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Jade s'évade

Publié le 31/05/2020 07:00

On dit souvent que le cyclisme est un sport de famille ou qu’on tombe dedans dès le plus jeune âge. La famille Laurence ne nous dira pas le contraire.

Un papa vainqueur de Liège-Bastonne-Liège amateur, une fille professionnelle au sein de la nouvelle formation bretonne Arkéa Pro Cycling Team et un garçon brillant bourré de talents. Cette semaine, Jade s’évade donc du côté du Morbihan à la rencontre de la famille Laurence. 

Pour débuter l’arbre généalogique, nous sommes obligés de commencer avec le papa : Franck Laurence. C’est après sa première communion que le chef de famille a obtenu son premier vélo et a de suite eu l’envie d’en faire en compétition. Vainqueur de plusieurs grandes courses et brillant en Équipe de France, il devient professionnel de 1995 à 1996. Il mettra finalement un terme à sa carrière 6 ans plus tard pour se consacrer à son métier d’origine : mécanicien. C’est à 14 ans que Franckcommence son apprentissage de la mécanique et depuis, rien ne l’arrête. Rencontre avec le papa de la famille :  

La famille LaurenceLa famille Laurence | © Olivia Nieto

« Peux-tu nous rappeler les grandes lignes de ta carrière ?

J’ai gagné Liège-Bastonne-Liège amateur. Je suis Vice Champion de France de cyclo cross en 1991. J’ai aussi remporté une étape au tour du Limousin et 4 au tour de Bretagne où j’ai pu porter le maillot vert. Pour les avoir comptés, j’ai levé 150 fois les bras en cyclo-cross ou route.  

Quel est ton meilleur souvenir sur le vélo ?

Mon meilleur souvenir est ma victoire au Japon sous le maillot de l’équipe de France. Un autre de mes bons souvenirs est mes 11 victoires à l’île de man avec Jean Yves Plaisance, toujours en équipe de France. 

Quelle relation entretiens-tu avec tes enfants ? Roules-tu avec eux ? Conseilles-les tu sur des aspects du cyclisme ? 

A leurs débuts, j’ai toujours roulé avec eux, j’ai voulu leur apprendre les bonnes bases pour éviter de commettre certaines erreurs. Aujourd’hui, je roule de temps en temps avec eux, ça me fait toujours autant plaisir. J’essaye de les conseiller maintenant qu’ils sont grands et assez autonomes. 

Actuellement mécano à plein temps au sein du VCP Loudéac, as-tu d’autres projets d’évolution ? 

Éventuellement d’intégrer l’équipe professionnelle du B&B hotels-Vital Concept P/B KTM »

 

Des projets, le père de famille en a donc et espère passer à l’échelon supérieur. Un échelon supérieur que sa fille, Typhaine, est parvenue à franchir. A 21 ans, l’ancienne sociétaire du team Breizh Ladies (DN1) a été recruté au sein de la nouvelle formation UCI Française : Arkéa Pro Cycling Team. En licence d’information-communication dans la région Vannetaise, la bretonne alterne donc entre ses cours et ses entraînements. Des entraînements qu’elle passe parfois en compagnie de son frère lui aussi cycliste. C’est naturellement que l’envie lui est venue de monter sur son premier vélo à l’âge de 12 ans. Après s’être essayée dans plusieurs sports tels que l’équitation, la danse, la gymnastique ou encore la natation, Typhaine semble avoir trouver sa voie. Entretien avec la cadette de la famille :

Typhaine Laurence au départ de sa première course en tant que professionnelleTyphaine Laurence au départ de sa première course en tant que professionnelle | © Olivia Nieto

« Championne de France dans la catégorie junior, peux-tu nous remémorer cette journée ? 

Mon plus beau souvenir, c’était un 22 août 2015. J’ai pris le départ en voulant donner le meilleur de moi-même mais jamais je me suis dit que ça allait être mon jour. Puis j’ai décidé d’attaquer à 27kms de l’arrivée et c’était parti : je me suis mise en mode contre la montre et j’ai vu les minutes entre moi et le peloton grandir. J’ai alors compris que mon rêve allait se réaliser. Ce que je garde en tête c’est l’émotion que j’ai pu procurer à ma famille, mes amis.. et tout l’engouement qu’il y a eu autour. Incroyable !

Alors que tu étais présente sur la piste, tu t’es es finalement éloignée, pour quelles raisons ? 

J’alternais beaucoup entre les deux disciplines chaque semaine et à un moment donné je n’arrivais plus à faire les deux correctement. Lorsque je retournais sur route quelques jours après je repartais sur piste.. J’ai donc pris la décision d’arrêter la piste pour retrouver mon niveau et mon coup de pédale sur route. Mais surtout de reprendre ce plaisir de pouvoir « jouer » sur les courses en ligne.  

Passée par la DN Breizh Ladies, tu parviens cet hiver à franchir le cap est deviens professionnelle. Comment s’est passé ton rapprochement avec Arkéa Pro Cycling Team ? Comment le projet a-t-il été présenté ? 

Tout d’abord c’est un projet breton où l’objectif est de nous faire découvrir le monde professionnel. Tendre vers ce milieu-là au niveau matériel, financier, social m’a beaucoup plus. Il y a eu plusieurs discussions avec le manager où j’ai évoqué le souhait d’intégrer leur équipe. Puis, j’ai eu la bonne nouvelle vers Novembre, j’ai appris que l’équipe était favorable et voulait me compter dans leur effectif pour la saison 2020 ! 

Malgré le confinement, tu es l’une des rares à avoir pu courir en 2020. Comment se sont passées tes courses ? Quelles sont les premières différences que tu as pu observer entre les deux niveaux ? 

C’est vrai que j’ai la chance d’avoir fait 7 jours de course. Je suis satisfaite de mon début de saison, je sens que j’ai bien travaillé cet hiver et que les efforts payent. Des différences, oui il y en a forcément. Je dirais que ça roule tout le temps assez fort. Pour le placement, personne ne laisse sa place, c’est à toi de t’imposer dans le peloton. Même quand ça roule fort, il faut savoir frotter. 

Comment caractériserais-tu la relation que tu as avec ton frère et ton père ? 

Je dirais que c’est une relation « je t’aime moi non plus », on est assez fusionnels et unis. Maintenant, on pratique un sport qui est dur en famille donc il y a parfois des désaccords. Mais on a aussi cette chance de pouvoir s’entraîner ensemble, de se motiver ! Puis mes parents avec l’expérience qu’ils ont, nous ont évité de faire certaines erreurs et on a pu progresser beaucoup plus vite dans le monde du cyclisme. »

 

Le dernier portrait est celui de son frère, Axel, 19 ans. Un portrait qui semble se rapprocher de son père puisqu’il réalise lui aussi des études en lien avec le vélo. Il est employé chez Decathlon en tant que vendeur cycle. Mais c’est sur le vélo qu’il se démarque le plus. Bien que son physique le prédispose à être grimpeur, Axelse montre polyvalent et costaud lors des sprints finaux. Commençant par le BMX, il passera quelques années plus tard par le cyclo-cross et la piste. Interview avec le benjamin de la famille : 

Axel Laurence sous les couleurs de sa DN1 du VCP LoudéacAxel Laurence sous les couleurs de sa DN1 du VCP Loudéac | © Audrey Duval

« L’an passé, tu te montrais comme l’un des meilleurs juniors français. Comment as-tu vécu cette année ?

Les Championnats du Monde étaient incroyables avec le monde sur le bord des routes ! Mais en terme d'émotion, le Championnat de Bretagne reste mémorable (Axel remporte le titre en devançant ses 2 compagnons d’échappée)

Pour ta première année chez les espoirs, tu as fait le choix de rejoindre le VCP Loudéac, pour quelles raisons ? 

Grâce à l’équipe professionnelle B&B hotels-Vital Concept P/B KTM, le VCP Loudeac est un club avec une grosse structure, on est très bien suivi et aussi très proche des professionnels. Cela nous donne envie de faire le métier pour accéder à l'échelon supérieur, ça nous motive. On est la réserve, nous sommes tous jeunes dans l'équipe et cela crée une très bonne atmosphère au sein du groupe. 

Quel est ton projet à court, moyen et long terme ? 

A court terme c'est de reprendre le chemin de la compétition et de gagner dès que possible. A moyen terme ça va être de bien gérer mon hiver avec le cyclocross. Et ensuite, sur le long terme c'est de passer professionnel.

Le coureur qui t’inspire ? La course qui te fait le plus rêver ?

Je n'ai pas forcément envie de copier un grand coureur : "faire comme lui". En revanche, j'admire Mathieu Van Der Poel (Alpecin-Fenix) et Wout Van Aert (Jumbo Visma) car ils arrivent à être vraiment complet et j'admire le travail qu'ils font pour arriver à ce niveau là. La course que j'affectionne est les Strade Bianche. J'aimerais vraiment un jour être au départ de cette course. J'affectionne aussi les Ardennaises et les Flandriennes. Et comme tout le monde, les Grands Tours m’attirent. »

Se projetant difficilement après cette période de crise sanitaire, Axel et comme beaucoup de coureurs se voit reprendre la saison à 0. Un début de saison où tout le monde sera motivé et prêt. Alors que les occasions de briller seront minimes, Axelle sait, il « n’aura pas le droit à l’erreur ». 

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