambes, montées, descentes, et l'arret au Markstein m'a un peu refroidi. Je tourne à gauche pour rejoindre Longemer par la route des américains. Mauvais revetement, ca saute et j'entends quelquechose tomber, me retourne et vois quelquechose partir vers le dévers... Je m'arrete, remonte un peu. Je fais le point. Poches, vélo... PU.... naise!!! Je viens de perdre un de mes feux arrière!! et forcément le meilleur, le plus cher, le plus puissant. J'essaie de le chercher, mais je finis par me résigner, il m'en reste un et trois devant. Je vais donc en prendre un avant pour remplacer. Arrivé à la Bresse, j'ai un doute sur mon itinéraire... Il fallait tourner ou pas??? je m'arrete, le GPRC me confirme que c'est bon, je n'ai pas à remonter au carrefour précédent. Je termine la descente vers la Bresse et amorce la remontée vers la le col des Feignes par la très jolie vallée de Chajoux. La route est très agréable, les jambes tournent toujours pas trop mal et hourra!!!! j'ai faim!!! contrôle visuel un peu après un joli lac, et je termine la montée. En haut, je m'impose un arret pour manger une ptite gaufre au miel. Pas des Meli, j'en ai plus, mais elle passe très bien aussi!!! ca fait du bien! J'allume mes ptites lampes pour commencer la descente. La nuit approche. Le lac de Xonrupt est très joli, odeur de barbec en passant devant les campings... miam!!! vivement le Calvaire... je veux dire le Col du Calvaire... Enfin vous m'avez compris... Non??? faites pas exprès!

J'enchaine avec la montée du col du Surceneux, puis je bascule vers Plainfaing, longue, très longue descente... je prends un peu de pluie, la nuit est là... Avant de monter le Bonhomme, je m'arrete pour resserrer mon deuxième feu arrière improvisé. Un bout de carton pour completer le serrage. Et c'est reparti.

La montée se fait « bien »... enfin pas trop mal. C'est toujours dur pour le moral de se faire doubler par des fusées! Mais j'admire et j'envie. Les jambes tournent, c'est fluide, quel facilité! Ca n'est pas sans me rappeler les Dupont en jeep dans le désert!

En haut du Bonhomme, je me souviens que c'est un de mes premiers cols... en VTT depuis Colmar il y a pas loin de 20ans... Ben oui, déjà à l'époque avec maxi 500kms dans l'année... Un ptit grain déjà...Allez, direction le Col du Calvaire. J'ai souvenir que cette route est assez casse pattes, et je suis assez prudent sur la première partie pour garder un peu de forces. Après le col du Louchbach la route remonte et ca devient un peu plus dur... C'est long, j'ai faim, je suis trempé. Je suis pressé d'arriver. J'ai un sac d'affaires chaudes et sèches pour la nuit! Le feu de camp m'attend aussi!

J'arrive enfin

 

Km 313 Col du Calvaire Je me change et j'enfile mes fringues d'hiver pour la nuit. Est ce que je vais avoir trop chaud??? au pire j'ouvrirai tout, mais je suis mieux les jambes couvertes, et bien au chaud. Je fais une grosse pause, je mange enfin, soupe, pates, viande, gateau de riz... tout passe!!! Grosse dose de café aussi. Je ne sais pas combien de temps je suis resté. Trop sans doute, mais j'avais besoin d'une bonne pause. Celle du Markstein était inutilement longue car au final je n'ai rien mangé. Je suis toujours un peu en avance sur mes prévisions. Ca fait du bien au moral et ca laisse une marge de manoeuvre en cas de défaillance ou d'imprévu...

La route des Crêtes. Je me souviens avoir fait du ski de fond sur cette route avec ma maman... Qui aurait dit que j'y repasserais 20 ans plus tard à 2h du mat' à vélo???

Je me souviens que Jean- Claude avait dit que sur cette route on pourrait apercevoir une fée... Je ne l'ai pas vue... Moi j'ai un ange qui m'accompagne depuis le départ... (oui oui je suis parti sans assistance, mais je me comprends...). En musique (Angels de Robbie Williams) et dans ma tete. Je sais les oreillettes sont interdites, mais j'ai mis un peu de musique pour la nuit.

Au loin je vois quelques éclairs... La fusée Leblacher doit etre en train de faire peter tous les radars sur la route!!! J'arrive assez rapidement à la Schlucht et je descends rapidement vers la bifurcation vers le Wettstein. A chaque descente il y a la crainte... Pas la chute pour moi, je suis concentré, je descends bien, mais je reste prudent. Non la crainte d'aller trop bas!!! Ne pas rater la route!!!! La voilà, je tourne à gauche et je retrouve 5kms d'ascension avant le col. Derrière moi une voiture qui monte. Et une petite lumière juste devant... Voilà un autre REVeur dans la nuit... Il me rattrape petit à petit mais je bascule avant lui. Descente sur Orbey très rapide, puis direction 3 épis. Je ne vois plus les phares et la pluie commence à tomber. Je m'arrete sous un abri bus pour manger un peu et vérifier ma carte. Je vais essayer de faire vite au ravito du Collet du Linge. J'ai bien mangé au précédent et le suivant n'est qu'à 25kms. La pluie tombe un peu plus fort. Je tourne à droite sur la route qui me ramène au Collet du Linge. Le REVeur de la montée du Wettstein n'est plus loin derrière moi. La pluie est de plus en plus forte... Le Collet du Linge approche, mais c'est désormais un déluge!!! Je suis trempé. Heureusement il ne fait pas froid en pédalant.

 

Km 372 Collet du Linge... tout le monde est caché dans les voitures, c'est clair, je ne vais pas m'attarder. La pluie ne me gêne pas trop, je prends une soupe, un café, je fais le plein des bidons... tout le monde est trempé. Les bénévoles sont là depuis des heures et ont encore un moment à attendre... Chapeau à eux... Leur défi est de continuer à servir du chaud dans ces conditions!!! Par contre le top pour rincer la vaisselle!!!! Je repars assez vite, je connais un peu la descente... pour l'avoir montée à deux reprises en VTT... il y a une vingtaine d'années. Il m'en reste quelques souvenirs. Je pense que j'ai rarement autant freiné en descente! J'aborde les virages avec prudence, scrute et anticipe tout ce qui pourrait me mettre au tapis, plaques d'égout, traversée d'eau, branchages... La descente se passe pas trop mal on va dire. En bas, plus de pluie. Un REVeur 420 me rejoint. Il a pris la meme saucée dans la descente de la Schlucht! Nous filons ensemble vers Munster. Je pédale fort pour me réchauffer. Dans Munster, secteur pavé n°1 et n°2!! J'aime bien le pavé, mais après plus de 380 bornes, ca fait vraiment mal aux fesses!!! Je les passe rapidement malgré tout.... mais ca secoue! Je continue ma descente vers la route qui me mènera aux deux « épouvantails » du REV : le Petit Ballon et le col P (clin d'oeil à Martial et Didier...). Un cliquetis agaçant dans la chaine... qui aura son importance un peu plus tard dans la nuit... La pluie à nouveau jusqu'à Wasserbourg, mais moins soutenue qu'en montant le Collet du Linge.

Wasserbourg approche... et je me souviens du road book : « la route s'élève brusquement »... Ouais, la route s'élève brusquement qu'il disait!!! Une belle rampe à la sortie de Wasserbourg me permet de vérifier que je suis bien sur la bonne route... Oui la route se cabre d'un seul coup. Je me fais meme flasher par Didier Miranda... Oui... à la vitesse ou j'allais dans cette permière rampe, ca pouvait pas etre autre chose!! Les suivantes vont faire mal aux jambes aussi. C'est à ce moment que je me rends compte que mon compteur ne marche plus vraiment puisqu'il n'affiche plus qu'un chiffre!! A ce rythme, je vais mettre des plombes à rejoindre le ravito suivant!!! après quelques kilomètres mais aussi un gros gros paquet de minutes, j'aperçois une lumière un peu plus haut... Non c'est pas le ravito??? Si loin??? Je m'accroche il doit rester encore 2 kilomètres.... c'est long, très long!

Oui les lumières au fond c'était bien le ravito!!! j'y arrive enfin, et là quelques fusées pour saluer mon arrivée!!!

 

Km 403 Le Petit Ballon. Ca fait du bien d'arriver... Encore une fois l'accueil est chaleureux. J'en ai un peu bavé, le début de la montée est difficile et ensuite la pente reste assez raide pour ne pouvoir relancer. J'ai « grillé » l'avance que j'avais acquise sur mes prévisions. Je prends une bonne soupe avec des pates, un bon café et essaie de ne pas trop tarder pour ne pas trop refroidir! Quelques infos sur la suite, surtout le fameux col P, pour savoir si ca va etre aussi dur... Et je repars. Dans la descente, prudence, la pluie a ramené pas mal de graviers sur la route et je me méfie d'une mauvaise surprise... Encore une fois, je freine beaucoup... juste avant de remonter, j'ai un ptit soucis au moment de remettre la moulinette en route pour remonter le col P. Je repars, mais le cliquetis dans la chaine est plus fort et devient inquiétant... Après 500 mètres, je décide de m'arreter. Diagnostique : un maillon de la chaine est sorti de son logement, et ca va finir par sauter! Une voiture s'arrete derrière moi et m'éclaire, ca va m'aider car lumière plus diffuse que la frontale. Je sors le dérive chaine, un ptit bout de chaine que j'avais en secours et je me mets à bricoler. Mon dos me fait mal!! j'ai presque fini, plus qu'à remettre un morceau. Didier Miranda arrive et m'aide à terminer ma réparation. Grace à ces deux suiveurs, je repars les mains propres et meme les mains qui sentent bon!! avec meme une ptite poussette pour repartir (mais chut!!!). Je reprends donc la longue, très longue, trop longue montée vers le col (ouais je sais ca fait que 5kms mais là c'est long!!!) La montée est régulière, et comme dans le Petit Ballon, mon compteur ne daigne afficher qu'un seul chiffre. Je suis sur mon 34/26, et je regrette presque de ne pas avoir mis un 27 ou un 29. Le col arrive enfin... En haut du fameux col P, une ptite réplique des Monty Python me traverse l'esprit « I'm not quite dead »... Elle sera suivie dans la descente de «  I'm getting better »... Oui je commence à délirer!! Le jour pointe son nez mais il fait humide... Il reste un ptit bout de route irrégulière pour rejoindre la route des crêtes. Brouillard, pluie, vent, Je sais qu'il reste 2 ou 3 kilomètres avant des portions plus faciles. Je rejoins enfin la route des Crêtes, je remets la plaque et je file à travers le brouillard vers le Markstein. Mon compteur remarche enfin!!!! Deux chiffres pour la vitesse !!(et non le premier n'est pas 1...). Descente rapide vers le pied du Grand Ballon avant d'attaquer 2kms environ de remontée. Après les pentes des deux cols précédents, j'ai l'impression que ca roule tout seul. Meme pour remonter au sommet du Ballon. La descente qui suit est très rapide, deux « secteurs » pavés. Ca envoie. Je rattrape un peu de temps, je tourne les jambes à bloc pour récupérer, j'essaie de me détendre et m'étirer aussi. J'arrive au prochain ravito

 

Km 442 Col Amic. J'arrive et je me change, je suis trempé encore une fois, et j'adopte une tenue mi saison. Il doit etre 7h du mat'. Pas de croissant pour le ptit dèj, une soupe encore un fois, des pates, un bon café, et il est temps de repartir... Sauf que... roue avant crevée!!! La poisse!! un coup au moral... Je change la chambre, je profite encore une fois de Didier Miranda (enfin pas de lui, de sa pompe à pied!) pour mettre la bonne pression. 8 bars et ca repart!!! Les kilomètres qui suivent sont plutot désagréables. La rampe juste après le col et la route avant d'amorcer la descente donnent la sensation d'etre scotché à la route. Et je ne suis pas mécontent quand la vraie descente arrive. Je file vers Wattwiller puis Wuenheim. Là je prends la fameuse route qui remonte vers le col Amic, très jolie route de la sapinière très agréable, beau revetement. Elle commence néanmoins par un ptit coup de cul à la sortie de Wuenheim qui me fait très mal!! La montée est régulière pas trop pentue mais je ressens la fatigue... ca fait 24h que je roule, et je n'arrive plus à relancer ou hausser le rythme. Sur la route, quelques indications pour me dire que j'approche du sommet... La difficulté de cette montée est aussi d'éviter crapauds écrasés, grosses limaces et escargots (bon ca va il n'y en a pas un qui m'a doublé!!!).Normalement ils plient le pointage à 9h... ca doit le faire mais faut pas que je traine. Plus qu'un kilomètre, mais je suis toujours dans les bois... En fait le « point chaud » n'est pas au sommet. Ce sera pareil pour la dernière montée du Ballon dans l'aprèm.

 

Km 475 Col Amic. 10 minutes d'arret, l'arrière de mon vélo ne déssert pas les gares... N'importe quoi!!! Je me change et je mets une tenue d'été (oui, j'ai cette folie aussi, après tout on est juste un peu en été!!!), je mange, j'ai un peu abusé des pauses je dois dire... j'enlève mes éclairages pour voyager un peu plus léger. Ca descend vite encore une fois. J'arrive rapidement à Willer sur Thur puis Thann. Je tourne pour grimper le Hundsrück, « petit » col de 748m, mais à ce moment là il fait très mal... Dans un lacet, j'entends des voix en contrebas, d'autres cyclistes grimpent et vont me doubler... Bon moi j'ai presque 500kms dans les pattes, impossible de les accrocher. Et puis meme sans cela, je n'aurais pas pu... Quand le sommet arrive, je sais que les 100 derniers kilomètres vont etre durs... route vallonnée jusqu'à Masevaux, puis un revetement qui ne rend pas pour rejoindre le pied du Ballon à Sewen. Je prends d'ailleurs la piste cyclable. A Masevaux, les cloches sonnent. Un mariage ??? ben non on est dimanche après midi. Un peu plus tard, je réalise qu'on est dimanche matin. : complètement déphasé!!! A Sewen, je sais que ca va etre dur... Quelques lacets pour commencer la montée, et j'adopte un rythme de croisière en essayant tant bien que mal de rester au dessus de 10. J'ai un sentiment de ne pas avancer. Le 34 m'apporte de la facilité, mais l'impression de faire du sur place. Je me rends compte que je manque d'expérience et qu'il me manque des points de comparaison pour savoir quel développement aurait été idéal à cet endroit. La montée me laisse du temps pour penser à ce que je viens de vivre... ce que j'ai fait pendant les dernières 24 heures (et maintenant un peu plus). Les camions Europcar, Astana et Auber 93 me doublent. Arrivée du tour d'Alsace au sommet du Ballon un peu plus tard. Quand je vois le « grimpeur » à 1kms, je me dis que j'y suis... sauf que non, il reste encore 1 kms pour rejoindre la route qui va me permettre de redescendre vers Giromagny. Didier est là encore à attendre Martial. Je suis bien incapable de lui dire à combien il est derrière moi. Je n'ai plus trop de notion des écarts, j'ai plus trop l'impression d'avancer, à part en descente...heureusement!

La descente du Ballon est très rapide. 24H plus tot j'y étais dans l'autre sens!! Je roule ensuite assez rapidement à ma surprise vers Plancher Bas, puis Plancher.... Un ptit vent de panique cependant, je ne vois pas le dernier pointage... Je m'arrete téléphoner... personne. Le concurrent qui me double me dit que c'est plus loin.

 

Km 547. Plancher les mines. Je prends mon dernier ravitaillement, je tarde un peu à repartir. La montée du ballon de Servance est magnifique. J'ai beaucoup de difficultés à reprendre un rythme correct. La route est irréguliere et ne rend pas. J'arrive plus à avancer. A nouveau quand la pente va s'accentuer, mon compteur va me miner le moral... Je n'avance plus... La montée est très belle « calme et majesté de ce ballon » avait dit Jean Claude dans le road book. C'est très vrai. J'ai tout le loisir d'en profiter. Je fais meme une pause pour manger un peu, je n'arrive plus à manger et rouler en meme temps... Après ca me coute trop de relancer. J'en profite pour regarder la carte. Plus que deux kilomètres. Le dernier va sembler interminable... Enfin le sommet!! La descente va etre dure... La route est mauvaise et saute beaucoup, revetement bof bof, et moi j'ai le dos en vrac, mes fesses n'amortissent plus rien... J'essaie de ne pas perdre trop de temps, mais j'avoue que j'ai pris plus de plaisir à descendre le collet du Linge sous la pluie et le brouillard que le Ballon de Servance!! La descente me semble aussi longue que la montée, c'est pour dire!!! Gros soulagement de rejoindre le col des Croix pour la 3ème fois depuis le départ. La route remonte légèrement, il me reste une trentaine de kilomètres, il ne me reste plus que le pointage « volant » que Jean Claude a préparé... et comme beaucoup, je vais le chercher encore et encore... Je roule comme un dingue sur cette partie plutot descendante, 50/12 ou 50/13 et c'est une partie ou je me fais vraiment plaisir. Pas trop mal aux jambes, le dos suit bien si je ne change pas trop de position. Esmoulières une jolie maison sur la gauche... j'ai apprécié les routes décorées tout au long du parcours. J'aime le coté festif du vélo et le passage du tour a permis aux fanas de vélo de s'exprimer et d'embellir les villages. Jolie maison, jardin fleuri, je me serais bien arreté poser pour la photo au milieu des nains!!!

Je longe la rivière ensuite, là ou le vendredi je m'étais posé pour « réviser » mon road book, les pieds dans l'eau. J'arrive dans Froideconche. Ca fait 31h que je suis parti. Je n'aurai pas droit à la boucle plus. Mes jambes tournent encore bien. Dommage.

Dernière ligne droite... J'arrive dans 5 minutes... c'est un moment un peu étrange... Beaucoup de sentiments qui se bousculent et s'emmèlent. Soulagement d'arriver, émotion d'avoir réussi, fatigue d'une nuit blanche, satisfaction d'avoir préparé un objectif et d'etre allé au bout... Et puis tout ce qui fait que je me suis engagé dans de défi un peu fou, tout ce qui en a créé le besoin, ce que j'ai traversé ces derniers mois, et les changements survenus dans ma vie (oui je sais faut pas venir sur le forum pour pleurnicher...). Dernier rond point, le mac do de Didier, un distributeur de m&m's... direction l'abbaye... Alive and Kicking!!! J'arrive à l'abbaye! Je passe le portail et je remonte la « rampe de lancement ». Un bip retentit. 31H09 pour 610kms. Je descends de mon vélo et vais m'assoir... Vide, vidé. Content d'etre arrivé... mais presque déçu que ce joli REV s'arrete...

Echange d'impressions avec ceux qui m'ont précédé, mais j'ai du mal à réaliser que c'est fait...

J'ai vécu pleinement mon REV... Je veux vivre pleinement mes rêves désormais.

 

Mon REV a commencé il y a presque un an, lecture des compte rendus sur le forum, sur les blog et site du CC Froideconche, et l'envie de REVer à germé. Envie et besoin d'un défi hors norme, autre que ceux que le vie nous impose ou qui nous tombent dessus par manque de discernement, de lucidité ou à cause de mauvais choix. Mon REV c'est aussi une forme de réponse à celles et ceux qui depuis plus de deux ans me piétinent la gueule et n'hésitent pas à me cracher dessus, dans le dos évidemment, prétendent m'aider mais juste pour se donner bonne conscience... J'ai réussi, tout seul, comme un grand... Je me suis relevé malgré tout!!

J'ai mis du temps à me décider sur la formule... 420??? puis finalement le REV... Autant vivre ce REV à fond!! Préparation en conséquence... Je ne me suis pas lancé complètement dans l'inconnu. J'ai testé mon corps à plusieurs reprises, mon mental aussi...Je me souviendrai toujours cette belle sortie nocturne à Pâques, qui m'a mené vers Dinan, Dinard, St Malo, Mont saint Michel... sous la pleine lune, puis les suivante, de jour ou de nuit... difficiles mais toujours magiques. Test physique, mais aussi test mental. J'ai enchainé des sorties longues seul, accumulé les charges de travail et fatigué mon corps... Un peu de folie sans doute, comme le jour de la Bernard Hinault ou je fais le grand parcours le matin (195kms) et la corrida de Langueux (10kms à pied) le soir... Parfois les motivations sont obscures... ce jour là elles étaient claires et pas que sportives On dit souvent que c'est dans la tete... Oui je le pense. Ca se passe beaucoup dans la tete. Ce REV j'en avais besoin, j'en avais envie. Sortir de la routine, oser, vivre des choses différentes, se lancer... 4 jours après, j'ai du mal à reprendre une vie ordinaire. Cet objectif a rythmé ma vie depuis des semaines, préparation, questionnements, etc... J'ai couru pas mal de championnat de France en canoe slalom ou descente, mais là le stress était différent. En canoe, tout était devenu automatique, presque banal. Le stress montait 1h avant le départ, et encore... Ici, la semaine avant le départ a été dure à gérer... Et l'après aussi... Il me manque quelquechose...

 

Je veux enfin remercier tous ceux qui ont rendu ce REV possible, Jean Claude et ton équipe, toi qui a eu la folie d'imaginer cette épreuve et pire encore, la faire naitre et la faire vivre. Pas facile de mobiliser une équipe de bénévoles quand on n'a que si peu d'inscrits... Mais sur le vélo et aux ravitos et à la préparation, un meme esprit : l'amour du vélo.

Merci à ceux qui m'ont donné envie de participer, les récits des éditions précédentes, les échanges sur les forums...

Merci à celle et ceux (ils sont très très peu nombreux car je n'ai pas trop parlé de mon REV de fou avant...) qui ont compris ma démarche et qui m'ont soutenu.

Merci à Patrick pour le vélo, c'est celui que tu m'as « déniché » il y a 5 ou 6 ans déjà...

Merci aux autres participants qui eux aussi font vivre le REV et me permettent de voir que si je suis fou, je ne suis pas le seul à enfermer...

 

Enfin, j'ai aimé le REV et forcément mon REV. C'est un lieu de mixité... chacun est animé d'une motivation différente au départ et chacun a sa raison d'etre ici... et puis il y a d'anciens champions, des cyclistes au palmarès étoffé et éloquent, des cyclistes au palmarès moins prestigieux mais qui ont vécu un tas d'expériences intéressantes à partager, et puis les autres, comme moi qui découvrent... Tout ce monde rassemblé pour partager la meme aventure, aller au bout de soi meme, faire de son mieux et vivre son REV à fond!! C'est le sport comme je l'aime. J'en veux et j'en redemande...

Aujourd'hui je suis en vacances chez mes parents et je récupère tranquillement. Une ptite sortie de 40kms hier pareil aujourd'hui... C'est tout plat ici!... Et dans l'ancienne chambre de mon frère... une carte du massif vosgien qui me fait de l'oeil et m'appelle... REV 2013???

 

 

Salut Olivier

super récit et cela donne envie d'y etre ,mais je pense que pour participer a une telle epreuve il faut un gros mental et une grosse préparation physique en tout cas je te felicite pour ton REV et ton résumé

je t'attend pour 2013 au tour des Flandres ou a LBL  l'ami

eddy  smiley wink

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envoyé le 04/08/2012 21:33

J'me sens nul sur le coup j'habitais dans le coin et je ne rentre que dans 3 semaines chez moi ! Dire que je n'ai fais que 10 kms (peut-être même de trop d'ailleurs) cette semaine. Espérons que je serais guéri pour les Ballons Vosgiens + 4 cyclos entre temps ! Je pense que ça s'y prête bien comme "balade" si l'on veut viser plus dur que les étapes du Tour... En tout cas bravo !

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envoyé le 05/08/2012 10:52

Merci Olivier pour cet excellent retour sur une épreuve que j'ai découverte l'année dernière et qui me fait envie... Le temps de m'aguerrir encore un peu à vélo et j'espère bien te rejoindre dans le petit monde un peu fou des REVeurs.

Emmanuel - http://elsangliator.over-blog.com/

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envoyé le 05/08/2012 20:52

trés beau CR ! J'ai croisée quelques REVeurs au centre de PLAINFAING en redescendant du resto avec ma femme et ma fille, j'ai bien pensé à vous et j'ai eu du mal à convaincre ma femme que ce genre d'épreuve existait bien et qu'il y avait des fous pour la faire...

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envoyé le 06/08/2012 11:25

trés beau CR ! J'ai croisée quelques REVeurs au centre de PLAINFAING en redescendant du resto avec ma femme et ma fille, j'ai bien pensé à vous et j'ai eu du mal à convaincre ma femme que ce genre d'épreuve existait bien et qu'il y avait des fous pour la faire...

Beb oui, j'avais trouvé ça bizarre de se faire applaudir en pleine nuit en traversant le Valtin et Plainfaind vers 22h - 22h30. C'est surtout à Le Valtin qu'il y a beaucoup de restos...

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envoyé le 07/08/2012 22:37

 

8h27... c'est l'heure pour moi de vivre mon rêve... Sur la "rampe de départ" j'enfourche mon vélo et la charmante Géromine (pardon pour l'orthographe si j'ai écorché ton prénom) me donne le top départ... Je me lance donc à l'assault des cols vosgiens, content d'y etre enfin, en me disant que maintenant ça va se jouer entre mes jambes, mon mental, mon vélo... et les aléas!



A la sortie de Luxeuil, direction Froideconche, c'est la première ou la deuxième??? premier doute, premières calottes à distribuer. Si j'ai bien reconnu le final, je n'ai pas vérifié ce détail important... ça commence bien... Je fais 500mètres et vérifie sur mon GPCR (Guidage Par Carte Routière). Demi tour, c'était la première!!! quel idiot!!!

Je reprends donc la route, la bonne et file vers Froideconche, puis Raddon... Il tombe quelques gouttes, mais pas autant que dans la nuit ou meme le matin pour saluer le départ des randonneurs.

La route s'élève peu à peu, le revêtement ne rend pas... j'ai déjà mal aux jambes... Est ce dû au stress, la fatigue du trajet? Peu importe... Roulez jeunesse.

Km 22, je rattrape un collègue REVeur Belge Alex Joris un peu après le premier lacet bien gravillonné... Un ptit bonjour, et hop, on continue... en quoi c'est important??? simplement parce que 4 kms plus loin, j'entends discuter derrière moi... Non, je ne REVe pas!!! Eric Leblacher parti 6 minutes derrière moi est déjà là!!! Il ne lui faut pas longtemps pour fondre sur moi, me saluer à son tour... et m'enrhumer!!! Je profite néanmoins de ce lièvre et d'une pente un peu plus à ma convenance pour maintenir un écart raisonnable... Dans la descente vers le Mont de Fourche, je me permets meme de le rattraper et le doubler!!! La frime. J'en profite, ca n'arrive pas tous les jours!! Enfin faut dire que la quinzaine (menteur va!!) non la vingtaine de kilos qui nous sépare joue en ma faveur... L'avion de chasse me double à nouveau dès la première « rampe » qui suit... et ce coup ci, je ne le reverrai qu'à l'Abbaye!!



Km 47, premier ravito au Col des Croix, émargement et remplissage rapide des bidons, je m'arrêterai plus longuement au deuxième passage et j'entame la montée du Ballon de Servance, première ascension importante de la journée. La montée ne me semble pas trop dure... Je rejoins Eric Royer, on papote et on termine la montée ensemble, ca fait passer les deux derniers kilomètres un peu plus vite. On bascule ensemble, avec un troisième Reveur. La descente est rapide, un peu délicate, chaussée un peu glissante, manque de visibilité... Au bout d'une ligne droite, je vois celui qui me précède amorcer le virage, jambe gauche levée... Pipi??? NON!!! virage qui se referme!! Je freine moi aussi à bloc, et lève aussi la jambe!!! Prudence donc!! Encore une fois, mon poids et mon passé de canoeiste (quel rapport??? lecture de trajectoire, transfert de poids... et habitude des conditions humides, j'y reviendrai plus tard) semblent jouer en ma faveur puisque je me retrouve seul à Plancher les mines et cela jusqu'au Col des Croix.

Km 101 ravito au Col des Croix, j'en profite pour faire le plein. Je suis en avance sur mon prévisionnel, j'ai un peu plus de 26km/h de moyenne. C'est bien... mais il reste 500kms... et les gros cols arrivent!!

Je repars pour mon premier ballon. Après St Maurice, les premiers lacets sont durs à avaler. La pluie de la nuit a rendu l'atmosphère étouffante... La montée va laisser des traces!!!

Km 120, ravito pointage au Ballon, il fait bon au sommet, je remplis les bidons et un peu mon bidon... J'enfile un coupe vent, et j'amorce la descente rapide vers Sewen puis Masevaux. Je profite encore une fois de ma « grosse » carcasse pour filer vers mon deuxième ballon. Ca me permet aussi de mesurer ce qui m'attend demain... après 450kms!

Au pied de mon deuxième ballon, je me prends une bonne averse pendant 5 minutes. Mais ca ne me refroidit pas. Je crois que c'est Laurent Jeanmaire qui me suivait à moins de 2 minutes qui me dira que lui est passé au travers!! C'est pô juste!!

Le deuxième Ballon depuis Giromagny est long, mais la pente relativement « faible » permet de bien tourner les jambes. La montée est belle. On double, on se fait doubler... Les premiers REVeurs avec assistance arrivent déjà. Le sommet dégarni du Ballon approche enfin, j'ai mal au ventre...

Km181 Je m'arrete au ravito mais je n'arrive pas à manger. Ca ne passe pas. Pourtant il est plus que l'heure de manger (vers 15h je pense). Il y a un peu de monde au sommet, les gens se demandent sans doute ce qu'on fait avec nos numéros sur le cadre... ah... s'ils savaient!!!

Je repars pour entamer la descente vers Le Thillot, descente très rapide et très agréable. Je roule ensuite plutot allègrement et je passe les cols du Ménil et d'Oderen sans trop de mal. Ils sont plutot roulants., enfin suffisamment pour ne pas faire trop mal aux jambes. En haut du col d'Oderen, je retrouve le grand Eric Royer qui a dû me doubler... perte totale de repères... qui se trouve devant??? qui s'est arreté plus longtemps au ravito?? On ne sait plus trop. Qu'importe. On fait la descente ensemble...

A Kruth, on vire à gauche. Tiens un mariage... s'ils savaient dans quoi ils s'engagent!!! bon je file, pas d'état d'ames, d'amertume, de pleurnicherie! (surtout que c'est proscrit par certains forumeurs...).

J'arrive au pied du Markstein. Les premiers kilomètres sont impitoyables et vont laisser des traces. J'ai mal au ventre, mal au dos, mal aux jambes!!! Mon compteur flanche aussi. Il s'arrete parfois, du coup, je n'ai plus de repère. Il me reste 7 ou 7,5 jusqu'en haut??? Bah, quelle importance? La montée reste agréable, car bien abritée par les sapins. Ca coupe du vent et du soleil,meme s'il commence à se faire un peu tard. J'arrive enfin au Markstein, toujours en avance sur mon prévisionnel... c'est bon pour le moral

 

km 238 Le Markstein. J'ai mal au ventre et mal au dos, une grosse envie de m'allonger, besoin aussi de manger, mais encore une fois... ca ne passe pas. Une soupe... Les spaghettis bolo me font de l'oeil... mais je ne peux pas. Aie Aie!!! il faut que je mange. Je prépare mon vélo pour la nuit, éclairages, chasuble, dans 1h30 à 2h je serai dans le noir. Je repars le ventre vide ou presque... J'espère que ca va aller mieux. Heureusement, j'ai de quoi m'alimenter en route si ca revient. Mais ca me fait douter. J'espère qu'au col du Calvaire je pourrai manger pour de vrai.

La route de crètes m'attend. Elle me casse les jambes, montées, descentes, et l'arret au Markstein m'a un peu refroidi. Je tourne à gauche pour rejoindre Longemer par la route des américains. Mauvais revetement, ca saute et j'entends quelquechose tomber, me retourne et vois quelquechose partir vers le dévers... Je m'arrete, remonte un peu. Je fais le point. Poches, vélo... PU.... naise!!! Je viens de perdre un de mes feux arrière!! et forcément le meilleur, le plus cher, le plus puissant. J'essaie de le chercher, mais je finis par me résigner, il m'en reste un et trois devant. Je vais donc en prendre un avant pour remplacer. Arrivé à la Bresse, j'ai un doute sur mon itinéraire... Il fallait tourner ou pas??? je m'arrete, le GPRC me confirme que c'est bon, je n'ai pas à remonter au carrefour précédent. Je termine la descente vers la Bresse et amorce la remontée vers la le col des Feignes par la très jolie vallée de Chajoux. La route est très agréable, les jambes tournent toujours pas trop mal et hourra!!!! j'ai faim!!! contrôle visuel un peu après un joli lac, et je termine la montée. En haut, je m'impose un arret pour manger une ptite gaufre au miel. Pas des Meli, j'en ai plus, mais elle passe très bien aussi!!! ca fait du bien! J'allume mes ptites lampes pour commencer la descente. La nuit approche. Le lac de Xonrupt est très joli, odeur de barbec en passant devant les campings... miam!!! vivement le Calvaire... je veux dire le Col du Calvaire... Enfin vous m'avez compris... Non??? faites pas exprès!

J'enchaine avec la montée du col du Surceneux, puis je bascule vers Plainfaing, longue, très longue descente... je prends un peu de pluie, la nuit est là... Avant de monter le Bonhomme, je m'arrete pour resserrer mon deuxième feu arrière improvisé. Un bout de carton pour completer le serrage. Et c'est reparti.

La montée se fait « bien »... enfin pas trop mal. C'est toujours dur pour le moral de se faire doubler par des fusées! Mais j'admire et j'envie. Les jambes tournent, c'est fluide, quel facilité! Ca n'est pas sans me rappeler les Dupont en jeep dans le désert!

En haut du Bonhomme, je me souviens que c'est un de mes premiers cols... en VTT depuis Colmar il y a pas loin de 20ans... Ben oui, déjà à l'époque avec maxi 500kms dans l'année... Un ptit grain déjà...Allez, direction le Col du Calvaire. J'ai souvenir que cette route est assez casse pattes, et je suis assez prudent sur la première partie pour garder un peu de forces. Après le col du Louchbach la route remonte et ca devient un peu plus dur... C'est long, j'ai faim, je suis trempé. Je suis pressé d'arriver. J'ai un sac d'affaires chaudes et sèches pour la nuit! Le feu de camp m'attend aussi!

J'arrive enfin

 

Km 313 Col du Calvaire Je me change et j'enfile mes fringues d'hiver pour la nuit. Est ce que je vais avoir trop chaud??? au pire j'ouvrirai tout, mais je suis mieux les jambes couvertes, et bien au chaud. Je fais une grosse pause, je mange enfin, soupe, pates, viande, gateau de riz... tout passe!!! Grosse dose de café aussi. Je ne sais pas combien de temps je suis resté. Trop sans doute, mais j'avais besoin d'une bonne pause. Celle du Markstein était inutilement longue car au final je n'ai rien mangé. Je suis toujours un peu en avance sur mes prévisions. Ca fait du bien au moral et ca laisse une marge de manoeuvre en cas de défaillance ou d'imprévu...

La route des Crêtes. Je me souviens avoir fait du ski de fond sur cette route avec ma maman... Qui aurait dit que j'y repasserais 20 ans plus tard à 2h du mat' à vélo???

Je me souviens que Jean- Claude avait dit que sur cette route on pourrait apercevoir une fée... Je ne l'ai pas vue... Moi j'ai un ange qui m'accompagne depuis le départ... (oui oui je suis parti sans assistance, mais je me comprends...). En musique (Angels de Robbie Williams) et dans ma tete. Je sais les oreillettes sont interdites, mais j'ai mis un peu de musique pour la nuit.

Au loin je vois quelques éclairs... La fusée Leblacher doit etre en train de faire peter tous les radars sur la route!!! J'arrive assez rapidement à la Schlucht et je descends rapidement vers la bifurcation vers le Wettstein. A chaque descente il y a la crainte... Pas la chute pour moi, je suis concentré, je descends bien, mais je reste prudent. Non la crainte d'aller trop bas!!! Ne pas rater la route!!!! La voilà, je tourne à gauche et je retrouve 5kms d'ascension avant le col. Derrière moi une voiture qui monte. Et une petite lumière juste devant... Voilà un autre REVeur dans la nuit... Il me rattrape petit à petit mais je bascule avant lui. Descente sur Orbey très rapide, puis direction 3 épis. Je ne vois plus les phares et la pluie commence à tomber. Je m'arrete sous un abri bus pour manger un peu et vérifier ma carte. Je vais essayer de faire vite au ravito du Collet du Linge. J'ai bien mangé au précédent et le suivant n'est qu'à 25kms. La pluie tombe un peu plus fort. Je tourne à droite sur la route qui me ramène au Collet du Linge. Le REVeur de la montée du Wettstein n'est plus loin derrière moi. La pluie est de plus en plus forte... Le Collet du Linge approche, mais c'est désormais un déluge!!! Je suis trempé. Heureusement il ne fait pas froid en pédalant.

 

Km 372 Collet du Linge... tout le monde est caché dans les voitures, c'est clair, je ne vais pas m'attarder. La pluie ne me gêne pas trop, je prends une soupe, un café, je fais le plein des bidons... tout le monde est trempé. Les bénévoles sont là depuis des heures et ont encore un moment à attendre... Chapeau à eux... Leur défi est de continuer à servir du chaud dans ces conditions!!! Par contre le top pour rincer la vaisselle!!!! Je repars assez vite, je connais un peu la descente... pour l'avoir montée à deux reprises en VTT... il y a une vingtaine d'années. Il m'en reste quelques souvenirs. Je pense que j'ai rarement autant freiné en descente! J'aborde les virages avec prudence, scrute et anticipe tout ce qui pourrait me mettre au tapis, plaques d'égout, traversée d'eau, branchages... La descente se passe pas trop mal on va dire. En bas, plus de pluie. Un REVeur 420 me rejoint. Il a pris la meme saucée dans la descente de la Schlucht! Nous filons ensemble vers Munster. Je pédale fort pour me réchauffer. Dans Munster, secteur pavé n°1 et n°2!! J'aime bien le pavé, mais après plus de 380 bornes, ca fait vraiment mal aux fesses!!! Je les passe rapidement malgré tout.... mais ca secoue! Je continue ma descente vers la route qui me mènera aux deux « épouvantails » du REV : le Petit Ballon et le col P (clin d'oeil à Martial et Didier...). Un cliquetis agaçant dans la chaine... qui aura son importance un peu plus tard dans la nuit... La pluie à nouveau jusqu'à Wasserbourg, mais moins soutenue qu'en montant le Collet du Linge.

Wasserbourg approche... et je me souviens du road book : « la route s'élève brusquement »... Ouais, la route s'élève brusquement qu'il disait!!! Une belle rampe à la sortie de Wasserbourg me permet de vérifier que je suis bien sur la bonne route... Oui la route se cabre d'un seul coup. Je me fais meme flasher par Didier Miranda... Oui... à la vitesse ou j'allais dans cette permière rampe, ca pouvait pas etre autre chose!! Les suivantes vont faire mal aux jambes aussi. C'est à ce moment que je me rends compte que mon compteur ne marche plus vraiment puisqu'il n'affiche plus qu'un chiffre!! A ce rythme, je vais mettre des plombes à rejoindre le ravito suivant!!! après quelques kilomètres mais aussi un gros gros paquet de minutes, j'aperçois une lumière un peu plus haut... Non c'est pas le ravito??? Si loin??? Je m'accroche il doit rester encore 2 kilomètres.... c'est long, très long!

Oui les lumières au fond c'était bien le ravito!!! j'y arrive enfin, et là quelques fusées pour saluer mon arrivée!!!

 

Km 403 Le Petit Ballon. Ca fait du bien d'arriver... Encore une fois l'accueil est chaleureux. J'en ai un peu bavé, le début de la montée est difficile et ensuite la pente reste assez raide pour ne pouvoir relancer. J'ai « grillé » l'avance que j'avais acquise sur mes prévisions. Je prends une bonne soupe avec des pates, un bon café et essaie de ne pas trop tarder pour ne pas trop refroidir! Quelques infos sur la suite, surtout le fameux col P, pour savoir si ca va etre aussi dur... Et je repars. Dans la descente, prudence, la pluie a ramené pas mal de graviers sur la route et je me méfie d'une mauvaise surprise... Encore une fois, je freine beaucoup... juste avant de remonter, j'ai un ptit soucis au moment de remettre la moulinette en route pour remonter le col P. Je repars, mais le cliquetis dans la chaine est plus fort et devient inquiétant... Après 500 mètres, je décide de m'arreter. Diagnostique : un maillon de la chaine est sorti de son logement, et ca va finir par sauter! Une voiture s'arrete derrière moi et m'éclaire, ca va m'aider car lumière plus diffuse que la frontale. Je sors le dérive chaine, un ptit bout de chaine que j'avais en secours et je me mets à bricoler. Mon dos me fait mal!! j'ai presque fini, plus qu'à remettre un morceau. Didier Miranda arrive et m'aide à terminer ma réparation. Grace à ces deux suiveurs, je repars les mains propres et meme les mains qui sentent bon!! avec meme une ptite poussette pour repartir (mais chut!!!). Je reprends donc la longue, très longue, trop longue montée vers le col (ouais je sais ca fait que 5kms mais là c'est long!!!) La montée est régulière, et comme dans le Petit Ballon, mon compteur ne daigne afficher qu'un seul chiffre. Je suis sur mon 34/26, et je regrette presque de ne pas avoir mis un 27 ou un 29. Le col arrive enfin... En haut du fameux col P, une ptite réplique des Monty Python me traverse l'esprit « I'm not quite dead »... Elle sera suivie dans la descente de «  I'm getting better »... Oui je commence à délirer!! Le jour pointe son nez mais il fait humide... Il reste un ptit bout de route irrégulière pour rejoindre la route des crêtes. Brouillard, pluie, vent, Je sais qu'il reste 2 ou 3 kilomètres avant des portions plus faciles. Je rejoins enfin la route des Crêtes, je remets la plaque et je file à travers le brouillard vers le Markstein. Mon compteur remarche enfin!!!! Deux chiffres pour la vitesse !!(et non le premier n'est pas 1...). Descente rapide vers le pied du Grand Ballon avant d'attaquer 2kms environ de remontée. Après les pentes des deux cols précédents, j'ai l'impression que ca roule tout seul. Meme pour remonter au sommet du Ballon. La descente qui suit est très rapide, deux « secteurs » pavés. Ca envoie. Je rattrape un peu de temps, je tourne les jambes à bloc pour récupérer, j'essaie de me détendre et m'étirer aussi. J'arrive au prochain ravito

 

Km 442 Col Amic. J'arrive et je me change, je suis trempé encore une fois, et j'adopte une tenue mi saison. Il doit etre 7h du mat'. Pas de croissant pour le ptit dèj, une soupe encore un fois, des pates, un bon café, et il est temps de repartir... Sauf que... roue avant crevée!!! La poisse!! un coup au moral... Je change la chambre, je profite encore une fois de Didier Miranda (enfin pas de lui, de sa pompe à pied!) pour mettre la bonne pression. 8 bars et ca repart!!! Les kilomètres qui suivent sont plutot désagréables. La rampe juste après le col et la route avant d'amorcer la descente donnent la sensation d'etre scotché à la route. Et je ne suis pas mécontent quand la vraie descente arrive. Je file vers Wattwiller puis Wuenheim. Là je prends la fameuse route qui remonte vers le col Amic, très jolie route de la sapinière très agréable, beau revetement. Elle commence néanmoins par un ptit coup de cul à la sortie de Wuenheim qui me fait très mal!! La montée est régulière pas trop pentue mais je ressens la fatigue... ca fait 24h que je roule, et je n'arrive plus à relancer ou hausser le rythme. Sur la route, quelques indications pour me dire que j'approche du sommet... La difficulté de cette montée est aussi d'éviter crapauds écrasés, grosses limaces et escargots (bon ca va il n'y en a pas un qui m'a doublé!!!).Normalement ils plient le pointage à 9h... ca doit le faire mais faut pas que je traine. Plus qu'un kilomètre, mais je suis toujours dans les bois... En fait le « point chaud » n'est pas au sommet. Ce sera pareil pour la dernière montée du Ballon dans l'aprèm.

 

Km 475 Col Amic. 10 minutes d'arret, l'arrière de mon vélo ne déssert pas les gares... N'importe quoi!!! Je me change et je mets une tenue d'été (oui, j'ai cette folie aussi, après tout on est juste un peu en été!!!), je mange, j'ai un peu abusé des pauses je dois dire... j'enlève mes éclairages pour voyager un peu plus léger. Ca descend vite encore une fois. J'arrive rapidement à Willer sur Thur puis Thann. Je tourne pour grimper le Hundsrück, « petit » col de 748m, mais à ce moment là il fait très mal... Dans un lacet, j'entends des voix en contrebas, d'autres cyclistes grimpent et vont me doubler... Bon moi j'ai presque 500kms dans les pattes, impossible de les accrocher. Et puis meme sans cela, je n'aurais pas pu... Quand le sommet arrive, je sais que les 100 derniers kilomètres vont etre durs... route vallonnée jusqu'à Masevaux, puis un revetement qui ne rend pas pour rejoindre le pied du Ballon à Sewen. Je prends d'ailleurs la piste cyclable. A Masevaux, les cloches sonnent. Un mariage ??? ben non on est dimanche après midi. Un peu plus tard, je réalise qu'on est dimanche matin. : complètement déphasé!!! A Sewen, je sais que ca va etre dur... Quelques lacets pour commencer la montée, et j'adopte un rythme de croisière en essayant tant bien que mal de rester au dessus de 10. J'ai un sentiment de ne pas avancer. Le 34 m'apporte de la facilité, mais l'impression de faire du sur place. Je me rends compte que je manque d'expérience et qu'il me manque des points de comparaison pour savoir quel développement aurait été idéal à cet endroit. La montée me laisse du temps pour penser à ce que je viens de vivre... ce que j'ai fait pendant les dernières 24 heures (et maintenant un peu plus). Les camions Europcar, Astana et Auber 93 me doublent. Arrivée du tour d'Alsace au sommet du Ballon un peu plus tard. Quand je vois le « grimpeur » à 1kms, je me dis que j'y suis... sauf que non, il reste encore 1 kms pour rejoindre la route qui va me permettre de redescendre vers Giromagny. Didier est là encore à attendre Martial. Je suis bien incapable de lui dire à combien il est derrière moi. Je n'ai plus trop de notion des écarts, j'ai plus trop l'impression d'avancer, à part en descente...heureusement!

La descente du Ballon est très rapide. 24H plus tot j'y étais dans l'autre sens!! Je roule ensuite assez rapidement à ma surprise vers Plancher Bas, puis Plancher.... Un ptit vent de panique cependant, je ne vois pas le dernier pointage... Je m'arrete téléphoner... personne. Le concurrent qui me double me dit que c'est plus loin.

 

Km 547. Plancher les mines. Je prends mon dernier ravitaillement, je tarde un peu à repartir. La montée du ballon de Servance est magnifique. J'ai beaucoup de difficultés à reprendre un rythme correct. La route est irréguliere et ne rend pas. J'arrive plus à avancer. A nouveau quand la pente va s'accentuer, mon compteur va me miner le moral... Je n'avance plus... La montée est très belle « calme et majesté de ce ballon » avait dit Jean Claude dans le road book. C'est très vrai. J'ai tout le loisir d'en profiter. Je fais meme une pause pour manger un peu, je n'arrive plus à manger et rouler en meme temps... Après ca me coute trop de relancer. J'en profite pour regarder la carte. Plus que deux kilomètres. Le dernier va sembler interminable... Enfin le sommet!! La descente va etre dure... La route est mauvaise et saute beaucoup, revetement bof bof, et moi j'ai le dos en vrac, mes fesses n'amortissent plus rien... J'essaie de ne pas perdre trop de temps, mais j'avoue que j'ai pris plus de plaisir à descendre le collet du Linge sous la pluie et le brouillard que le Ballon de Servance!! La descente me semble aussi longue que la montée, c'est pour dire!!! Gros soulagement de rejoindre le col des Croix pour la 3ème fois depuis le départ. La route remonte légèrement, il me reste une trentaine de kilomètres, il ne me reste plus que le pointage « volant » que Jean Claude a préparé... et comme beaucoup, je vais le chercher encore et encore... Je roule comme un dingue sur cette partie plutot descendante, 50/12 ou 50/13 et c'est une partie ou je me fais vraiment plaisir. Pas trop mal aux jambes, le dos suit bien si je ne change pas trop de position. Esmoulières une jolie maison sur la gauche... j'ai apprécié les routes décorées tout au long du parcours. J'aime le coté festif du vélo et le passage du tour a permis aux fanas de vélo de s'exprimer et d'embellir les villages. Jolie maison, jardin fleuri, je me serais bien arreté poser pour la photo au milieu des nains!!!

Je longe la rivière ensuite, là ou le vendredi je m'étais posé pour « réviser » mon road book, les pieds dans l'eau. J'arrive dans Froideconche. Ca fait 31h que je suis parti. Je n'aurai pas droit à la boucle plus. Mes jambes tournent encore bien. Dommage.

Dernière ligne droite... J'arrive dans 5 minutes... c'est un moment un peu étrange... Beaucoup de sentiments qui se bousculent et s'emmèlent. Soulagement d'arriver, émotion d'avoir réussi, fatigue d'une nuit blanche, satisfaction d'avoir préparé un objectif et d'etre allé au bout... Et puis tout ce qui fait que je me suis engagé dans de défi un peu fou, tout ce qui en a créé le besoin, ce que j'ai traversé ces derniers mois, et les changements survenus dans ma vie (oui je sais faut pas venir sur le forum pour pleurnicher...). Dernier rond point, le mac do de Didier, un distributeur de m&m's... direction l'abbaye... Alive and Kicking!!! J'arrive à l'abbaye! Je passe le portail et je remonte la « rampe de lancement ». Un bip retentit. 31H09 pour 610kms. Je descends de mon vélo et vais m'assoir... Vide, vidé. Content d'etre arrivé... mais presque déçu que ce joli REV s'arrete...

Echange d'impressions avec ceux qui m'ont précédé, mais j'ai du mal à réaliser que c'est fait...

J'ai vécu pleinement mon REV... Je veux vivre pleinement mes rêves désormais.

 

Mon REV a commencé il y a presque un an, lecture des compte rendus sur le forum, sur les blog et site du CC Froideconche, et l'envie de REVer à germé. Envie et besoin d'un défi hors norme, autre que ceux que le vie nous impose ou qui nous tombent dessus par manque de discernement, de lucidité ou à cause de mauvais choix. Mon REV c'est aussi une forme de réponse à celles et ceux qui depuis plus de deux ans me piétinent la gueule et n'hésitent pas à me cracher dessus, dans le dos évidemment, prétendent m'aider mais juste pour se donner bonne conscience... J'ai réussi, tout seul, comme un grand... Je me suis relevé malgré tout!!

J'ai mis du temps à me décider sur la formule... 420??? puis finalement le REV... Autant vivre ce REV à fond!! Préparation en conséquence... Je ne me suis pas lancé complètement dans l'inconnu. J'ai testé mon corps à plusieurs reprises, mon mental aussi...Je me souviendrai toujours cette belle sortie nocturne à Pâques, qui m'a mené vers Dinan, Dinard, St Malo, Mont saint Michel... sous la pleine lune, puis les suivante, de jour ou de nuit... difficiles mais toujours magiques. Test physique, mais aussi test mental. J'ai enchainé des sorties longues seul, accumulé les charges de travail et fatigué mon corps... Un peu de folie sans doute, comme le jour de la Bernard Hinault ou je fais le grand parcours le matin (195kms) et la corrida de Langueux (10kms à pied) le soir... Parfois les motivations sont obscures... ce jour là elles étaient claires et pas que sportives On dit souvent que c'est dans la tete... Oui je le pense. Ca se passe beaucoup dans la tete. Ce REV j'en avais besoin, j'en avais envie. Sortir de la routine, oser, vivre des choses différentes, se lancer... 4 jours après, j'ai du mal à reprendre une vie ordinaire. Cet objectif a rythmé ma vie depuis des semaines, préparation, questionnements, etc... J'ai couru pas mal de championnat de France en canoe slalom ou descente, mais là le stress était différent. En canoe, tout était devenu automatique, presque banal. Le stress montait 1h avant le départ, et encore... Ici, la semaine avant le départ a été dure à gérer... Et l'après aussi... Il me manque quelquechose...

 

Je veux enfin remercier tous ceux qui ont rendu ce REV possible, Jean Claude et ton équipe, toi qui a eu la folie d'imaginer cette épreuve et pire encore, la faire naitre et la faire vivre. Pas facile de mobiliser une équipe de bénévoles quand on n'a que si peu d'inscrits... Mais sur le vélo et aux ravitos et à la préparation, un meme esprit : l'amour du vélo.

Merci à ceux qui m'ont donné envie de participer, les récits des éditions précédentes, les échanges sur les forums...

Merci à celle et ceux (ils sont très très peu nombreux car je n'ai pas trop parlé de mon REV de fou avant...) qui ont compris ma démarche et qui m'ont soutenu.

Merci à Patrick pour le vélo, c'est celui que tu m'as « déniché » il y a 5 ou 6 ans déjà...

Merci aux autres participants qui eux aussi font vivre le REV et me permettent de voir que si je suis fou, je ne suis pas le seul à enfermer...

 

Enfin, j'ai aimé le REV et forcément mon REV. C'est un lieu de mixité... chacun est animé d'une motivation différente au départ et chacun a sa raison d'etre ici... et puis il y a d'anciens champions, des cyclistes au palmarès étoffé et éloquent, des cyclistes au palmarès moins prestigieux mais qui ont vécu un tas d'expériences intéressantes à partager, et puis les autres, comme moi qui découvrent... Tout ce monde rassemblé pour partager la meme aventure, aller au bout de soi meme, faire de son mieux et vivre son REV à fond!! C'est le sport comme je l'aime. J'en veux et j'en redemande...

Aujourd'hui je suis en vacances chez mes parents et je récupère tranquillement. Une ptite sortie de 40kms hier pareil aujourd'hui... C'est tout plat ici!... Et dans l'ancienne chambre de mon frère... une carte du massif vosgien qui me fait de l'oeil et m'appelle... REV 2013???

 

 

smiley lol Bravo Olivier .... et merci pour ce CR trés sympa !!!   

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envoyé le 07/08/2012 23:25

 

8h27... c'est l'heure pour moi de vivre mon rêve... Sur la "rampe de départ" j'enfourche mon vélo et la charmante Géromine (pardon pour l'orthographe si j'ai écorché ton prénom) me donne le top départ... Je me lance donc à l'assault des cols vosgiens, content d'y etre enfin, en me disant que maintenant ça va se jouer entre mes jambes, mon mental, mon vélo... et les aléas!



A la sortie de Luxeuil, direction Froideconche, c'est la première ou la deuxième??? premier doute, premières calottes à distribuer. Si j'ai bien reconnu le final, je n'ai pas vérifié ce détail important... ça commence bien... Je fais 500mètres et vérifie sur mon GPCR (Guidage Par Carte Routière). Demi tour, c'était la première!!! quel idiot!!!

Je reprends donc la route, la bonne et file vers Froideconche, puis Raddon... Il tombe quelques gouttes, mais pas autant que dans la nuit ou meme le matin pour saluer le départ des randonneurs.

La route s'élève peu à peu, le revêtement ne rend pas... j'ai déjà mal aux jambes... Est ce dû au stress, la fatigue du trajet? Peu importe... Roulez jeunesse.

Km 22, je rattrape un collègue REVeur Belge Alex Joris un peu après le premier lacet bien gravillonné... Un ptit bonjour, et hop, on continue... en quoi c'est important??? simplement parce que 4 kms plus loin, j'entends discuter derrière moi... Non, je ne REVe pas!!! Eric Leblacher parti 6 minutes derrière moi est déjà là!!! Il ne lui faut pas longtemps pour fondre sur moi, me saluer à son tour... et m'enrhumer!!! Je profite néanmoins de ce lièvre et d'une pente un peu plus à ma convenance pour maintenir un écart raisonnable... Dans la descente vers le Mont de Fourche, je me permets meme de le rattraper et le doubler!!! La frime. J'en profite, ca n'arrive pas tous les jours!! Enfin faut dire que la quinzaine (menteur va!!) non la vingtaine de kilos qui nous sépare joue en ma faveur... L'avion de chasse me double à nouveau dès la première « rampe » qui suit... et ce coup ci, je ne le reverrai qu'à l'Abbaye!!



Km 47, premier ravito au Col des Croix, émargement et remplissage rapide des bidons, je m'arrêterai plus longuement au deuxième passage et j'entame la montée du Ballon de Servance, première ascension importante de la journée. La montée ne me semble pas trop dure... Je rejoins Eric Royer, on papote et on termine la montée ensemble, ca fait passer les deux derniers kilomètres un peu plus vite. On bascule ensemble, avec un troisième Reveur. La descente est rapide, un peu délicate, chaussée un peu glissante, manque de visibilité... Au bout d'une ligne droite, je vois celui qui me précède amorcer le virage, jambe gauche levée... Pipi??? NON!!! virage qui se referme!! Je freine moi aussi à bloc, et lève aussi la jambe!!! Prudence donc!! Encore une fois, mon poids et mon passé de canoeiste (quel rapport??? lecture de trajectoire, transfert de poids... et habitude des conditions humides, j'y reviendrai plus tard) semblent jouer en ma faveur puisque je me retrouve seul à Plancher les mines et cela jusqu'au Col des Croix.

Km 101 ravito au Col des Croix, j'en profite pour faire le plein. Je suis en avance sur mon prévisionnel, j'ai un peu plus de 26km/h de moyenne. C'est bien... mais il reste 500kms... et les gros cols arrivent!!

Je repars pour mon premier ballon. Après St Maurice, les premiers lacets sont durs à avaler. La pluie de la nuit a rendu l'atmosphère étouffante... La montée va laisser des traces!!!

Km 120, ravito pointage au Ballon, il fait bon au sommet, je remplis les bidons et un peu mon bidon... J'enfile un coupe vent, et j'amorce la descente rapide vers Sewen puis Masevaux. Je profite encore une fois de ma « grosse » carcasse pour filer vers mon deuxième ballon. Ca me permet aussi de mesurer ce qui m'attend demain... après 450kms!

Au pied de mon deuxième ballon, je me prends une bonne averse pendant 5 minutes. Mais ca ne me refroidit pas. Je crois que c'est Laurent Jeanmaire qui me suivait à moins de 2 minutes qui me dira que lui est passé au travers!! C'est pô juste!!

Le deuxième Ballon depuis Giromagny est long, mais la pente relativement « faible » permet de bien tourner les jambes. La montée est belle. On double, on se fait doubler... Les premiers REVeurs avec assistance arrivent déjà. Le sommet dégarni du Ballon approche enfin, j'ai mal au ventre...

Km181 Je m'arrete au ravito mais je n'arrive pas à manger. Ca ne passe pas. Pourtant il est plus que l'heure de manger (vers 15h je pense). Il y a un peu de monde au sommet, les gens se demandent sans doute ce qu'on fait avec nos numéros sur le cadre... ah... s'ils savaient!!!

Je repars pour entamer la descente vers Le Thillot, descente très rapide et très agréable. Je roule ensuite plutot allègrement et je passe les cols du Ménil et d'Oderen sans trop de mal. Ils sont plutot roulants., enfin suffisamment pour ne pas faire trop mal aux jambes. En haut du col d'Oderen, je retrouve le grand Eric Royer qui a dû me doubler... perte totale de repères... qui se trouve devant??? qui s'est arreté plus longtemps au ravito?? On ne sait plus trop. Qu'importe. On fait la descente ensemble...

A Kruth, on vire à gauche. Tiens un mariage... s'ils savaient dans quoi ils s'engagent!!! bon je file, pas d'état d'ames, d'amertume, de pleurnicherie! (surtout que c'est proscrit par certains forumeurs...).

J'arrive au pied du Markstein. Les premiers kilomètres sont impitoyables et vont laisser des traces. J'ai mal au ventre, mal au dos, mal aux jambes!!! Mon compteur flanche aussi. Il s'arrete parfois, du coup, je n'ai plus de repère. Il me reste 7 ou 7,5 jusqu'en haut??? Bah, quelle importance? La montée reste agréable, car bien abritée par les sapins. Ca coupe du vent et du soleil,meme s'il commence à se faire un peu tard. J'arrive enfin au Markstein, toujours en avance sur mon prévisionnel... c'est bon pour le moral

 

km 238 Le Markstein. J'ai mal au ventre et mal au dos, une grosse envie de m'allonger, besoin aussi de manger, mais encore une fois... ca ne passe pas. Une soupe... Les spaghettis bolo me font de l'oeil... mais je ne peux pas. Aie Aie!!! il faut que je mange. Je prépare mon vélo pour la nuit, éclairages, chasuble, dans 1h30 à 2h je serai dans le noir. Je repars le ventre vide ou presque... J'espère que ca va aller mieux. Heureusement, j'ai de quoi m'alimenter en route si ca revient. Mais ca me fait douter. J'espère qu'au col du Calvaire je pourrai manger pour de vrai.

La route de crètes m'attend. Elle me casse les jambes, montées, descentes, et l'arret au Markstein m'a un peu refroidi. Je tourne à gauche pour rejoindre Longemer par la route des américains. Mauvais revetement, ca saute et j'entends quelquechose tomber, me retourne et vois quelquechose partir vers le dévers... Je m'arrete, remonte un peu. Je fais le point. Poches, vélo... PU.... naise!!! Je viens de perdre un de mes feux arrière!! et forcément le meilleur, le plus cher, le plus puissant. J'essaie de le chercher, mais je finis par me résigner, il m'en reste un et trois devant. Je vais donc en prendre un avant pour remplacer. Arrivé à la Bresse, j'ai un doute sur mon itinéraire... Il fallait tourner ou pas??? je m'arrete, le GPRC me confirme que c'est bon, je n'ai pas à remonter au carrefour précédent. Je termine la descente vers la Bresse et amorce la remontée vers la le col des Feignes par la très jolie vallée de Chajoux. La route est très agréable, les jambes tournent toujours pas trop mal et hourra!!!! j'ai faim!!! contrôle visuel un peu après un joli lac, et je termine la montée. En haut, je m'impose un arret pour manger une ptite gaufre au miel. Pas des Meli, j'en ai plus, mais elle passe très bien aussi!!! ca fait du bien! J'allume mes ptites lampes pour commencer la descente. La nuit approche. Le lac de Xonrupt est très joli, odeur de barbec en passant devant les campings... miam!!! vivement le Calvaire... je veux dire le Col du Calvaire... Enfin vous m'avez compris... Non??? faites pas exprès!

J'enchaine avec la montée du col du Surceneux, puis je bascule vers Plainfaing, longue, très longue descente... je prends un peu de pluie, la nuit est là... Avant de monter le Bonhomme, je m'arrete pour resserrer mon deuxième feu arrière improvisé. Un bout de carton pour completer le serrage. Et c'est reparti.

La montée se fait « bien »... enfin pas trop mal. C'est toujours dur pour le moral de se faire doubler par des fusées! Mais j'admire et j'envie. Les jambes tournent, c'est fluide, quel facilité! Ca n'est pas sans me rappeler les Dupont en jeep dans le désert!

En haut du Bonhomme, je me souviens que c'est un de mes premiers cols... en VTT depuis Colmar il y a pas loin de 20ans... Ben oui, déjà à l'époque avec maxi 500kms dans l'année... Un ptit grain déjà...Allez, direction le Col du Calvaire. J'ai souvenir que cette route est assez casse pattes, et je suis assez prudent sur la première partie pour garder un peu de forces. Après le col du Louchbach la route remonte et ca devient un peu plus dur... C'est long, j'ai faim, je suis trempé. Je suis pressé d'arriver. J'ai un sac d'affaires chaudes et sèches pour la nuit! Le feu de camp m'attend aussi!

J'arrive enfin

 

Km 313 Col du Calvaire Je me change et j'enfile mes fringues d'hiver pour la nuit. Est ce que je vais avoir trop chaud??? au pire j'ouvrirai tout, mais je suis mieux les jambes couvertes, et bien au chaud. Je fais une grosse pause, je mange enfin, soupe, pates, viande, gateau de riz... tout passe!!! Grosse dose de café aussi. Je ne sais pas combien de temps je suis resté. Trop sans doute, mais j'avais besoin d'une bonne pause. Celle du Markstein était inutilement longue car au final je n'ai rien mangé. Je suis toujours un peu en avance sur mes prévisions. Ca fait du bien au moral et ca laisse une marge de manoeuvre en cas de défaillance ou d'imprévu...

La route des Crêtes. Je me souviens avoir fait du ski de fond sur cette route avec ma maman... Qui aurait dit que j'y repasserais 20 ans plus tard à 2h du mat' à vélo???

Je me souviens que Jean- Claude avait dit que sur cette route on pourrait apercevoir une fée... Je ne l'ai pas vue... Moi j'ai un ange qui m'accompagne depuis le départ... (oui oui je suis parti sans assistance, mais je me comprends...). En musique (Angels de Robbie Williams) et dans ma tete. Je sais les oreillettes sont interdites, mais j'ai mis un peu de musique pour la nuit.

Au loin je vois quelques éclairs... La fusée Leblacher doit etre en train de faire peter tous les radars sur la route!!! J'arrive assez rapidement à la Schlucht et je descends rapidement vers la bifurcation vers le Wettstein. A chaque descente il y a la crainte... Pas la chute pour moi, je suis concentré, je descends bien, mais je reste prudent. Non la crainte d'aller trop bas!!! Ne pas rater la route!!!! La voilà, je tourne à gauche et je retrouve 5kms d'ascension avant le col. Derrière moi une voiture qui monte. Et une petite lumière juste devant... Voilà un autre REVeur dans la nuit... Il me rattrape petit à petit mais je bascule avant lui. Descente sur Orbey très rapide, puis direction 3 épis. Je ne vois plus les phares et la pluie commence à tomber. Je m'arrete sous un abri bus pour manger un peu et vérifier ma carte. Je vais essayer de faire vite au ravito du Collet du Linge. J'ai bien mangé au précédent et le suivant n'est qu'à 25kms. La pluie tombe un peu plus fort. Je tourne à droite sur la route qui me ramène au Collet du Linge. Le REVeur de la montée du Wettstein n'est plus loin derrière moi. La pluie est de plus en plus forte... Le Collet du Linge approche, mais c'est désormais un déluge!!! Je suis trempé. Heureusement il ne fait pas froid en pédalant.

 

Km 372 Collet du Linge... tout le monde est caché dans les voitures, c'est clair, je ne vais pas m'attarder. La pluie ne me gêne pas trop, je prends une soupe, un café, je fais le plein des bidons... tout le monde est trempé. Les bénévoles sont là depuis des heures et ont encore un moment à attendre... Chapeau à eux... Leur défi est de continuer à servir du chaud dans ces conditions!!! Par contre le top pour rincer la vaisselle!!!! Je repars assez vite, je connais un peu la descente... pour l'avoir montée à deux reprises en VTT... il y a une vingtaine d'années. Il m'en reste quelques souvenirs. Je pense que j'ai rarement autant freiné en descente! J'aborde les virages avec prudence, scrute et anticipe tout ce qui pourrait me mettre au tapis, plaques d'égout, traversée d'eau, branchages... La descente se passe pas trop mal on va dire. En bas, plus de pluie. Un REVeur 420 me rejoint. Il a pris la meme saucée dans la descente de la Schlucht! Nous filons ensemble vers Munster. Je pédale fort pour me réchauffer. Dans Munster, secteur pavé n°1 et n°2!! J'aime bien le pavé, mais après plus de 380 bornes, ca fait vraiment mal aux fesses!!! Je les passe rapidement malgré tout.... mais ca secoue! Je continue ma descente vers la route qui me mènera aux deux « épouvantails » du REV : le Petit Ballon et le col P (clin d'oeil à Martial et Didier...). Un cliquetis agaçant dans la chaine... qui aura son importance un peu plus tard dans la nuit... La pluie à nouveau jusqu'à Wasserbourg, mais moins soutenue qu'en montant le Collet du Linge.

Wasserbourg approche... et je me souviens du road book : « la route s'élève brusquement »... Ouais, la route s'élève brusquement qu'il disait!!! Une belle rampe à la sortie de Wasserbourg me permet de vérifier que je suis bien sur la bonne route... Oui la route se cabre d'un seul coup. Je me fais meme flasher par Didier Miranda... Oui... à la vitesse ou j'allais dans cette permière rampe, ca pouvait pas etre autre chose!! Les suivantes vont faire mal aux jambes aussi. C'est à ce moment que je me rends compte que mon compteur ne marche plus vraiment puisqu'il n'affiche plus qu'un chiffre!! A ce rythme, je vais mettre des plombes à rejoindre le ravito suivant!!! après quelques kilomètres mais aussi un gros gros paquet de minutes, j'aperçois une lumière un peu plus haut... Non c'est pas le ravito??? Si loin??? Je m'accroche il doit rester encore 2 kilomètres.... c'est long, très long!

Oui les lumières au fond c'était bien le ravito!!! j'y arrive enfin, et là quelques fusées pour saluer mon arrivée!!!

 

Km 403 Le Petit Ballon. Ca fait du bien d'arriver... Encore une fois l'accueil est chaleureux. J'en ai un peu bavé, le début de la montée est difficile et ensuite la pente reste assez raide pour ne pouvoir relancer. J'ai « grillé » l'avance que j'avais acquise sur mes prévisions. Je prends une bonne soupe avec des pates, un bon café et essaie de ne pas trop tarder pour ne pas trop refroidir! Quelques infos sur la suite, surtout le fameux col P, pour savoir si ca va etre aussi dur... Et je repars. Dans la descente, prudence, la pluie a ramené pas mal de graviers sur la route et je me méfie d'une mauvaise surprise... Encore une fois, je freine beaucoup... juste avant de remonter, j'ai un ptit soucis au moment de remettre la moulinette en route pour remonter le col P. Je repars, mais le cliquetis dans la chaine est plus fort et devient inquiétant... Après 500 mètres, je décide de m'arreter. Diagnostique : un maillon de la chaine est sorti de son logement, et ca va finir par sauter! Une voiture s'arrete derrière moi et m'éclaire, ca va m'aider car lumière plus diffuse que la frontale. Je sors le dérive chaine, un ptit bout de chaine que j'avais en secours et je me mets à bricoler. Mon dos me fait mal!! j'ai presque fini, plus qu'à remettre un morceau. Didier Miranda arrive et m'aide à terminer ma réparation. Grace à ces deux suiveurs, je repars les mains propres et meme les mains qui sentent bon!! avec meme une ptite poussette pour repartir (mais chut!!!). Je reprends donc la longue, très longue, trop longue montée vers le col (ouais je sais ca fait que 5kms mais là c'est long!!!) La montée est régulière, et comme dans le Petit Ballon, mon compteur ne daigne afficher qu'un seul chiffre. Je suis sur mon 34/26, et je regrette presque de ne pas avoir mis un 27 ou un 29. Le col arrive enfin... En haut du fameux col P, une ptite réplique des Monty Python me traverse l'esprit « I'm not quite dead »... Elle sera suivie dans la descente de «  I'm getting better »... Oui je commence à délirer!! Le jour pointe son nez mais il fait humide... Il reste un ptit bout de route irrégulière pour rejoindre la route des crêtes. Brouillard, pluie, vent, Je sais qu'il reste 2 ou 3 kilomètres avant des portions plus faciles. Je rejoins enfin la route des Crêtes, je remets la plaque et je file à travers le brouillard vers le Markstein. Mon compteur remarche enfin!!!! Deux chiffres pour la vitesse !!(et non le premier n'est pas 1...). Descente rapide vers le pied du Grand Ballon avant d'attaquer 2kms environ de remontée. Après les pentes des deux cols précédents, j'ai l'impression que ca roule tout seul. Meme pour remonter au sommet du Ballon. La descente qui suit est très rapide, deux « secteurs » pavés. Ca envoie. Je rattrape un peu de temps, je tourne les jambes à bloc pour récupérer, j'essaie de me détendre et m'étirer aussi. J'arrive au prochain ravito

 

Km 442 Col Amic. J'arrive et je me change, je suis trempé encore une fois, et j'adopte une tenue mi saison. Il doit etre 7h du mat'. Pas de croissant pour le ptit dèj, une soupe encore un fois, des pates, un bon café, et il est temps de repartir... Sauf que... roue avant crevée!!! La poisse!! un coup au moral... Je change la chambre, je profite encore une fois de Didier Miranda (enfin pas de lui, de sa pompe à pied!) pour mettre la bonne pression. 8 bars et ca repart!!! Les kilomètres qui suivent sont plutot désagréables. La rampe juste après le col et la route avant d'amorcer la descente donnent la sensation d'etre scotché à la route. Et je ne suis pas mécontent quand la vraie descente arrive. Je file vers Wattwiller puis Wuenheim. Là je prends la fameuse route qui remonte vers le col Amic, très jolie route de la sapinière très agréable, beau revetement. Elle commence néanmoins par un ptit coup de cul à la sortie de Wuenheim qui me fait très mal!! La montée est régulière pas trop pentue mais je ressens la fatigue... ca fait 24h que je roule, et je n'arrive plus à relancer ou hausser le rythme. Sur la route, quelques indications pour me dire que j'approche du sommet... La difficulté de cette montée est aussi d'éviter crapauds écrasés, grosses limaces et escargots (bon ca va il n'y en a pas un qui m'a doublé!!!).Normalement ils plient le pointage à 9h... ca doit le faire mais faut pas que je traine. Plus qu'un kilomètre, mais je suis toujours dans les bois... En fait le « point chaud » n'est pas au sommet. Ce sera pareil pour la dernière montée du Ballon dans l'aprèm.

 

Km 475 Col Amic. 10 minutes d'arret, l'arrière de mon vélo ne déssert pas les gares... N'importe quoi!!! Je me change et je mets une tenue d'été (oui, j'ai cette folie aussi, après tout on est juste un peu en été!!!), je mange, j'ai un peu abusé des pauses je dois dire... j'enlève mes éclairages pour voyager un peu plus léger. Ca descend vite encore une fois. J'arrive rapidement à Willer sur Thur puis Thann. Je tourne pour grimper le Hundsrück, « petit » col de 748m, mais à ce moment là il fait très mal... Dans un lacet, j'entends des voix en contrebas, d'autres cyclistes grimpent et vont me doubler... Bon moi j'ai presque 500kms dans les pattes, impossible de les accrocher. Et puis meme sans cela, je n'aurais pas pu... Quand le sommet arrive, je sais que les 100 derniers kilomètres vont etre durs... route vallonnée jusqu'à Masevaux, puis un revetement qui ne rend pas pour rejoindre le pied du Ballon à Sewen. Je prends d'ailleurs la piste cyclable. A Masevaux, les cloches sonnent. Un mariage ??? ben non on est dimanche après midi. Un peu plus tard, je réalise qu'on est dimanche matin. : complètement déphasé!!! A Sewen, je sais que ca va etre dur... Quelques lacets pour commencer la montée, et j'adopte un rythme de croisière en essayant tant bien que mal de rester au dessus de 10. J'ai un sentiment de ne pas avancer. Le 34 m'apporte de la facilité, mais l'impression de faire du sur place. Je me rends compte que je manque d'expérience et qu'il me manque des points de comparaison pour savoir quel développement aurait été idéal à cet endroit. La montée me laisse du temps pour penser à ce que je viens de vivre... ce que j'ai fait pendant les dernières 24 heures (et maintenant un peu plus). Les camions Europcar, Astana et Auber 93 me doublent. Arrivée du tour d'Alsace au sommet du Ballon un peu plus tard. Quand je vois le « grimpeur » à 1kms, je me dis que j'y suis... sauf que non, il reste encore 1 kms pour rejoindre la route qui va me permettre de redescendre vers Giromagny. Didier est là encore à attendre Martial. Je suis bien incapable de lui dire à combien il est derrière moi. Je n'ai plus trop de notion des écarts, j'ai plus trop l'impression d'avancer, à part en descente...heureusement!

La descente du Ballon est très rapide. 24H plus tot j'y étais dans l'autre sens!! Je roule ensuite assez rapidement à ma surprise vers Plancher Bas, puis Plancher.... Un ptit vent de panique cependant, je ne vois pas le dernier pointage... Je m'arrete téléphoner... personne. Le concurrent qui me double me dit que c'est plus loin.

 

Km 547. Plancher les mines. Je prends mon dernier ravitaillement, je tarde un peu à repartir. La montée du ballon de Servance est magnifique. J'ai beaucoup de difficultés à reprendre un rythme correct. La route est irréguliere et ne rend pas. J'arrive plus à avancer. A nouveau quand la pente va s'accentuer, mon compteur va me miner le moral... Je n'avance plus... La montée est très belle « calme et majesté de ce ballon » avait dit Jean Claude dans le road book. C'est très vrai. J'ai tout le loisir d'en profiter. Je fais meme une pause pour manger un peu, je n'arrive plus à manger et rouler en meme temps... Après ca me coute trop de relancer. J'en profite pour regarder la carte. Plus que deux kilomètres. Le dernier va sembler interminable... Enfin le sommet!! La descente va etre dure... La route est mauvaise et saute beaucoup, revetement bof bof, et moi j'ai le dos en vrac, mes fesses n'amortissent plus rien... J'essaie de ne pas perdre trop de temps, mais j'avoue que j'ai pris plus de plaisir à descendre le collet du Linge sous la pluie et le brouillard que le Ballon de Servance!! La descente me semble aussi longue que la montée, c'est pour dire!!! Gros soulagement de rejoindre le col des Croix pour la 3ème fois depuis le départ. La route remonte légèrement, il me reste une trentaine de kilomètres, il ne me reste plus que le pointage « volant » que Jean Claude a préparé... et comme beaucoup, je vais le chercher encore et encore... Je roule comme un dingue sur cette partie plutot descendante, 50/12 ou 50/13 et c'est une partie ou je me fais vraiment plaisir. Pas trop mal aux jambes, le dos suit bien si je ne change pas trop de position. Esmoulières une jolie maison sur la gauche... j'ai apprécié les routes décorées tout au long du parcours. J'aime le coté festif du vélo et le passage du tour a permis aux fanas de vélo de s'exprimer et d'embellir les villages. Jolie maison, jardin fleuri, je me serais bien arreté poser pour la photo au milieu des nains!!!

Je longe la rivière ensuite, là ou le vendredi je m'étais posé pour « réviser » mon road book, les pieds dans l'eau. J'arrive dans Froideconche. Ca fait 31h que je suis parti. Je n'aurai pas droit à la boucle plus. Mes jambes tournent encore bien. Dommage.

Dernière ligne droite... J'arrive dans 5 minutes... c'est un moment un peu étrange... Beaucoup de sentiments qui se bousculent et s'emmèlent. Soulagement d'arriver, émotion d'avoir réussi, fatigue d'une nuit blanche, satisfaction d'avoir préparé un objectif et d'etre allé au bout... Et puis tout ce qui fait que je me suis engagé dans de défi un peu fou, tout ce qui en a créé le besoin, ce que j'ai traversé ces derniers mois, et les changements survenus dans ma vie (oui je sais faut pas venir sur le forum pour pleurnicher...). Dernier rond point, le mac do de Didier, un distributeur de m&m's... direction l'abbaye... Alive and Kicking!!! J'arrive à l'abbaye! Je passe le portail et je remonte la « rampe de lancement ». Un bip retentit. 31H09 pour 610kms. Je descends de mon vélo et vais m'assoir... Vide, vidé. Content d'etre arrivé... mais presque déçu que ce joli REV s'arrete...

Echange d'impressions avec ceux qui m'ont précédé, mais j'ai du mal à réaliser que c'est fait...

J'ai vécu pleinement mon REV... Je veux vivre pleinement mes rêves désormais.

 

Mon REV a commencé il y a presque un an, lecture des compte rendus sur le forum, sur les blog et site du CC Froideconche, et l'envie de REVer à germé. Envie et besoin d'un défi hors norme, autre que ceux que le vie nous impose ou qui nous tombent dessus par manque de discernement, de lucidité ou à cause de mauvais choix. Mon REV c'est aussi une forme de réponse à celles et ceux qui depuis plus de deux ans me piétinent la gueule et n'hésitent pas à me cracher dessus, dans le dos évidemment, prétendent m'aider mais juste pour se donner bonne conscience... J'ai réussi, tout seul, comme un grand... Je me suis relevé malgré tout!!

J'ai mis du temps à me décider sur la formule... 420??? puis finalement le REV... Autant vivre ce REV à fond!! Préparation en conséquence... Je ne me suis pas lancé complètement dans l'inconnu. J'ai testé mon corps à plusieurs reprises, mon mental aussi...Je me souviendrai toujours cette belle sortie nocturne à Pâques, qui m'a mené vers Dinan, Dinard, St Malo, Mont saint Michel... sous la pleine lune, puis les suivante, de jour ou de nuit... difficiles mais toujours magiques. Test physique, mais aussi test mental. J'ai enchainé des sorties longues seul, accumulé les charges de travail et fatigué mon corps... Un peu de folie sans doute, comme le jour de la Bernard Hinault ou je fais le grand parcours le matin (195kms) et la corrida de Langueux (10kms à pied) le soir... Parfois les motivations sont obscures... ce jour là elles étaient claires et pas que sportives On dit souvent que c'est dans la tete... Oui je le pense. Ca se passe beaucoup dans la tete. Ce REV j'en avais besoin, j'en avais envie. Sortir de la routine, oser, vivre des choses différentes, se lancer... 4 jours après, j'ai du mal à reprendre une vie ordinaire. Cet objectif a rythmé ma vie depuis des semaines, préparation, questionnements, etc... J'ai couru pas mal de championnat de France en canoe slalom ou descente, mais là le stress était différent. En canoe, tout était devenu automatique, presque banal. Le stress montait 1h avant le départ, et encore... Ici, la semaine avant le départ a été dure à gérer... Et l'après aussi... Il me manque quelquechose...

 

Je veux enfin remercier tous ceux qui ont rendu ce REV possible, Jean Claude et ton équipe, toi qui a eu la folie d'imaginer cette épreuve et pire encore, la faire naitre et la faire vivre. Pas facile de mobiliser une équipe de bénévoles quand on n'a que si peu d'inscrits... Mais sur le vélo et aux ravitos et à la préparation, un meme esprit : l'amour du vélo.

Merci à ceux qui m'ont donné envie de participer, les récits des éditions précédentes, les échanges sur les forums...

Merci à celle et ceux (ils sont très très peu nombreux car je n'ai pas trop parlé de mon REV de fou avant...) qui ont compris ma démarche et qui m'ont soutenu.

Merci à Patrick pour le vélo, c'est celui que tu m'as « déniché » il y a 5 ou 6 ans déjà...

Merci aux autres participants qui eux aussi font vivre le REV et me permettent de voir que si je suis fou, je ne suis pas le seul à enfermer...

 

Enfin, j'ai aimé le REV et forcément mon REV. C'est un lieu de mixité... chacun est animé d'une motivation différente au départ et chacun a sa raison d'etre ici... et puis il y a d'anciens champions, des cyclistes au palmarès étoffé et éloquent, des cyclistes au palmarès moins prestigieux mais qui ont vécu un tas d'expériences intéressantes à partager, et puis les autres, comme moi qui découvrent... Tout ce monde rassemblé pour partager la meme aventure, aller au bout de soi meme, faire de son mieux et vivre son REV à fond!! C'est le sport comme je l'aime. J'en veux et j'en redemande...

Aujourd'hui je suis en vacances chez mes parents et je récupère tranquillement. Une ptite sortie de 40kms hier pareil aujourd'hui... C'est tout plat ici!... Et dans l'ancienne chambre de mon frère... une carte du massif vosgien qui me fait de l'oeil et m'appelle... REV 2013???

 

 

CR d'excellente facture, Olivier, "ça" se lit d'une traite, on a presque l'impression d'être à côté de toi ... sur un vélo invisible, en quelque sorte    smiley rolleyes

Et ta perf est d'un niveau plus que correct, en prime, si l'on peut dire.

Cordialement, l'ami.   smiley cool

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envoyé le 08/08/2012 18:05

 

8h27... c'est l'heure pour moi de vivre mon rêve... Sur la "rampe de départ" j'enfourche mon vélo et la charmante Géromine (pardon pour l'orthographe si j'ai écorché ton prénom) me donne le top départ... Je me lance donc à l'assault des cols vosgiens, content d'y etre enfin, en me disant que maintenant ça va se jouer entre mes jambes, mon mental, mon vélo... et les aléas!



A la sortie de Luxeuil, direction Froideconche, c'est la première ou la deuxième??? premier doute, premières calottes à distribuer. Si j'ai bien reconnu le final, je n'ai pas vérifié ce détail important... ça commence bien... Je fais 500mètres et vérifie sur mon GPCR (Guidage Par Carte Routière). Demi tour, c'était la première!!! quel idiot!!!

Je reprends donc la route, la bonne et file vers Froideconche, puis Raddon... Il tombe quelques gouttes, mais pas autant que dans la nuit ou meme le matin pour saluer le départ des randonneurs.

La route s'élève peu à peu, le revêtement ne rend pas... j'ai déjà mal aux jambes... Est ce dû au stress, la fatigue du trajet? Peu importe... Roulez jeunesse.

Km 22, je rattrape un collègue REVeur Belge Alex Joris un peu après le premier lacet bien gravillonné... Un ptit bonjour, et hop, on continue... en quoi c'est important??? simplement parce que 4 kms plus loin, j'entends discuter derrière moi... Non, je ne REVe pas!!! Eric Leblacher parti 6 minutes derrière moi est déjà là!!! Il ne lui faut pas longtemps pour fondre sur moi, me saluer à son tour... et m'enrhumer!!! Je profite néanmoins de ce lièvre et d'une pente un peu plus à ma convenance pour maintenir un écart raisonnable... Dans la descente vers le Mont de Fourche, je me permets meme de le rattraper et le doubler!!! La frime. J'en profite, ca n'arrive pas tous les jours!! Enfin faut dire que la quinzaine (menteur va!!) non la vingtaine de kilos qui nous sépare joue en ma faveur... L'avion de chasse me double à nouveau dès la première « rampe » qui suit... et ce coup ci, je ne le reverrai qu'à l'Abbaye!!



Km 47, premier ravito au Col des Croix, émargement et remplissage rapide des bidons, je m'arrêterai plus longuement au deuxième passage et j'entame la montée du Ballon de Servance, première ascension importante de la journée. La montée ne me semble pas trop dure... Je rejoins Eric Royer, on papote et on termine la montée ensemble, ca fait passer les deux derniers kilomètres un peu plus vite. On bascule ensemble, avec un troisième Reveur. La descente est rapide, un peu délicate, chaussée un peu glissante, manque de visibilité... Au bout d'une ligne droite, je vois celui qui me précède amorcer le virage, jambe gauche levée... Pipi??? NON!!! virage qui se referme!! Je freine moi aussi à bloc, et lève aussi la jambe!!! Prudence donc!! Encore une fois, mon poids et mon passé de canoeiste (quel rapport??? lecture de trajectoire, transfert de poids... et habitude des conditions humides, j'y reviendrai plus tard) semblent jouer en ma faveur puisque je me retrouve seul à Plancher les mines et cela jusqu'au Col des Croix.

Km 101 ravito au Col des Croix, j'en profite pour faire le plein. Je suis en avance sur mon prévisionnel, j'ai un peu plus de 26km/h de moyenne. C'est bien... mais il reste 500kms... et les gros cols arrivent!!

Je repars pour mon premier ballon. Après St Maurice, les premiers lacets sont durs à avaler. La pluie de la nuit a rendu l'atmosphère étouffante... La montée va laisser des traces!!!

Km 120, ravito pointage au Ballon, il fait bon au sommet, je remplis les bidons et un peu mon bidon... J'enfile un coupe vent, et j'amorce la descente rapide vers Sewen puis Masevaux. Je profite encore une fois de ma « grosse » carcasse pour filer vers mon deuxième ballon. Ca me permet aussi de mesurer ce qui m'attend demain... après 450kms!

Au pied de mon deuxième ballon, je me prends une bonne averse pendant 5 minutes. Mais ca ne me refroidit pas. Je crois que c'est Laurent Jeanmaire qui me suivait à moins de 2 minutes qui me dira que lui est passé au travers!! C'est pô juste!!

Le deuxième Ballon depuis Giromagny est long, mais la pente relativement « faible » permet de bien tourner les jambes. La montée est belle. On double, on se fait doubler... Les premiers REVeurs avec assistance arrivent déjà. Le sommet dégarni du Ballon approche enfin, j'ai mal au ventre...

Km181 Je m'arrete au ravito mais je n'arrive pas à manger. Ca ne passe pas. Pourtant il est plus que l'heure de manger (vers 15h je pense). Il y a un peu de monde au sommet, les gens se demandent sans doute ce qu'on fait avec nos numéros sur le cadre... ah... s'ils savaient!!!

Je repars pour entamer la descente vers Le Thillot, descente très rapide et très agréable. Je roule ensuite plutot allègrement et je passe les cols du Ménil et d'Oderen sans trop de mal. Ils sont plutot roulants., enfin suffisamment pour ne pas faire trop mal aux jambes. En haut du col d'Oderen, je retrouve le grand Eric Royer qui a dû me doubler... perte totale de repères... qui se trouve devant??? qui s'est arreté plus longtemps au ravito?? On ne sait plus trop. Qu'importe. On fait la descente ensemble...

A Kruth, on vire à gauche. Tiens un mariage... s'ils savaient dans quoi ils s'engagent!!! bon je file, pas d'état d'ames, d'amertume, de pleurnicherie! (surtout que c'est proscrit par certains forumeurs...).

J'arrive au pied du Markstein. Les premiers kilomètres sont impitoyables et vont laisser des traces. J'ai mal au ventre, mal au dos, mal aux jambes!!! Mon compteur flanche aussi. Il s'arrete parfois, du coup, je n'ai plus de repère. Il me reste 7 ou 7,5 jusqu'en haut??? Bah, quelle importance? La montée reste agréable, car bien abritée par les sapins. Ca coupe du vent et du soleil,meme s'il commence à se faire un peu tard. J'arrive enfin au Markstein, toujours en avance sur mon prévisionnel... c'est bon pour le moral

 

km 238 Le Markstein. J'ai mal au ventre et mal au dos, une grosse envie de m'allonger, besoin aussi de manger, mais encore une fois... ca ne passe pas. Une soupe... Les spaghettis bolo me font de l'oeil... mais je ne peux pas. Aie Aie!!! il faut que je mange. Je prépare mon vélo pour la nuit, éclairages, chasuble, dans 1h30 à 2h je serai dans le noir. Je repars le ventre vide ou presque... J'espère que ca va aller mieux. Heureusement, j'ai de quoi m'alimenter en route si ca revient. Mais ca me fait douter. J'espère qu'au col du Calvaire je pourrai manger pour de vrai.

La route de crètes m'attend. Elle me casse les jambes, montées, descentes, et l'arret au Markstein m'a un peu refroidi. Je tourne à gauche pour rejoindre Longemer par la route des américains. Mauvais revetement, ca saute et j'entends quelquechose tomber, me retourne et vois quelquechose partir vers le dévers... Je m'arrete, remonte un peu. Je fais le point. Poches, vélo... PU.... naise!!! Je viens de perdre un de mes feux arrière!! et forcément le meilleur, le plus cher, le plus puissant. J'essaie de le chercher, mais je finis par me résigner, il m'en reste un et trois devant. Je vais donc en prendre un avant pour remplacer. Arrivé à la Bresse, j'ai un doute sur mon itinéraire... Il fallait tourner ou pas??? je m'arrete, le GPRC me confirme que c'est bon, je n'ai pas à remonter au carrefour précédent. Je termine la descente vers la Bresse et amorce la remontée vers la le col des Feignes par la très jolie vallée de Chajoux. La route est très agréable, les jambes tournent toujours pas trop mal et hourra!!!! j'ai faim!!! contrôle visuel un peu après un joli lac, et je termine la montée. En haut, je m'impose un arret pour manger une ptite gaufre au miel. Pas des Meli, j'en ai plus, mais elle passe très bien aussi!!! ca fait du bien! J'allume mes ptites lampes pour commencer la descente. La nuit approche. Le lac de Xonrupt est très joli, odeur de barbec en passant devant les campings... miam!!! vivement le Calvaire... je veux dire le Col du Calvaire... Enfin vous m'avez compris... Non??? faites pas exprès!

J'enchaine avec la montée du col du Surceneux, puis je bascule vers Plainfaing, longue, très longue descente... je prends un peu de pluie, la nuit est là... Avant de monter le Bonhomme, je m'arrete pour resserrer mon deuxième feu arrière improvisé. Un bout de carton pour completer le serrage. Et c'est reparti.

La montée se fait « bien »... enfin pas trop mal. C'est toujours dur pour le moral de se faire doubler par des fusées! Mais j'admire et j'envie. Les jambes tournent, c'est fluide, quel facilité! Ca n'est pas sans me rappeler les Dupont en jeep dans le désert!

En haut du Bonhomme, je me souviens que c'est un de mes premiers cols... en VTT depuis Colmar il y a pas loin de 20ans... Ben oui, déjà à l'époque avec maxi 500kms dans l'année... Un ptit grain déjà...Allez, direction le Col du Calvaire. J'ai souvenir que cette route est assez casse pattes, et je suis assez prudent sur la première partie pour garder un peu de forces. Après le col du Louchbach la route remonte et ca devient un peu plus dur... C'est long, j'ai faim, je suis trempé. Je suis pressé d'arriver. J'ai un sac d'affaires chaudes et sèches pour la nuit! Le feu de camp m'attend aussi!

J'arrive enfin

 

Km 313 Col du Calvaire Je me change et j'enfile mes fringues d'hiver pour la nuit. Est ce que je vais avoir trop chaud??? au pire j'ouvrirai tout, mais je suis mieux les jambes couvertes, et bien au chaud. Je fais une grosse pause, je mange enfin, soupe, pates, viande, gateau de riz... tout passe!!! Grosse dose de café aussi. Je ne sais pas combien de temps je suis resté. Trop sans doute, mais j'avais besoin d'une bonne pause. Celle du Markstein était inutilement longue car au final je n'ai rien mangé. Je suis toujours un peu en avance sur mes prévisions. Ca fait du bien au moral et ca laisse une marge de manoeuvre en cas de défaillance ou d'imprévu...

La route des Crêtes. Je me souviens avoir fait du ski de fond sur cette route avec ma maman... Qui aurait dit que j'y repasserais 20 ans plus tard à 2h du mat' à vélo???

Je me souviens que Jean- Claude avait dit que sur cette route on pourrait apercevoir une fée... Je ne l'ai pas vue... Moi j'ai un ange qui m'accompagne depuis le départ... (oui oui je suis parti sans assistance, mais je me comprends...). En musique (Angels de Robbie Williams) et dans ma tete. Je sais les oreillettes sont interdites, mais j'ai mis un peu de musique pour la nuit.

Au loin je vois quelques éclairs... La fusée Leblacher doit etre en train de faire peter tous les radars sur la route!!! J'arrive assez rapidement à la Schlucht et je descends rapidement vers la bifurcation vers le Wettstein. A chaque descente il y a la crainte... Pas la chute pour moi, je suis concentré, je descends bien, mais je reste prudent. Non la crainte d'aller trop bas!!! Ne pas rater la route!!!! La voilà, je tourne à gauche et je retrouve 5kms d'ascension avant le col. Derrière moi une voiture qui monte. Et une petite lumière juste devant... Voilà un autre REVeur dans la nuit... Il me rattrape petit à petit mais je bascule avant lui. Descente sur Orbey très rapide, puis direction 3 épis. Je ne vois plus les phares et la pluie commence à tomber. Je m'arrete sous un abri bus pour manger un peu et vérifier ma carte. Je vais essayer de faire vite au ravito du Collet du Linge. J'ai bien mangé au précédent et le suivant n'est qu'à 25kms. La pluie tombe un peu plus fort. Je tourne à droite sur la route qui me ramène au Collet du Linge. Le REVeur de la montée du Wettstein n'est plus loin derrière moi. La pluie est de plus en plus forte... Le Collet du Linge approche, mais c'est désormais un déluge!!! Je suis trempé. Heureusement il ne fait pas froid en pédalant.

 

Km 372 Collet du Linge... tout le monde est caché dans les voitures, c'est clair, je ne vais pas m'attarder. La pluie ne me gêne pas trop, je prends une soupe, un café, je fais le plein des bidons... tout le monde est trempé. Les bénévoles sont là depuis des heures et ont encore un moment à attendre... Chapeau à eux... Leur défi est de continuer à servir du chaud dans ces conditions!!! Par contre le top pour rincer la vaisselle!!!! Je repars assez vite, je connais un peu la descente... pour l'avoir montée à deux reprises en VTT... il y a une vingtaine d'années. Il m'en reste quelques souvenirs. Je pense que j'ai rarement autant freiné en descente! J'aborde les virages avec prudence, scrute et anticipe tout ce qui pourrait me mettre au tapis, plaques d'égout, traversée d'eau, branchages... La descente se passe pas trop mal on va dire. En bas, plus de pluie. Un REVeur 420 me rejoint. Il a pris la meme saucée dans la descente de la Schlucht! Nous filons ensemble vers Munster. Je pédale fort pour me réchauffer. Dans Munster, secteur pavé n°1 et n°2!! J'aime bien le pavé, mais après plus de 380 bornes, ca fait vraiment mal aux fesses!!! Je les passe rapidement malgré tout.... mais ca secoue! Je continue ma descente vers la route qui me mènera aux deux « épouvantails » du REV : le Petit Ballon et le col P (clin d'oeil à Martial et Didier...). Un cliquetis agaçant dans la chaine... qui aura son importance un peu plus tard dans la nuit... La pluie à nouveau jusqu'à Wasserbourg, mais moins soutenue qu'en montant le Collet du Linge.

Wasserbourg approche... et je me souviens du road book : « la route s'élève brusquement »... Ouais, la route s'élève brusquement qu'il disait!!! Une belle rampe à la sortie de Wasserbourg me permet de vérifier que je suis bien sur la bonne route... Oui la route se cabre d'un seul coup. Je me fais meme flasher par Didier Miranda... Oui... à la vitesse ou j'allais dans cette permière rampe, ca pouvait pas etre autre chose!! Les suivantes vont faire mal aux jambes aussi. C'est à ce moment que je me rends compte que mon compteur ne marche plus vraiment puisqu'il n'affiche plus qu'un chiffre!! A ce rythme, je vais mettre des plombes à rejoindre le ravito suivant!!! après quelques kilomètres mais aussi un gros gros paquet de minutes, j'aperçois une lumière un peu plus haut... Non c'est pas le ravito??? Si loin??? Je m'accroche il doit rester encore 2 kilomètres.... c'est long, très long!

Oui les lumières au fond c'était bien le ravito!!! j'y arrive enfin, et là quelques fusées pour saluer mon arrivée!!!

 

Km 403 Le Petit Ballon. Ca fait du bien d'arriver... Encore une fois l'accueil est chaleureux. J'en ai un peu bavé, le début de la montée est difficile et ensuite la pente reste assez raide pour ne pouvoir relancer. J'ai « grillé » l'avance que j'avais acquise sur mes prévisions. Je prends une bonne soupe avec des pates, un bon café et essaie de ne pas trop tarder pour ne pas trop refroidir! Quelques infos sur la suite, surtout le fameux col P, pour savoir si ca va etre aussi dur... Et je repars. Dans la descente, prudence, la pluie a ramené pas mal de graviers sur la route et je me méfie d'une mauvaise surprise... Encore une fois, je freine beaucoup... juste avant de remonter, j'ai un ptit soucis au moment de remettre la moulinette en route pour remonter le col P. Je repars, mais le cliquetis dans la chaine est plus fort et devient inquiétant... Après 500 mètres, je décide de m'arreter. Diagnostique : un maillon de la chaine est sorti de son logement, et ca va finir par sauter! Une voiture s'arrete derrière moi et m'éclaire, ca va m'aider car lumière plus diffuse que la frontale. Je sors le dérive chaine, un ptit bout de chaine que j'avais en secours et je me mets à bricoler. Mon dos me fait mal!! j'ai presque fini, plus qu'à remettre un morceau. Didier Miranda arrive et m'aide à terminer ma réparation. Grace à ces deux suiveurs, je repars les mains propres et meme les mains qui sentent bon!! avec meme une ptite poussette pour repartir (mais chut!!!). Je reprends donc la longue, très longue, trop longue montée vers le col (ouais je sais ca fait que 5kms mais là c'est long!!!) La montée est régulière, et comme dans le Petit Ballon, mon compteur ne daigne afficher qu'un seul chiffre. Je suis sur mon 34/26, et je regrette presque de ne pas avoir mis un 27 ou un 29. Le col arrive enfin... En haut du fameux col P, une ptite réplique des Monty Python me traverse l'esprit « I'm not quite dead »... Elle sera suivie dans la descente de «  I'm getting better »... Oui je commence à délirer!! Le jour pointe son nez mais il fait humide... Il reste un ptit bout de route irrégulière pour rejoindre la route des crêtes. Brouillard, pluie, vent, Je sais qu'il reste 2 ou 3 kilomètres avant des portions plus faciles. Je rejoins enfin la route des Crêtes, je remets la plaque et je file à travers le brouillard vers le Markstein. Mon compteur remarche enfin!!!! Deux chiffres pour la vitesse !!(et non le premier n'est pas 1...). Descente rapide vers le pied du Grand Ballon avant d'attaquer 2kms environ de remontée. Après les pentes des deux cols précédents, j'ai l'impression que ca roule tout seul. Meme pour remonter au sommet du Ballon. La descente qui suit est très rapide, deux « secteurs » pavés. Ca envoie. Je rattrape un peu de temps, je tourne les jambes à bloc pour récupérer, j'essaie de me détendre et m'étirer aussi. J'arrive au prochain ravito

 

Km 442 Col Amic. J'arrive et je me change, je suis trempé encore une fois, et j'adopte une tenue mi saison. Il doit etre 7h du mat'. Pas de croissant pour le ptit dèj, une soupe encore un fois, des pates, un bon café, et il est temps de repartir... Sauf que... roue avant crevée!!! La poisse!! un coup au moral... Je change la chambre, je profite encore une fois de Didier Miranda (enfin pas de lui, de sa pompe à pied!) pour mettre la bonne pression. 8 bars et ca repart!!! Les kilomètres qui suivent sont plutot désagréables. La rampe juste après le col et la route avant d'amorcer la descente donnent la sensation d'etre scotché à la route. Et je ne suis pas mécontent quand la vraie descente arrive. Je file vers Wattwiller puis Wuenheim. Là je prends la fameuse route qui remonte vers le col Amic, très jolie route de la sapinière très agréable, beau revetement. Elle commence néanmoins par un ptit coup de cul à la sortie de Wuenheim qui me fait très mal!! La montée est régulière pas trop pentue mais je ressens la fatigue... ca fait 24h que je roule, et je n'arrive plus à relancer ou hausser le rythme. Sur la route, quelques indications pour me dire que j'approche du sommet... La difficulté de cette montée est aussi d'éviter crapauds écrasés, grosses limaces et escargots (bon ca va il n'y en a pas un qui m'a doublé!!!).Normalement ils plient le pointage à 9h... ca doit le faire mais faut pas que je traine. Plus qu'un kilomètre, mais je suis toujours dans les bois... En fait le « point chaud » n'est pas au sommet. Ce sera pareil pour la dernière montée du Ballon dans l'aprèm.

 

Km 475 Col Amic. 10 minutes d'arret, l'arrière de mon vélo ne déssert pas les gares... N'importe quoi!!! Je me change et je mets une tenue d'été (oui, j'ai cette folie aussi, après tout on est juste un peu en été!!!), je mange, j'ai un peu abusé des pauses je dois dire... j'enlève mes éclairages pour voyager un peu plus léger. Ca descend vite encore une fois. J'arrive rapidement à Willer sur Thur puis Thann. Je tourne pour grimper le Hundsrück, « petit » col de 748m, mais à ce moment là il fait très mal... Dans un lacet, j'entends des voix en contrebas, d'autres cyclistes grimpent et vont me doubler... Bon moi j'ai presque 500kms dans les pattes, impossible de les accrocher. Et puis meme sans cela, je n'aurais pas pu... Quand le sommet arrive, je sais que les 100 derniers kilomètres vont etre durs... route vallonnée jusqu'à Masevaux, puis un revetement qui ne rend pas pour rejoindre le pied du Ballon à Sewen. Je prends d'ailleurs la piste cyclable. A Masevaux, les cloches sonnent. Un mariage ??? ben non on est dimanche après midi. Un peu plus tard, je réalise qu'on est dimanche matin. : complètement déphasé!!! A Sewen, je sais que ca va etre dur... Quelques lacets pour commencer la montée, et j'adopte un rythme de croisière en essayant tant bien que mal de rester au dessus de 10. J'ai un sentiment de ne pas avancer. Le 34 m'apporte de la facilité, mais l'impression de faire du sur place. Je me rends compte que je manque d'expérience et qu'il me manque des points de comparaison pour savoir quel développement aurait été idéal à cet endroit. La montée me laisse du temps pour penser à ce que je viens de vivre... ce que j'ai fait pendant les dernières 24 heures (et maintenant un peu plus). Les camions Europcar, Astana et Auber 93 me doublent. Arrivée du tour d'Alsace au sommet du Ballon un peu plus tard. Quand je vois le « grimpeur » à 1kms, je me dis que j'y suis... sauf que non, il reste encore 1 kms pour rejoindre la route qui va me permettre de redescendre vers Giromagny. Didier est là encore à attendre Martial. Je suis bien incapable de lui dire à combien il est derrière moi. Je n'ai plus trop de notion des écarts, j'ai plus trop l'impression d'avancer, à part en descente...heureusement!

La descente du Ballon est très rapide. 24H plus tot j'y étais dans l'autre sens!! Je roule ensuite assez rapidement à ma surprise vers Plancher Bas, puis Plancher.... Un ptit vent de panique cependant, je ne vois pas le dernier pointage... Je m'arrete téléphoner... personne. Le concurrent qui me double me dit que c'est plus loin.

 

Km 547. Plancher les mines. Je prends mon dernier ravitaillement, je tarde un peu à repartir. La montée du ballon de Servance est magnifique. J'ai beaucoup de difficultés à reprendre un rythme correct. La route est irréguliere et ne rend pas. J'arrive plus à avancer. A nouveau quand la pente va s'accentuer, mon compteur va me miner le moral... Je n'avance plus... La montée est très belle « calme et majesté de ce ballon » avait dit Jean Claude dans le road book. C'est très vrai. J'ai tout le loisir d'en profiter. Je fais meme une pause pour manger un peu, je n'arrive plus à manger et rouler en meme temps... Après ca me coute trop de relancer. J'en profite pour regarder la carte. Plus que deux kilomètres. Le dernier va sembler interminable... Enfin le sommet!! La descente va etre dure... La route est mauvaise et saute beaucoup, revetement bof bof, et moi j'ai le dos en vrac, mes fesses n'amortissent plus rien... J'essaie de ne pas perdre trop de temps, mais j'avoue que j'ai pris plus de plaisir à descendre le collet du Linge sous la pluie et le brouillard que le Ballon de Servance!! La descente me semble aussi longue que la montée, c'est pour dire!!! Gros soulagement de rejoindre le col des Croix pour la 3ème fois depuis le départ. La route remonte légèrement, il me reste une trentaine de kilomètres, il ne me reste plus que le pointage « volant » que Jean Claude a préparé... et comme beaucoup, je vais le chercher encore et encore... Je roule comme un dingue sur cette partie plutot descendante, 50/12 ou 50/13 et c'est une partie ou je me fais vraiment plaisir. Pas trop mal aux jambes, le dos suit bien si je ne change pas trop de position. Esmoulières une jolie maison sur la gauche... j'ai apprécié les routes décorées tout au long du parcours. J'aime le coté festif du vélo et le passage du tour a permis aux fanas de vélo de s'exprimer et d'embellir les villages. Jolie maison, jardin fleuri, je me serais bien arreté poser pour la photo au milieu des nains!!!

Je longe la rivière ensuite, là ou le vendredi je m'étais posé pour « réviser » mon road book, les pieds dans l'eau. J'arrive dans Froideconche. Ca fait 31h que je suis parti. Je n'aurai pas droit à la boucle plus. Mes jambes tournent encore bien. Dommage.

Dernière ligne droite... J'arrive dans 5 minutes... c'est un moment un peu étrange... Beaucoup de sentiments qui se bousculent et s'emmèlent. Soulagement d'arriver, émotion d'avoir réussi, fatigue d'une nuit blanche, satisfaction d'avoir préparé un objectif et d'etre allé au bout... Et puis tout ce qui fait que je me suis engagé dans de défi un peu fou, tout ce qui en a créé le besoin, ce que j'ai traversé ces derniers mois, et les changements survenus dans ma vie (oui je sais faut pas venir sur le forum pour pleurnicher...). Dernier rond point, le mac do de Didier, un distributeur de m&m's... direction l'abbaye... Alive and Kicking!!! J'arrive à l'abbaye! Je passe le portail et je remonte la « rampe de lancement ». Un bip retentit. 31H09 pour 610kms. Je descends de mon vélo et vais m'assoir... Vide, vidé. Content d'etre arrivé... mais presque déçu que ce joli REV s'arrete...

Echange d'impressions avec ceux qui m'ont précédé, mais j'ai du mal à réaliser que c'est fait...

J'ai vécu pleinement mon REV... Je veux vivre pleinement mes rêves désormais.

 

Mon REV a commencé il y a presque un an, lecture des compte rendus sur le forum, sur les blog et site du CC Froideconche, et l'envie de REVer à germé. Envie et besoin d'un défi hors norme, autre que ceux que le vie nous impose ou qui nous tombent dessus par manque de discernement, de lucidité ou à cause de mauvais choix. Mon REV c'est aussi une forme de réponse à celles et ceux qui depuis plus de deux ans me piétinent la gueule et n'hésitent pas à me cracher dessus, dans le dos évidemment, prétendent m'aider mais juste pour se donner bonne conscience... J'ai réussi, tout seul, comme un grand... Je me suis relevé malgré tout!!

J'ai mis du temps à me décider sur la formule... 420??? puis finalement le REV... Autant vivre ce REV à fond!! Préparation en conséquence... Je ne me suis pas lancé complètement dans l'inconnu. J'ai testé mon corps à plusieurs reprises, mon mental aussi...Je me souviendrai toujours cette belle sortie nocturne à Pâques, qui m'a mené vers Dinan, Dinard, St Malo, Mont saint Michel... sous la pleine lune, puis les suivante, de jour ou de nuit... difficiles mais toujours magiques. Test physique, mais aussi test mental. J'ai enchainé des sorties longues seul, accumulé les charges de travail et fatigué mon corps... Un peu de folie sans doute, comme le jour de la Bernard Hinault ou je fais le grand parcours le matin (195kms) et la corrida de Langueux (10kms à pied) le soir... Parfois les motivations sont obscures... ce jour là elles étaient claires et pas que sportives On dit souvent que c'est dans la tete... Oui je le pense. Ca se passe beaucoup dans la tete. Ce REV j'en avais besoin, j'en avais envie. Sortir de la routine, oser, vivre des choses différentes, se lancer... 4 jours après, j'ai du mal à reprendre une vie ordinaire. Cet objectif a rythmé ma vie depuis des semaines, préparation, questionnements, etc... J'ai couru pas mal de championnat de France en canoe slalom ou descente, mais là le stress était différent. En canoe, tout était devenu automatique, presque banal. Le stress montait 1h avant le départ, et encore... Ici, la semaine avant le départ a été dure à gérer... Et l'après aussi... Il me manque quelquechose...

 

Je veux enfin remercier tous ceux qui ont rendu ce REV possible, Jean Claude et ton équipe, toi qui a eu la folie d'imaginer cette épreuve et pire encore, la faire naitre et la faire vivre. Pas facile de mobiliser une équipe de bénévoles quand on n'a que si peu d'inscrits... Mais sur le vélo et aux ravitos et à la préparation, un meme esprit : l'amour du vélo.

Merci à ceux qui m'ont donné envie de participer, les récits des éditions précédentes, les échanges sur les forums...

Merci à celle et ceux (ils sont très très peu nombreux car je n'ai pas trop parlé de mon REV de fou avant...) qui ont compris ma démarche et qui m'ont soutenu.

Merci à Patrick pour le vélo, c'est celui que tu m'as « déniché » il y a 5 ou 6 ans déjà...

Merci aux autres participants qui eux aussi font vivre le REV et me permettent de voir que si je suis fou, je ne suis pas le seul à enfermer...

 

Enfin, j'ai aimé le REV et forcément mon REV. C'est un lieu de mixité... chacun est animé d'une motivation différente au départ et chacun a sa raison d'etre ici... et puis il y a d'anciens champions, des cyclistes au palmarès étoffé et éloquent, des cyclistes au palmarès moins prestigieux mais qui ont vécu un tas d'expériences intéressantes à partager, et puis les autres, comme moi qui découvrent... Tout ce monde rassemblé pour partager la meme aventure, aller au bout de soi meme, faire de son mieux et vivre son REV à fond!! C'est le sport comme je l'aime. J'en veux et j'en redemande...

Aujourd'hui je suis en vacances chez mes parents et je récupère tranquillement. Une ptite sortie de 40kms hier pareil aujourd'hui... C'est tout plat ici!... Et dans l'ancienne chambre de mon frère... une carte du massif vosgien qui me fait de l'oeil et m'appelle... REV 2013???

 

 

c'est long, c'est mouillé, ça monte et ça descend, c'est dur , c'est froid...... bref, ça se lit d'une traite sans avoir le temps de changer de braquet avec quelque part l'envie (le REV) d'y participer....quel dommage qu'il faille être réaliste et se contenter de la lecture de ton CR....Continue à pédaler pour nous et nous raconter

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envoyé le 08/08/2012 22:11
Félicitations pour ta performance ainsi que pour la qualité de ton récit. Manifestement tes qualités humaines sont à la hauteur de tes qualités sportives. Chapeau l'ami.

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envoyé le 21/08/2012 23:23

Bravo ! 

tu as prouvé que tu étais un grand monsieur !

ton récit me donnerait presque l'envie....mais non, restons raisonnable, mon corps lâcherait, j'en suis certain...c'est pour cela que j'admire encore plus ta perf !

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envoyé le 28/08/2012 14:30

 

8h27... c'est l'heure pour moi de vivre mon rêve... Sur la "rampe de départ" j'enfourche mon vélo et la charmante Géromine (pardon pour l'orthographe si j'ai écorché ton prénom) me donne le top départ... Je me lance donc à l'assault des cols vosgiens, content d'y etre enfin, en me disant que maintenant ça va se jouer entre mes jambes, mon mental, mon vélo... et les aléas!



A la sortie de Luxeuil, direction Froideconche, c'est la première ou la deuxième??? premier doute, premières calottes à distribuer. Si j'ai bien reconnu le final, je n'ai pas vérifié ce détail important... ça commence bien... Je fais 500mètres et vérifie sur mon GPCR (Guidage Par Carte Routière). Demi tour, c'était la première!!! quel idiot!!!

Je reprends donc la route, la bonne et file vers Froideconche, puis Raddon... Il tombe quelques gouttes, mais pas autant que dans la nuit ou meme le matin pour saluer le départ des randonneurs.

La route s'élève peu à peu, le revêtement ne rend pas... j'ai déjà mal aux jambes... Est ce dû au stress, la fatigue du trajet? Peu importe... Roulez jeunesse.

Km 22, je rattrape un collègue REVeur Belge Alex Joris un peu après le premier lacet bien gravillonné... Un ptit bonjour, et hop, on continue... en quoi c'est important??? simplement parce que 4 kms plus loin, j'entends discuter derrière moi... Non, je ne REVe pas!!! Eric Leblacher parti 6 minutes derrière moi est déjà là!!! Il ne lui faut pas longtemps pour fondre sur moi, me saluer à son tour... et m'enrhumer!!! Je profite néanmoins de ce lièvre et d'une pente un peu plus à ma convenance pour maintenir un écart raisonnable... Dans la descente vers le Mont de Fourche, je me permets meme de le rattraper et le doubler!!! La frime. J'en profite, ca n'arrive pas tous les jours!! Enfin faut dire que la quinzaine (menteur va!!) non la vingtaine de kilos qui nous sépare joue en ma faveur... L'avion de chasse me double à nouveau dès la première « rampe » qui suit... et ce coup ci, je ne le reverrai qu'à l'Abbaye!!



Km 47, premier ravito au Col des Croix, émargement et remplissage rapide des bidons, je m'arrêterai plus longuement au deuxième passage et j'entame la montée du Ballon de Servance, première ascension importante de la journée. La montée ne me semble pas trop dure... Je rejoins Eric Royer, on papote et on termine la montée ensemble, ca fait passer les deux derniers kilomètres un peu plus vite. On bascule ensemble, avec un troisième Reveur. La descente est rapide, un peu délicate, chaussée un peu glissante, manque de visibilité... Au bout d'une ligne droite, je vois celui qui me précède amorcer le virage, jambe gauche levée... Pipi??? NON!!! virage qui se referme!! Je freine moi aussi à bloc, et lève aussi la jambe!!! Prudence donc!! Encore une fois, mon poids et mon passé de canoeiste (quel rapport??? lecture de trajectoire, transfert de poids... et habitude des conditions humides, j'y reviendrai plus tard) semblent jouer en ma faveur puisque je me retrouve seul à Plancher les mines et cela jusqu'au Col des Croix.

Km 101 ravito au Col des Croix, j'en profite pour faire le plein. Je suis en avance sur mon prévisionnel, j'ai un peu plus de 26km/h de moyenne. C'est bien... mais il reste 500kms... et les gros cols arrivent!!

Je repars pour mon premier ballon. Après St Maurice, les premiers lacets sont durs à avaler. La pluie de la nuit a rendu l'atmosphère étouffante... La montée va laisser des traces!!!

Km 120, ravito pointage au Ballon, il fait bon au sommet, je remplis les bidons et un peu mon bidon... J'enfile un coupe vent, et j'amorce la descente rapide vers Sewen puis Masevaux. Je profite encore une fois de ma « grosse » carcasse pour filer vers mon deuxième ballon. Ca me permet aussi de mesurer ce qui m'attend demain... après 450kms!

Au pied de mon deuxième ballon, je me prends une bonne averse pendant 5 minutes. Mais ca ne me refroidit pas. Je crois que c'est Laurent Jeanmaire qui me suivait à moins de 2 minutes qui me dira que lui est passé au travers!! C'est pô juste!!

Le deuxième Ballon depuis Giromagny est long, mais la pente relativement « faible » permet de bien tourner les jambes. La montée est belle. On double, on se fait doubler... Les premiers REVeurs avec assistance arrivent déjà. Le sommet dégarni du Ballon approche enfin, j'ai mal au ventre...

Km181 Je m'arrete au ravito mais je n'arrive pas à manger. Ca ne passe pas. Pourtant il est plus que l'heure de manger (vers 15h je pense). Il y a un peu de monde au sommet, les gens se demandent sans doute ce qu'on fait avec nos numéros sur le cadre... ah... s'ils savaient!!!

Je repars pour entamer la descente vers Le Thillot, descente très rapide et très agréable. Je roule ensuite plutot allègrement et je passe les cols du Ménil et d'Oderen sans trop de mal. Ils sont plutot roulants., enfin suffisamment pour ne pas faire trop mal aux jambes. En haut du col d'Oderen, je retrouve le grand Eric Royer qui a dû me doubler... perte totale de repères... qui se trouve devant??? qui s'est arreté plus longtemps au ravito?? On ne sait plus trop. Qu'importe. On fait la descente ensemble...

A Kruth, on vire à gauche. Tiens un mariage... s'ils savaient dans quoi ils s'engagent!!! bon je file, pas d'état d'ames, d'amertume, de pleurnicherie! (surtout que c'est proscrit par certains forumeurs...).

J'arrive au pied du Markstein. Les premiers kilomètres sont impitoyables et vont laisser des traces. J'ai mal au ventre, mal au dos, mal aux jambes!!! Mon compteur flanche aussi. Il s'arrete parfois, du coup, je n'ai plus de repère. Il me reste 7 ou 7,5 jusqu'en haut??? Bah, quelle importance? La montée reste agréable, car bien abritée par les sapins. Ca coupe du vent et du soleil,meme s'il commence à se faire un peu tard. J'arrive enfin au Markstein, toujours en avance sur mon prévisionnel... c'est bon pour le moral

 

km 238 Le Markstein. J'ai mal au ventre et mal au dos, une grosse envie de m'allonger, besoin aussi de manger, mais encore une fois... ca ne passe pas. Une soupe... Les spaghettis bolo me font de l'oeil... mais je ne peux pas. Aie Aie!!! il faut que je mange. Je prépare mon vélo pour la nuit, éclairages, chasuble, dans 1h30 à 2h je serai dans le noir. Je repars le ventre vide ou presque... J'espère que ca va aller mieux. Heureusement, j'ai de quoi m'alimenter en route si ca revient. Mais ca me fait douter. J'espère qu'au col du Calvaire je pourrai manger pour de vrai.

La route de crètes m'attend. Elle me casse les jambes, montées, descentes, et l'arret au Markstein m'a un peu refroidi. Je tourne à gauche pour rejoindre Longemer par la route des américains. Mauvais revetement, ca saute et j'entends quelquechose tomber, me retourne et vois quelquechose partir vers le dévers... Je m'arrete, remonte un peu. Je fais le point. Poches, vélo... PU.... naise!!! Je viens de perdre un de mes feux arrière!! et forcément le meilleur, le plus cher, le plus puissant. J'essaie de le chercher, mais je finis par me résigner, il m'en reste un et trois devant. Je vais donc en prendre un avant pour remplacer. Arrivé à la Bresse, j'ai un doute sur mon itinéraire... Il fallait tourner ou pas??? je m'arrete, le GPRC me confirme que c'est bon, je n'ai pas à remonter au carrefour précédent. Je termine la descente vers la Bresse et amorce la remontée vers la le col des Feignes par la très jolie vallée de Chajoux. La route est très agréable, les jambes tournent toujours pas trop mal et hourra!!!! j'ai faim!!! contrôle visuel un peu après un joli lac, et je termine la montée. En haut, je m'impose un arret pour manger une ptite gaufre au miel. Pas des Meli, j'en ai plus, mais elle passe très bien aussi!!! ca fait du bien! J'allume mes ptites lampes pour commencer la descente. La nuit approche. Le lac de Xonrupt est très joli, odeur de barbec en passant devant les campings... miam!!! vivement le Calvaire... je veux dire le Col du Calvaire... Enfin vous m'avez compris... Non??? faites pas exprès!

J'enchaine avec la montée du col du Surceneux, puis je bascule vers Plainfaing, longue, très longue descente... je prends un peu de pluie, la nuit est là... Avant de monter le Bonhomme, je m'arrete pour resserrer mon deuxième feu arrière improvisé. Un bout de carton pour completer le serrage. Et c'est reparti.

La montée se fait « bien »... enfin pas trop mal. C'est toujours dur pour le moral de se faire doubler par des fusées! Mais j'admire et j'envie. Les jambes tournent, c'est fluide, quel facilité! Ca n'est pas sans me rappeler les Dupont en jeep dans le désert!

En haut du Bonhomme, je me souviens que c'est un de mes premiers cols... en VTT depuis Colmar il y a pas loin de 20ans... Ben oui, déjà à l'époque avec maxi 500kms dans l'année... Un ptit grain déjà...Allez, direction le Col du Calvaire. J'ai souvenir que cette route est assez casse pattes, et je suis assez prudent sur la première partie pour garder un peu de forces. Après le col du Louchbach la route remonte et ca devient un peu plus dur... C'est long, j'ai faim, je suis trempé. Je suis pressé d'arriver. J'ai un sac d'affaires chaudes et sèches pour la nuit! Le feu de camp m'attend aussi!

J'arrive enfin

 

Km 313 Col du Calvaire Je me change et j'enfile mes fringues d'hiver pour la nuit. Est ce que je vais avoir trop chaud??? au pire j'ouvrirai tout, mais je suis mieux les jambes couvertes, et bien au chaud. Je fais une grosse pause, je mange enfin, soupe, pates, viande, gateau de riz... tout passe!!! Grosse dose de café aussi. Je ne sais pas combien de temps je suis resté. Trop sans doute, mais j'avais besoin d'une bonne pause. Celle du Markstein était inutilement longue car au final je n'ai rien mangé. Je suis toujours un peu en avance sur mes prévisions. Ca fait du bien au moral et ca laisse une marge de manoeuvre en cas de défaillance ou d'imprévu...

La route des Crêtes. Je me souviens avoir fait du ski de fond sur cette route avec ma maman... Qui aurait dit que j'y repasserais 20 ans plus tard à 2h du mat' à vélo???

Je me souviens que Jean- Claude avait dit que sur cette route on pourrait apercevoir une fée... Je ne l'ai pas vue... Moi j'ai un ange qui m'accompagne depuis le départ... (oui oui je suis parti sans assistance, mais je me comprends...). En musique (Angels de Robbie Williams) et dans ma tete. Je sais les oreillettes sont interdites, mais j'ai mis un peu de musique pour la nuit.

Au loin je vois quelques éclairs... La fusée Leblacher doit etre en train de faire peter tous les radars sur la route!!! J'arrive assez rapidement à la Schlucht et je descends rapidement vers la bifurcation vers le Wettstein. A chaque descente il y a la crainte... Pas la chute pour moi, je suis concentré, je descends bien, mais je reste prudent. Non la crainte d'aller trop bas!!! Ne pas rater la route!!!! La voilà, je tourne à gauche et je retrouve 5kms d'ascension avant le col. Derrière moi une voiture qui monte. Et une petite lumière juste devant... Voilà un autre REVeur dans la nuit... Il me rattrape petit à petit mais je bascule avant lui. Descente sur Orbey très rapide, puis direction 3 épis. Je ne vois plus les phares et la pluie commence à tomber. Je m'arrete sous un abri bus pour manger un peu et vérifier ma carte. Je vais essayer de faire vite au ravito du Collet du Linge. J'ai bien mangé au précédent et le suivant n'est qu'à 25kms. La pluie tombe un peu plus fort. Je tourne à droite sur la route qui me ramène au Collet du Linge. Le REVeur de la montée du Wettstein n'est plus loin derrière moi. La pluie est de plus en plus forte... Le Collet du Linge approche, mais c'est désormais un déluge!!! Je suis trempé. Heureusement il ne fait pas froid en pédalant.

 

Km 372 Collet du Linge... tout le monde est caché dans les voitures, c'est clair, je ne vais pas m'attarder. La pluie ne me gêne pas trop, je prends une soupe, un café, je fais le plein des bidons... tout le monde est trempé. Les bénévoles sont là depuis des heures et ont encore un moment à attendre... Chapeau à eux... Leur défi est de continuer à servir du chaud dans ces conditions!!! Par contre le top pour rincer la vaisselle!!!! Je repars assez vite, je connais un peu la descente... pour l'avoir montée à deux reprises en VTT... il y a une vingtaine d'années. Il m'en reste quelques souvenirs. Je pense que j'ai rarement autant freiné en descente! J'aborde les virages avec prudence, scrute et anticipe tout ce qui pourrait me mettre au tapis, plaques d'égout, traversée d'eau, branchages... La descente se passe pas trop mal on va dire. En bas, plus de pluie. Un REVeur 420 me rejoint. Il a pris la meme saucée dans la descente de la Schlucht! Nous filons ensemble vers Munster. Je pédale fort pour me réchauffer. Dans Munster, secteur pavé n°1 et n°2!! J'aime bien le pavé, mais après plus de 380 bornes, ca fait vraiment mal aux fesses!!! Je les passe rapidement malgré tout.... mais ca secoue! Je continue ma descente vers la route qui me mènera aux deux « épouvantails » du REV : le Petit Ballon et le col P (clin d'oeil à Martial et Didier...). Un cliquetis agaçant dans la chaine... qui aura son importance un peu plus tard dans la nuit... La pluie à nouveau jusqu'à Wasserbourg, mais moins soutenue qu'en montant le Collet du Linge.

Wasserbourg approche... et je me souviens du road book : « la route s'élève brusquement »... Ouais, la route s'élève brusquement qu'il disait!!! Une belle rampe à la sortie de Wasserbourg me permet de vérifier que je suis bien sur la bonne route... Oui la route se cabre d'un seul coup. Je me fais meme flasher par Didier Miranda... Oui... à la vitesse ou j'allais dans cette permière rampe, ca pouvait pas etre autre chose!! Les suivantes vont faire mal aux jambes aussi. C'est à ce moment que je me rends compte que mon compteur ne marche plus vraiment puisqu'il n'affiche plus qu'un chiffre!! A ce rythme, je vais mettre des plombes à rejoindre le ravito suivant!!! après quelques kilomètres mais aussi un gros gros paquet de minutes, j'aperçois une lumière un peu plus haut... Non c'est pas le ravito??? Si loin??? Je m'accroche il doit rester encore 2 kilomètres.... c'est long, très long!

Oui les lumières au fond c'était bien le ravito!!! j'y arrive enfin, et là quelques fusées pour saluer mon arrivée!!!

 

Km 403 Le Petit Ballon. Ca fait du bien d'arriver... Encore une fois l'accueil est chaleureux. J'en ai un peu bavé, le début de la montée est difficile et ensuite la pente reste assez raide pour ne pouvoir relancer. J'ai « grillé » l'avance que j'avais acquise sur mes prévisions. Je prends une bonne soupe avec des pates, un bon café et essaie de ne pas trop tarder pour ne pas trop refroidir! Quelques infos sur la suite, surtout le fameux col P, pour savoir si ca va etre aussi dur... Et je repars. Dans la descente, prudence, la pluie a ramené pas mal de graviers sur la route et je me méfie d'une mauvaise surprise... Encore une fois, je freine beaucoup... juste avant de remonter, j'ai un ptit soucis au moment de remettre la moulinette en route pour remonter le col P. Je repars, mais le cliquetis dans la chaine est plus fort et devient inquiétant... Après 500 mètres, je décide de m'arreter. Diagnostique : un maillon de la chaine est sorti de son logement, et ca va finir par sauter! Une voiture s'arrete derrière moi et m'éclaire, ca va m'aider car lumière plus diffuse que la frontale. Je sors le dérive chaine, un ptit bout de chaine que j'avais en secours et je me mets à bricoler. Mon dos me fait mal!! j'ai presque fini, plus qu'à remettre un morceau. Didier Miranda arrive et m'aide à terminer ma réparation. Grace à ces deux suiveurs, je repars les mains propres et meme les mains qui sentent bon!! avec meme une ptite poussette pour repartir (mais chut!!!). Je reprends donc la longue, très longue, trop longue montée vers le col (ouais je sais ca fait que 5kms mais là c'est long!!!) La montée est régulière, et comme dans le Petit Ballon, mon compteur ne daigne afficher qu'un seul chiffre. Je suis sur mon 34/26, et je regrette presque de ne pas avoir mis un 27 ou un 29. Le col arrive enfin... En haut du fameux col P, une ptite réplique des Monty Python me traverse l'esprit « I'm not quite dead »... Elle sera suivie dans la descente de «  I'm getting better »... Oui je commence à délirer!! Le jour pointe son nez mais il fait humide... Il reste un ptit bout de route irrégulière pour rejoindre la route des crêtes. Brouillard, pluie, vent, Je sais qu'il reste 2 ou 3 kilomètres avant des portions plus faciles. Je rejoins enfin la route des Crêtes, je remets la plaque et je file à travers le brouillard vers le Markstein. Mon compteur remarche enfin!!!! Deux chiffres pour la vitesse !!(et non le premier n'est pas 1...). Descente rapide vers le pied du Grand Ballon avant d'attaquer 2kms environ de remontée. Après les pentes des deux cols précédents, j'ai l'impression que ca roule tout seul. Meme pour remonter au sommet du Ballon. La descente qui suit est très rapide, deux « secteurs » pavés. Ca envoie. Je rattrape un peu de temps, je tourne les jambes à bloc pour récupérer, j'essaie de me détendre et m'étirer aussi. J'arrive au prochain ravito

 

Km 442 Col Amic. J'arrive et je me change, je suis trempé encore une fois, et j'adopte une tenue mi saison. Il doit etre 7h du mat'. Pas de croissant pour le ptit dèj, une soupe encore un fois, des pates, un bon café, et il est temps de repartir... Sauf que... roue avant crevée!!! La poisse!! un coup au moral... Je change la chambre, je profite encore une fois de Didier Miranda (enfin pas de lui, de sa pompe à pied!) pour mettre la bonne pression. 8 bars et ca repart!!! Les kilomètres qui suivent sont plutot désagréables. La rampe juste après le col et la route avant d'amorcer la descente donnent la sensation d'etre scotché à la route. Et je ne suis pas mécontent quand la vraie descente arrive. Je file vers Wattwiller puis Wuenheim. Là je prends la fameuse route qui remonte vers le col Amic, très jolie route de la sapinière très agréable, beau revetement. Elle commence néanmoins par un ptit coup de cul à la sortie de Wuenheim qui me fait très mal!! La montée est régulière pas trop pentue mais je ressens la fatigue... ca fait 24h que je roule, et je n'arrive plus à relancer ou hausser le rythme. Sur la route, quelques indications pour me dire que j'approche du sommet... La difficulté de cette montée est aussi d'éviter crapauds écrasés, grosses limaces et escargots (bon ca va il n'y en a pas un qui m'a doublé!!!).Normalement ils plient le pointage à 9h... ca doit le faire mais faut pas que je traine. Plus qu'un kilomètre, mais je suis toujours dans les bois... En fait le « point chaud » n'est pas au sommet. Ce sera pareil pour la dernière montée du Ballon dans l'aprèm.

 

Km 475 Col Amic. 10 minutes d'arret, l'arrière de mon vélo ne déssert pas les gares... N'importe quoi!!! Je me change et je mets une tenue d'été (oui, j'ai cette folie aussi, après tout on est juste un peu en été!!!), je mange, j'ai un peu abusé des pauses je dois dire... j'enlève mes éclairages pour voyager un peu plus léger. Ca descend vite encore une fois. J'arrive rapidement à Willer sur Thur puis Thann. Je tourne pour grimper le Hundsrück, « petit » col de 748m, mais à ce moment là il fait très mal... Dans un lacet, j'entends des voix en contrebas, d'autres cyclistes grimpent et vont me doubler... Bon moi j'ai presque 500kms dans les pattes, impossible de les accrocher. Et puis meme sans cela, je n'aurais pas pu... Quand le sommet arrive, je sais que les 100 derniers kilomètres vont etre durs... route vallonnée jusqu'à Masevaux, puis un revetement qui ne rend pas pour rejoindre le pied du Ballon à Sewen. Je prends d'ailleurs la piste cyclable. A Masevaux, les cloches sonnent. Un mariage ??? ben non on est dimanche après midi. Un peu plus tard, je réalise qu'on est dimanche matin. : complètement déphasé!!! A Sewen, je sais que ca va etre dur... Quelques lacets pour commencer la montée, et j'adopte un rythme de croisière en essayant tant bien que mal de rester au dessus de 10. J'ai un sentiment de ne pas avancer. Le 34 m'apporte de la facilité, mais l'impression de faire du sur place. Je me rends compte que je manque d'expérience et qu'il me manque des points de comparaison pour savoir quel développement aurait été idéal à cet endroit. La montée me laisse du temps pour penser à ce que je viens de vivre... ce que j'ai fait pendant les dernières 24 heures (et maintenant un peu plus). Les camions Europcar, Astana et Auber 93 me doublent. Arrivée du tour d'Alsace au sommet du Ballon un peu plus tard. Quand je vois le « grimpeur » à 1kms, je me dis que j'y suis... sauf que non, il reste encore 1 kms pour rejoindre la route qui va me permettre de redescendre vers Giromagny. Didier est là encore à attendre Martial. Je suis bien incapable de lui dire à combien il est derrière moi. Je n'ai plus trop de notion des écarts, j'ai plus trop l'impression d'avancer, à part en descente...heureusement!

La descente du Ballon est très rapide. 24H plus tot j'y étais dans l'autre sens!! Je roule ensuite assez rapidement à ma surprise vers Plancher Bas, puis Plancher.... Un ptit vent de panique cependant, je ne vois pas le dernier pointage... Je m'arrete téléphoner... personne. Le concurrent qui me double me dit que c'est plus loin.

 

Km 547. Plancher les mines. Je prends mon dernier ravitaillement, je tarde un peu à repartir. La montée du ballon de Servance est magnifique. J'ai beaucoup de difficultés à reprendre un rythme correct. La route est irréguliere et ne rend pas. J'arrive plus à avancer. A nouveau quand la pente va s'accentuer, mon compteur va me miner le moral... Je n'avance plus... La montée est très belle « calme et majesté de ce ballon » avait dit Jean Claude dans le road book. C'est très vrai. J'ai tout le loisir d'en profiter. Je fais meme une pause pour manger un peu, je n'arrive plus à manger et rouler en meme temps... Après ca me coute trop de relancer. J'en profite pour regarder la carte. Plus que deux kilomètres. Le dernier va sembler interminable... Enfin le sommet!! La descente va etre dure... La route est mauvaise et saute beaucoup, revetement bof bof, et moi j'ai le dos en vrac, mes fesses n'amortissent plus rien... J'essaie de ne pas perdre trop de temps, mais j'avoue que j'ai pris plus de plaisir à descendre le collet du Linge sous la pluie et le brouillard que le Ballon de Servance!! La descente me semble aussi longue que la montée, c'est pour dire!!! Gros soulagement de rejoindre le col des Croix pour la 3ème fois depuis le départ. La route remonte légèrement, il me reste une trentaine de kilomètres, il ne me reste plus que le pointage « volant » que Jean Claude a préparé... et comme beaucoup, je vais le chercher encore et encore... Je roule comme un dingue sur cette partie plutot descendante, 50/12 ou 50/13 et c'est une partie ou je me fais vraiment plaisir. Pas trop mal aux jambes, le dos suit bien si je ne change pas trop de position. Esmoulières une jolie maison sur la gauche... j'ai apprécié les routes décorées tout au long du parcours. J'aime le coté festif du vélo et le passage du tour a permis aux fanas de vélo de s'exprimer et d'embellir les villages. Jolie maison, jardin fleuri, je me serais bien arreté poser pour la photo au milieu des nains!!!

Je longe la rivière ensuite, là ou le vendredi je m'étais posé pour « réviser » mon road book, les pieds dans l'eau. J'arrive dans Froideconche. Ca fait 31h que je suis parti. Je n'aurai pas droit à la boucle plus. Mes jambes tournent encore bien. Dommage.

Dernière ligne droite... J'arrive dans 5 minutes... c'est un moment un peu étrange... Beaucoup de sentiments qui se bousculent et s'emmèlent. Soulagement d'arriver, émotion d'avoir réussi, fatigue d'une nuit blanche, satisfaction d'avoir préparé un objectif et d'etre allé au bout... Et puis tout ce qui fait que je me suis engagé dans de défi un peu fou, tout ce qui en a créé le besoin, ce que j'ai traversé ces derniers mois, et les changements survenus dans ma vie (oui je sais faut pas venir sur le forum pour pleurnicher...). Dernier rond point, le mac do de Didier, un distributeur de m&m's... direction l'abbaye... Alive and Kicking!!! J'arrive à l'abbaye! Je passe le portail et je remonte la « rampe de lancement ». Un bip retentit. 31H09 pour 610kms. Je descends de mon vélo et vais m'assoir... Vide, vidé. Content d'etre arrivé... mais presque déçu que ce joli REV s'arrete...

Echange d'impressions avec ceux qui m'ont précédé, mais j'ai du mal à réaliser que c'est fait...

J'ai vécu pleinement mon REV... Je veux vivre pleinement mes rêves désormais.

 

Mon REV a commencé il y a presque un an, lecture des compte rendus sur le forum, sur les blog et site du CC Froideconche, et l'envie de REVer à germé. Envie et besoin d'un défi hors norme, autre que ceux que le vie nous impose ou qui nous tombent dessus par manque de discernement, de lucidité ou à cause de mauvais choix. Mon REV c'est aussi une forme de réponse à celles et ceux qui depuis plus de deux ans me piétinent la gueule et n'hésitent pas à me cracher dessus, dans le dos évidemment, prétendent m'aider mais juste pour se donner bonne conscience... J'ai réussi, tout seul, comme un grand... Je me suis relevé malgré tout!!

J'ai mis du temps à me décider sur la formule... 420??? puis finalement le REV... Autant vivre ce REV à fond!! Préparation en conséquence... Je ne me suis pas lancé complètement dans l'inconnu. J'ai testé mon corps à plusieurs reprises, mon mental aussi...Je me souviendrai toujours cette belle sortie nocturne à Pâques, qui m'a mené vers Dinan, Dinard, St Malo, Mont saint Michel... sous la pleine lune, puis les suivante, de jour ou de nuit... difficiles mais toujours magiques. Test physique, mais aussi test mental. J'ai enchainé des sorties longues seul, accumulé les charges de travail et fatigué mon corps... Un peu de folie sans doute, comme le jour de la Bernard Hinault ou je fais le grand parcours le matin (195kms) et la corrida de Langueux (10kms à pied) le soir... Parfois les motivations sont obscures... ce jour là elles étaient claires et pas que sportives On dit souvent que c'est dans la tete... Oui je le pense. Ca se passe beaucoup dans la tete. Ce REV j'en avais besoin, j'en avais envie. Sortir de la routine, oser, vivre des choses différentes, se lancer... 4 jours après, j'ai du mal à reprendre une vie ordinaire. Cet objectif a rythmé ma vie depuis des semaines, préparation, questionnements, etc... J'ai couru pas mal de championnat de France en canoe slalom ou descente, mais là le stress était différent. En canoe, tout était devenu automatique, presque banal. Le stress montait 1h avant le départ, et encore... Ici, la semaine avant le départ a été dure à gérer... Et l'après aussi... Il me manque quelquechose...

 

Je veux enfin remercier tous ceux qui ont rendu ce REV possible, Jean Claude et ton équipe, toi qui a eu la folie d'imaginer cette épreuve et pire encore, la faire naitre et la faire vivre. Pas facile de mobiliser une équipe de bénévoles quand on n'a que si peu d'inscrits... Mais sur le vélo et aux ravitos et à la préparation, un meme esprit : l'amour du vélo.

Merci à ceux qui m'ont donné envie de participer, les récits des éditions précédentes, les échanges sur les forums...

Merci à celle et ceux (ils sont très très peu nombreux car je n'ai pas trop parlé de mon REV de fou avant...) qui ont compris ma démarche et qui m'ont soutenu.

Merci à Patrick pour le vélo, c'est celui que tu m'as « déniché » il y a 5 ou 6 ans déjà...

Merci aux autres participants qui eux aussi font vivre le REV et me permettent de voir que si je suis fou, je ne suis pas le seul à enfermer...

 

Enfin, j'ai aimé le REV et forcément mon REV. C'est un lieu de mixité... chacun est animé d'une motivation différente au départ et chacun a sa raison d'etre ici... et puis il y a d'anciens champions, des cyclistes au palmarès étoffé et éloquent, des cyclistes au palmarès moins prestigieux mais qui ont vécu un tas d'expériences intéressantes à partager, et puis les autres, comme moi qui découvrent... Tout ce monde rassemblé pour partager la meme aventure, aller au bout de soi meme, faire de son mieux et vivre son REV à fond!! C'est le sport comme je l'aime. J'en veux et j'en redemande...

Aujourd'hui je suis en vacances chez mes parents et je récupère tranquillement. Une ptite sortie de 40kms hier pareil aujourd'hui... C'est tout plat ici!... Et dans l'ancienne chambre de mon frère... une carte du massif vosgien qui me fait de l'oeil et m'appelle... REV 2013???

 

 

Merci Olivier pour ce récit, il est toujours intéressant de lire le vécu des autres participants.

Je regrette que nous n'ayons pas eu l'occasion de discuter.  Il faut dire qu'au briefing et au repas qui suit, il n'est pas toujours facile de distinguer les concurrents des accompagnateurs.

 

Pour ceux que cela intéresse, j'ai écrit également un compte-rendu pour mon club :

http://teamdelux-ben.blogspot.be/2012/08/le-rev-raid-extreme-vosgien.html

(désolé pour la coquille : il faut bien sûr lire "près du but")

 

En espérant que cela donne envie .....

 

Miguel

Répondre Prévenir le modérateur

envoyé le 28/08/2012 15:14

Merci Olivier pour ce récit, il est toujours intéressant de lire le vécu des autres participants.

Je regrette que nous n'ayons pas eu l'occasion de discuter.  Il faut dire qu'au briefing et au repas qui suit, il n'est pas toujours facile de distinguer les concurrents des accompagnateurs.

 

Pour ceux que cela intéresse, j'ai écrit également un compte-rendu pour mon club :

http://teamdelux-ben.blogspot.be/2012/08/le-rev-raid-extreme-vosgien.html

(désolé pour la coquille : il faut bien sûr lire "près du but")

 

En espérant que cela donne envie .....

 

Miguel

Miguel,

Je reviens sur ce site juste pour te dire que ton récit est le reflet de ton exploit et ton arrivée un grand moment du REV.

Merci ami REVeur et encore toute notre admiration!! A 2013 nous espérons!!

JCA

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envoyé le 07/09/2012 20:51

Bravo ! 

tu as prouvé que tu étais un grand monsieur !

ton récit me donnerait presque l'envie....mais non, restons raisonnable, mon corps lâcherait, j'en suis certain...c'est pour cela que j'admire encore plus ta perf !

Bonsoir,

Vite, vite , achetez Top Vélo de Septembre!! Un CR du REV.......en photos!! Et bienvenue sur le REV 2013

jca

Répondre Prévenir le modérateur

envoyé le 12/09/2012 15:08

J'ai enfin le Top Vélo ..... c'est bien la première fois que je me retrouve dans la presse .... smiley lol

Cela me redonne des fourmis dans les jambes ....

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envoyé le 28/10/2012 23:04

bravo a toi,on a le meme reve,jje le prépare pour 2014....on s'y croisera j'espere.

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envoyé le 29/10/2012 13:41

pas d'inquietude,cet été j ai fais etape du tour 1 ;24h du mans velo(equipe de4)et we suivant wysam333,ca passe;2014 car cette année paris roubaix+etape du tour+ 24h du mans + wysam et des courses ffc jusqu'en juin,donc il faut pas abuser non plus...lol

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