Le VAE urbain : bien plus qu’un vélo avec un moteur

Le vélo à assistance électrique a changé de dimension, il est omnipsrésent dans nos villes qui d’ailleurs s’adaptent de plus en plus à son usage.

Côté vélos, avec des cadres en aluminium de nouvelle génération plus légers, des transmissions intégrées et des batteries qui flirtent désormais avec les 750 Wh, le VAE urbain n’a plus grand-chose à voir avec les premiers modèles poussifs qui ont marqué le début des années 2010. Aujourd’hui, on parle de géométrie optimisée, de centre de gravité abaissé et d’intégration totale du groupe motopropulseur dans le cadre. Le tout au service d’un objectif clair : remplacer la voiture sur les trajets domicile-travail de 5 à 25 kilomètres.

Mais cette montée en gamme généralisée a un revers : l’offre est devenue illisible. Entre les pure players du web, les marques de grande distribution et les enseignes spécialisées, le débutant et même le cycliste aguerri peuvent vite se perdre. D’où l’intérêt de se poser les bonnes questions avant de pousser la porte d’un magasin.

Définir son usage : préalable incontournable

Avant même de parler de motorisation ou de capacité batterie, la première question est celle du profil d’utilisation. Un vélotaffeur qui avale 15 km de pistes cyclables plates chaque matin n’a pas les mêmes besoins qu’un périurbain qui enchaîne les faux-plats sur route départementale et termine par une côte à 8 %. Le cahier des charges est radicalement différent.

Pour un usage strictement urbain sur terrain plat, un moteur dans le moyeu arrière avec un couple de 30 ou 40 Nm suffira largement. Le pilotage est doux, linéaire, et l’entretien réduit au minimum. En revanche, dès que le dénivelé s’invite dans le parcours, le moteur pédalier s’impose : Bosch Performance Line, Shimano EP8 ou Brose Drive S par exemple  ces moteurs ont un couple de 65 à 85 Nm et surtout une gestion bien plus fine du capteur de couple, pour une assistance naturelle et progressive dans les relances en côte.

La batterie : autonomie réelle vs autonomie catalogue

C’est probablement le point qui génère le plus de déceptions post-achat. Les chiffres d’autonomie annoncés par les constructeurs sont calculés dans des conditions optimales (un peu comme les voitures me direz vous …) : cycliste de 70 kg, terrain plat, mode éco, température de 20 °C, pneus gonflés à la pression nominale. Autant dire que la réalité est souvent bien différente.

La règle empirique que tout futur acquéreur devrait retenir : diviser l’autonomie annoncée par 1,5 à 2 pour obtenir une estimation réaliste en usage quotidien, avec des arrêts-redémarrages fréquents en ville et un mode d’assistance moyen. Une batterie de 500 Wh annoncée pour 120 km vous emmènera plus raisonnablement entre 60 et 80 km ce qui reste très confortable pour un aller-retour domicile-bureau.

Autre point technique souvent négligé : le BMS (Battery Management System). Un BMS de qualité garantit un équilibrage correct des cellules, une protection contre la surcharge et la décharge profonde, et in fine une durée de vie de la batterie nettement supérieure. C’est un critère invisible à l’achat, mais qui fait toute la différence au bout de 500 cycles de charge.

Le cadre et la géométrie : confort vs rendement

Sur un VAE urbain, la question du rendement pur passe au second plan puisque le moteur est là pour compenser. Par contre, le confort postural, lui,  devient prioritaire. Vous devrez donc faire attention à plusieurs points lors de l’essai :

  • La hauteur du stack et le reach : une position relevée avec un stack généreux limitera les tensions cervicales et lombaires sur les trajets quotidiens. L’idéal est un buste incliné entre 50 et 60 degrés par rapport à l’horizontale.
  • Le type de cadre : un cadre col-de-cygne (ou « wave ») facilite l’enjambement, un avantage non négligeable en ville quand on s’arrête fréquemment aux feux. Les cadres trapèze offrent un bon compromis entre rigidité et accessibilité.
  • L’empattement et le débattement : un empattement long (autour de 1 100 mm) apporte de la stabilité à allure soutenue. Une fourche suspendue avec 50 à 80 mm de débattement absorbe efficacement les irrégularités urbaines comme les pavés, bouches d’égout ou ralentisseurs.

Transmission et freinage : les fondamentaux à ne pas négliger

En ville, la transmission moyeu présente certains avantages  : le changement de rapport se fait à l’arrêt, ce qui est idéal au redémarrage après un feu rouge. L’entretien est quasi inexistant, et la chaîne, ou mieux, la courroie, reste propre et silencieuse.

Côté freinage, les freins à disque hydrauliques sont devenu le standard incontournable sur les VAE. Avec une masse en mouvement supérieure à celle d’un vélo musculaire (comptez 22 à 27 kg pour un VAE urbain équipé), il faut des freins capables de doser l’effort avec précision et d’encaisser des freinages répétés sans surchauffe. Des disques de 180 mm à l’avant et 160 mm à l’arrière sont un minimum.

L’équipement privilégier le fonctionnel

Un bon VAE de ville doit être prêt à rouler dès la sortie du magasin, sans avoir à investir dans une liste interminable d’accessoires. Vérifiez la présence d’un éclairage intégré alimenté par la batterie principale et non par des piles, de garde-boue robustes, d’un porte-bagages dimensionné pour un top-case ou des sacoches latérales, et d’une béquille latérale voire centrale pour les modèles les plus lourds comme les vélos cargo.

La connectivité est un autre marqueur de qualité : les meilleurs systèmes permettent de personnaliser les niveaux d’assistance, de suivre l’état de la batterie cellule par cellule, et de géo-localiser le vélo en cas de vol. Sur ce dernier point, un antivol de cadre type Abus ou Trelock intégré au hauban arrière est un plus appréciable.

L’importance du point de vente : essai, conseil et SAV

C’est un aspect que les cyclistes expérimentés connaissent bien : acheter un vélo en ligne, c’est prendre le risque de se retrouver avec un cadre à la mauvaise taille ou une géométrie inadaptée à sa morphologie. Sur un VAE dont le ticket d’entrée sérieux se situe entre 1 500 et 3 000 euros, l’erreur de casting coûte cher.

D’où l’intérêt de privilégier un réseau physique qui dispose d’un parc d’essai et d’un atelier intégré. C’est le cas par exemple de l’offre vélo électrique INTERSPORT, qui combine un catalogue large (des marques reconnues comme Nakamura, Scrapper ou encore Sunn selon les points de vente) avec un réseau de magasins permettant l’essai sur place, le bike fitting sommaire, et surtout un service après-vente de proximité. Quand il faudra faire une mise à jour firmware du moteur, remplacer un capteur de vitesse ou recalibrer le dérailleur après 1 000 km, avoir un atelier proche de chez soi change la donne.

Check-list avant de passer à la caisse

Pour ne rien oublier au moment de la décision finale, voici les points à vérifier systématiquement :

  • Moteur : moyeu pour le plat, pédalier pour le dénivelé. Vérifier le couple (en Nm) et la marque du bloc moteur.
  • Batterie : capacité en Wh (pas en Ah seul), technologie des cellules (Samsung, LG, Panasonic), nombre de cycles garantis et possibilité de remplacement.
  • Cadre : matériau, type (ouvert, trapèze, diamant), taille et géométrie adaptée à votre morphologie. Essai obligatoire.
  • Transmission : dérailleur ou moyeu, nombre de rapports, compatibilité courroie.
  • Freinage : disques hydrauliques, diamètre des disques, marque des étriers.
  • Équipements inclus : éclairage intégré, garde-boue, porte-bagages, béquille, antivol de cadre.
  • Garantie et SAV : durée de garantie cadre, batterie et moteur séparément. Proximité d’un point de service agréé.
  • Poids total : à vérifier si vous devez porter le vélo dans des escaliers ou le charger sur un porte-vélo.

Franchir le cap du VAE, c’est accepter de troquer quelques watts de puissance musculaire contre un gain colossal en praticité quotidienne. Le marché a suffisamment mûri pour offrir des machines fiables, bien conçues et réellement pensées pour la ville. Reste à faire le bon choix et pour cela, rien ne remplace un essai en conditions réelles, les mains sur le cintre et le pied sur les pédales.

Article rédigé en collaboration avec Intersport.