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Interview de Hubert Dupont (RAGT Semences-MG Rover)

Publié le 21/08/2004 10:51

Interview de Hubert Dupont (futur RAGT) : "mes performances du Giro Baby ont été un formidable tremplin."
Interview de Hubert Dupont (futur RAGT) : "mes performances du Giro Baby ont été un formidable tremplin."

Après une saison 2004 remarquable, Hubert Dupont quittera le VC La Pomme Marseille pour rejoindre au 1er septembre la formation professionnelle RAGT Semences-MG Rover, dont il portera le maillot chez les pros l'an prochain. Vainqueur de la cinquième étape du Giro Baby (Tour d'Italie réservé aux amateurs de moins de 26 ans) au nez et a la barbe de Marco Marzano, futur professionnel chez Lampre, Hubert Dupont est considéré comme un futur très grand.

Hubert, peux-tu te présenter rapidement ?
"Je suis né le 13 novembre 1980, à Lyon. J’ai commencé le vélo à l’âge de 10 ans, au club de l’Amicale Cycliste Lyon-Vaise, où mon père était licencié. Au niveau des études, je suis titulaire d’un BTS en Contrôle Industriel et Régulation Automatique. Aujourd’hui, outre le vélo, je travaille à temps partiel comme ambulancier. Je vis à Anse, aux portes du Beaujolais, à 6 km au sud de Villefranche-sur-Saône."

Peut-on dire que tes performances, pour ne pas dire exploits, lors du dernier
Giro Baby ont constitué l'élément déterminant de tes propositions de rallier les rangs professionnels ?

"Mes performances du Giro Baby ont été un formidable tremplin pour accéder aux rangs professionnels car une victoire est un élément déclencheur, puisque celle-ci attire l’œil, contrairement aux places d’honneur. Si je n’avais pas gagné, mon futur aurait été autre."

Aurais-tu poursuivi ta carrière dans les rangs amateurs de haut niveau si tu
n'avais pas eu l'occasion de rallier les rangs professionnels ?

"Une chose est sûre, c’est que j’aurais continué au moins une année car en moins de 26 ans, il y a des courses qui me tiennent à cœur comme le Giro Baby et le Val d’Aoste."

Peux-tu revenir sur cette fameuse victoire obtenue en solitaire lors de la cinquième étape Paspardo-Lozio, une des plus montagneuses de l'épreuve, devant un certain Marco Marzano, en qui certains voient un futur Pantani ?
"Cette formidable étape était montagneuse, avec quatre cols dont trois de 1ère catégorie. Nous avions 130 km avec 2300 mètres de dénivelé. Elle se situait au Nord de Brescia. L’arrivée était jugée en altitude après une ascension de 10 km avec un final à 15 % dans les derniers 500 mètres. L’étape fut limpide pour moi car mon coéquipier Philip Deignam avait attaqué dans l’avant-dernière ascension et pour ma part, je suis parti dans un groupe de contre. Dans l’ascension finale, le peloton revenait très fort sous l’impulsion de Marco Marzano, tandis que mes compagnons d’échappée donnaient des signes de fatigue. J’ai décidé de rejoindre seul mon coéquipier, mais ce dernier s’est écroulé dans la partie la plus difficile. Je n’ai eu qu’à récolter le fruit du travail qu’il avait accompli, je lui dois beaucoup."

Peut-on dire que tu a éclaté lors de la saison 2004 ?
"Je ne pense pas. Je progresse un peu plus chaque année. Car lors de ma première saison à Marseille, je suis devenu champion de Provence Elite devant Nicolas Reynaud qui était professionnel l’année précédente. Et l’an passé, j’ai terminé 4ème du Tour de Franche-Comté, 8ème au Tour du Val d’Aoste et j’ai remporté les Monts du Lubéron."

Outre tes qualités de puncheur, qui sont reconnues de tous, es tu de la race
des grimpeurs ?

"Je pense que je suis de la race des grimpeurs, du style de David Moncoutié, avec à la fois de très belles performances et des petits coups de moins bien très pénalisants en montagne."

Avais-tu des idoles cyclistes lors de tes débuts ?
"J’ai débuté à l’Amicale Cycliste Lyon-Vaise, et j’ai rejoint le VC Caladois à 19 ans. A mes débuts, j’avais comme idole Gilles Delion, car celui-ci était à la fois performant et humble. J’adorais également l’équipe Helvetia, car elle montrait une belle image d’elle avec des coureurs sympathiques."

Au 1er septembre, tu vas rejoindre l'équipe professionnelle RAGT Semences en qualité de stagiaire. Quel va être ton programme ?
"Mon programme commencera par le Tour de Pologne, et peut-être par la suite le Grand Prix d'Isbergues, Paris-Corrèze et Paris-Bourges."

Serge Barle, le directeur sportif de cette formation, issu du même club que toi,
est-il à l'origine de ton recrutement ?

"Il est sûr que Serge est à l’origine de mon recrutement, car c’est lui-même qui m’avait fait rentrer au VC Caladois, mais ma situation géographique par rapport à l’équipe a aussi joué car la plupart de l’encadrement est originaire de la région, ce qui leur permet de bien me connaître."

La carrières de Frédéric Bessy et celle plus lointaine de Robert Alban, pour
ne citer que deux des plus proches champions sortis du VC Caladois, constituent-elles des exemples pour toi ?

"Pour moi, l’exemple à suivre est celui de Frédéric Bessy, car Fred est très simple, humble, toujours motivé et très professionnel dans sa carrière. Il m’aide beaucoup à l’entraînement car on affectionne le même type de sorties, à un train soutenu et toujours assez fort sur le final."

Tes qualités reconnues de cyclo-crossman t'amèneront-elles a participer à
quelques épreuves à l'intersaison ?

"Très certainement, mais au niveau régional. J’affectionne cette discipline, surtout l’ambiance qui y règne, car tous les participants se retrouvent après la course autour du verre de l’amitié."

Quelle a été l'ambiance au sein des pommiers cette saison ?
"L’ambiance a été très bonne tout le long de la saison, la différence notoire fut le professionnalisme de toute l’équipe."

Deignan, Roche et toi participerez-vous à la dernière épreuve de la Coupe de
France des DN1, qui aura lieu le 19 septembre à Laval ?

"Je ne sais pas ce qu’a prévu Frédéric Rostaing, ce sera au feeling comme très souvent avec Fred."

Le VC La Pomme croit-il encore à la victoire finale ?
"Oui, c’est fortement possible. Soit on marquera de gros points et là on gagnera le général, soit aucun, car avec nous c’est tout ou rien."

Le niveau des clubs transalpins est il supérieur en moyenne aux clubs Elites
2 français ?

"Je pense que oui. Mais la différence se fait par le professionnalisme des coureurs, de vrais pros. Pour ma part, mes belles performances sont dues à une sûre motivation et surtout au fait que je fasse ma course sur mes sensations du fait que je n’ai pas de repère par rapport aux autres coureurs."

Quels sont tes loisirs à côté du cyclisme ?
"J’ai très peu de temps pour les loisirs, car je travaille 24 heures par semaine. Alors entre le travail et le vélo, je partage mon temps libre entre ma copine qui me soutient fortement comme toute ma famille et mes amis. J’affectionne tout de même tout ce qui touche à la Hi Fi, la vidéo, et j’adore les comiques comme les Nuls et les Inconnus. Je me passionne également pour la géographie et pour les coutumes de nos formidables régions."

Propos recueillis le 20 août 2004 par Jean-François Modery.

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