Un vélo qui se fait oublier, tant sur la balance que sous la pédale ! Mais cette cure d’amaigrissement impose des sacrifices que tout futur acheteur doit connaître. Dans un marché saturé de vélos électriques pliants qui pèsent souvent plus de 18 kg, le Dahon K-Feather fait figure d’exception. Il pèse moins lourd que la majorité des vélos musculaires urbains du marché.

Nous avons compilé les spécifications techniques et les  retours des testeurs  pour vous livrer l’analyse définitive de ce modèle qui divise autant qu’il intéresse.

Le secret du poids : L’aluminium sous tension

Comment Dahon atteint-il 12 kg sans utiliser de carbone hors de prix ? La réponse tient en un mot : Deltech.

Si vous observez le vélo, vous remarquerez un câble tendu sous le tube principal. Ce n’est pas un élément esthétique, mais structurel. Ce câble transforme le cadre monopoutre en une structure triangulée.

L’ingénierie : Cette tension augmente la rigidité longitudinale du cadre de 15 à 30 %.

Le gain : Dahon a pu affiner l’épaisseur des tubes en alliage « Dalloy » sans risquer que le cadre ne se torde. Tous les testeurs saluent cette rigidité malgré la finesse des tubes.

Sur la route : Le triomphe du « naturel »

Les essais des différents testeurs convergent sur un point : la sensation de pilotage naturelle. Dahon évite l’écueil du vélo « mobylette ».

Capteur de couple : C’est le cœur du système. Contrairement aux capteurs de cadence basiques qui créent un effet on/off, le K-Feather mesure la force que vous mettez dans les jambes. Les testeurs on trouvé l’assistance comme « fluide », « transparente » et très proche d’un vélo classique.

Le moteur « invisible » : Le petit moteur moyeu de 250W (24V) suffit à gommer la fatigue et maintenir une vitesse de croisière, mais il ne vous propulsera pas sans effort.

Agilité extrême (et ses limites) : Avec ses roues de 16 pouces, le vélo se montre ultra-maniable en ville. Cependant, les testeurs soulignent un comportement vif, voire instable à haute vitesse +25 km/h ou en virage rapide. Il faut piloter et rester attentif, plus que sur d’autres modèles.

Le minimalisme radical : Les points qui fâchent

Pour atteindre ce poids plume, Dahon a supprimé tout le superflu. C’est là que le K-Feather polarise les avis.

La batterie fixe : point noir ?

La batterie de ~120 Wh reste scellée dans le tube principal.

Le verdict : C’est la contrainte majeure. Vous ne pourrez pas monter la batterie chez vous pour la charger ou la mettre au chaud l’hiver. Vous devrez monter le vélo entier jusqu’à la prise. Heureusement qu’il reste léger, mais pour ceux qui n’ont pas de prise dans leur local vélo, c’est rédhibitoire.

L’autonomie : Comptez 20 km réels. C’est un vélo pour des trajets courts (dernier kilomètre), pas pour de longues balades.

L’absence de contrôle

Pas d’écran : Vous ne connaîtrez ni votre vitesse, ni votre kilométrage, ni le niveau précis de batterie.

Un seul bouton : Vous gérez tout via un bouton unique sur le cadre. C’est le comble de la simplicité, mais frustrant pour les geeks de la data.

Lumières non intégrées : Pour économiser du câblage et du poids, Dahon propose les lumières en accessoires USB à part. Il faut penser à les recharger séparément.

Le single speed

Le vélo n’a pas de dérailleur. Sur le plat, c’est un bonheur de simplicité et de silence. Mais dès que la pente se raidit fortement, l’assistance moteur ne suffit plus à compenser l’absence de petits braquets. Les testeurs préviennent : ce vélo s’adresse aux villes plates ou vallonnées, pas à la montagne. Il faudra aussi se contenter de la vmax offerte par le braquet, même si on a les jambes.

Bilan : Pour qui est ce vélo ?

Le Dahon K-Feather n’est pas un vélo électrique polyvalent. C’est un outil spécialisé.

Il vous conviendra si :

  • Vous pratiquez le multimodal (Train + Vélo, Métro + Vélo) au quotidien.
  • Vous devez porter votre vélo dans des escaliers (ses 12 kg restent imbattables ici).
  • Vous cherchez un vélo qui se roule très bien même sans batterie (faible friction).
  • Vous avez un budget serré (< 1 400 €) mais exigez une marque reconnue.

Passez votre chemin si :

  • Vous n’avez pas de prise électrique accessible là où vous garez le vélo.
  • Votre trajet comporte des côtes très raides (> 10%).
  • Vous aimez surveiller votre vitesse et votre autonomie sur un écran.

Conclusion

Avec le K-Feather, Dahon prouve qu’on peut faire léger sans carbone. En acceptant les contraintes d’une batterie fixe et d’une transmission mono-vitesse, la marque livre le vélo idéal pour le « commuter » urbain qui privilégie la facilité de transport avant tout. Ce n’est pas le VAE le plus puissant, ni le plus autonome, mais c’est sans doute le plus facile à vivre au quotidien dans un environnement urbain dense.

Fiche Technique Récapitulative

  • Cadre : Dalloy Aluminum avec technologie Deltech (Câble de tension)
  • Poids : ~12.6 kg
  • Roues : 16 pouces
  • Moteur : 250W Moyeu Arrière (24V)
  • Batterie : ~120 Wh Intégrée (Non-amovible)
  • Transmission : Single Speed (53T x 11T)
  • Capteur : Capteur de Couple (Torque Sensor)
  • Freins : V-Brakes (Tektro ou équivalent)
  • Vitesse Max : 25 km/h (Europe)
  • Pliage : Système magnétique « Vice Grip »