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Forum Route Cyclosport • Tilff-Bastogne-Tilff 2017

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envoyé le 05/06/2017 13:06

Hier avait lieu Tilff-Bastogne-Tilff, le pendant cyclotouriste traditionnel de la course pro Liège-Bastogne-Liège.

http://www.sport.be/cyclingtour/tilffbastognetilff/2017/fr/

Cette année, quatre parcours étaient proposés, contre trois les années précédentes, de quoi satisfaire toutes les exigences : 88 km, 121 km, 172 km et bien sûr le parcours complet, 248 km, le seul qui aille jusqu'à Bastogne.

http://www.sport.be/cyclingtour/tilffbastognetilff/2017/fr/info/parcours/map/#4

Pour ceux qui se demandent à quoi rime cette épreuve alors qu'il y a déjà le Liège-Bastogne-Liège Challenge (LBL) qui reprend le parcours de la course professionnelle, il faut savoir que d'une part Tilff-Bastogne-Tilff (TBT) existe depuis bien plus longtemps, et que d'autre part son parcours est différent.

Tilff a beau être dans la banlieue proche de Liège, TBT n'est en effet pas un simple décalque de la course pro : si elle en reprend quelques difficultés (Rosier, la Redoute, Hornay), elle a son propre parcours et ses difficultés propres. Par exemple les côtes de l'espace urbain liégeois (Saint-Nicolas, Ans) n'y figurent pas, non plus que le Stockeu ou Saint-Roch mais en échange elle en propose d'autres comme Chambralles, Amermont ou Boncelles.

Globalement cela donne un grand parcours un poil moins long que LBL (248 km contre 273 km), moins accidenté selon les stats officielles (3680 m contre 5287 m) mais nettement plus bucolique et dans une ambiance plus détendue. En particulier, pas de chronométrage de côtes, ce qui contribue à des tarifs d'inscriptions beaucoup moins élevés (15-25 euros contre 45-55 euros…).

La difficulté de TBT n'est cependant certainement pas à sous-estimer, et j'en sais quelque chose : j'avais déjà tenté le grand parcours en 2014, pour finir par abandonner, perclus de crampes de la tête aux pieds au seuil des 200 km… 

L'année dernière j'y étais retourné, avec succès, mais c'était «seulement» pour l'unique parcours médian d'alors, 160 km environ. Cette année était donc prévue pour être celle de la revanche, donc grand parcours à nouveau au programme !

Ça commence plutôt mal puisque conformément à une mauvaise habitude de ma part j'arrive plus tard que souhaité pour m'inscrire, commençant la rando de ce fait à 7 h du matin au lieu des 6 h 30 prévues . C'est que le site d'arrivée ferme à 20 h, et que vu mon niveau je prévois au minimum 12 h de sortie pour les 248 km. Ça pourrait donc être skerp (limite), comme on dit à Bruxelles, pour que j'arrive dans les délais !

Départ à la fraîche (12°), et en descente, du Country-Hall de Liège, juste au-dessus de Tilff, sur des routes détrempées par les pluies nocturnes. Passage à Tilff ensuite, avec son curieux pont entièrement en ferraille au-dessus de l'Ourthe, et direction plein sud, pour un des rares passages à peu près plat du parcours, le long de l'Ourthe puis de l'Amblève, pour arriver au pied de la première côte répertoriée, et pas la moindre : Chambralles.

http://www.sport.be/cycling/fr/hellingen/info.html?Route_ID=52

Cette brute de grimpée, digne de la Redoute mais bien plus irrégulière, propose des passages jusqu'à 20 % et des épingles à cheveux vertigineusement raides. De quoi sérieusement entamer ses réserves après seulement 26 km de route ! Le mot d'ordre est pourtant de s'économiser le plus possible, si on veut aller au bout du grand parcours. Pas question pour moi donc d'essayer de suivre ceux qui participent aux parcours moins longs, et Dieu sait qu'il y en a qui en profitent pour se tirer la bourre ! C'est là que des braquets de vététistes comme les miens sont vraiment utiles pour se ménager… ils seront mis à contribution à nouveau, certes, mais vers la fin du périple.

En haut de Chambralles, ce sont les Ardennes : paysage souvent époustouflants et malheureusement revêtements tout aussi souvent dégradés, qui me feront pester plus d'une fois contre les responsables des équipements routiers de la région ! La route monte et descend en permanence même en l'absence de côte répertoriée (une blague bien belge). Plus question de passages plat ! Premier ravitaillement à Werbomont, avant que les différents parcours se scindent. Le grand met le cap vers la province du Luxembourg belge, plein sud. Manhay, Odeigne, Samrée, Berismenil, Nadrin…  Un parcours en toboggan, mais globalement montant : au-dessus d'Odeigne on atteint le point culminant de la randonnée (630 m), près de la Baraque de Fraiture (654 m, point culminant de la province du Luxembourg). 

Après la descente de la côte de Mormont, on attaque la deuxième difficulté répertoriée, la côte de Bonnerue : assez longue (2500 m) mais régulière, entre 6 % et 8 % de pente. Les jambes tournent plutôt bien. Une vingtaine de kilomètres plus loin, j'arrive à Bastogne un peu avant midi, endroit du deuxième ravitaillement, après 98 km de route. Jusque-là tout s'est bien passé, et je ne ressens pas de fatigue particulière. Le prix à payer pour cela a été une allure volontairement réduite de bout en bout, ne voulant pas me cramer comme je l'avais fait trois ans plus tôt. C'est que le plus dur arrive… la longue portion de transition de 80 km environ jusqu'aux environs de Stavelot.

Ces 80 km, entrecoupés d'un ravitaillement en pleine nature à Gouvy, sont en effet les plus délicats à gérer du parcours. Aucune difficulté répertoriée, certes, mais il ne faut surtout pas s'y fier ! Ça n'arrête jamais de monter et descendre, pas de façon bien raide ni très longuement, mais ça finit par saper les forces si on ne cherche pas, encore une fois, à s'économiser. Mot d'ordre : tourner les jambes ! Et tant pis si je me fais enrhumer par un paquet de cyclistes : je préfère courir le risque d'arriver hors-délais que de finir allongé par terre assailli par les crampes au pied de la côte du Rosier, comme la dernière fois…

Ça a d'ailleurs l'avantage de me permettre de profiter de paysages particulièrement somptueux, surtout lorsque le parcours arrive à la limite entre les provinces de Luxembourg et de Liège, du côté de Vielsalm et Malmedy. La troisième côte répertoriée, Chevonfosse, nous attend sur le territoire de cette commune, juste avant d'arriver à Stavelot. Un drôle de morceau, cette côte : juste sous le viaduc d'une autoroute (E42), elle commence par un véritable mur, puis un long replat, avant de repartir de plus belle dans des pourcentages impressionnants, puis de se calmer, et de recommencer… et ainsi de suite, vous avez compris l'idée. Bref, de quoi faire mal aux jambes, et le quatrième ravitaillement à Stavelot, est bienvenu.

180 km déjà parcourus environ. Il est 16 h, et là je me dis que ma prudence m'a effectivement fait bien partir pour finir hors-délais, puisque les bénévoles viennent juste de commencer les préparatifs pour fermer le ravito… Il n'y a d'ailleurs que deux autres cyclistes présents avec moi. Mais pas de problème cependant pour «refaire le plein» et repartir. D'emblée et à froid, c'est la très méchante côte d'Amermont qui se présente sous mes roues : assez semblable à Chambralles dans ses pourcentages et son irrégularité, elle est encore plus difficile puisqu'elle se prolonge par la dernière partie de la fameuse «Haute-Levée», soit une longue route usante et passante en direction de Francorchamps…

http://www.sport.be/cycling/nl/hellingen/info.html?Route_ID=49

Un des cyclistes croisés au ravitaillement est littéralement planté dans la côte et reste loin derrière moi au sommet, l'autre part à toute berzingue et je ne le reverrai plus. Après le passage à Francorchamps près du fameux circuit automobile du même nom, on descend à toute vitesse (nonobstant quelques remontées casse-pattes…) vers Moulin du Ruy et la cinquième côte répertoriée du jour, la fameuse côte du Rosier.

http://www.sport.be/cycling/nl/hellingen/info.html?Route_ID=125

Jamais très pentue, mais très longue à l'échelle belge, près de 5 km. C'est au pied de cette côte que j'avais dû abandonner il y a trois ans… Comme pour me rappeler ce moment pénible, aujourd'hui je vois un autre cycliste affalé par terre au même endroit. Lui n'a pas eu de problème physique, seulement matériel apparemment (vélo posé à l'envers devant lui). Mais quand je demande si je peux l'aider, il me dit que non, que c'est sa roue arrière qui est en vrac, qu'il n'y a donc rien d'autre à faire que d'appeler l'assistance officielle…

Peut-être atteint au moral par cette mésaventure, j'effectue la grimpée du Rosier à un rythme moindre que celui que j'ai l'habitude d'employer dans cette côte que je connais bien. Pour ne rien arranger, une fois arrivé au sommet il se met à pleuvoir… De plus, après la descente rapide (et refroidissante!), se présente une des portions que je redoute le plus dans le parcours : un long faux-plat descendant irrégulier d'une vingtaine de kilomètres entre Targnon et Remouchamps, le long de l'Amblève, où on a généralement le vent de face. Moi qui ai absolument horreur du vent, la perspective ne m'enchante guère !

Coup de bol, le vent est favorable cette fois-ci, et malgré la pluie devenue intermittente et la circulation assez importante, je mets moins longtemps que prévu pour atteindre Remouchamps et le cinquième et dernier ravitaillement, vers 18 h et après 224 km de route. Entre-temps, le cycliste que j'avais distancé dans Amermont m'a rejoint : celui-là semble sacrément efficace sur le plat, contrairement à moi !

Mais on est tous les deux décontenancés à voir le lieu de ravitaillement, qui a l'air fermé. Comme on est juste au pied de la terrible côte de la Redoute, mon comparse décide de continuer sa route sans s'arrêter. Moi si, je dois absolument remplir mes bidons, qui sont vides, quitte à aller me ravitailler en eau chez l'habitant. C'est là que je m'aperçois que le ravito n'est pas encore complètement fermé : il y a encore quelques personnes, et de quoi remplir mes bidons ! Les préposés m'accueillent en disant "Ah voilà le dernier !" (ils se trompent en fait, comme je le verrai plus tard) et à part cette remarque un peu vexante m'accueillent gentiment en plein milieu de leurs préparatifs de départ. Comme l'arrivée n'est plus qu'à 24 km et que j'ai encore deux heures devant moi avant la clôture de l'arrivée, le moral repart à la hausse : sauf pépin, c'est dans la poche !

L'avantage d'un ravito à moitié fermé, c'est qu'il prend un minimum de temps, et c'est encore chaud que j'affronte la redoutable et redoutée Redoute, peut-être la côte la plus célèbre de Belgique :

http://www.sport.be/cycling/fr/hellingen/info.html?Route_ID=55

Mon ascension n'est pas bien rapide, on s'en doute, mais se passe relativement bien. Qu'est-ce qu'on peut apprécier d'avoir un 26/34 dans des passages à 20 % après 224 km de route… Ça se passe moins bien pour le malheureux cycliste qui m'avait rattrapé, que j'aperçois à pied, plié en deux à côté de son vélo, au sommet de la première portion raide. Lui a un compact, soit dit en passant, pour ceux qui affirment sans nuances qu'avec un compact on passe partout ! Au sommet de la deuxième portion raide, juste avant le véritable sommet, au niveau de la stèle, je vois un autre cycliste arrêté, avec un maillot de l'Ardéchoise, discutant avec un spectateur au bord de la route. 

Ces deux cyclistes me rattraperont encore au pied de la sixième difficulté répertoriée, le Hornay ou côte de Sprimont (répertoriée, mais bien moins dure que nombre d'autre montées non répertoriées du parcours avec ses 1100 à 6% de moyenne !!). Le cycliste au pédalier compact y lâche encore prise, et c'est en relais avec l'autre cycliste, celui avec le maillot de l'Ardéchoise, que j'effectue le reste du parcours menant jusqu'au pied de la dernière difficulté, la côte de Boncelles, qu'on avait en fait descendue au départ : 3500 m variant entre 5% et 7%.

Juste avant le pied, le cycliste au compact nous aura encore rattrapés. S'il va apparemment moins vite que moi en montée, je lui demanderais volontiers des conseils pour tout le reste ! Boosté par la proximité de l'arrivée (5 km), je m'autorise enfin à «lâcher les chevaux» dans la côte de Boncelles, mes deux compagnons n'essayant pas de me suivre.

À l'arrivée, cuit mais radieux, il est 19 h 20, donc 40 minutes d'avance sur l'horaire de fermeture. À part mes deux comparses, d'autres cyclistes arrivent encore ensuite, je n'étais donc pas le dernier au ravito de Remouchamps !

Ça fait 11 h 40 que je suis parti, avec 10 h 50 de vélo effectif (ravitos décomptés), soit une moyenne honorable (pour moi!) de 21,2 km/h. Supérieure à celle que j'avais réalisée il y a un mois pour les 222 km de Mons-Chimay-Mons (20,4 km/h) où la dénivellation était nettement moindre, donc j'ai de quoi être satisfait. Les jambes ont plutôt bien tourné aussi malgré la dénivellation, 88 tours/minutes de cadence moyenne de pédalage.

Et surtout, surtout, j'ai pris ma revanche de mon abandon de 2014 sur cette épreuve ! smiley laughing

Répondre Prévenir le modérateur

envoyé le 05/06/2017 13:59

Hier avait lieu Tilff-Bastogne-Tilff, le pendant cyclotouriste traditionnel de la course pro Liège-Bastogne-Liège.

http://www.sport.be/cyclingtour/tilffbastognetilff/2017/fr/

Cette année, quatre parcours étaient proposés, contre trois les années précédentes, de quoi satisfaire toutes les exigences : 88 km, 121 km, 172 km et bien sûr le parcours complet, 248 km, le seul qui aille jusqu'à Bastogne.

http://www.sport.be/cyclingtour/tilffbastognetilff/2017/fr/info/parcours/map/#4

Pour ceux qui se demandent à quoi rime cette épreuve alors qu'il y a déjà le Liège-Bastogne-Liège Challenge (LBL) qui reprend le parcours de la course professionnelle, il faut savoir que d'une part Tilff-Bastogne-Tilff (TBT) existe depuis bien plus longtemps, et que d'autre part son parcours est différent.

Tilff a beau être dans la banlieue proche de Liège, TBT n'est en effet pas un simple décalque de la course pro : si elle en reprend quelques difficultés (Rosier, la Redoute, Hornay), elle a son propre parcours et ses difficultés propres. Par exemple les côtes de l'espace urbain liégeois (Saint-Nicolas, Ans) n'y figurent pas, non plus que le Stockeu ou Saint-Roch mais en échange elle en propose d'autres comme Chambralles, Amermont ou Boncelles.

Globalement cela donne un grand parcours un poil moins long que LBL (248 km contre 273 km), moins accidenté selon les stats officielles (3680 m contre 5287 m) mais nettement plus bucolique et dans une ambiance plus détendue. En particulier, pas de chronométrage de côtes, ce qui contribue à des tarifs d'inscriptions beaucoup moins élevés (15-25 euros contre 45-55 euros…).

La difficulté de TBT n'est cependant certainement pas à sous-estimer, et j'en sais quelque chose : j'avais déjà tenté le grand parcours en 2014, pour finir par abandonner, perclus de crampes de la tête aux pieds au seuil des 200 km… 

L'année dernière j'y étais retourné, avec succès, mais c'était «seulement» pour l'unique parcours médian d'alors, 160 km environ. Cette année était donc prévue pour être celle de la revanche, donc grand parcours à nouveau au programme !

Ça commence plutôt mal puisque conformément à une mauvaise habitude de ma part j'arrive plus tard que souhaité pour m'inscrire, commençant la rando de ce fait à 7 h du matin au lieu des 6 h 30 prévues . C'est que le site d'arrivée ferme à 20 h, et que vu mon niveau je prévois au minimum 12 h de sortie pour les 248 km. Ça pourrait donc être skerp (limite), comme on dit à Bruxelles, pour que j'arrive dans les délais !

Départ à la fraîche (12°), et en descente, du Country-Hall de Liège, juste au-dessus de Tilff, sur des routes détrempées par les pluies nocturnes. Passage à Tilff ensuite, avec son curieux pont entièrement en ferraille au-dessus de l'Ourthe, et direction plein sud, pour un des rares passages à peu près plat du parcours, le long de l'Ourthe puis de l'Amblève, pour arriver au pied de la première côte répertoriée, et pas la moindre : Chambralles.

http://www.sport.be/cycling/fr/hellingen/info.html?Route_ID=52

Cette brute de grimpée, digne de la Redoute mais bien plus irrégulière, propose des passages jusqu'à 20 % et des épingles à cheveux vertigineusement raides. De quoi sérieusement entamer ses réserves après seulement 26 km de route ! Le mot d'ordre est pourtant de s'économiser le plus possible, si on veut aller au bout du grand parcours. Pas question pour moi donc d'essayer de suivre ceux qui participent aux parcours moins longs, et Dieu sait qu'il y en a qui en profitent pour se tirer la bourre ! C'est là que des braquets de vététistes comme les miens sont vraiment utiles pour se ménager… ils seront mis à contribution à nouveau, certes, mais vers la fin du périple.

En haut de Chambralles, ce sont les Ardennes : paysage souvent époustouflants et malheureusement revêtements tout aussi souvent dégradés, qui me feront pester plus d'une fois contre les responsables des équipements routiers de la région ! La route monte et descend en permanence même en l'absence de côte répertoriée (une blague bien belge). Plus question de passages plat ! Premier ravitaillement à Werbomont, avant que les différents parcours se scindent. Le grand met le cap vers la province du Luxembourg belge, plein sud. Manhay, Odeigne, Samrée, Berismenil, Nadrin…  Un parcours en toboggan, mais globalement montant : au-dessus d'Odeigne on atteint le point culminant de la randonnée (630 m), près de la Baraque de Fraiture (654 m, point culminant de la province du Luxembourg). 

Après la descente de la côte de Mormont, on attaque la deuxième difficulté répertoriée, la côte de Bonnerue : assez longue (2500 m) mais régulière, entre 6 % et 8 % de pente. Les jambes tournent plutôt bien. Une vingtaine de kilomètres plus loin, j'arrive à Bastogne un peu avant midi, endroit du deuxième ravitaillement, après 98 km de route. Jusque-là tout s'est bien passé, et je ne ressens pas de fatigue particulière. Le prix à payer pour cela a été une allure volontairement réduite de bout en bout, ne voulant pas me cramer comme je l'avais fait trois ans plus tôt. C'est que le plus dur arrive… la longue portion de transition de 80 km environ jusqu'aux environs de Stavelot.

Ces 80 km, entrecoupés d'un ravitaillement en pleine nature à Gouvy, sont en effet les plus délicats à gérer du parcours. Aucune difficulté répertoriée, certes, mais il ne faut surtout pas s'y fier ! Ça n'arrête jamais de monter et descendre, pas de façon bien raide ni très longuement, mais ça finit par saper les forces si on ne cherche pas, encore une fois, à s'économiser. Mot d'ordre : tourner les jambes ! Et tant pis si je me fais enrhumer par un paquet de cyclistes : je préfère courir le risque d'arriver hors-délais que de finir allongé par terre assailli par les crampes au pied de la côte du Rosier, comme la dernière fois…

Ça a d'ailleurs l'avantage de me permettre de profiter de paysages particulièrement somptueux, surtout lorsque le parcours arrive à la limite entre les provinces de Luxembourg et de Liège, du côté de Vielsalm et Malmedy. La troisième côte répertoriée, Chevonfosse, nous attend sur le territoire de cette commune, juste avant d'arriver à Stavelot. Un drôle de morceau, cette côte : juste sous le viaduc d'une autoroute (E42), elle commence par un véritable mur, puis un long replat, avant de repartir de plus belle dans des pourcentages impressionnants, puis de se calmer, et de recommencer… et ainsi de suite, vous avez compris l'idée. Bref, de quoi faire mal aux jambes, et le quatrième ravitaillement à Stavelot, est bienvenu.

180 km déjà parcourus environ. Il est 16 h, et là je me dis que ma prudence m'a effectivement fait bien partir pour finir hors-délais, puisque les bénévoles viennent juste de commencer les préparatifs pour fermer le ravito… Il n'y a d'ailleurs que deux autres cyclistes présents avec moi. Mais pas de problème cependant pour «refaire le plein» et repartir. D'emblée et à froid, c'est la très méchante côte d'Amermont qui se présente sous mes roues : assez semblable à Chambralles dans ses pourcentages et son irrégularité, elle est encore plus difficile puisqu'elle se prolonge par la dernière partie de la fameuse «Haute-Levée», soit une longue route usante et passante en direction de Francorchamps…

http://www.sport.be/cycling/nl/hellingen/info.html?Route_ID=49

Un des cyclistes croisés au ravitaillement est littéralement planté dans la côte et reste loin derrière moi au sommet, l'autre part à toute berzingue et je ne le reverrai plus. Après le passage à Francorchamps près du fameux circuit automobile du même nom, on descend à toute vitesse (nonobstant quelques remontées casse-pattes…) vers Moulin du Ruy et la cinquième côte répertoriée du jour, la fameuse côte du Rosier.

http://www.sport.be/cycling/nl/hellingen/info.html?Route_ID=125

Jamais très pentue, mais très longue à l'échelle belge, près de 5 km. C'est au pied de cette côte que j'avais dû abandonner il y a trois ans… Comme pour me rappeler ce moment pénible, aujourd'hui je vois un autre cycliste affalé par terre au même endroit. Lui n'a pas eu de problème physique, seulement matériel apparemment (vélo posé à l'envers devant lui). Mais quand je demande si je peux l'aider, il me dit que non, que c'est sa roue arrière qui est en vrac, qu'il n'y a donc rien d'autre à faire que d'appeler l'assistance officielle…

Peut-être atteint au moral par cette mésaventure, j'effectue la grimpée du Rosier à un rythme moindre que celui que j'ai l'habitude d'employer dans cette côte que je connais bien. Pour ne rien arranger, une fois arrivé au sommet il se met à pleuvoir… De plus, après la descente rapide (et refroidissante!), se présente une des portions que je redoute le plus dans le parcours : un long faux-plat descendant irrégulier d'une vingtaine de kilomètres entre Targnon et Remouchamps, le long de l'Amblève, où on a généralement le vent de face. Moi qui ai absolument horreur du vent, la perspective ne m'enchante guère !

Coup de bol, le vent est favorable cette fois-ci, et malgré la pluie devenue intermittente et la circulation assez importante, je mets moins longtemps que prévu pour atteindre Remouchamps et le cinquième et dernier ravitaillement, vers 18 h et après 224 km de route. Entre-temps, le cycliste que j'avais distancé dans Amermont m'a rejoint : celui-là semble sacrément efficace sur le plat, contrairement à moi !

Mais on est tous les deux décontenancés à voir le lieu de ravitaillement, qui a l'air fermé. Comme on est juste au pied de la terrible côte de la Redoute, mon comparse décide de continuer sa route sans s'arrêter. Moi si, je dois absolument remplir mes bidons, qui sont vides, quitte à aller me ravitailler en eau chez l'habitant. C'est là que je m'aperçois que le ravito n'est pas encore complètement fermé : il y a encore quelques personnes, et de quoi remplir mes bidons ! Les préposés m'accueillent en disant "Ah voilà le dernier !" (ils se trompent en fait, comme je le verrai plus tard) et à part cette remarque un peu vexante m'accueillent gentiment en plein milieu de leurs préparatifs de départ. Comme l'arrivée n'est plus qu'à 24 km et que j'ai encore deux heures devant moi avant la clôture de l'arrivée, le moral repart à la hausse : sauf pépin, c'est dans la poche !

L'avantage d'un ravito à moitié fermé, c'est qu'il prend un minimum de temps, et c'est encore chaud que j'affronte la redoutable et redoutée Redoute, peut-être la côte la plus célèbre de Belgique :

http://www.sport.be/cycling/fr/hellingen/info.html?Route_ID=55

Mon ascension n'est pas bien rapide, on s'en doute, mais se passe relativement bien. Qu'est-ce qu'on peut apprécier d'avoir un 26/34 dans des passages à 20 % après 224 km de route… Ça se passe moins bien pour le malheureux cycliste qui m'avait rattrapé, que j'aperçois à pied, plié en deux à côté de son vélo, au sommet de la première portion raide. Lui a un compact, soit dit en passant, pour ceux qui affirment sans nuances qu'avec un compact on passe partout ! Au sommet de la deuxième portion raide, juste avant le véritable sommet, au niveau de la stèle, je vois un autre cycliste arrêté, avec un maillot de l'Ardéchoise, discutant avec un spectateur au bord de la route. 

Ces deux cyclistes me rattraperont encore au pied de la sixième difficulté répertoriée, le Hornay ou côte de Sprimont (répertoriée, mais bien moins dure que nombre d'autre montées non répertoriées du parcours avec ses 1100 à 6% de moyenne !!). Le cycliste au pédalier compact y lâche encore prise, et c'est en relais avec l'autre cycliste, celui avec le maillot de l'Ardéchoise, que j'effectue le reste du parcours menant jusqu'au pied de la dernière difficulté, la côte de Boncelles, qu'on avait en fait descendue au départ : 3500 m variant entre 5% et 7%.

Juste avant le pied, le cycliste au compact nous aura encore rattrapés. S'il va apparemment moins vite que moi en montée, je lui demanderais volontiers des conseils pour tout le reste ! Boosté par la proximité de l'arrivée (5 km), je m'autorise enfin à «lâcher les chevaux» dans la côte de Boncelles, mes deux compagnons n'essayant pas de me suivre.

À l'arrivée, cuit mais radieux, il est 19 h 20, donc 40 minutes d'avance sur l'horaire de fermeture. À part mes deux comparses, d'autres cyclistes arrivent encore ensuite, je n'étais donc pas le dernier au ravito de Remouchamps !

Ça fait 11 h 40 que je suis parti, avec 10 h 50 de vélo effectif (ravitos décomptés), soit une moyenne honorable (pour moi!) de 21,2 km/h. Supérieure à celle que j'avais réalisée il y a un mois pour les 222 km de Mons-Chimay-Mons (20,4 km/h) où la dénivellation était nettement moindre, donc j'ai de quoi être satisfait. Les jambes ont plutôt bien tourné aussi malgré la dénivellation, 88 tours/minutes de cadence moyenne de pédalage.

Et surtout, surtout, j'ai pris ma revanche de mon abandon de 2014 sur cette épreuve ! smiley laughing

Superbe CR, bravo à toi pour cette belle revanche ! J'ose même pas imaginer des distances pareilles !! Et bravo aussi pour la gestion car ce n'est jamais facile de rester en dedans quand on voit les autres partir, même quand on sait que c'est la meilleure chose à faire pour arriver. Bon, et je vois que je ne suis pas le seul à peiner sur le plat, ça a un côté rassurant :-)

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envoyé le 05/06/2017 14:53

Hier avait lieu Tilff-Bastogne-Tilff, le pendant cyclotouriste traditionnel de la course pro Liège-Bastogne-Liège.

http://www.sport.be/cyclingtour/tilffbastognetilff/2017/fr/

Cette année, quatre parcours étaient proposés, contre trois les années précédentes, de quoi satisfaire toutes les exigences : 88 km, 121 km, 172 km et bien sûr le parcours complet, 248 km, le seul qui aille jusqu'à Bastogne.

http://www.sport.be/cyclingtour/tilffbastognetilff/2017/fr/info/parcours/map/#4

Pour ceux qui se demandent à quoi rime cette épreuve alors qu'il y a déjà le Liège-Bastogne-Liège Challenge (LBL) qui reprend le parcours de la course professionnelle, il faut savoir que d'une part Tilff-Bastogne-Tilff (TBT) existe depuis bien plus longtemps, et que d'autre part son parcours est différent.

Tilff a beau être dans la banlieue proche de Liège, TBT n'est en effet pas un simple décalque de la course pro : si elle en reprend quelques difficultés (Rosier, la Redoute, Hornay), elle a son propre parcours et ses difficultés propres. Par exemple les côtes de l'espace urbain liégeois (Saint-Nicolas, Ans) n'y figurent pas, non plus que le Stockeu ou Saint-Roch mais en échange elle en propose d'autres comme Chambralles, Amermont ou Boncelles.

Globalement cela donne un grand parcours un poil moins long que LBL (248 km contre 273 km), moins accidenté selon les stats officielles (3680 m contre 5287 m) mais nettement plus bucolique et dans une ambiance plus détendue. En particulier, pas de chronométrage de côtes, ce qui contribue à des tarifs d'inscriptions beaucoup moins élevés (15-25 euros contre 45-55 euros…).

La difficulté de TBT n'est cependant certainement pas à sous-estimer, et j'en sais quelque chose : j'avais déjà tenté le grand parcours en 2014, pour finir par abandonner, perclus de crampes de la tête aux pieds au seuil des 200 km… 

L'année dernière j'y étais retourné, avec succès, mais c'était «seulement» pour l'unique parcours médian d'alors, 160 km environ. Cette année était donc prévue pour être celle de la revanche, donc grand parcours à nouveau au programme !

Ça commence plutôt mal puisque conformément à une mauvaise habitude de ma part j'arrive plus tard que souhaité pour m'inscrire, commençant la rando de ce fait à 7 h du matin au lieu des 6 h 30 prévues . C'est que le site d'arrivée ferme à 20 h, et que vu mon niveau je prévois au minimum 12 h de sortie pour les 248 km. Ça pourrait donc être skerp (limite), comme on dit à Bruxelles, pour que j'arrive dans les délais !

Départ à la fraîche (12°), et en descente, du Country-Hall de Liège, juste au-dessus de Tilff, sur des routes détrempées par les pluies nocturnes. Passage à Tilff ensuite, avec son curieux pont entièrement en ferraille au-dessus de l'Ourthe, et direction plein sud, pour un des rares passages à peu près plat du parcours, le long de l'Ourthe puis de l'Amblève, pour arriver au pied de la première côte répertoriée, et pas la moindre : Chambralles.

http://www.sport.be/cycling/fr/hellingen/info.html?Route_ID=52

Cette brute de grimpée, digne de la Redoute mais bien plus irrégulière, propose des passages jusqu'à 20 % et des épingles à cheveux vertigineusement raides. De quoi sérieusement entamer ses réserves après seulement 26 km de route ! Le mot d'ordre est pourtant de s'économiser le plus possible, si on veut aller au bout du grand parcours. Pas question pour moi donc d'essayer de suivre ceux qui participent aux parcours moins longs, et Dieu sait qu'il y en a qui en profitent pour se tirer la bourre ! C'est là que des braquets de vététistes comme les miens sont vraiment utiles pour se ménager… ils seront mis à contribution à nouveau, certes, mais vers la fin du périple.

En haut de Chambralles, ce sont les Ardennes : paysage souvent époustouflants et malheureusement revêtements tout aussi souvent dégradés, qui me feront pester plus d'une fois contre les responsables des équipements routiers de la région ! La route monte et descend en permanence même en l'absence de côte répertoriée (une blague bien belge). Plus question de passages plat ! Premier ravitaillement à Werbomont, avant que les différents parcours se scindent. Le grand met le cap vers la province du Luxembourg belge, plein sud. Manhay, Odeigne, Samrée, Berismenil, Nadrin…  Un parcours en toboggan, mais globalement montant : au-dessus d'Odeigne on atteint le point culminant de la randonnée (630 m), près de la Baraque de Fraiture (654 m, point culminant de la province du Luxembourg). 

Après la descente de la côte de Mormont, on attaque la deuxième difficulté répertoriée, la côte de Bonnerue : assez longue (2500 m) mais régulière, entre 6 % et 8 % de pente. Les jambes tournent plutôt bien. Une vingtaine de kilomètres plus loin, j'arrive à Bastogne un peu avant midi, endroit du deuxième ravitaillement, après 98 km de route. Jusque-là tout s'est bien passé, et je ne ressens pas de fatigue particulière. Le prix à payer pour cela a été une allure volontairement réduite de bout en bout, ne voulant pas me cramer comme je l'avais fait trois ans plus tôt. C'est que le plus dur arrive… la longue portion de transition de 80 km environ jusqu'aux environs de Stavelot.

Ces 80 km, entrecoupés d'un ravitaillement en pleine nature à Gouvy, sont en effet les plus délicats à gérer du parcours. Aucune difficulté répertoriée, certes, mais il ne faut surtout pas s'y fier ! Ça n'arrête jamais de monter et descendre, pas de façon bien raide ni très longuement, mais ça finit par saper les forces si on ne cherche pas, encore une fois, à s'économiser. Mot d'ordre : tourner les jambes ! Et tant pis si je me fais enrhumer par un paquet de cyclistes : je préfère courir le risque d'arriver hors-délais que de finir allongé par terre assailli par les crampes au pied de la côte du Rosier, comme la dernière fois…

Ça a d'ailleurs l'avantage de me permettre de profiter de paysages particulièrement somptueux, surtout lorsque le parcours arrive à la limite entre les provinces de Luxembourg et de Liège, du côté de Vielsalm et Malmedy. La troisième côte répertoriée, Chevonfosse, nous attend sur le territoire de cette commune, juste avant d'arriver à Stavelot. Un drôle de morceau, cette côte : juste sous le viaduc d'une autoroute (E42), elle commence par un véritable mur, puis un long replat, avant de repartir de plus belle dans des pourcentages impressionnants, puis de se calmer, et de recommencer… et ainsi de suite, vous avez compris l'idée. Bref, de quoi faire mal aux jambes, et le quatrième ravitaillement à Stavelot, est bienvenu.

180 km déjà parcourus environ. Il est 16 h, et là je me dis que ma prudence m'a effectivement fait bien partir pour finir hors-délais, puisque les bénévoles viennent juste de commencer les préparatifs pour fermer le ravito… Il n'y a d'ailleurs que deux autres cyclistes présents avec moi. Mais pas de problème cependant pour «refaire le plein» et repartir. D'emblée et à froid, c'est la très méchante côte d'Amermont qui se présente sous mes roues : assez semblable à Chambralles dans ses pourcentages et son irrégularité, elle est encore plus difficile puisqu'elle se prolonge par la dernière partie de la fameuse «Haute-Levée», soit une longue route usante et passante en direction de Francorchamps…

http://www.sport.be/cycling/nl/hellingen/info.html?Route_ID=49

Un des cyclistes croisés au ravitaillement est littéralement planté dans la côte et reste loin derrière moi au sommet, l'autre part à toute berzingue et je ne le reverrai plus. Après le passage à Francorchamps près du fameux circuit automobile du même nom, on descend à toute vitesse (nonobstant quelques remontées casse-pattes…) vers Moulin du Ruy et la cinquième côte répertoriée du jour, la fameuse côte du Rosier.

http://www.sport.be/cycling/nl/hellingen/info.html?Route_ID=125

Jamais très pentue, mais très longue à l'échelle belge, près de 5 km. C'est au pied de cette côte que j'avais dû abandonner il y a trois ans… Comme pour me rappeler ce moment pénible, aujourd'hui je vois un autre cycliste affalé par terre au même endroit. Lui n'a pas eu de problème physique, seulement matériel apparemment (vélo posé à l'envers devant lui). Mais quand je demande si je peux l'aider, il me dit que non, que c'est sa roue arrière qui est en vrac, qu'il n'y a donc rien d'autre à faire que d'appeler l'assistance officielle…

Peut-être atteint au moral par cette mésaventure, j'effectue la grimpée du Rosier à un rythme moindre que celui que j'ai l'habitude d'employer dans cette côte que je connais bien. Pour ne rien arranger, une fois arrivé au sommet il se met à pleuvoir… De plus, après la descente rapide (et refroidissante!), se présente une des portions que je redoute le plus dans le parcours : un long faux-plat descendant irrégulier d'une vingtaine de kilomètres entre Targnon et Remouchamps, le long de l'Amblève, où on a généralement le vent de face. Moi qui ai absolument horreur du vent, la perspective ne m'enchante guère !

Coup de bol, le vent est favorable cette fois-ci, et malgré la pluie devenue intermittente et la circulation assez importante, je mets moins longtemps que prévu pour atteindre Remouchamps et le cinquième et dernier ravitaillement, vers 18 h et après 224 km de route. Entre-temps, le cycliste que j'avais distancé dans Amermont m'a rejoint : celui-là semble sacrément efficace sur le plat, contrairement à moi !

Mais on est tous les deux décontenancés à voir le lieu de ravitaillement, qui a l'air fermé. Comme on est juste au pied de la terrible côte de la Redoute, mon comparse décide de continuer sa route sans s'arrêter. Moi si, je dois absolument remplir mes bidons, qui sont vides, quitte à aller me ravitailler en eau chez l'habitant. C'est là que je m'aperçois que le ravito n'est pas encore complètement fermé : il y a encore quelques personnes, et de quoi remplir mes bidons ! Les préposés m'accueillent en disant "Ah voilà le dernier !" (ils se trompent en fait, comme je le verrai plus tard) et à part cette remarque un peu vexante m'accueillent gentiment en plein milieu de leurs préparatifs de départ. Comme l'arrivée n'est plus qu'à 24 km et que j'ai encore deux heures devant moi avant la clôture de l'arrivée, le moral repart à la hausse : sauf pépin, c'est dans la poche !

L'avantage d'un ravito à moitié fermé, c'est qu'il prend un minimum de temps, et c'est encore chaud que j'affronte la redoutable et redoutée Redoute, peut-être la côte la plus célèbre de Belgique :

http://www.sport.be/cycling/fr/hellingen/info.html?Route_ID=55

Mon ascension n'est pas bien rapide, on s'en doute, mais se passe relativement bien. Qu'est-ce qu'on peut apprécier d'avoir un 26/34 dans des passages à 20 % après 224 km de route… Ça se passe moins bien pour le malheureux cycliste qui m'avait rattrapé, que j'aperçois à pied, plié en deux à côté de son vélo, au sommet de la première portion raide. Lui a un compact, soit dit en passant, pour ceux qui affirment sans nuances qu'avec un compact on passe partout ! Au sommet de la deuxième portion raide, juste avant le véritable sommet, au niveau de la stèle, je vois un autre cycliste arrêté, avec un maillot de l'Ardéchoise, discutant avec un spectateur au bord de la route. 

Ces deux cyclistes me rattraperont encore au pied de la sixième difficulté répertoriée, le Hornay ou côte de Sprimont (répertoriée, mais bien moins dure que nombre d'autre montées non répertoriées du parcours avec ses 1100 à 6% de moyenne !!). Le cycliste au pédalier compact y lâche encore prise, et c'est en relais avec l'autre cycliste, celui avec le maillot de l'Ardéchoise, que j'effectue le reste du parcours menant jusqu'au pied de la dernière difficulté, la côte de Boncelles, qu'on avait en fait descendue au départ : 3500 m variant entre 5% et 7%.

Juste avant le pied, le cycliste au compact nous aura encore rattrapés. S'il va apparemment moins vite que moi en montée, je lui demanderais volontiers des conseils pour tout le reste ! Boosté par la proximité de l'arrivée (5 km), je m'autorise enfin à «lâcher les chevaux» dans la côte de Boncelles, mes deux compagnons n'essayant pas de me suivre.

À l'arrivée, cuit mais radieux, il est 19 h 20, donc 40 minutes d'avance sur l'horaire de fermeture. À part mes deux comparses, d'autres cyclistes arrivent encore ensuite, je n'étais donc pas le dernier au ravito de Remouchamps !

Ça fait 11 h 40 que je suis parti, avec 10 h 50 de vélo effectif (ravitos décomptés), soit une moyenne honorable (pour moi!) de 21,2 km/h. Supérieure à celle que j'avais réalisée il y a un mois pour les 222 km de Mons-Chimay-Mons (20,4 km/h) où la dénivellation était nettement moindre, donc j'ai de quoi être satisfait. Les jambes ont plutôt bien tourné aussi malgré la dénivellation, 88 tours/minutes de cadence moyenne de pédalage.

Et surtout, surtout, j'ai pris ma revanche de mon abandon de 2014 sur cette épreuve ! smiley laughing

Félicitations, Franck ! Tu as (enfin) vaincu le sort smiley wink Pas (trop) mal aux jambes ce matin ?

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envoyé le 05/06/2017 14:59

Superbe CR, bravo à toi pour cette belle revanche ! J'ose même pas imaginer des distances pareilles !! Et bravo aussi pour la gestion car ce n'est jamais facile de rester en dedans quand on voit les autres partir, même quand on sait que c'est la meilleure chose à faire pour arriver. Bon, et je vois que je ne suis pas le seul à peiner sur le plat, ça a un côté rassurant :-)

Je n'arrive pas à concevoir de faire du vélo sans faire des côtes. Je perds beaucoup de plaisir à faire du vélo quand ce n'est que sur du plat… c'est sans doute pour ça que je m'y traîne lamentablement en général. Et quand le vent s'en mêle, ça devient un cauchemar !

Ce n'est pas mon habitude non plus de faire de telles distances. C'était mon deuxième «plus de 200» cette année, après Mons-Chimay-Mons, et c'est probable que je n'en ferai pas d'autres cette année, puisque ils étaient les seuls à mon programme. L'année dernière je n'en avais pas fait du tout, et l'année d'avant seulement un. Avant cela, je crois bien que mon dernier «plus de 200» datait de mon BRA de 1997… mais je ne peux pas être certain, puisque je n'avais pas de compteur entre-temps.

Je pense quand même que les longues distances sont plus accessibles qu'on ne le pense. Bien sûr, pour réussir un «plus de 200» il y a le côté préparation physique, indispensable. En particulier avoir un nombre d'heures de selle suffisant, variant selon les personnes et le niveau. Pour ma part j'avais déjà 3500 km au compteur avant de faire cette épreuve.

Et il vaut beaucoup mieux avoir fait au moins une fois une sortie sur distance proche au préalable, de préférence sur le même type de terrain, ou approchant. Mais le côté mental est tout aussi important à mon avis, il faut savoir se convaincre qu'on va y arriver, et effectivement savoir prendre sur soi pour s'économiser en route.

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envoyé le 05/06/2017 15:03

Félicitations, Franck ! Tu as (enfin) vaincu le sort smiley wink Pas (trop) mal aux jambes ce matin ?

Disons que je bouge avec plus de lenteur et de précautions aujourd'hui qu'avant-hier ! smiley mr-green Mais globalement ça va. Encore que c'est généralement le surlendemain de l'épreuve que les courbatures se font le plus sentir, donc j'appréhende un peu pour demain.

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envoyé le 05/06/2017 15:39

Je n'arrive pas à concevoir de faire du vélo sans faire des côtes. Je perds beaucoup de plaisir à faire du vélo quand ce n'est que sur du plat… c'est sans doute pour ça que je m'y traîne lamentablement en général. Et quand le vent s'en mêle, ça devient un cauchemar !

Ce n'est pas mon habitude non plus de faire de telles distances. C'était mon deuxième «plus de 200» cette année, après Mons-Chimay-Mons, et c'est probable que je n'en ferai pas d'autres cette année, puisque ils étaient les seuls à mon programme. L'année dernière je n'en avais pas fait du tout, et l'année d'avant seulement un. Avant cela, je crois bien que mon dernier «plus de 200» datait de mon BRA de 1997… mais je ne peux pas être certain, puisque je n'avais pas de compteur entre-temps.

Je pense quand même que les longues distances sont plus accessibles qu'on ne le pense. Bien sûr, pour réussir un «plus de 200» il y a le côté préparation physique, indispensable. En particulier avoir un nombre d'heures de selle suffisant, variant selon les personnes et le niveau. Pour ma part j'avais déjà 3500 km au compteur avant de faire cette épreuve.

Et il vaut beaucoup mieux avoir fait au moins une fois une sortie sur distance proche au préalable, de préférence sur le même type de terrain, ou approchant. Mais le côté mental est tout aussi important à mon avis, il faut savoir se convaincre qu'on va y arriver, et effectivement savoir prendre sur soi pour s'économiser en route.

Ah ah, je suis pas loin de penser comme toi pour le vélo et les côtes ! Du coup le Luberon, les Monts-de-Vaucluse, le Ventoux me manquent un peu en Picardie, probablement plus que le soleil !

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envoyé le 05/06/2017 15:55

En me relisant, je vois que je me suis royalement planté en retranscrivant mes temps de parcours. La fatigue, sans doute smiley embarassed. En fait j'ai mis 12 h 20 en tout pour boucler les 248 km, soit 11 h 40 de vélo effectif, pause décomptées.

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envoyé le 05/06/2017 17:42

Disons que je bouge avec plus de lenteur et de précautions aujourd'hui qu'avant-hier ! smiley mr-green Mais globalement ça va. Encore que c'est généralement le surlendemain de l'épreuve que les courbatures se font le plus sentir, donc j'appréhende un peu pour demain.

Bravo Franck , et pour le C.R et pour , je ne parlerais pas de performance ce n'est pas ton but , ta façon d'aborder et d'aimer le vélo sans te prendre la tête ,

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envoyé le 05/06/2017 19:33

En me relisant, je vois que je me suis royalement planté en retranscrivant mes temps de parcours. La fatigue, sans doute smiley embarassed. En fait j'ai mis 12 h 20 en tout pour boucler les 248 km, soit 11 h 40 de vélo effectif, pause décomptées.

Félicitations pour ta performance, tu as réussi ton épreuve smiley wink

J'habite la région liégeoise, mais je venais d'effectuer une longue samedi dernier... 222km sur la Flèche de Wallonie (Spa), et il y a des côtes communes...

https://www.strava.com/activities/1008148876

Chaque année depuis 2 ans, j'essaie de me faire un 200km voire deux sur la saison...

L'an passé j'avais fait les 3 ballons

https://www.strava.com/activities/606579491

Je pense que l'an prochain je programmerai TBT sur la longue, car LBL est trop tôt dans la saison et la météo est rarement à notre avantage...

C'est la première année que je ne fais pas le parcours intermédiaire (157km), j'ai fait une petite sortie samedi "la Ferdinand Bracke" à Namur... et mon objectif est dans 3 semaines la GNFY smiley wink

Même si on n'a pas le même niveau (actuellement) je te félicite pour ton courage et ta motivation... le plus important est de se faire plaisir

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envoyé le 05/06/2017 19:53

Hier avait lieu Tilff-Bastogne-Tilff, le pendant cyclotouriste traditionnel de la course pro Liège-Bastogne-Liège.

http://www.sport.be/cyclingtour/tilffbastognetilff/2017/fr/

Cette année, quatre parcours étaient proposés, contre trois les années précédentes, de quoi satisfaire toutes les exigences : 88 km, 121 km, 172 km et bien sûr le parcours complet, 248 km, le seul qui aille jusqu'à Bastogne.

http://www.sport.be/cyclingtour/tilffbastognetilff/2017/fr/info/parcours/map/#4

Pour ceux qui se demandent à quoi rime cette épreuve alors qu'il y a déjà le Liège-Bastogne-Liège Challenge (LBL) qui reprend le parcours de la course professionnelle, il faut savoir que d'une part Tilff-Bastogne-Tilff (TBT) existe depuis bien plus longtemps, et que d'autre part son parcours est différent.

Tilff a beau être dans la banlieue proche de Liège, TBT n'est en effet pas un simple décalque de la course pro : si elle en reprend quelques difficultés (Rosier, la Redoute, Hornay), elle a son propre parcours et ses difficultés propres. Par exemple les côtes de l'espace urbain liégeois (Saint-Nicolas, Ans) n'y figurent pas, non plus que le Stockeu ou Saint-Roch mais en échange elle en propose d'autres comme Chambralles, Amermont ou Boncelles.

Globalement cela donne un grand parcours un poil moins long que LBL (248 km contre 273 km), moins accidenté selon les stats officielles (3680 m contre 5287 m) mais nettement plus bucolique et dans une ambiance plus détendue. En particulier, pas de chronométrage de côtes, ce qui contribue à des tarifs d'inscriptions beaucoup moins élevés (15-25 euros contre 45-55 euros…).

La difficulté de TBT n'est cependant certainement pas à sous-estimer, et j'en sais quelque chose : j'avais déjà tenté le grand parcours en 2014, pour finir par abandonner, perclus de crampes de la tête aux pieds au seuil des 200 km… 

L'année dernière j'y étais retourné, avec succès, mais c'était «seulement» pour l'unique parcours médian d'alors, 160 km environ. Cette année était donc prévue pour être celle de la revanche, donc grand parcours à nouveau au programme !

Ça commence plutôt mal puisque conformément à une mauvaise habitude de ma part j'arrive plus tard que souhaité pour m'inscrire, commençant la rando de ce fait à 7 h du matin au lieu des 6 h 30 prévues . C'est que le site d'arrivée ferme à 20 h, et que vu mon niveau je prévois au minimum 12 h de sortie pour les 248 km. Ça pourrait donc être skerp (limite), comme on dit à Bruxelles, pour que j'arrive dans les délais !

Départ à la fraîche (12°), et en descente, du Country-Hall de Liège, juste au-dessus de Tilff, sur des routes détrempées par les pluies nocturnes. Passage à Tilff ensuite, avec son curieux pont entièrement en ferraille au-dessus de l'Ourthe, et direction plein sud, pour un des rares passages à peu près plat du parcours, le long de l'Ourthe puis de l'Amblève, pour arriver au pied de la première côte répertoriée, et pas la moindre : Chambralles.

http://www.sport.be/cycling/fr/hellingen/info.html?Route_ID=52

Cette brute de grimpée, digne de la Redoute mais bien plus irrégulière, propose des passages jusqu'à 20 % et des épingles à cheveux vertigineusement raides. De quoi sérieusement entamer ses réserves après seulement 26 km de route ! Le mot d'ordre est pourtant de s'économiser le plus possible, si on veut aller au bout du grand parcours. Pas question pour moi donc d'essayer de suivre ceux qui participent aux parcours moins longs, et Dieu sait qu'il y en a qui en profitent pour se tirer la bourre ! C'est là que des braquets de vététistes comme les miens sont vraiment utiles pour se ménager… ils seront mis à contribution à nouveau, certes, mais vers la fin du périple.

En haut de Chambralles, ce sont les Ardennes : paysage souvent époustouflants et malheureusement revêtements tout aussi souvent dégradés, qui me feront pester plus d'une fois contre les responsables des équipements routiers de la région ! La route monte et descend en permanence même en l'absence de côte répertoriée (une blague bien belge). Plus question de passages plat ! Premier ravitaillement à Werbomont, avant que les différents parcours se scindent. Le grand met le cap vers la province du Luxembourg belge, plein sud. Manhay, Odeigne, Samrée, Berismenil, Nadrin…  Un parcours en toboggan, mais globalement montant : au-dessus d'Odeigne on atteint le point culminant de la randonnée (630 m), près de la Baraque de Fraiture (654 m, point culminant de la province du Luxembourg). 

Après la descente de la côte de Mormont, on attaque la deuxième difficulté répertoriée, la côte de Bonnerue : assez longue (2500 m) mais régulière, entre 6 % et 8 % de pente. Les jambes tournent plutôt bien. Une vingtaine de kilomètres plus loin, j'arrive à Bastogne un peu avant midi, endroit du deuxième ravitaillement, après 98 km de route. Jusque-là tout s'est bien passé, et je ne ressens pas de fatigue particulière. Le prix à payer pour cela a été une allure volontairement réduite de bout en bout, ne voulant pas me cramer comme je l'avais fait trois ans plus tôt. C'est que le plus dur arrive… la longue portion de transition de 80 km environ jusqu'aux environs de Stavelot.

Ces 80 km, entrecoupés d'un ravitaillement en pleine nature à Gouvy, sont en effet les plus délicats à gérer du parcours. Aucune difficulté répertoriée, certes, mais il ne faut surtout pas s'y fier ! Ça n'arrête jamais de monter et descendre, pas de façon bien raide ni très longuement, mais ça finit par saper les forces si on ne cherche pas, encore une fois, à s'économiser. Mot d'ordre : tourner les jambes ! Et tant pis si je me fais enrhumer par un paquet de cyclistes : je préfère courir le risque d'arriver hors-délais que de finir allongé par terre assailli par les crampes au pied de la côte du Rosier, comme la dernière fois…

Ça a d'ailleurs l'avantage de me permettre de profiter de paysages particulièrement somptueux, surtout lorsque le parcours arrive à la limite entre les provinces de Luxembourg et de Liège, du côté de Vielsalm et Malmedy. La troisième côte répertoriée, Chevonfosse, nous attend sur le territoire de cette commune, juste avant d'arriver à Stavelot. Un drôle de morceau, cette côte : juste sous le viaduc d'une autoroute (E42), elle commence par un véritable mur, puis un long replat, avant de repartir de plus belle dans des pourcentages impressionnants, puis de se calmer, et de recommencer… et ainsi de suite, vous avez compris l'idée. Bref, de quoi faire mal aux jambes, et le quatrième ravitaillement à Stavelot, est bienvenu.

180 km déjà parcourus environ. Il est 16 h, et là je me dis que ma prudence m'a effectivement fait bien partir pour finir hors-délais, puisque les bénévoles viennent juste de commencer les préparatifs pour fermer le ravito… Il n'y a d'ailleurs que deux autres cyclistes présents avec moi. Mais pas de problème cependant pour «refaire le plein» et repartir. D'emblée et à froid, c'est la très méchante côte d'Amermont qui se présente sous mes roues : assez semblable à Chambralles dans ses pourcentages et son irrégularité, elle est encore plus difficile puisqu'elle se prolonge par la dernière partie de la fameuse «Haute-Levée», soit une longue route usante et passante en direction de Francorchamps…

http://www.sport.be/cycling/nl/hellingen/info.html?Route_ID=49

Un des cyclistes croisés au ravitaillement est littéralement planté dans la côte et reste loin derrière moi au sommet, l'autre part à toute berzingue et je ne le reverrai plus. Après le passage à Francorchamps près du fameux circuit automobile du même nom, on descend à toute vitesse (nonobstant quelques remontées casse-pattes…) vers Moulin du Ruy et la cinquième côte répertoriée du jour, la fameuse côte du Rosier.

http://www.sport.be/cycling/nl/hellingen/info.html?Route_ID=125

Jamais très pentue, mais très longue à l'échelle belge, près de 5 km. C'est au pied de cette côte que j'avais dû abandonner il y a trois ans… Comme pour me rappeler ce moment pénible, aujourd'hui je vois un autre cycliste affalé par terre au même endroit. Lui n'a pas eu de problème physique, seulement matériel apparemment (vélo posé à l'envers devant lui). Mais quand je demande si je peux l'aider, il me dit que non, que c'est sa roue arrière qui est en vrac, qu'il n'y a donc rien d'autre à faire que d'appeler l'assistance officielle…

Peut-être atteint au moral par cette mésaventure, j'effectue la grimpée du Rosier à un rythme moindre que celui que j'ai l'habitude d'employer dans cette côte que je connais bien. Pour ne rien arranger, une fois arrivé au sommet il se met à pleuvoir… De plus, après la descente rapide (et refroidissante!), se présente une des portions que je redoute le plus dans le parcours : un long faux-plat descendant irrégulier d'une vingtaine de kilomètres entre Targnon et Remouchamps, le long de l'Amblève, où on a généralement le vent de face. Moi qui ai absolument horreur du vent, la perspective ne m'enchante guère !

Coup de bol, le vent est favorable cette fois-ci, et malgré la pluie devenue intermittente et la circulation assez importante, je mets moins longtemps que prévu pour atteindre Remouchamps et le cinquième et dernier ravitaillement, vers 18 h et après 224 km de route. Entre-temps, le cycliste que j'avais distancé dans Amermont m'a rejoint : celui-là semble sacrément efficace sur le plat, contrairement à moi !

Mais on est tous les deux décontenancés à voir le lieu de ravitaillement, qui a l'air fermé. Comme on est juste au pied de la terrible côte de la Redoute, mon comparse décide de continuer sa route sans s'arrêter. Moi si, je dois absolument remplir mes bidons, qui sont vides, quitte à aller me ravitailler en eau chez l'habitant. C'est là que je m'aperçois que le ravito n'est pas encore complètement fermé : il y a encore quelques personnes, et de quoi remplir mes bidons ! Les préposés m'accueillent en disant "Ah voilà le dernier !" (ils se trompent en fait, comme je le verrai plus tard) et à part cette remarque un peu vexante m'accueillent gentiment en plein milieu de leurs préparatifs de départ. Comme l'arrivée n'est plus qu'à 24 km et que j'ai encore deux heures devant moi avant la clôture de l'arrivée, le moral repart à la hausse : sauf pépin, c'est dans la poche !

L'avantage d'un ravito à moitié fermé, c'est qu'il prend un minimum de temps, et c'est encore chaud que j'affronte la redoutable et redoutée Redoute, peut-être la côte la plus célèbre de Belgique :

http://www.sport.be/cycling/fr/hellingen/info.html?Route_ID=55

Mon ascension n'est pas bien rapide, on s'en doute, mais se passe relativement bien. Qu'est-ce qu'on peut apprécier d'avoir un 26/34 dans des passages à 20 % après 224 km de route… Ça se passe moins bien pour le malheureux cycliste qui m'avait rattrapé, que j'aperçois à pied, plié en deux à côté de son vélo, au sommet de la première portion raide. Lui a un compact, soit dit en passant, pour ceux qui affirment sans nuances qu'avec un compact on passe partout ! Au sommet de la deuxième portion raide, juste avant le véritable sommet, au niveau de la stèle, je vois un autre cycliste arrêté, avec un maillot de l'Ardéchoise, discutant avec un spectateur au bord de la route. 

Ces deux cyclistes me rattraperont encore au pied de la sixième difficulté répertoriée, le Hornay ou côte de Sprimont (répertoriée, mais bien moins dure que nombre d'autre montées non répertoriées du parcours avec ses 1100 à 6% de moyenne !!). Le cycliste au pédalier compact y lâche encore prise, et c'est en relais avec l'autre cycliste, celui avec le maillot de l'Ardéchoise, que j'effectue le reste du parcours menant jusqu'au pied de la dernière difficulté, la côte de Boncelles, qu'on avait en fait descendue au départ : 3500 m variant entre 5% et 7%.

Juste avant le pied, le cycliste au compact nous aura encore rattrapés. S'il va apparemment moins vite que moi en montée, je lui demanderais volontiers des conseils pour tout le reste ! Boosté par la proximité de l'arrivée (5 km), je m'autorise enfin à «lâcher les chevaux» dans la côte de Boncelles, mes deux compagnons n'essayant pas de me suivre.

À l'arrivée, cuit mais radieux, il est 19 h 20, donc 40 minutes d'avance sur l'horaire de fermeture. À part mes deux comparses, d'autres cyclistes arrivent encore ensuite, je n'étais donc pas le dernier au ravito de Remouchamps !

Ça fait 11 h 40 que je suis parti, avec 10 h 50 de vélo effectif (ravitos décomptés), soit une moyenne honorable (pour moi!) de 21,2 km/h. Supérieure à celle que j'avais réalisée il y a un mois pour les 222 km de Mons-Chimay-Mons (20,4 km/h) où la dénivellation était nettement moindre, donc j'ai de quoi être satisfait. Les jambes ont plutôt bien tourné aussi malgré la dénivellation, 88 tours/minutes de cadence moyenne de pédalage.

Et surtout, surtout, j'ai pris ma revanche de mon abandon de 2014 sur cette épreuve ! smiley laughing

Bravo d'être venu à bout du grand parcours car pour ma part je n'ai boucle que 2 fois le parcours médian en raison de la frousse de connaître la même mésaventure que celle qui t'avait contraint à mettre pied à terre dans le Rosier. Je mesure la performance car 250 bornes dans l'Ardenne il faut le faire ! Encore bravo !

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envoyé le 05/06/2017 20:03

Merci à tous ! smiley smile

Isaac : question performance, j'ai encore en tête ton LBL Challenge de l'année dernière, c'est quelque chose pour ton âge ! 

Thierry : c'est pas plutôt GFNY, Gran Fondo New York ? Si j'ai bien saisi tu comptes faire l'épreuve du Mont Ventoux ?

Edit : quand on parle du loup… un sujet concernant le GFNY vient d'être remonté dans cette rubrique, je viens d'y lire que tu t'es effectivement inscrit pour l'édition du Mont Ventoux !

Benjamin : le plus important c'est d'y croire et de se lancer, le reste, notamment l'entraînement, suivra ! Question crampes, une bonne hydratation fait apparemment merveille. Depuis que je bois plus, j'en ai beaucoup moins.

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envoyé le 06/06/2017 08:24

Quelques photos de la randonnée. Comme d'habitude, certaines sont gratinées ! On y voit entre autres des vélos couchés, dont un caréné, que j'ai pu voir me dépasser à toute vitesse au début de la sortie, quand on longeait l'Ourthe. Ça roule super vite sur le plat ces engins ! L'aérodynamisme sans doute.

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envoyé le 06/06/2017 09:08

Quelques photos de la randonnée. Comme d'habitude, certaines sont gratinées ! On y voit entre autres des vélos couchés, dont un caréné, que j'ai pu voir me dépasser à toute vitesse au début de la sortie, quand on longeait l'Ourthe. Ça roule super vite sur le plat ces engins ! L'aérodynamisme sans doute.

  • Sportograf: https://www.sportograf.com/fr/shop/event/3939-Tilff-Bastogne-Tilff-2017#jb-embed (cliquer sur Zur Bestof-Gallery)
  • Golazo (organisateur): http://www.sport.be/cyclingtour/tilffbastognetilff/2017/fr/fotospecial/

Super vite sur le plat, par contre en bosse à fort pourcentage, une horreur paraît-il...

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envoyé le 06/06/2017 09:59

Super vite sur le plat, par contre en bosse à fort pourcentage, une horreur paraît-il...

À cause du poids conséquent j'imagine. Je me demande aussi s'il n'y a pas de risque de cabrer fortement la roue avant voire de basculer en arrière dans ces très forts pourcentages, vu la position très reculée du centre de gravité.

Mais d'après les photos, il y en a qui sont venus à bout de la Redoute, au moins !

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envoyé le 06/06/2017 10:16

Hier avait lieu Tilff-Bastogne-Tilff, le pendant cyclotouriste traditionnel de la course pro Liège-Bastogne-Liège.

http://www.sport.be/cyclingtour/tilffbastognetilff/2017/fr/

Cette année, quatre parcours étaient proposés, contre trois les années précédentes, de quoi satisfaire toutes les exigences : 88 km, 121 km, 172 km et bien sûr le parcours complet, 248 km, le seul qui aille jusqu'à Bastogne.

http://www.sport.be/cyclingtour/tilffbastognetilff/2017/fr/info/parcours/map/#4

Pour ceux qui se demandent à quoi rime cette épreuve alors qu'il y a déjà le Liège-Bastogne-Liège Challenge (LBL) qui reprend le parcours de la course professionnelle, il faut savoir que d'une part Tilff-Bastogne-Tilff (TBT) existe depuis bien plus longtemps, et que d'autre part son parcours est différent.

Tilff a beau être dans la banlieue proche de Liège, TBT n'est en effet pas un simple décalque de la course pro : si elle en reprend quelques difficultés (Rosier, la Redoute, Hornay), elle a son propre parcours et ses difficultés propres. Par exemple les côtes de l'espace urbain liégeois (Saint-Nicolas, Ans) n'y figurent pas, non plus que le Stockeu ou Saint-Roch mais en échange elle en propose d'autres comme Chambralles, Amermont ou Boncelles.

Globalement cela donne un grand parcours un poil moins long que LBL (248 km contre 273 km), moins accidenté selon les stats officielles (3680 m contre 5287 m) mais nettement plus bucolique et dans une ambiance plus détendue. En particulier, pas de chronométrage de côtes, ce qui contribue à des tarifs d'inscriptions beaucoup moins élevés (15-25 euros contre 45-55 euros…).

La difficulté de TBT n'est cependant certainement pas à sous-estimer, et j'en sais quelque chose : j'avais déjà tenté le grand parcours en 2014, pour finir par abandonner, perclus de crampes de la tête aux pieds au seuil des 200 km… 

L'année dernière j'y étais retourné, avec succès, mais c'était «seulement» pour l'unique parcours médian d'alors, 160 km environ. Cette année était donc prévue pour être celle de la revanche, donc grand parcours à nouveau au programme !

Ça commence plutôt mal puisque conformément à une mauvaise habitude de ma part j'arrive plus tard que souhaité pour m'inscrire, commençant la rando de ce fait à 7 h du matin au lieu des 6 h 30 prévues . C'est que le site d'arrivée ferme à 20 h, et que vu mon niveau je prévois au minimum 12 h de sortie pour les 248 km. Ça pourrait donc être skerp (limite), comme on dit à Bruxelles, pour que j'arrive dans les délais !

Départ à la fraîche (12°), et en descente, du Country-Hall de Liège, juste au-dessus de Tilff, sur des routes détrempées par les pluies nocturnes. Passage à Tilff ensuite, avec son curieux pont entièrement en ferraille au-dessus de l'Ourthe, et direction plein sud, pour un des rares passages à peu près plat du parcours, le long de l'Ourthe puis de l'Amblève, pour arriver au pied de la première côte répertoriée, et pas la moindre : Chambralles.

http://www.sport.be/cycling/fr/hellingen/info.html?Route_ID=52

Cette brute de grimpée, digne de la Redoute mais bien plus irrégulière, propose des passages jusqu'à 20 % et des épingles à cheveux vertigineusement raides. De quoi sérieusement entamer ses réserves après seulement 26 km de route ! Le mot d'ordre est pourtant de s'économiser le plus possible, si on veut aller au bout du grand parcours. Pas question pour moi donc d'essayer de suivre ceux qui participent aux parcours moins longs, et Dieu sait qu'il y en a qui en profitent pour se tirer la bourre ! C'est là que des braquets de vététistes comme les miens sont vraiment utiles pour se ménager… ils seront mis à contribution à nouveau, certes, mais vers la fin du périple.

En haut de Chambralles, ce sont les Ardennes : paysage souvent époustouflants et malheureusement revêtements tout aussi souvent dégradés, qui me feront pester plus d'une fois contre les responsables des équipements routiers de la région ! La route monte et descend en permanence même en l'absence de côte répertoriée (une blague bien belge). Plus question de passages plat ! Premier ravitaillement à Werbomont, avant que les différents parcours se scindent. Le grand met le cap vers la province du Luxembourg belge, plein sud. Manhay, Odeigne, Samrée, Berismenil, Nadrin…  Un parcours en toboggan, mais globalement montant : au-dessus d'Odeigne on atteint le point culminant de la randonnée (630 m), près de la Baraque de Fraiture (654 m, point culminant de la province du Luxembourg). 

Après la descente de la côte de Mormont, on attaque la deuxième difficulté répertoriée, la côte de Bonnerue : assez longue (2500 m) mais régulière, entre 6 % et 8 % de pente. Les jambes tournent plutôt bien. Une vingtaine de kilomètres plus loin, j'arrive à Bastogne un peu avant midi, endroit du deuxième ravitaillement, après 98 km de route. Jusque-là tout s'est bien passé, et je ne ressens pas de fatigue particulière. Le prix à payer pour cela a été une allure volontairement réduite de bout en bout, ne voulant pas me cramer comme je l'avais fait trois ans plus tôt. C'est que le plus dur arrive… la longue portion de transition de 80 km environ jusqu'aux environs de Stavelot.

Ces 80 km, entrecoupés d'un ravitaillement en pleine nature à Gouvy, sont en effet les plus délicats à gérer du parcours. Aucune difficulté répertoriée, certes, mais il ne faut surtout pas s'y fier ! Ça n'arrête jamais de monter et descendre, pas de façon bien raide ni très longuement, mais ça finit par saper les forces si on ne cherche pas, encore une fois, à s'économiser. Mot d'ordre : tourner les jambes ! Et tant pis si je me fais enrhumer par un paquet de cyclistes : je préfère courir le risque d'arriver hors-délais que de finir allongé par terre assailli par les crampes au pied de la côte du Rosier, comme la dernière fois…

Ça a d'ailleurs l'avantage de me permettre de profiter de paysages particulièrement somptueux, surtout lorsque le parcours arrive à la limite entre les provinces de Luxembourg et de Liège, du côté de Vielsalm et Malmedy. La troisième côte répertoriée, Chevonfosse, nous attend sur le territoire de cette commune, juste avant d'arriver à Stavelot. Un drôle de morceau, cette côte : juste sous le viaduc d'une autoroute (E42), elle commence par un véritable mur, puis un long replat, avant de repartir de plus belle dans des pourcentages impressionnants, puis de se calmer, et de recommencer… et ainsi de suite, vous avez compris l'idée. Bref, de quoi faire mal aux jambes, et le quatrième ravitaillement à Stavelot, est bienvenu.

180 km déjà parcourus environ. Il est 16 h, et là je me dis que ma prudence m'a effectivement fait bien partir pour finir hors-délais, puisque les bénévoles viennent juste de commencer les préparatifs pour fermer le ravito… Il n'y a d'ailleurs que deux autres cyclistes présents avec moi. Mais pas de problème cependant pour «refaire le plein» et repartir. D'emblée et à froid, c'est la très méchante côte d'Amermont qui se présente sous mes roues : assez semblable à Chambralles dans ses pourcentages et son irrégularité, elle est encore plus difficile puisqu'elle se prolonge par la dernière partie de la fameuse «Haute-Levée», soit une longue route usante et passante en direction de Francorchamps…

http://www.sport.be/cycling/nl/hellingen/info.html?Route_ID=49

Un des cyclistes croisés au ravitaillement est littéralement planté dans la côte et reste loin derrière moi au sommet, l'autre part à toute berzingue et je ne le reverrai plus. Après le passage à Francorchamps près du fameux circuit automobile du même nom, on descend à toute vitesse (nonobstant quelques remontées casse-pattes…) vers Moulin du Ruy et la cinquième côte répertoriée du jour, la fameuse côte du Rosier.

http://www.sport.be/cycling/nl/hellingen/info.html?Route_ID=125

Jamais très pentue, mais très longue à l'échelle belge, près de 5 km. C'est au pied de cette côte que j'avais dû abandonner il y a trois ans… Comme pour me rappeler ce moment pénible, aujourd'hui je vois un autre cycliste affalé par terre au même endroit. Lui n'a pas eu de problème physique, seulement matériel apparemment (vélo posé à l'envers devant lui). Mais quand je demande si je peux l'aider, il me dit que non, que c'est sa roue arrière qui est en vrac, qu'il n'y a donc rien d'autre à faire que d'appeler l'assistance officielle…

Peut-être atteint au moral par cette mésaventure, j'effectue la grimpée du Rosier à un rythme moindre que celui que j'ai l'habitude d'employer dans cette côte que je connais bien. Pour ne rien arranger, une fois arrivé au sommet il se met à pleuvoir… De plus, après la descente rapide (et refroidissante!), se présente une des portions que je redoute le plus dans le parcours : un long faux-plat descendant irrégulier d'une vingtaine de kilomètres entre Targnon et Remouchamps, le long de l'Amblève, où on a généralement le vent de face. Moi qui ai absolument horreur du vent, la perspective ne m'enchante guère !

Coup de bol, le vent est favorable cette fois-ci, et malgré la pluie devenue intermittente et la circulation assez importante, je mets moins longtemps que prévu pour atteindre Remouchamps et le cinquième et dernier ravitaillement, vers 18 h et après 224 km de route. Entre-temps, le cycliste que j'avais distancé dans Amermont m'a rejoint : celui-là semble sacrément efficace sur le plat, contrairement à moi !

Mais on est tous les deux décontenancés à voir le lieu de ravitaillement, qui a l'air fermé. Comme on est juste au pied de la terrible côte de la Redoute, mon comparse décide de continuer sa route sans s'arrêter. Moi si, je dois absolument remplir mes bidons, qui sont vides, quitte à aller me ravitailler en eau chez l'habitant. C'est là que je m'aperçois que le ravito n'est pas encore complètement fermé : il y a encore quelques personnes, et de quoi remplir mes bidons ! Les préposés m'accueillent en disant "Ah voilà le dernier !" (ils se trompent en fait, comme je le verrai plus tard) et à part cette remarque un peu vexante m'accueillent gentiment en plein milieu de leurs préparatifs de départ. Comme l'arrivée n'est plus qu'à 24 km et que j'ai encore deux heures devant moi avant la clôture de l'arrivée, le moral repart à la hausse : sauf pépin, c'est dans la poche !

L'avantage d'un ravito à moitié fermé, c'est qu'il prend un minimum de temps, et c'est encore chaud que j'affronte la redoutable et redoutée Redoute, peut-être la côte la plus célèbre de Belgique :

http://www.sport.be/cycling/fr/hellingen/info.html?Route_ID=55

Mon ascension n'est pas bien rapide, on s'en doute, mais se passe relativement bien. Qu'est-ce qu'on peut apprécier d'avoir un 26/34 dans des passages à 20 % après 224 km de route… Ça se passe moins bien pour le malheureux cycliste qui m'avait rattrapé, que j'aperçois à pied, plié en deux à côté de son vélo, au sommet de la première portion raide. Lui a un compact, soit dit en passant, pour ceux qui affirment sans nuances qu'avec un compact on passe partout ! Au sommet de la deuxième portion raide, juste avant le véritable sommet, au niveau de la stèle, je vois un autre cycliste arrêté, avec un maillot de l'Ardéchoise, discutant avec un spectateur au bord de la route. 

Ces deux cyclistes me rattraperont encore au pied de la sixième difficulté répertoriée, le Hornay ou côte de Sprimont (répertoriée, mais bien moins dure que nombre d'autre montées non répertoriées du parcours avec ses 1100 à 6% de moyenne !!). Le cycliste au pédalier compact y lâche encore prise, et c'est en relais avec l'autre cycliste, celui avec le maillot de l'Ardéchoise, que j'effectue le reste du parcours menant jusqu'au pied de la dernière difficulté, la côte de Boncelles, qu'on avait en fait descendue au départ : 3500 m variant entre 5% et 7%.

Juste avant le pied, le cycliste au compact nous aura encore rattrapés. S'il va apparemment moins vite que moi en montée, je lui demanderais volontiers des conseils pour tout le reste ! Boosté par la proximité de l'arrivée (5 km), je m'autorise enfin à «lâcher les chevaux» dans la côte de Boncelles, mes deux compagnons n'essayant pas de me suivre.

À l'arrivée, cuit mais radieux, il est 19 h 20, donc 40 minutes d'avance sur l'horaire de fermeture. À part mes deux comparses, d'autres cyclistes arrivent encore ensuite, je n'étais donc pas le dernier au ravito de Remouchamps !

Ça fait 11 h 40 que je suis parti, avec 10 h 50 de vélo effectif (ravitos décomptés), soit une moyenne honorable (pour moi!) de 21,2 km/h. Supérieure à celle que j'avais réalisée il y a un mois pour les 222 km de Mons-Chimay-Mons (20,4 km/h) où la dénivellation était nettement moindre, donc j'ai de quoi être satisfait. Les jambes ont plutôt bien tourné aussi malgré la dénivellation, 88 tours/minutes de cadence moyenne de pédalage.

Et surtout, surtout, j'ai pris ma revanche de mon abandon de 2014 sur cette épreuve ! smiley laughing

Un grand bravo pour ton parcours et ton compte rendu extrêmement complet.

As-tu rencontré du brouillard après Werbomont ?

 

Amicalement

 

Eric

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envoyé le 06/06/2017 11:18

Un grand bravo pour ton parcours et ton compte rendu extrêmement complet.

As-tu rencontré du brouillard après Werbomont ?

 

Amicalement

 

Eric

Oui, jusqu'à Manhay à peu près. Pas si complet que ça mon compte-rendu, puisque ce détail m'était sorti de la tête. Tu en étais aussi ?

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envoyé le 06/06/2017 12:02

Oui, jusqu'à Manhay à peu près. Pas si complet que ça mon compte-rendu, puisque ce détail m'était sorti de la tête. Tu en étais aussi ?

Oui je suis partis à 6h30....smiley wink et j'ai roulé la longue.

C'était une première pour moi aussi.

 

Eric

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envoyé le 11/06/2017 09:50

Juste pour montrer une vidéo sympa que j'ai dénichée sur Youtube. Elle a été filmée par un participant des 248 km de cette année. Pour ceux qui veulent savoir à quoi ressemble Tilff-Bastogne-Tilff, et aussi pour ceux qui veulent se (re)mettre dans l'ambiance !

https://www.youtube.com/watch?v=MSkLS_nYmKU

Quelques points de repère pour la lecture :

  • 30'' - 45'' : descente détrempée de la côte de Boncelles ;
  • 1'05'' : traversée du curieux pont en ferraille de Tilff (ça résonne!) ;
  • 2'50 : Chambralles (la première épingle à cheveux) ; 
  • 4'40 : dans le brouillard… route déformée par des stries, phénomène très (trop) courant en Ardenne belge ! smiley frown
  • 10'40 : Bastogne ;
  • 20'39'' : côte du Rosier ;
  • 26' : ravitaillement, pied de la Redoute ;
  • 27'15'' : côte de la Redoute ;
  • 30'30'' : premier passage raide de la Redoute (ça pique !) ;
  • 33'30'' : second passage raide et sommet ;
  • 34'20'' : Tilff à nouveau ;
  • 36' : arrivée.

Un petit regret : à part la Redoute et dans une moindre mesure le Rosier, les côtes du parcours n'ont guère été mises en valeur. Par contre les paysages sont bien restitués dans toute leur splendeur !

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envoyé le 12/06/2017 19:21

Hier avait lieu Tilff-Bastogne-Tilff, le pendant cyclotouriste traditionnel de la course pro Liège-Bastogne-Liège.

http://www.sport.be/cyclingtour/tilffbastognetilff/2017/fr/

Cette année, quatre parcours étaient proposés, contre trois les années précédentes, de quoi satisfaire toutes les exigences : 88 km, 121 km, 172 km et bien sûr le parcours complet, 248 km, le seul qui aille jusqu'à Bastogne.

http://www.sport.be/cyclingtour/tilffbastognetilff/2017/fr/info/parcours/map/#4

Pour ceux qui se demandent à quoi rime cette épreuve alors qu'il y a déjà le Liège-Bastogne-Liège Challenge (LBL) qui reprend le parcours de la course professionnelle, il faut savoir que d'une part Tilff-Bastogne-Tilff (TBT) existe depuis bien plus longtemps, et que d'autre part son parcours est différent.

Tilff a beau être dans la banlieue proche de Liège, TBT n'est en effet pas un simple décalque de la course pro : si elle en reprend quelques difficultés (Rosier, la Redoute, Hornay), elle a son propre parcours et ses difficultés propres. Par exemple les côtes de l'espace urbain liégeois (Saint-Nicolas, Ans) n'y figurent pas, non plus que le Stockeu ou Saint-Roch mais en échange elle en propose d'autres comme Chambralles, Amermont ou Boncelles.

Globalement cela donne un grand parcours un poil moins long que LBL (248 km contre 273 km), moins accidenté selon les stats officielles (3680 m contre 5287 m) mais nettement plus bucolique et dans une ambiance plus détendue. En particulier, pas de chronométrage de côtes, ce qui contribue à des tarifs d'inscriptions beaucoup moins élevés (15-25 euros contre 45-55 euros…).

La difficulté de TBT n'est cependant certainement pas à sous-estimer, et j'en sais quelque chose : j'avais déjà tenté le grand parcours en 2014, pour finir par abandonner, perclus de crampes de la tête aux pieds au seuil des 200 km… 

L'année dernière j'y étais retourné, avec succès, mais c'était «seulement» pour l'unique parcours médian d'alors, 160 km environ. Cette année était donc prévue pour être celle de la revanche, donc grand parcours à nouveau au programme !

Ça commence plutôt mal puisque conformément à une mauvaise habitude de ma part j'arrive plus tard que souhaité pour m'inscrire, commençant la rando de ce fait à 7 h du matin au lieu des 6 h 30 prévues . C'est que le site d'arrivée ferme à 20 h, et que vu mon niveau je prévois au minimum 12 h de sortie pour les 248 km. Ça pourrait donc être skerp (limite), comme on dit à Bruxelles, pour que j'arrive dans les délais !

Départ à la fraîche (12°), et en descente, du Country-Hall de Liège, juste au-dessus de Tilff, sur des routes détrempées par les pluies nocturnes. Passage à Tilff ensuite, avec son curieux pont entièrement en ferraille au-dessus de l'Ourthe, et direction plein sud, pour un des rares passages à peu près plat du parcours, le long de l'Ourthe puis de l'Amblève, pour arriver au pied de la première côte répertoriée, et pas la moindre : Chambralles.

http://www.sport.be/cycling/fr/hellingen/info.html?Route_ID=52

Cette brute de grimpée, digne de la Redoute mais bien plus irrégulière, propose des passages jusqu'à 20 % et des épingles à cheveux vertigineusement raides. De quoi sérieusement entamer ses réserves après seulement 26 km de route ! Le mot d'ordre est pourtant de s'économiser le plus possible, si on veut aller au bout du grand parcours. Pas question pour moi donc d'essayer de suivre ceux qui participent aux parcours moins longs, et Dieu sait qu'il y en a qui en profitent pour se tirer la bourre ! C'est là que des braquets de vététistes comme les miens sont vraiment utiles pour se ménager… ils seront mis à contribution à nouveau, certes, mais vers la fin du périple.

En haut de Chambralles, ce sont les Ardennes : paysage souvent époustouflants et malheureusement revêtements tout aussi souvent dégradés, qui me feront pester plus d'une fois contre les responsables des équipements routiers de la région ! La route monte et descend en permanence même en l'absence de côte répertoriée (une blague bien belge). Plus question de passages plat ! Premier ravitaillement à Werbomont, avant que les différents parcours se scindent. Le grand met le cap vers la province du Luxembourg belge, plein sud. Manhay, Odeigne, Samrée, Berismenil, Nadrin…  Un parcours en toboggan, mais globalement montant : au-dessus d'Odeigne on atteint le point culminant de la randonnée (630 m), près de la Baraque de Fraiture (654 m, point culminant de la province du Luxembourg). 

Après la descente de la côte de Mormont, on attaque la deuxième difficulté répertoriée, la côte de Bonnerue : assez longue (2500 m) mais régulière, entre 6 % et 8 % de pente. Les jambes tournent plutôt bien. Une vingtaine de kilomètres plus loin, j'arrive à Bastogne un peu avant midi, endroit du deuxième ravitaillement, après 98 km de route. Jusque-là tout s'est bien passé, et je ne ressens pas de fatigue particulière. Le prix à payer pour cela a été une allure volontairement réduite de bout en bout, ne voulant pas me cramer comme je l'avais fait trois ans plus tôt. C'est que le plus dur arrive… la longue portion de transition de 80 km environ jusqu'aux environs de Stavelot.

Ces 80 km, entrecoupés d'un ravitaillement en pleine nature à Gouvy, sont en effet les plus délicats à gérer du parcours. Aucune difficulté répertoriée, certes, mais il ne faut surtout pas s'y fier ! Ça n'arrête jamais de monter et descendre, pas de façon bien raide ni très longuement, mais ça finit par saper les forces si on ne cherche pas, encore une fois, à s'économiser. Mot d'ordre : tourner les jambes ! Et tant pis si je me fais enrhumer par un paquet de cyclistes : je préfère courir le risque d'arriver hors-délais que de finir allongé par terre assailli par les crampes au pied de la côte du Rosier, comme la dernière fois…

Ça a d'ailleurs l'avantage de me permettre de profiter de paysages particulièrement somptueux, surtout lorsque le parcours arrive à la limite entre les provinces de Luxembourg et de Liège, du côté de Vielsalm et Malmedy. La troisième côte répertoriée, Chevonfosse, nous attend sur le territoire de cette commune, juste avant d'arriver à Stavelot. Un drôle de morceau, cette côte : juste sous le viaduc d'une autoroute (E42), elle commence par un véritable mur, puis un long replat, avant de repartir de plus belle dans des pourcentages impressionnants, puis de se calmer, et de recommencer… et ainsi de suite, vous avez compris l'idée. Bref, de quoi faire mal aux jambes, et le quatrième ravitaillement à Stavelot, est bienvenu.

180 km déjà parcourus environ. Il est 16 h, et là je me dis que ma prudence m'a effectivement fait bien partir pour finir hors-délais, puisque les bénévoles viennent juste de commencer les préparatifs pour fermer le ravito… Il n'y a d'ailleurs que deux autres cyclistes présents avec moi. Mais pas de problème cependant pour «refaire le plein» et repartir. D'emblée et à froid, c'est la très méchante côte d'Amermont qui se présente sous mes roues : assez semblable à Chambralles dans ses pourcentages et son irrégularité, elle est encore plus difficile puisqu'elle se prolonge par la dernière partie de la fameuse «Haute-Levée», soit une longue route usante et passante en direction de Francorchamps…

http://www.sport.be/cycling/nl/hellingen/info.html?Route_ID=49

Un des cyclistes croisés au ravitaillement est littéralement planté dans la côte et reste loin derrière moi au sommet, l'autre part à toute berzingue et je ne le reverrai plus. Après le passage à Francorchamps près du fameux circuit automobile du même nom, on descend à toute vitesse (nonobstant quelques remontées casse-pattes…) vers Moulin du Ruy et la cinquième côte répertoriée du jour, la fameuse côte du Rosier.

http://www.sport.be/cycling/nl/hellingen/info.html?Route_ID=125

Jamais très pentue, mais très longue à l'échelle belge, près de 5 km. C'est au pied de cette côte que j'avais dû abandonner il y a trois ans… Comme pour me rappeler ce moment pénible, aujourd'hui je vois un autre cycliste affalé par terre au même endroit. Lui n'a pas eu de problème physique, seulement matériel apparemment (vélo posé à l'envers devant lui). Mais quand je demande si je peux l'aider, il me dit que non, que c'est sa roue arrière qui est en vrac, qu'il n'y a donc rien d'autre à faire que d'appeler l'assistance officielle…

Peut-être atteint au moral par cette mésaventure, j'effectue la grimpée du Rosier à un rythme moindre que celui que j'ai l'habitude d'employer dans cette côte que je connais bien. Pour ne rien arranger, une fois arrivé au sommet il se met à pleuvoir… De plus, après la descente rapide (et refroidissante!), se présente une des portions que je redoute le plus dans le parcours : un long faux-plat descendant irrégulier d'une vingtaine de kilomètres entre Targnon et Remouchamps, le long de l'Amblève, où on a généralement le vent de face. Moi qui ai absolument horreur du vent, la perspective ne m'enchante guère !

Coup de bol, le vent est favorable cette fois-ci, et malgré la pluie devenue intermittente et la circulation assez importante, je mets moins longtemps que prévu pour atteindre Remouchamps et le cinquième et dernier ravitaillement, vers 18 h et après 224 km de route. Entre-temps, le cycliste que j'avais distancé dans Amermont m'a rejoint : celui-là semble sacrément efficace sur le plat, contrairement à moi !

Mais on est tous les deux décontenancés à voir le lieu de ravitaillement, qui a l'air fermé. Comme on est juste au pied de la terrible côte de la Redoute, mon comparse décide de continuer sa route sans s'arrêter. Moi si, je dois absolument remplir mes bidons, qui sont vides, quitte à aller me ravitailler en eau chez l'habitant. C'est là que je m'aperçois que le ravito n'est pas encore complètement fermé : il y a encore quelques personnes, et de quoi remplir mes bidons ! Les préposés m'accueillent en disant "Ah voilà le dernier !" (ils se trompent en fait, comme je le verrai plus tard) et à part cette remarque un peu vexante m'accueillent gentiment en plein milieu de leurs préparatifs de départ. Comme l'arrivée n'est plus qu'à 24 km et que j'ai encore deux heures devant moi avant la clôture de l'arrivée, le moral repart à la hausse : sauf pépin, c'est dans la poche !

L'avantage d'un ravito à moitié fermé, c'est qu'il prend un minimum de temps, et c'est encore chaud que j'affronte la redoutable et redoutée Redoute, peut-être la côte la plus célèbre de Belgique :

http://www.sport.be/cycling/fr/hellingen/info.html?Route_ID=55

Mon ascension n'est pas bien rapide, on s'en doute, mais se passe relativement bien. Qu'est-ce qu'on peut apprécier d'avoir un 26/34 dans des passages à 20 % après 224 km de route… Ça se passe moins bien pour le malheureux cycliste qui m'avait rattrapé, que j'aperçois à pied, plié en deux à côté de son vélo, au sommet de la première portion raide. Lui a un compact, soit dit en passant, pour ceux qui affirment sans nuances qu'avec un compact on passe partout ! Au sommet de la deuxième portion raide, juste avant le véritable sommet, au niveau de la stèle, je vois un autre cycliste arrêté, avec un maillot de l'Ardéchoise, discutant avec un spectateur au bord de la route. 

Ces deux cyclistes me rattraperont encore au pied de la sixième difficulté répertoriée, le Hornay ou côte de Sprimont (répertoriée, mais bien moins dure que nombre d'autre montées non répertoriées du parcours avec ses 1100 à 6% de moyenne !!). Le cycliste au pédalier compact y lâche encore prise, et c'est en relais avec l'autre cycliste, celui avec le maillot de l'Ardéchoise, que j'effectue le reste du parcours menant jusqu'au pied de la dernière difficulté, la côte de Boncelles, qu'on avait en fait descendue au départ : 3500 m variant entre 5% et 7%.

Juste avant le pied, le cycliste au compact nous aura encore rattrapés. S'il va apparemment moins vite que moi en montée, je lui demanderais volontiers des conseils pour tout le reste ! Boosté par la proximité de l'arrivée (5 km), je m'autorise enfin à «lâcher les chevaux» dans la côte de Boncelles, mes deux compagnons n'essayant pas de me suivre.

À l'arrivée, cuit mais radieux, il est 19 h 20, donc 40 minutes d'avance sur l'horaire de fermeture. À part mes deux comparses, d'autres cyclistes arrivent encore ensuite, je n'étais donc pas le dernier au ravito de Remouchamps !

Ça fait 11 h 40 que je suis parti, avec 10 h 50 de vélo effectif (ravitos décomptés), soit une moyenne honorable (pour moi!) de 21,2 km/h. Supérieure à celle que j'avais réalisée il y a un mois pour les 222 km de Mons-Chimay-Mons (20,4 km/h) où la dénivellation était nettement moindre, donc j'ai de quoi être satisfait. Les jambes ont plutôt bien tourné aussi malgré la dénivellation, 88 tours/minutes de cadence moyenne de pédalage.

Et surtout, surtout, j'ai pris ma revanche de mon abandon de 2014 sur cette épreuve ! smiley laughing

Super le compte rendu, j'ai retenu en particulier ça :  "Ça se passe moins bien pour le malheureux cycliste qui m'avait rattrapé, que j'aperçois à pied, plié en deux à côté de son vélo, au sommet de la première portion raide. Lui a un compact, soit dit en passant, pour ceux qui affirment sans nuances qu'avec un compact on passe partout ! " smiley tongue-out

 

Si tu tiens compte du rapport D + kilométrage t'as quand même fait une moyenne honorable, par contre partir pour un long périple et se retrouver pratiquement seul à le faire alors qu'il y a des centaines de personnes au départ ça doit être un peu "chiant", je sais... tu vas répondre que c'est pas grave puisque tu roules toujours seul...smiley wink 

 

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envoyé le 12/06/2017 19:55

Super le compte rendu, j'ai retenu en particulier ça :  "Ça se passe moins bien pour le malheureux cycliste qui m'avait rattrapé, que j'aperçois à pied, plié en deux à côté de son vélo, au sommet de la première portion raide. Lui a un compact, soit dit en passant, pour ceux qui affirment sans nuances qu'avec un compact on passe partout ! " smiley tongue-out

 

Si tu tiens compte du rapport D + kilométrage t'as quand même fait une moyenne honorable, par contre partir pour un long périple et se retrouver pratiquement seul à le faire alors qu'il y a des centaines de personnes au départ ça doit être un peu "chiant", je sais... tu vas répondre que c'est pas grave puisque tu roules toujours seul...smiley wink 

 

Chiant d'être seul en permanence ? Non, vraiment pas. J'en ai l'habitude, c'est vrai, et puis c'était un parcours tout sauf ennuyeux !

Par contre, c'était stressant. J'avais pris le parti de rouler un peu en-deçà de mes capacités pour ne pas me cramer comme en 2014, mais la contrepartie était de voir tous ces cyclistes me dépasser à la vitesse de l'éclair sans que je puisse suivre (sauf dans certaines côtes longues ou raides… pas de bol, juste quand l'abri ne servait à rien !).

Et ça, ça me faisait gamberger. Je craignais que le prix à payer pour rouler au rythme que j'avais choisi moi-même était de tomber sur un ravito fermé, ce qui a bien failli arriver, voire de finir hors-délai. Mais finalement, j'avais un peu de marge.

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envoyé le 13/06/2017 19:20

Hier avait lieu Tilff-Bastogne-Tilff, le pendant cyclotouriste traditionnel de la course pro Liège-Bastogne-Liège.

http://www.sport.be/cyclingtour/tilffbastognetilff/2017/fr/

Cette année, quatre parcours étaient proposés, contre trois les années précédentes, de quoi satisfaire toutes les exigences : 88 km, 121 km, 172 km et bien sûr le parcours complet, 248 km, le seul qui aille jusqu'à Bastogne.

http://www.sport.be/cyclingtour/tilffbastognetilff/2017/fr/info/parcours/map/#4

Pour ceux qui se demandent à quoi rime cette épreuve alors qu'il y a déjà le Liège-Bastogne-Liège Challenge (LBL) qui reprend le parcours de la course professionnelle, il faut savoir que d'une part Tilff-Bastogne-Tilff (TBT) existe depuis bien plus longtemps, et que d'autre part son parcours est différent.

Tilff a beau être dans la banlieue proche de Liège, TBT n'est en effet pas un simple décalque de la course pro : si elle en reprend quelques difficultés (Rosier, la Redoute, Hornay), elle a son propre parcours et ses difficultés propres. Par exemple les côtes de l'espace urbain liégeois (Saint-Nicolas, Ans) n'y figurent pas, non plus que le Stockeu ou Saint-Roch mais en échange elle en propose d'autres comme Chambralles, Amermont ou Boncelles.

Globalement cela donne un grand parcours un poil moins long que LBL (248 km contre 273 km), moins accidenté selon les stats officielles (3680 m contre 5287 m) mais nettement plus bucolique et dans une ambiance plus détendue. En particulier, pas de chronométrage de côtes, ce qui contribue à des tarifs d'inscriptions beaucoup moins élevés (15-25 euros contre 45-55 euros…).

La difficulté de TBT n'est cependant certainement pas à sous-estimer, et j'en sais quelque chose : j'avais déjà tenté le grand parcours en 2014, pour finir par abandonner, perclus de crampes de la tête aux pieds au seuil des 200 km… 

L'année dernière j'y étais retourné, avec succès, mais c'était «seulement» pour l'unique parcours médian d'alors, 160 km environ. Cette année était donc prévue pour être celle de la revanche, donc grand parcours à nouveau au programme !

Ça commence plutôt mal puisque conformément à une mauvaise habitude de ma part j'arrive plus tard que souhaité pour m'inscrire, commençant la rando de ce fait à 7 h du matin au lieu des 6 h 30 prévues . C'est que le site d'arrivée ferme à 20 h, et que vu mon niveau je prévois au minimum 12 h de sortie pour les 248 km. Ça pourrait donc être skerp (limite), comme on dit à Bruxelles, pour que j'arrive dans les délais !

Départ à la fraîche (12°), et en descente, du Country-Hall de Liège, juste au-dessus de Tilff, sur des routes détrempées par les pluies nocturnes. Passage à Tilff ensuite, avec son curieux pont entièrement en ferraille au-dessus de l'Ourthe, et direction plein sud, pour un des rares passages à peu près plat du parcours, le long de l'Ourthe puis de l'Amblève, pour arriver au pied de la première côte répertoriée, et pas la moindre : Chambralles.

http://www.sport.be/cycling/fr/hellingen/info.html?Route_ID=52

Cette brute de grimpée, digne de la Redoute mais bien plus irrégulière, propose des passages jusqu'à 20 % et des épingles à cheveux vertigineusement raides. De quoi sérieusement entamer ses réserves après seulement 26 km de route ! Le mot d'ordre est pourtant de s'économiser le plus possible, si on veut aller au bout du grand parcours. Pas question pour moi donc d'essayer de suivre ceux qui participent aux parcours moins longs, et Dieu sait qu'il y en a qui en profitent pour se tirer la bourre ! C'est là que des braquets de vététistes comme les miens sont vraiment utiles pour se ménager… ils seront mis à contribution à nouveau, certes, mais vers la fin du périple.

En haut de Chambralles, ce sont les Ardennes : paysage souvent époustouflants et malheureusement revêtements tout aussi souvent dégradés, qui me feront pester plus d'une fois contre les responsables des équipements routiers de la région ! La route monte et descend en permanence même en l'absence de côte répertoriée (une blague bien belge). Plus question de passages plat ! Premier ravitaillement à Werbomont, avant que les différents parcours se scindent. Le grand met le cap vers la province du Luxembourg belge, plein sud. Manhay, Odeigne, Samrée, Berismenil, Nadrin…  Un parcours en toboggan, mais globalement montant : au-dessus d'Odeigne on atteint le point culminant de la randonnée (630 m), près de la Baraque de Fraiture (654 m, point culminant de la province du Luxembourg). 

Après la descente de la côte de Mormont, on attaque la deuxième difficulté répertoriée, la côte de Bonnerue : assez longue (2500 m) mais régulière, entre 6 % et 8 % de pente. Les jambes tournent plutôt bien. Une vingtaine de kilomètres plus loin, j'arrive à Bastogne un peu avant midi, endroit du deuxième ravitaillement, après 98 km de route. Jusque-là tout s'est bien passé, et je ne ressens pas de fatigue particulière. Le prix à payer pour cela a été une allure volontairement réduite de bout en bout, ne voulant pas me cramer comme je l'avais fait trois ans plus tôt. C'est que le plus dur arrive… la longue portion de transition de 80 km environ jusqu'aux environs de Stavelot.

Ces 80 km, entrecoupés d'un ravitaillement en pleine nature à Gouvy, sont en effet les plus délicats à gérer du parcours. Aucune difficulté répertoriée, certes, mais il ne faut surtout pas s'y fier ! Ça n'arrête jamais de monter et descendre, pas de façon bien raide ni très longuement, mais ça finit par saper les forces si on ne cherche pas, encore une fois, à s'économiser. Mot d'ordre : tourner les jambes ! Et tant pis si je me fais enrhumer par un paquet de cyclistes : je préfère courir le risque d'arriver hors-délais que de finir allongé par terre assailli par les crampes au pied de la côte du Rosier, comme la dernière fois…

Ça a d'ailleurs l'avantage de me permettre de profiter de paysages particulièrement somptueux, surtout lorsque le parcours arrive à la limite entre les provinces de Luxembourg et de Liège, du côté de Vielsalm et Malmedy. La troisième côte répertoriée, Chevonfosse, nous attend sur le territoire de cette commune, juste avant d'arriver à Stavelot. Un drôle de morceau, cette côte : juste sous le viaduc d'une autoroute (E42), elle commence par un véritable mur, puis un long replat, avant de repartir de plus belle dans des pourcentages impressionnants, puis de se calmer, et de recommencer… et ainsi de suite, vous avez compris l'idée. Bref, de quoi faire mal aux jambes, et le quatrième ravitaillement à Stavelot, est bienvenu.

180 km déjà parcourus environ. Il est 16 h, et là je me dis que ma prudence m'a effectivement fait bien partir pour finir hors-délais, puisque les bénévoles viennent juste de commencer les préparatifs pour fermer le ravito… Il n'y a d'ailleurs que deux autres cyclistes présents avec moi. Mais pas de problème cependant pour «refaire le plein» et repartir. D'emblée et à froid, c'est la très méchante côte d'Amermont qui se présente sous mes roues : assez semblable à Chambralles dans ses pourcentages et son irrégularité, elle est encore plus difficile puisqu'elle se prolonge par la dernière partie de la fameuse «Haute-Levée», soit une longue route usante et passante en direction de Francorchamps…

http://www.sport.be/cycling/nl/hellingen/info.html?Route_ID=49

Un des cyclistes croisés au ravitaillement est littéralement planté dans la côte et reste loin derrière moi au sommet, l'autre part à toute berzingue et je ne le reverrai plus. Après le passage à Francorchamps près du fameux circuit automobile du même nom, on descend à toute vitesse (nonobstant quelques remontées casse-pattes…) vers Moulin du Ruy et la cinquième côte répertoriée du jour, la fameuse côte du Rosier.

http://www.sport.be/cycling/nl/hellingen/info.html?Route_ID=125

Jamais très pentue, mais très longue à l'échelle belge, près de 5 km. C'est au pied de cette côte que j'avais dû abandonner il y a trois ans… Comme pour me rappeler ce moment pénible, aujourd'hui je vois un autre cycliste affalé par terre au même endroit. Lui n'a pas eu de problème physique, seulement matériel apparemment (vélo posé à l'envers devant lui). Mais quand je demande si je peux l'aider, il me dit que non, que c'est sa roue arrière qui est en vrac, qu'il n'y a donc rien d'autre à faire que d'appeler l'assistance officielle…

Peut-être atteint au moral par cette mésaventure, j'effectue la grimpée du Rosier à un rythme moindre que celui que j'ai l'habitude d'employer dans cette côte que je connais bien. Pour ne rien arranger, une fois arrivé au sommet il se met à pleuvoir… De plus, après la descente rapide (et refroidissante!), se présente une des portions que je redoute le plus dans le parcours : un long faux-plat descendant irrégulier d'une vingtaine de kilomètres entre Targnon et Remouchamps, le long de l'Amblève, où on a généralement le vent de face. Moi qui ai absolument horreur du vent, la perspective ne m'enchante guère !

Coup de bol, le vent est favorable cette fois-ci, et malgré la pluie devenue intermittente et la circulation assez importante, je mets moins longtemps que prévu pour atteindre Remouchamps et le cinquième et dernier ravitaillement, vers 18 h et après 224 km de route. Entre-temps, le cycliste que j'avais distancé dans Amermont m'a rejoint : celui-là semble sacrément efficace sur le plat, contrairement à moi !

Mais on est tous les deux décontenancés à voir le lieu de ravitaillement, qui a l'air fermé. Comme on est juste au pied de la terrible côte de la Redoute, mon comparse décide de continuer sa route sans s'arrêter. Moi si, je dois absolument remplir mes bidons, qui sont vides, quitte à aller me ravitailler en eau chez l'habitant. C'est là que je m'aperçois que le ravito n'est pas encore complètement fermé : il y a encore quelques personnes, et de quoi remplir mes bidons ! Les préposés m'accueillent en disant "Ah voilà le dernier !" (ils se trompent en fait, comme je le verrai plus tard) et à part cette remarque un peu vexante m'accueillent gentiment en plein milieu de leurs préparatifs de départ. Comme l'arrivée n'est plus qu'à 24 km et que j'ai encore deux heures devant moi avant la clôture de l'arrivée, le moral repart à la hausse : sauf pépin, c'est dans la poche !

L'avantage d'un ravito à moitié fermé, c'est qu'il prend un minimum de temps, et c'est encore chaud que j'affronte la redoutable et redoutée Redoute, peut-être la côte la plus célèbre de Belgique :

http://www.sport.be/cycling/fr/hellingen/info.html?Route_ID=55

Mon ascension n'est pas bien rapide, on s'en doute, mais se passe relativement bien. Qu'est-ce qu'on peut apprécier d'avoir un 26/34 dans des passages à 20 % après 224 km de route… Ça se passe moins bien pour le malheureux cycliste qui m'avait rattrapé, que j'aperçois à pied, plié en deux à côté de son vélo, au sommet de la première portion raide. Lui a un compact, soit dit en passant, pour ceux qui affirment sans nuances qu'avec un compact on passe partout ! Au sommet de la deuxième portion raide, juste avant le véritable sommet, au niveau de la stèle, je vois un autre cycliste arrêté, avec un maillot de l'Ardéchoise, discutant avec un spectateur au bord de la route. 

Ces deux cyclistes me rattraperont encore au pied de la sixième difficulté répertoriée, le Hornay ou côte de Sprimont (répertoriée, mais bien moins dure que nombre d'autre montées non répertoriées du parcours avec ses 1100 à 6% de moyenne !!). Le cycliste au pédalier compact y lâche encore prise, et c'est en relais avec l'autre cycliste, celui avec le maillot de l'Ardéchoise, que j'effectue le reste du parcours menant jusqu'au pied de la dernière difficulté, la côte de Boncelles, qu'on avait en fait descendue au départ : 3500 m variant entre 5% et 7%.

Juste avant le pied, le cycliste au compact nous aura encore rattrapés. S'il va apparemment moins vite que moi en montée, je lui demanderais volontiers des conseils pour tout le reste ! Boosté par la proximité de l'arrivée (5 km), je m'autorise enfin à «lâcher les chevaux» dans la côte de Boncelles, mes deux compagnons n'essayant pas de me suivre.

À l'arrivée, cuit mais radieux, il est 19 h 20, donc 40 minutes d'avance sur l'horaire de fermeture. À part mes deux comparses, d'autres cyclistes arrivent encore ensuite, je n'étais donc pas le dernier au ravito de Remouchamps !

Ça fait 11 h 40 que je suis parti, avec 10 h 50 de vélo effectif (ravitos décomptés), soit une moyenne honorable (pour moi!) de 21,2 km/h. Supérieure à celle que j'avais réalisée il y a un mois pour les 222 km de Mons-Chimay-Mons (20,4 km/h) où la dénivellation était nettement moindre, donc j'ai de quoi être satisfait. Les jambes ont plutôt bien tourné aussi malgré la dénivellation, 88 tours/minutes de cadence moyenne de pédalage.

Et surtout, surtout, j'ai pris ma revanche de mon abandon de 2014 sur cette épreuve ! smiley laughing

Félicitations Franck, et merci pour ce CR détaillé. :-)

bravo.

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envoyé le 13/06/2017 22:14

Félicitations Franck, et merci pour ce CR détaillé. :-)

bravo.

À côté de ton récent périple, ça n'a pas l'air de grand'chose. Je me disais qu'après la Magnifique, Tilff-Bastogne-Tilff aurait pu te tenter, mais visiblement tu étais très bien occupé ailleurs ! 

Si tu cherches une session de rattrapage, il y a encore Aywaille-Bastogne-Aywaille, c'est le 15 juillet et c'est presque le même concept, bien que sur 180 km «seulement» !

http://bit.ly/2sZcoEa

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envoyé le 14/06/2017 07:16

À côté de ton récent périple, ça n'a pas l'air de grand'chose. Je me disais qu'après la Magnifique, Tilff-Bastogne-Tilff aurait pu te tenter, mais visiblement tu étais très bien occupé ailleurs ! 

Si tu cherches une session de rattrapage, il y a encore Aywaille-Bastogne-Aywaille, c'est le 15 juillet et c'est presque le même concept, bien que sur 180 km «seulement» !

http://bit.ly/2sZcoEa

Ce WE il y a la Flèche Ardennaise à Dolhain, un parcours sans répit 175 km et plus de 3000m D+ avec la véritable côte de Wanne, le Stockeu smiley foot-in-mouth et le Rosier avec, et c'est rare, un passage près du point culminant de la Belgique à Ovifat. Comme il va faire beau c'est vraiment un parcours à faire pour ceux qui veulent s'en mettre plein les mirettes et les guiboles smiley mr-green.

Cette rando attire de nombreux cyclistes parlant la langue de Vondel, toujours attirés par des parcours très musclés.

Ah oui, désolé Franck, c'est un samedismiley yell

La semaine suivante il y a la Sébastien Rosseler à Lierneux, un endroit un peu perdu des Ardennes qui visite aussi des régions fort reculées mais magnifiques.

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