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Tour # 13 : Armstrong unique, Voeckler héroïque

Publié le 17/07/2004 20:16

Lance Armstrong écrase la 13ème étape du Tour de France mais Thomas Voeckler conserve le Maillot Jaune.
Lance Armstrong écrase la 13ème étape du Tour de France mais Thomas Voeckler conserve le Maillot Jaune.

Il y a deux semaines, au départ de Liège, au moment où tous les concurrents s'élançaient sur un pied d'égalité, tout le monde scrutait la troisième et dernière semaine de course. Les favoris, qui s'appelaient alors Armstrong, Ullrich, Hamilton, Mayo et Heras, avaient fini par croire que le Tour se jouerait là, probablement dans le contre-la-montre de l'Alpe d'Huez. C'était une éventualité, mais pour cela, il fallait raisonner en terme de match étroit. Trop étourdis par le somptueux suspense du Tour 2003, nous pensions tous que les grands favoris parviendraient dans les Alpes à égalité de chances. C'était toutefois sans compter sur le mauvais comportement d'ensemble des adversaires de Lance Armstrong (US Postal-Berry Floor), nettement repoussés dès le prologue de Liège. La tendance s'est ensuite confirmée dans le contre-la-montre par équipes, écrasé par les postiers, et il a fallu déplorer un flagrant manque d'ambitions dans le Massif Central, où les adversaires supposés d'Armstrong se sont montrés plus passifs que jamais. A La Mongie, le verdict s'est voulu sans appel. Les uns après les autres, les rivaux du quintuple vainqueur du Tour se sont effacés, brimés par la force collective de l'US Postal. Hier, Armstrong a fait un pas décisif vers une sixième victoire finale.

Sur trois semaines de course, personne n'est à l'abri d'un jour sans, même s'il est curieux que ce jour survienne au même moment pour tous les favoris. Après la première étape pyrénéenne, Ullrich, Hamilton et consorts sont loin au classement général mais refusent de s'affoler. A quoi bon d'ailleurs. Ils savent simplement qu'ils n'ont plus droit à l'erreur. Cela fait donc de la treizième étape la journée décisive du 91ème Tour de France. Le Tour va se jouer ici, entre Lannemezan et le Plateau de Beille, à travers les ascensions des cols des Ares, du Portet d'Aspet, de Core, de Latrape, d'Agnès, du Port de Lers et du Plateau de Beille. Le Tour va prendre un ton décisif sur les routes ensoleillées de l'Ariège. Après sa bataille victorieuse la veille, Lance Armstrong a la possibilité d'enterrer pour de bon ses adversaires. Pour cela, il compte sur une tactique depuis longtemps connue de tous : faire contrôler le peloton par ses équipiers tout au long de l'étape pour flinguer dans le dernier col et assommer la course. Le seul moyen de contrecarrer les plans de l'Américain reste de le surprendre là où il ne s'y attend pas afin de l'isoler, puis d'engager une grande action offensive nécessitant le concours de plusieurs grands favoris. Doit-on espérer que les adversaires du Texan fassent cause commune ?

En réalité, non. Aucun plan offensif n'a été conçu par les concurrents de Lance Armstrong, qui n'ont pour objectif que d'accompagner l'Américain jusqu'au pied du Plateau de Beille avant de l'attaquer dans le final. Par expérience, on sait que cette méthode est parfaitement stérile, mais on peut toujours compter sur une improbable défaillance du Texan ! Or, s'il y a des hommes faibles dans ce peloton, ce sont bien les adversaires d'Armstrong. Haimar Zubeldia (Euskaltel-Euskadi) et Denis Menchov (Illes Balears-Banesto) abandonnent peu après le départ. Mais surtout, Tyler Hamilton (Phonak Hearing Systems) rebrousse chemin au ravitaillement, km 79. Blessé au dos depuis sa chute à Angers, également chagriné par la perte de son chien, l'Américain n'a plus de force ni de courage. Plutôt que de lutter en vain, il préfère abandonner. La même idée traverse bientôt l'esprit d'Iban Mayo (Euskaltel-Euskadi). Largué par le peloton dans l'ascension du col de Latrape, à 75 km de l'arrivée, le Basque ne parvient plus à trouver suffisamment de ressources mentales pour se battre. Dans son calvaire, il marque une première halte, pose pied à terre, rend sa machine au mécanicien. Mais ses équipiers d'Euskaltel l'encouragent à affronter bravement cette mauvaise passe. Remis en selle, poussé par ses amis, Mayo parviendra au bout dans le gruppetto, avec 37'40" de retard.

Merveilleux, Thomas Voeckler donne beaucoup de saveur à une course décevante.

La liste ne s'arrête pas là car, à son tour, Roberto Heras (Liberty Seguros) craque. Tombé précédemment, l'ancien lieutenant de Lance Armstrong perd le contact avec le peloton dans les derniers kilomètres du col d'Agnès. Il parviendra à l'arrivée avec un débours de 21'35". A défaut de grandes manoeuvres offensives, nous voilà réduits à vibrer au rythme des défaillances, toutes aussi inattendues les unes que les autres. Et à ce rythme, au terme d'une journée difficile, il ne reste guère plus d'une trentaine de coureurs dans le peloton qui s'achemine vers le pied du Plateau de Beille. Depuis le matin cependant, trois hommes ont fait parlé d'eux pour leur bravoure. Sylvain Chavanel (Brioches La Boulangère), Michael Rasmussen (Rabobank) et Jens Voigt (Team CSC) sont les animateurs de cette grande étape pyrénéenne et franchissent tous les cols en tête. Chavanel et Voigt ont lancé cette échappée au km 27, rejoints dans le Portet d'Aspet par Rasmussen. Ensemble, les trois hommes ont effleuré les six minutes d'avance mais la fatigue se fait sentir en fin de journée. Chavanel cède le premier dans le col d'Agnès. Ses deux compères seront finalement rejoints dans les premières rampes du Plateau de Beille, après une très belle échappée.

Les choses sérieuses commencent donc à 16 km de l'arrivée. Lance Armstrong dispose encore de quatre équipiers, qui font monter l'allure. A cette vitesse, personne ne bouge le petit doigt dans le maigre peloton, chacun se contentant déjà de pouvoir garder sa position dans le sillage du train bleu. Et encore, cela ne dure pas ! En quelques hectomètres, José-Luis Rubiera et José Azevedo réalisent une sélection plus radicale qu'à La Mongie. Le peloton de tête implose. Jan Ullrich (T-Mobile), esseulé, rétrograde en queue de peloton pour lâcher parmi les premiers. Il entame alors une pénible ascension en solitaire, un nouveau contre-la-montre en côte avant le rendez-vous de l'Alpe d'Huez. Après son passage à vide, l'Allemand trouve un second souffle un peu plus haut, mais il est déjà trop tard. Cinquième au sommet, Jan Ullrich perdra plus qu'à La Mongie : 2'42" contre 2'30". Dur, dur, le week-end pyrénéen. Georg Totschnig (Gerolsteiner) fait une belle ascension et finit 3ème à 1'05". Andreas Klöden (T-Mobile) et Francisco Mancebo (Illes Balears-Banesto) opposent aussi une belle résistance mais cèdent néanmoins 1'27" à Lance Armstrong, lequel voltige en tête en compagnie... d'Ivan Basso (Team CSC). On reprend les mêmes et on recommence.

Le tandem Armstrong-Basso, qui ne se quitte plus depuis deux jours, repousse incontestablement l'opposition. Mais l'Italien court déjà pour la 2ème place du Tour. Lance Armstrong trouve en lui un remarquable allié sauf qu'à l'arrivée, cette fois, c'est lui qui s'impose. Le Tour est quasiment joué, c'est inouï ! Mais le Maillot Jaune refuse encore de se poser sur les épaules du quintuple vainqueur du Tour de France pour mieux orner celles de Thomas Voeckler (Brioches La Boulangère). Sacré à Chartres, Thomas avait prévenu qu'il ne rendrait la tunique qu'après avoir tout donné. Aujourd'hui, il a été épatant. Lâché dans le col d'Agnès, qu'il a franchi avec une minute de retard sur peloton, le merveilleux Alsacien a puisé au fond de lui-même pour revenir dans la descente. Puis, repoussé dès les premières buttes du Plateau de Beille, Thomas s'est fait violence. Devant une foule immense, tombée amoureuse du jeune champion de France, Thomas Voeckler s'est surpassé, maillot grand ouvert, pour finalement terminer 13ème et ne lâcher que 4'42" à Lance Armstrong. Ce soir, notre champion donne beaucoup de saveur à une course extrêmement décevante. Il sera toujours en Jaune, demain, entre Carcassonne et Nîmes.

Classement 13ème étape :

1. Lance Armstrong (USA, US Postal-Berry Floor) les 205,5 km en 6h04'38" (33,8 km/h)
2. Ivan Basso (ITA, Team CSC) m.t.
3. Georg Totschnig (AUT, Gerolsteiner) à 1'05"
4. Andreas Klöden (ALL, T-Mobile) à 1'27"
5. Francisco Mancebo (ESP, Illes Balears-Banesto) m.t.
6. Jan Ullrich (ALL, T-Mobile) à 2'42"
7. José Azevedo (POR, US Postal-Berry Floor) à 2'50"
8. Christophe Moreau (FRA, Crédit Agricole) à 2'51"
9. Pietro Caucchioli (ITA, Alessio-Bianchi) m.t.
10. Gilberto Simoni (ITA, Team Saeco) à 3'43"
[Classement complet]

Classement général :

1. Thomas Voeckler (FRA, Brioches La Boulangère) en 58h00'27"
2. Lance Armstrong (USA, US Postal-Berry Floor) à 22 sec.
3. Ivan Basso (ITA, Team CSC) à 1'39"
4. Andreas Klöden (ALL, T-Mobile) à 3'18"
5. Francisco Mancebo (ESP, Illes Balears-Banesto) à 3'28"
6. Georg Totschnig (AUT, Gerolsteiner) à 6'08"
7. José Azevedo (POR, US Postal-Berry Floor) à 6'43"
8. Jan Ullrich (ALL, T-Mobile) à 7'01"
9. Pietro Caucchioli (ITA, Alessio-Bianchi) à 7'59"
10. Sandy Casar (FRA, FDJeux.com) à 8'29"
[Classement complet]

Classement par points :

1. Robbie McEwen (AUS, Lotto-Domo) 210 pts
2. Erik Zabel (ALL, T-Mobile) 201 pts
3. Thor Hushovd (NOR, Crédit Agricole) 195 pts

Classement de la montagne :

1. Richard Virenque (FRA, Quick Step-Davitamon) 128 pts
2. Christophe Moreau (FRA, Crédit Agricole) 78 pts
3. Francisco Mancebo (ESP, Illes Balears-Banesto) 77 pts

Classement des jeunes :

1. Thomas Voeckler (FRA, Brioches La Boulangère) en 58h00'27"
2. Sandy Casar (FRA, FDJeux.com) à 8'29"
3. Vladimir Karpets (RUS, Illes Balears-Banesto) à 14'05"

Classement par équipes :

1. Team CSC (DAN) en 171h52'16"
2. US Postal-Berry Floor (USA) à 5'52"
3. T-Mobile (ALL) à 8'07"

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