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Interview de Thor Hushovd (Crédit Agricole)

Publié le 11/07/2007 19:02

Interview de Thor Hushovd : "la déception après ma chute est vite passée, je me suis dit qu'il fallait regarder devant."
Interview de Thor Hushovd (Crédit Agricole) : "la déception après ma chute est vite passée, je me suis dit qu'il fallait regarder devant."

Thor, après un début de Tour de France plutôt maussade, vous voilà vainqueur. Comment avez-vous disputé votre sprint ?
"Ce fut un sprint où ça roulait très très vite. J'ai beaucoup fait confiance à mes coéquipiers. Dans les 10 derniers kilomètres, l'équipe m'a beaucoup aidé, surtout Sébastien Hinault et William Bonnet, qui m'ont aidé à remonter, puis Julian Dean, qui a lancé le sprint à 450 mètres de la ligne. Je me suis dégagé de sa roue aux 200 mètres pour pouvoir franchir la ligne en vainqueur."

Cette victoire, c'est un soulagement après votre début de saison difficile ?
"C'est vrai que je n'ai pas eu un bon début de saison. Je m'étais préparé spécialement pour les classiques. Malheureusement, je
suis tombé malade à la veille de Milan-San Remo et après ça a été un peu difficile de revenir à temps pour le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. J'ai fait un Giro pas trop mal, en me classant deux fois 2ème. Maintenant, c'est vrai que ça fait du bien au moral de gagner l'étape. Et j'espère que ça va continuer."

Parmi vos poissons-pilotes figurait aujourd'hui William Bonnet, l'un des régionaux de l'étape du jour. Que pouvez-vous nous dire sur lui ?
"Déjà, je le remercie pour son travail. Il est ici, sur le Tour de France, pour apprendre un peu. Avec ce qu'il a fait aujourd'hui, il a montré qu'il pouvait faire de grandes choses. Et Julian Dean est l'un des meilleurs lanceurs du monde. Hier à Compiègne, le sprint avait été un peu spectaculaire."

Après vos déboires en début de Tour, avez-vous pensé que vous étiez maudit ?
"J'ai été très déçu après ma chute dans la deuxième étape. Ca m'a fait perdre 30 points sur Robbie McEwen pour le Maillot Vert. Mais la déception est vite passée. Elle a duré trois heures, et après le dîner j'ai retrouvé mon optimisme. Je me suis dit qu'il fallait regarder devant. Je me suis préparé pour être bien ici au Tour de France."

Comment avez-vous abordé ce Tour de France ?
"J'étais confiant en débutant le Tour de France. Je savais que j'étais dans une bonne condition. Le prologue était un peu difficile pour moi cette année donc je n'ai pas été trop déçu de ma performance. Ma 2ème place à Canterbury m'a confirmé que j'étais en bonne forme. Après, j'ai eu un petit passage à vide avec ma chute. Mais je savais que j'étais en forme et que je pouvais encore faire quelque chose."

Deux jours après votre chute vers Gand, comment vous sentiez-vous aujourd'hui ?
"Hier, je me suis déjà senti nettement mieux qu'après la chute. Je me sens beaucoup mieux. Ce matin, je voulais déjà essayer de reprendre le chemin de la gagne pour tenter de m'imposer aujourd'hui. Hier, l'étape a été une étape très longue, très lente. L'équipe CSC a contrôlé l'allure du peloton devant. Puis les équipes de sprinters se sont mises en tête pour tâcher de préparer le sprint massif. Personnellement, je n'ai pas pu y aller, préférant me préserver pour l'étape à venir."

Vos débuts cette année sur le Tour n'ont décidément rien à voir avec ceux de l'an passé ?
"Oui, l'année dernière, ça avait été un Tour de France extraordinaire. J'avais remporté le prologue, porté le Maillot Jaune, conclut sur les Champs-Elysées à Paris. J'avais réalisé un départ d'exception. Cette année, je suis un peu victime de la malchance, mais j'espère que tout ça va tourner au plus vite."

Avec le temps, êtes-vous devenu une grande star en Norvège ?
"Je ne sais pas si je suis une grande star mais c'est vrai que je suis très populaire en Norvège, avec les journalistes, avec la télé, avec les supporters. J'espère que ça pourra permettre aux jeunes et à plein de gens en Norvège de s'intéresser au vélo et d'avoir envie de pratiquer le cyclisme."

Ressentez-vous davantage de pression de la part de votre public du fait d'être le seul grand coureur norvégien au départ du Tour de France ?
"Oui, c'est davantage de pression. Les supporters me mettent la pression mais ça fait partie du sport, ça fait partie de mon boulot. Je pense que c'est une bonne chose. C'est une pression positive."

Vous vous rapprochez du Maillot Jaune. Y penserez-vous dans les jours à venir ?
"Bien sûr, je me rapproche du Maillot Jaune, mais après la performance de Fabian Cancellara à Compiègne, j'ai tiré un trait là-dessus. En plus, l'étape de demain va être un peu plus dure."

Avez-vous une étape clé en tête sur le parcours de l'édition 2007 ?
"J'aime toutes les étapes de plaine, c'est sûr, même si j'avoue avoir un faible pour l'étape des Champs-Elysées, que j'ai remportée l'an passé. C'est pour moi la plus belle étape, la plus émotionnelle."

Pouvez-vous nous expliquer quelle est votre tactique dans les derniers kilomètres ?
"Les derniers kilomètres sont toujours très rapides et très dangereux. Tout le monde veut être devant. Il y a une tension particulière. Il faut se battre pour conserver les bonnes roues. Mon objectif est de prendre les bonnes roues, de suivre mon poisson-pilote, en me plaçant dans le Top 10 avant le déclenchement de l'emballage final. Mais je ne fais pas ma course en fonction de mes adversaires"

Quand commencez-vous à préparer le sprint final ?
"Je pense que le plus dur, c'est de rester bien placé dans les 10 derniers kilomètres. Mais parfois, dans le final, ça roule si vite qu'on ne parvient plus à accrocher les bonnes positions."

Propos recueillis à Joigny le 11 juillet 2007.

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