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Tests de matériel

Test du pneu Pirelli P Zero Race TLR

Publié le 18/11/2020 12:25

Longtemps connu pour ses pneus pour automobiles avec le slogan qui est entré dans les mœurs « sans maitrise la puissance n’est rien », Pirelli a attaqué le marché du pneu vélo depuis 2017.

Tout d’abord, via une version à pneus classiques (« Tubetype ») et pour l’avoir personnellement utilisé, ce « coup d’essai » dans ce nouveau domaine avait su se montrer à la hauteur de l’enjeu et de la réputation de la marque. L’adhérence et le rendement notamment sont d’un haut niveau, alors qu’il faut se montrer attentif à l’usure – normal pour un pneu performance – sans que la résistance à la crevaison ne soit affectée pour autant.

 

Une arrivée sur le marché avec des arguments

Aujourd’hui donc, Pirelli lance une gamme Tubeless, toujours tournée vers le haut de gamme et le rendement.

2 modèles sont ainsi proposés :

-          Le P Zero Race qui se trouve être un pneu haut de gamme à tout faire, visant aussi bien la performance que la polyvalence à travers la résistance à l’usure et aux crevaisons. Pour ce faire, la carcasse est renforcée avec une technologie maison appelée Techwall+. C’est cette référence qui a servi dans le cadre du test, en 26mm de large.

-          Le P Zero SL, une enveloppe tournée vers la compétition pure en cherchant le gain de poids et de rendement, quitte à perdre légèrement sur la polyvalence par rapport à son « petit frère ».

La marque annonce fièrement avoir travaillé avec les équipes Mitchelton-Scott et Trek Segafredo afin de développer ce projet, étalé sur une durée de 3 ans d’études et d’ingénierie, et de 2 ans de tests intensifs sur la route.

Pour atteindre ses buts, les ingénieurs chimistes de Pirelli ont intégré leur propre mélange de gommes, nommé SmartEVO, celui-ci étant réalisé à partir de trois polymères différents, qui sont chaucn sensés apporter des atouts spécifiques concernant des qualités supposées antinomiques. En effet, par exemple la gomme doit se montrer tendre pour assurer de l’adhérence en virages mais dure pour permettre d’éviter les crevaisons par perforation tout en assurant une longévité espérée la meilleure possible. Le tout en offrant rendement et confort en même temps.

Bref, le cahier des charges ressemble à la quadrature du cercle mais il est évident que l’enjeu pour les cyclistes est réellement d’avoir un pneu excellent partout, même si le fait que Pirelli propose 2 pneus Tubeless haut de gamme, montre que les choix de la marque répondent aussi à des compromis : vers la polyvalence pour le Race et vers la course pour le SL.

 

 Pirelli P Zero Race TLR_03Pirelli P Zero Race TLR | © Pirelli

 

Une pression recommandée

Par ailleurs, Pirelli insiste sur le fait que ces 2 enveloppes ont été validées pour un large panel de jantes différentes et se proposent ainsi d’orienter le choix du cycliste. En effet, pour chaque largeur interne de jante, est suggérée une taille de pneu (pour le Race, de 24 mm à 30mm en passant par 26 et 28mm) puis, une fois le couple jante – pneu défini, une pression de gonflage précise est proposée, afin d’assurer les meilleures performances possibles.

Ces pressions peuvent s’ajuster légèrement à la baisse notamment sur l’avant, en cas de recherche de confort ou sur les 2 roues en cas d’asphalte froid et/ou mouillé.

Ainsi, dans mon cas, celle de l’utilisation d’une jante de 19 de largeur et donc d’un pneu en 26mm, pour un poids de 72 kg la pression recommandée est de 6,1 kg.

Etant en limite de poids pour la fourchette supérieure (74-81 kg) et afin de tester le comportement du pneu en fonction de la pression, j’ai aussi testé 6,4 et 5,7 bars environ (pour l’avant).

 

 Pirelli P Zero Race TLR_05Pirelli P Zero Race TLR | © Vélo 101

  

Un comportement incisif et mettant en confiance

Le pneu testé, a été monté sans difficulté sur une jante « Tubeless compatible ». Ce point qui peut sembler anodin pour tout utilisateur de pneu Tubetype « souple » sur une jante à la bonne dimension, ne l’est pas forcément toujours dans les faits.

Ceux qui ont galéré pendant des dizaines de minutes en utilisant différentes astuces pour que « ça passe » se rendront compte de l’intérêt dont il est question dès lors que la facilité de montage est évoquée.

Une fois le pneu en place, le profil apparait relativement en V plutôt qu’en U. Cette caractéristique a parfois une incidence sur le toucher de route, notamment à la fraction de seconde où le virage est amorcé.

Dans le cadre d’un tel test, basé sur des sensations, il est impossible de dire que tel pneu offre X% de rendement en plus ou en moins que tel concurrent. Pour autant, les sensations de rendement sont ici très bonnes. En roulant au train à vitesse régulière, la fluidité est bonne, le pneu ne donnant pas l’impression de « s’écraser » sur la chaussée. La réactivité lors des relances est marquante par rapport à des enveloppes de moyenne gamme.

Sur les autres qualités demandées aux pneus, là encore le P Zero Race se montre très à son avantage. A la pression recommandée, le confort est excellent et le grip en virages met de plus en plus confiance pour finir par avoir un excellent toucher de route et une bonne prise d'angle.

Au fil des sorties, j’ai finalement gonflé légèrement plus à l’arrière (6,5 bars) tandis que j’ai laissé la pression demandée à l’avant (6 bars). Cette façon de procéder me donnait de meilleures sensations, notamment lorsqu’il s’agissait d’accélérer brutalement.

Sur les 1800 km effectués, l’usure s’est montrée visuellement quasi nulle sur l’avant et faible à l’arrière. Aucune crevaison n’a été à déplorer, y compris lors de quelques incursions en chemins non asphaltés de type Gravel.

 

Le bilan du P Zero est donc très largement à la hauteur du blason de la marque. Confort, rendement, adhérence, résistance à l’usure et aux crevaisons, tout est au top de la catégorie. Seuls les plus pointilleux pourraient avoir besoin de la version SL pour aller chercher quelques grammes en moins et quelques % de rendement en plus.

Pour autant, le compromis apporté ici n’est pas loin du sans faute, tant le modèle peut être utilisé toute, entrainements et courses comprises, et ce quelle que soit la saison.

Le seul bémol pourrait être le prix demandé. En effet, à 69,90€ l’addition est plutôt salée mais heureusement la faible usure au fil des kilomètres compense et permet de limiter le coût d’usage.

 

Pour toute information complémentaire, https://velo.pirelli.com/fr ou posez vos questions à testvelo101@velo101.com.

 

Par Olivier Dulaurent

GARMIN

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