Flandrienne. De l’Amstel, dit-on, elle est la plus flandrienne des classiques ardennaises. Encore que la classique du Limbourg ne doive son apparentement aux monuments des Ardennes que par la similarité de ses efforts. A cheval entre les pentes courtes et sèches du Tour des Flandres, sur des routes étroites qui nécessitent en permanence un bon placement, et l’accumulation des ascensions rencontrée sur Liège-Bastogne-Liège, pour un dénivelé conséquent, l’Amstel Gold Race reste la seule classique en mesure de sourire aux coureurs capables d’enchaîner les classiques flandriennes et ardennaises. Une semaine après Paris-Roubaix, trois des cinq membres de l’échappée victorieuse, Mathew Hayman (Orica-GreenEdge) le lauréat, Sep Vanmarcke (Team LottoNL-Jumbo) 4ème et Edvald Boasson-Hagen (Dimension Data) 5ème, seront au départ de Maastricht dimanche.


Côtes. Elles sont au nombre de trente-quatre sur les 258 kilomètres de course que compte l’Amstel. Dès la sortie de Maastricht, la route s’élève pour voir les bosses s’enchaîner d’un bout à l’autre de la course, avec peu de récupération entre chaque difficulté. En moyenne une côte de l’Amstel Gold Race est longue de 1490 mètres à 4,8 %. Si la majeure partie des attentions se portent sur le Cauberg (800 mètres à 6,5 %), à gravir quatre fois dont deux fois dans les 20 derniers kilomètres, nombre de côtes sont susceptibles d’opérer la sélection avant l’heure. Même si les sélectifs Eyserbosweg (et son passage à 18 %), Fromberg et Keutenberg (qui atteint 22 %) ont été repoussés dans un rôle secondaire avant l’ultime boucle qui passe par le Geulhemmerberg et le Bemelerberg, moins raides, ce qui favorise un peloton plus massif que par le passé au pied du dernier Cauberg.


Cauberg. Depuis le passage ici-même des Championnats du Monde il y a quatre ans, 1800 mètres séparent désormais le sommet du Cauberg, site d’arrivée de 2003 à 2012, de la ligne d’arrivée. De quoi allonger considérablement la liste des vainqueurs potentiels, d’autant que la boucle de 20 kilomètres adoptée avec le Geulhemmerberg et le Bemelerberg par de larges chaussées se veut bien moins sélective à l’abord de la quatrième et dernière ascension du Cauberg. S’il reste possible pour un homme seul de faire la différence dans cette dernière difficulté, seule l’édition 2015 ayant vu un peloton d’une vingtaine d’unités en finir au sprint, les 1800 mètres ajoutés entre le haut du Cauberg et le portique d’arrivée donnent à la course une nouvelle dimension, favorisant les coureurs capables de gérer leur effort dans la montée avant d’appuyer sur les pédales sur la partie plane.


Favoris. Trois fois vainqueur de l’Amstel Gold Race en 2010, 2011 et 2014, Philippe Gilbert (BMC Racing Team) s’approche du record de cinq victoires détenu par Jan Raas. Mais sa préparation a été perturbée par une altercation qui lui a coûté une fracture d’un doigt. L’ancien champion du monde, sacré sur les routes de Valkenburg fin 2012, devra qui plus est faire avec Jan Bakelants (Ag2r La Mondiale), Rui Costa et Diego Ulissi (Giant-Alpecin), Tom Dumoulin (Giant-Alpecin), Enrico Gasparotto (Wanty-Groupe Gobert), Simon Gerrans et Michael Matthews (Orica-GreenEdge), Roman Kreuziger (Tinkoff), Michal Kwiatkowski et Sergio Henao (Team Sky), Bauke Mollema (Trek-Segafredo), Joaquim Rodriguez (Team Katusha), Luis-Leon Sanchez (Astana), Samuel Sanchez (BMC Racing Team), Pertr Vakoc (Etixx-Quick Step) et Tim Wellens (Lotto-Soudal).


Français. Depuis l’ouverture du palmarès par Jean Stablinski en 1966, seul Bernard Hinault (1981) a fait trôner la France sur la plus haute marche du podium de l’Amstel Gold Race. Sur le podium tout court en fait puisqu’aucun autre coureur français ne s’y est présenté. La présence de deux tricolores dans le Top 10 l’an passé, Tony Gallopin (Lotto-Soudal) 6ème, Julian Alaphilippe (Etixx-Quick Step) 7ème, revêt un caractère exceptionnel. Ce sont encore ces deux-là, grands animateurs de la finale de la Flèche Brabançonne mercredi, qu’il faudra guetter à Valkenburg. Au terme d’une course dont Bryan Coquard (Direct Energie), 4ème à Overijse, a fait son grand objectif du printemps en dépit d’une seule expérience en 2014 (108ème). De par leurs qualités font aussi figures d’outsiders des garçons comme Warren Barguil (Giant-Alpecin), Arthur Vichot (FDJ), Cyril Gautier et Alexis Vuillermoz (Ag2r La Mondiale).

Les 10 derniers vainqueurs :

2015 : Michal Kwiatkowski (POL, Etixx-Quick Step)
2014 : Philippe Gilbert (BEL, BMC Racing Team)
2013 : Roman Kreuziger (TCH, Team Saxo-Tinkoff)
2012 : Enrico Gasparotto (ITA, Astana)
2011 : Philippe Gilbert (BEL, Omega Pharma-Lotto)
2010 : Philippe Gilbert (BEL, Omega Pharma-Lotto)
2009 : Serguei Ivanov (RUS, Team Katusha)
2008 : Damiano Cunego (ITA, Lampre)
2007 : Stefan Schumacher (ALL, Gerolsteiner)
2006 : Frank Schleck (LUX, Team CSC)

Les 34 côtes de l’Amstel Gold Race 2016 :

• km 9,4 : Slingerberg (900 mètres à 4,4 %)
• km 14,1 : Adsteeg (700 mètres à 4,3 %)
• km 22,3 : Lange Raarberg (1700 mètres à 3,7 %)
• km 38 : Bergseweg (2700 mètres à 3,3 %)
• km 49,7 : Sibbergrubbe (2100 mètres à 3,6 %)
• km 54,1 : Cauberg (800 mètres à 6,5 %)
• km 58,6 : Geulhemmerberg (1200 mètres à 4,6 %)
• km 78,1 : Wolfsberg (1200 mètres à 2,8 %)
• km 81,2 : Loorberg (1500 mètres à 5,3 %)
• km 92,5 : Schweibergerweg (2700 mètres à 4,5 %)
• km 98,9 : Camerig (4400 mètres à 4 %)
• km 109,5 : Vaalserberg (3200 mètres à 4,4 %)
• km 114 : Gemmenich (2200 mètres à 5 %)
• km 117,8 : Vijlenerbos (2700 mètres à 3,8 %)
• km 126,5 : Eperheide (2100 mètres à 4,7 %)
• km 135,1 : Gulpenerberg (600 mètres à 5,7 %)
• km 141,6 : Plettenberg (1200 mètres à 3,7 %)
• km 143,7 : Eyserweg (2100 mètres à 4,4 %)
• km 148,2 : Huls (900 mètres à 7,8 %)
• km 153,5 : Vrakelberg (600 mètres à 7,2 %)
• km 161,2 : Sibbergrubbe (2100 mètres à 3,6 %)
• km 165,5 : Cauberg (800 mètres à 6,5 %)
• km 170,2 : Geulhemmerberg (1200 mètres à 4,6 %)
• km 182,9 : Bemelerberg (900 mètres à 4,5 %)
• km 198,2 : Loorberg (1500 mètres à 5,3 %)
• km 207,7 : Gulpenerberg (600 mètres à 5,7 %)
• km 216,7 : Kruisberg (600 mètres à 8,8 %)
• km 218,6 : Eyserbosweg (900 mètres à 9,3 %)
• km 222,4 : Fromberg (1600 mètres à 3,6 %)
• km 226,9 : Keutenberg (1200 mètres à 5,9 %)
• km 236,9 : Cauberg (800 mètres à 6,5 %)
• km 241,5 : Geulhemmerberg (1200 mètres à 4,6 %)
• km 251 : Bemelerberg (900 mètres à 4,5 %)
• km 256,2 : Cauberg (800 mètres à 6,5 %)