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Que sont-ils devenus ?

Que sont-ils devenus : Sandy Casar

Publié le 13/12/2018 08:00

Ancien coureur historique de l’équipe cycliste FDJ, Sandy Casar, cycliste professionnel durant 14 ans et vainqueur de 3 étapes sur le tour de France revient avec nous sur sa reconversion et les raisons de son arrêt. Entretien.

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Bonjour Sandy, vous avez couru 14 ans dans le peloton, il y avait d’autres propositions ou la décision d’arrêter était déjà prise ?

Bonjour. Après 14 ans de contrat dans l’équipe de la FDJ, j’avais déjà pris ma décision d’arrêter courant août et j’ai arrêté de courir ce même mois par rapport à diverses choses dans le vélo. Surtout pour pouvoir voir grandir mes enfants, ça a été la principale cause de mon arrêt. Je n’avais pas pris de décision à l’avance, ça c’est vraiment fait du jour au lendemain. En 2013 j’avais d’ailleurs prévu de faire les 3 grands tours mais malheureusement au tour d’Italie je me fracture le scaphoïde et en restant avec mon fils chez moi durant ma période de repos, j’ai pris cette décision. Au départ de la saison, je pensais même continuer. Ensuite il y a eu d’autres choses dans le vélo où ça devenait trop formaté comme une entreprise et ça ne me correspondait plus. D’ailleurs, je ne me reconnais pas dans le vélo actuel et j’ai préféré arrêter.

Qu’en à alors pensé Marc Madiot, votre manager, il vous avait proposé un nouveau contrat ?

On était en discussion mais je ne suis pas sûr qu’il avait vraiment l’intention de me garder. Il y voyait aussi peut-être une obligation du fait que j’ai souvent pu porter l’équipe a ses débuts à travers mes victoires. Après j’ai eu d’autres contacts et d’autres possibilités pour continuer mais bon, ayant perdu mon père assez tôt, je savais déjà que dès que j’allais avoir un enfant je ne voudrais pas manquer d’être à ses côtés. J’ai quand même repoussé l’arrêt de ma carrière mais il faut savoir arrêter et je ne regrette pas du tout.

Au 1er janvier, quel était alors votre état d’esprit ?

C’était un petit peu une page blanche même si je voulais profiter des 2 années de chômage afin de faire le maximum pour trouver ma voie. Mais j’avais déjà envie de reprendre un commerce pour profiter quand même de mes enfants et avoir plus de liberté en gérant mon temps. Finalement, j’ai mis deux ans pour trouver cela et acquérir une station de lavage. J’ai aussi été en collaboration avec ASO pour diverses épreuves. Aujourd’hui je tiens donc une station de lavage vers Rouen, d’autres arriveront peut-être… J’aimerais bien en avoir 3 pour pouvoir en vivre mais je préfère prendre mon temps.

Il y a une valeur que vous tenez du vélo et qui vous sert aujourd’hui ?

Oui, je pense que d’être correct avec les gens est déjà principal. On essaye toujours d’arranger le client, être correct sur les prix et les temps en évitant de monter les tarifs. La vie est déjà assez chère.

Il y a des modèles de reconversion que vous citeriez en exemple ?

Des modèles peut-être pas. Il n’y a pas de ligne à suivre. Tout le monde ne se reconvertit pas dans les équipes, je pense aux directeurs sportifs où il y a très peu de places particulièrement. Mais aujourd’hui, nous avons des aides, comme avec l’UNCP qui nous aide par un bilan de compétences et qui est présent pour nous soutenir et nous orienter. J’ai passé 14 ans en étant pro mais ce n’est pas être dans la vraie vie et on passe de notre plaisir à un autre monde et du jour au lendemain c’est une vraie marche à franchir. Je l’ai bien vécu mais parce que j’en ai pris la décision aussi et je n’ai pas subi le fait de ne pas avoir de contrat. Souvent c’est la problématique où un coureur à envie de continuer et qui jusqu’au mois de février, à la reprise y croit mais d’un seul coup il y a une prise de conscience et là je pense que c’est compliqué de l’accepter. J’ai eu des mauvais moments aussi, je ne le cacherais pas, être coureur professionnel c’est quand même vivre de sa passion. Certains y verront la difficulté, la fatigue ou des choses peut être inhumaines mais à la base c’est notre passion et on le fait avec plaisir alors ce n’est pas une contrainte comme peuvent le penser la majorité des gens. En plus on est payés pour faire ça alors je pense que vivre de sa passion, ce n’est pas une contrainte, c’est une chance. Mais d’un seul coup on rentre dans la vraie vie et là il faut aller faire les courses et aller au travail simplement pour faire vivre sa famille.

Que pensez-vous aujourd’hui de l’utilisation des réseaux sociaux par les coureurs ? Vous auriez aimé connaitre cet aspect du métier ?

Non, bien au contraire ! C’est ce qui m’a fait arrêter aussi… Les dernières années, on me demandait d’utiliser Twitter ou encore Facebook ce que je peux tout à fait comprendre. Certains coureurs en profitent, sont adeptes de ça et donnent les bonnes informations. En l’utilisant et même s’ils n’ont pas forcément de bons résultats sur le vélo ils sont embauchés grâce à ça. Mais je trouve tous les réseaux un petit fictifs. Je passe peut-être à côté de certaines choses mais par principe, je préfère encore le contact direct et c’est aussi pour ces raisons que je reviens collaborer avec ASO, pour revoir des gens, discuter avec eux en réel. Sur les réseaux sociaux on a beaucoup d’amis mais au final on en a sans en avoir.