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En fait-on trop pour Remco Evenepoel ?

Publié le 14/05/2021 08:30

Prodige du cyclisme d’aujourd’hui, Remco Evenepoel centralise énormément d’attention autour de lui.

9 mois après sa terrible chute du Tour de Lombardie, il renoue avec la compétition, toujours en Italie, sur le Tour national du pays.

Si certains comme Eddy Merckx le voient trop juste après une telle interruption, d’autres au contraire – surtout Outre Quiévrain ­– pensent qu’il va gagner le Giro.

Revenons il y a 9 mois, Remco Evenepoel sortait de la route sur le 5ème Monument de la saison. Les images font encore froid dans le dos, et sa carrière aurait pu être brisée sur le champ. Pour autant, le Belge s’en est miraculeusement bien sorti étant données les circonstances, si bien que 5 semaines après l’accident il remontait déjà sur le home trainer, avant d’effectuer quelques jours plus tard sa 1ère sortie sur route.

Mais manifestement les charges ont été trop importantes dans un premier temps, si bien qu’Evenepoel avait dû quitter prématurément le stage de l’équipe Deceuninck Quick Step en Janvier en Espagne, laissant entendre qu’une nouvelle coupure avec l’activité cycliste était nécessaire. Ce n’est que 3 semaines plus tard que la permission du corps médical a été accordée. Un tel coup d’arrêt 3 mois avant le Giro aurait de quoi décontenancer tout coureur de ce niveau-là.

Cependant, le coureur est au départ de son premier Grand Tour en ayant laissé supposer que sa forme est plutôt bonne.

Après 6 étapes montrant quelques indications quant à la forme des principaux favoris, l’engouement et les attentes autour du jeune champion Belge sont-elles hors de propos ?

 nullRemco Evenepoel en stage d'avant saison  | © Deceuninck Quick Step


Non

De l’aveu de certains coureurs eux-mêmes et des suiveurs du cyclisme, un tel phénomène de précocité et surtout un tel moteur, n’ont pas été aperçus depuis Merckx. Et encore, à la fin des années 60, la concurrence n’était pas aussi féroce. Dans le vélo d’aujourd’hui, la concurrence et le niveau sont tels, que gagner n’importe quelle course professionnelle n’est l’apanage que des coureurs en grande condition physique dotés d’aptitudes hors normes. Dès lors, que dire lorsque les victoires s’enchainent depuis l’âge de 19 ans, avec déjà au palmarès la Clasica San Sebastian, le Tour de Belgique en 2019 et dès 2020, sur une « demi-saison » puisque liée au Coronavirus, la victoire sur 4 courses par étapes, soit 100% de réussite ? Un tel bilan serait déjà exceptionnel pour l’un des gros leaders du peloton.

Mais lorsque ce coureur a 20 ans tout juste, s’agit-il de l’extraterrestre qui va tout empocher sur son passage ? Nous avons envie de le penser car à son âge, sa marge de progression est forcément importante. Excellent rouleur et grimpeur n’hésitant pas à partir de loin pour gagner, l’approche du Giro 2020 laissait entendre que Remco Evenepoel se présenterait sur la course en tant que favori logique.

Comment peut-il en être autrement en 2021, alors qu’il a déjà montré qu’il était capable d’être rapidement en forme comme en témoigne le gain du général sur le Tour de San Juan dès le mois de janvier face à des sudaméricains particulièrement motivés sur leurs terres ?

De plus, et si les circonstances et les blessures ne sont évidemment pas les mêmes, il est tentant d’imaginer qu’Evenepoel à 20 ans, s’est plus rapidement remis de sa chute que Christopher Froome qui accuse 15 années de plus.

Sur le Giro 2021, si les écarts sont encore faibles, Remco a su montrer qu’il était déjà dans l’allure que ce soit en contre-la-montre ou lorsque la route s’élevait. Il est également possible d’imaginer que le manque de compétition se fasse de moins en moins sentir au fil des étapes et qu’au contraire, la fraicheur pourra jouer en troisième semaine.

 

nullRemco Evenepoel met les bouchéees doubles à l'entraînement | © Deceuninck Quick Step

 

Oui

Son compatriote Eddy Merckx l’a annoncé lui-même : une préparation aussi compliquée que celle vécue par Remco Evenepoel ne peut pas l’amener au niveau où il aurait été sans avoir été contrarié. Expliqué ainsi cela peut sembler une lapalissade, mais comment imaginer Evenepoel pouvoir lutter contre les meilleurs coureurs du monde, eux qui ont repris l’entrainement dès le mois de novembre, ont enchainé les stages au soleil puis en altitude, et ont déjà couru, que ce soit sur Paris-Nice, le Tour de Catalogne, le Tour de Provence ou le Tour des Alpes ?

Si Evenepoel venait à faire oublier cette préparation, ça serait à désespérer de sa pertinence : autant éviter les stages à Calpe en accumulant les kilomètres au soleil en janvier, puisque manifestement en restant à la maison sans rouler pendant trois semaines en janvier, un coureur (même un phénomène) arrive à compenser.

Sans compter bien sûr les courses de début de saison qui peuvent passer pour « inutiles » puisque Remco Evenepoel arriverait (au conditionnel donc) à se montrer supérieur à ses adversaires avec un stage très tardif en Sierra Nevada.

En cas de victoire sur le Giro, on peut même se demander si la motivation de « faire le métier » d’un Egan Bernal ou d’un Simon Yates n’en prendra pas un coup, en sachant qu’Evenepoel n’était pas à 100% de son potentiel… et qu’il n’a que 21 ans !

Quoiqu’il en soit, du côté d’une certaine presse belge, on croit fort en la réussite du champion. Au point que le coureur fait l’objet de toutes les attentions et même au-delà, avec un nombre incalculable d’articles autour du même thème allant friser jusqu’à l’indigestion. Il faut dire que, de la même manière que la France met la pression sur tout coureur laissant espérer qu’il sera un successeur de Bernard Hinault, la Belgique n’a d’yeux que pour son poulain.

 

Par Olivier Dulaurent

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