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Primoz Roglic a-t-il raison de faire 2 mois sans courir ?

Publié le 08/05/2021 08:30

Primoz Roglic se souviendra toute sa vie de ce 19 septembre 2020, celui où, maillot jaune sur le dos avec une avance considérée comme confortable il a été battu par son compatriote Tadej Pogacar.

Avant cet épisode il avait déjà semblé faiblir sur les derniers jours des Grands Tours, comme par exemple sur le Tour 2018 finalement achevé à 4ème place alors que le podium paraissait acquis ou encore sur le Giro 2019 qui lui tendait les bras, avant que Richard Carapaz ne finisse par grignoter petit à petit son retard pour finir par s’imposer.

Sur le Tour 2020, alors qu’il semblait le plus fort du peloton, Roglic a probablement laissé passer l’occasion d’enfoncer le clou au niveau du général, en donnant l’impression de vouloir finir avec les plus forts au lieu de tenter de leur prendre du temps. Que dire de son comportement vis-à-vis de Pogacar qu’il a laissé revenir dans le jeu dans le Col de Peyresourde puis sans profiter pour « l’assommer » dans l’étape des bordures lors de la 7ème étape menant les coureurs à Lavaur.

Pour autant, et malgré une tactique qui aurait dû le conduire à partir à l’assaut de la Planche des Belles Filles avec un matelas plus confortable, son avance paraissait suffisante. Et pourtant, si Tadej Pogacar a réalisé ce jour là une performance hors normes, les jambes de Roglic n’ont pas été à la hauteur de celles des 19 précédentes étapes. De la même manière que sur les précédents Grands Tours cités ci-dessus. Comme si le slovène manquait régulièrement de carburant pour la dernière ligne droite.

Il faut dire qu’il ne compte pas vraiment ses coups de pédale sur les courses dites de préparation et essaie de gagner partout où cela est possible.

Quoi qu’il en soit, 2021 est pour lui une année particulière, celle qui lui fera adopter une préparation très audacieuse et dont aucun favori ne se risque habituellement : ne pas courir pendant 2 mois entre Liège-Bastogne- Liège et le départ du Tour. Est-ce la bonne tactique ?

 

nullPrimoz Roglic en jaune sur le Tour  | © Jumbo Visma

 

Non

Pour les prétendants au maillot jaune, même si les préparations modernes tendent à réduire le nombre de courses il reste toutefois un fil conducteur quelque peu immuable, qui passe par la participation à des épreuves de préparation, tant pour y juger réellement sa condition, que pour prendre des repères : adresse sur le vélo, rythme, tactique avec les coéquipiers. Et tout simplement pour progresser. Ainsi, à la suite des courses par étapes de début de saison (Tour UAE, Paris-Nice), puis les épreuves comme le Tour de Catalogne ou du Pays Basque puis les enchainements tels que Romandie-Dauphiné entrecoupés des inévitables stages en altitude, les coureurs du général inscrivent toujours une course par étapes dans la dernière ligne droite de leur préparation.

En contournant les règles, Primoz Roglic prend le risque de ne pas être dans l’allure en début de Tour. Certes, au fil des étapes il va forcément acquérir le rythme de la course et nous parlons ici de la plus exigeante de toutes mais le danger peut venir, à son désavantage cette fois des bordures des 1ères étapes voire du chrono dès le 5ème jour. Encore une fois, par manque de rythme en arrivant sur la course la plus difficile du monde.

 

Oui

3 Grands Tours achevés sur les rotules. Le message est clair, Roglic a besoin d’arriver frais sur le Tour de France. Nous n’avons pas à faire à un Jan Ullrich, Greg Lemond ou un Miguel Indurain qui étaient rarement performants avant les mois de mai ou juin. A l’inverse, Primoz Roglic sait gagner dès sa reprise en course, sitôt le coup d’envoi donné. Il est parfaitement capable d’arriver en forme rapidement, sans devoir chasser les kilos superflus ou accumuler les heures de selle en course.

 

nullPrimoz Roglic, vainqueur facile à Orcières-Merlette | © Jumbo Visma

Dès lors, il est facile d’imaginer que le coureur de Jumbo Visma est plus qu’assidu à l’entrainement et qu’il s’astreint à des séances tellement difficiles qu’elles lui permettent de se mettre à des niveaux de puissance si élevés – parfaitement surveillés par son capteur de puissance et son entraineur – qu’ils sont voisins de ceux dont il devra user pendant la course elle-même.

De plus, à l’entrainement il cible réellement le niveau de watts demandé, à l’inverse de la course qui l’oblige le plus souvent à suivre le mouvement. Enfin, la récupération est meilleure par absence de transferts et de sollicitation de la presse tandis que le niveau de stress est plus bas. Nous savons déjà que Roglic a prévu de se rendre durant 3 semaines à Tignes pour se préparer, à la manière de 2020. Ce qui lui avait réussi… jusqu’à 48h de l’arrivée à Paris.

Pour la petite histoire, à la même période certains de ses adversaires ne seront pas loin géographiquement parlant puisqu’ils se disputeront le Critérium du Dauphiné Libéré.

Enfin, un autre objectif de la saison est de briller sur les Jeux Olympiques. Là encore, la fraicheur sera un paramètre clé pour enchainer Tour et JO. Ce qui valide aussi la préparation sans course en juin.

 

Par Olivier Dulaurent

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