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Féminines

Interview de Laura Weislo

Publié le 12/01/2020 07:30

Découvrez le métier d'assistant avec Laura Weislo, l'une des rares femmes à travailler dans le cyclisme professionnel. A 28 ans elle lance un nouveau projet pour faciliter la recherche de travail, avec le site Spare Wheel.

Zone de ravitaillementZone de ravitaillement | © Anton Vos

Tout d’abord peux-tu te présenter de manière générale pour nos lecteurs ? 

Je m’appelle Laura Weislo, originaire de Paris et j’habite en Espagne à Gerona. Je suis assistante dans des équipes cyclistes professionnelles depuis 7 ans. 

As-tu un surnom ? 

Oui, Simba ! C’est Jolien d’Hoore et Giorgia Bronzini qui m’ont appelé comme ça. Nous étions à table, j’avais détaché mes cheveux et là… « une touffe de lionne » (rire). Elles se sont mises à rigoler et ont trouvé ce surnom, du coup c’est resté. 

Tu fais donc partie des rares femmes à travailler dans le cyclisme professionnel. Où et quand tout a commencé ? 

J’ai commencé avec les écoles de vélo et les jeunes catégories au CSM Epinay sur Seine en région parisienne. Ensuite j’ai connu quelques équipes amateurs puis Auber 93 m’a donné ma chance avec l’équipe professionnelle. 

Comment t’es-tu formée au métier d’assistante ? 

J’ai passé mes brevet fédéraux BF1, BF2 et BF3 en parallèle de mes études dans le sport. Tout le reste est principalement venu avec le temps, l’expérience… C’est le meilleur moyen d’apprendre sur le terrain. 

Ravitaillement pour AuberRavitaillement pour Auber | © Thomas Maheux

Tu as donc débuté chez les pros avec Auber 93 ? Te souviens-tu de tes débuts ? 

Oui c’est ça, j’ai tout appris là-bas. Qui n’est pas passé par cette équipe incontournable d’ailleurs, je leur dois beaucoup. Je suis toujours en contact avec, ça reste une structure familiale. Les débuts n’ont pas toujours été faciles mais je pense que c’est ce qu’il faut pour commencer sur de bonnes bases. 

Par où est passé ton chemin par la suite ? 

Après être restée quelques années avec Auber 93 j’ai eu l’envie de découvrir autre chose et de partir à l’étranger. J’ai eu une opportunité chez les féminines avec Wiggle High 5 et le Team BH Suntour KMC en VTT. Maintenant je reste plutôt en « free lance », je préfère ne pas avoir d’équipe fixe et voir où je vais en fonction des projets. 

Tu as donc travaillé avec les féminines et les hommes. Notes-tu des différences entre les deux ? Des points communs ? 

C’est une question que l’on me pose souvent et à vrai dire, oui et non… Que ce soit des femmes ou des hommes ça reste le même sport, le même travail et le cyclisme féminin est aussi professionnel que les hommes maintenant. Pour la petite anecdote, on perd un peu plus de temps avec les filles avant d’attaquer le massage quand elles doivent se sécher les cheveux (rire). 

Peux-tu nous décrire une journée type de travail lors d’un jour de course ? 

Ça dépend des courses mais le matin avant de partir on prépare les bidons, le ravito et les véhicules pour la course. Ensuite on part au départ où les coureurs ont souvent besoin de nous. Pendant la course on va à la zone de ravitaillement et à l’arrivée. Puis après tout ça on file à l’hôtel et on débute les massages, et enfin vient l’heure de l’apéro en fin de journée (sourire). 

Séance de massageSéance de massage | © Thomas Maheux

Cela ne s’arrête donc pas à des massages comme beaucoup de personnes pourraient le croire. Les cyclistes aiment souvent bien manger, que prépares-tu pour les sorties et les collations ? 

Kinder, burger et bières bien-sûr (rire). Après la course la première chose qu’ils veulent c’est à boire et à manger. On reste sur des choses simples pour le ravito en courses avec des gâteaux de riz, des « energy balls », des mini sandwichs… ça change des barres classiques et des gels. Après l’épreuve c’est souvent une collation simple avec des pâtes, du riz ou encore du muesli. 

Pour un coureur c’est un moment privilégié d’être sur la table de massage. Quels sont les principaux sujets de discussion ? Tu peux agir comme une confidente ?

Ça dépend du coureur, de sa journée et du feeling. On peut parler de la course mais surtout de la vie de tous les jours avec un peu de musique en fond. Certains coureurs se confient, ils peuvent le faire facilement avec nous les assistants, il y a une grosse part de psychologie. Ils savent aussi que l’on a le secret professionnel. 

Quel est ton meilleur souvenir depuis que tu travailles dans le cyclisme ? 

Je pense que c’est le titre de Champion de France avec Steven Tronet et Auber 93. Ça faisait quelques années que j’étais dans l’équipe, les coureurs et le staff aussi. Nous avions passé une superbe saison et là le titre c’était la cerise sur le gâteau. J’ai eu du mal à retenir mes larmes… Il y a également eu le titre de Champion du Monde en espoirs avec Marc Hirschi il y a deux ans. 

Quelles relations as-tu avec le staff, qui est souvent masculin ? 

Je me suis toujours bien entendue avec les hommes mais il faut savoir se faire respecter sinon tu ne fais pas long feu dans le milieu cycliste. 

Check entre assistantsCheck entre assistants | © Movistar

Qu’est ce qui te plaît le plus dans ce métier ? Penses-tu à des choses que tu aimerais voir évoluer ? 

Ce qui me plaît le plus c’est d’aider les athlètes à atteindre leurs objectifs. Quand il y a des victoires au bout nous sommes aussi contents qu’eux. J’aime également beaucoup les voyages et le fait de rencontrer des gens du monde entier. Aujourd’hui je peux dire que presque n’importe où je vais, je peux m’arrêter dormir chez un ami du vélo. 

Je ne vois pas spécialement de chose à améliorer. Je trouve que le cyclisme s’internationalise de plus en plus. J’aime ce sport comme ça, le jour où ce sera plus le cas j’irais voir ailleurs (sourire).  

C’est un métier qui marche avec le bouche à oreille, la connaissance, comment te « vends-tu » ? 

Je me vends avec des bières (rire). C’est important de connaître du monde, d’être sociable, de parler plusieurs langues et surtout de faire du bon boulot et là le travail vient à toi. 

D’ailleurs tu lances un nouveau projet en 2020 pour faciliter la recherche de travail. Peux-tu nous expliquer le principe et les objectifs ? 

Je me suis rendue compte qu’il manquait un lien entre les équipes et le reste du staff donc j’ai eu l’idée de créer un site qui s’appelle « Spare Wheel », il est pour le moment complètement gratuit, voici le lien : www.sparewheel.org  

Le principe est simple : les équipes et les différents membres du staff (assistant, kiné, ostéo, mécano, DS, entraîneur, chauffeur de bus, photographe…) peuvent s’inscrire, ensuite les équipes font une annonce quand ils ont besoin de staff et les membres du site peuvent avoir accès à ces annonces. Le but est qu’ils se mettent en contact rapidement et après c’est parti. 

Le site est ouvert à toutes les équipes, féminine et masculine, amateur et professionnelle et dans toutes les disciplines (route, VTT, piste). 

Laura Weislo à la pisteLaura Weislo à la piste | © Thomas Maheux

Quel sera ton programme cette année ? Avec quelles équipes travailleras-tu ? 

Je vais garder un bon programme avec l’équipe nationale de Suisse en vue des Jeux-Olympiques. Puis je reste en « free lance » avec des formations féminines ou masculines comme Israël Start-Up Nation ou Movistar. J’ai aussi du travail avec des massages à Gerona où j’habite. 

As-tu une course qui te fait « rêver », que tu souhaiterais découvrir de l’intérieur ? 

Je dirais un grand Tour pour l’expérience ou Paris-Roubaix pour le fun et les JO bien sûr. Mais je préfère les stages où il y a moins de pression, c’est toujours plus détendu et on a plus de temps. 

Qui dit nouvelle année dit souvent bonne(s) résolution(s), en as-tu pris ? 

Pas vraiment, « choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie » :-) 

Par Maëlle Grossetête 

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