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Tests de matériel

Test du nouveau groupe gravel Campagnolo Ekar 1x13 (2/2)

Publié le 10/12/2020 08:27

Après vous avoir annoncé il y quelques semaines le lancement du groupe Ekar 1x13, le premier groupe gravel Campagnolo, nous avons eu la chance de pouvoir le tester pendant quelques semaines, voici notre compte-rendu.

Partie 2/2 :  Analyse et test

Pour ceux et celles qui auraient manqué la première partie publiée hier, consacrée à la présentation du groupe, vous pouvez la retrouver ici :

https://www.velo101.com/magazine/article/test-du-nouveau-groupe-gravel-campagnolo-ekar-1x13-(12)--22114 

Vous pouvez également regarder la vidéo de présentation ci-dessous :

 

 

C’est après avoir pris le temps de tester le matériel pendant plusieurs semaines, sur différents terrains et conditions climatiques, que nous avons écrit ce compte-rendu.

Pour cet essai, Campagnolo nous a envoyé un vélo Italien de chez leur presque voisin, puisque situé à moins de 40 Km : Wilier Triestina. Il s’agit du seul modèle gravel de la marque, le Jena, un très beau vélo carbone avec lequel ce groupe Ekar, se marie parfaitement.

Wilier Jena Ekar_1Wilier Triestina Jena Ekar | ©Vélo 101

Le premier regard sur le vélo ne laisse planer aucun doute sur le fait qu’il s’agit d’un groupe Campa, à commencer par les leviers, qui même s’ils sont nouveaux, reprennent les grandes lignes des leviers route. En se rapprochant afin de pouvoir analyser de près les différents composants, l’œil est attiré par le pédalier carbone au verni brillant qui reflète les rayons du soleil, une magnifique pièce qui positionne immédiatement ce groupe Ekar parmi les hauts de gamme du marché. Notre regard se dirige ensuite vers la cassette, la curiosité de ce groupe, et c’est bien 13 pignons que l’on compte, ainsi que 9 dents sur le plus petit d’entre eux, en la regardant du côté gauche, on peut constater le très beau travail d’usinage effectué à l’intérieur pour l’alléger.

Cassette Ekar_allegementCassette Ekar | ©Vélo 101

Quelques tours de roue sur le pied d’atelier nous permettent de constater que la chaine semble bien s’enrouler et bien épouser le pignon de 9 dents, malgré son petit diamètre. La chaine C13 parait effectivement plus fine mais sans que ce soit très flagrant.

Le dérailleur, pas besoin de préciser lequel puisqu’il n’y en a qu’un seul, semble robuste et un peu plus massif qu’un modèle Record ou Chorus, on constate qu’il dispose d’un système de verrouillage de la chape comme on peut le voir sur des modèles concurrents.

Comme évoqué précédemment, les poignées reprennent un design assez fidèle au constructeur Italien, mais l’on remarque que le levier de descente des vitesses adopte une nouvelle forme en C, censée améliorer l’accessibilité avec les mains dans le creux du cintre. Ceci ne concerne bien sûr que la poignée droite, la transmission mono-plateau simplifie la poignée gauche qui n’est composée que d’un levier de frein.

Enfin concernant le freinage disque, à premiere vue les étriers hydrauliques ne présentent pas de particularités mais sont spécifiques à ce groupe gravel. Les disques sont assez esthétiques, la configuration sur ce vélo de test comprend 2 disques de 160 mm.

disque avant Ekar_2Disque avant Ekar | ©Vélo 101

Dès les premières centaines de mètres, la curiosité nous entraine à tester ce fameux pignon de 9 dents et la première impression, c’est que ça tire gros ! Alors que le plateau n’est que le plus petit des 4 versions proposé par Campagnolo, le 38 dents. Le rapport de démultiplication est de 4.22, ce qui correspond à un 46x11 ou si vous préférez, à un 52x12 (52x12.3 exactement). Imaginez qu’avec le plateau de 44 dents, on est presque sur l’équivalent d’un 54x11, de quoi se poser la question si ce groupe Ekar ne va pas être utilisé par certains routiers et même si on ne peut pas y deviner les prémices d’un futur groupe route Campagnolo mono-plateau !

Ensuite, ce qui nous intéressait beaucoup, c’était de connaitre la sensation de pédalage que procure l’enroulement de la chaine autour d’un si petit pignon, de ce côté-là pas de mauvaise surprise, certes c’est moins fluide que sur des pignons de milieu de cassette mais on ressent peu de différences par rapport à un 11 dents ou même à un 10 dents de chez Sram. La sensation de "crans" que l'on pouvait craindre lors de l'enroulement des maillons autour des dents de ce petit pignon, n'est pas réellement perceptible et pas gênante. Pas de quoi écrire des pages de commentaires négatifs sur la toile, surtout au regard de l’avantage qu’il apporte en termes de plage d’utilisation !

Cassette Ekar sur pignon 9Cassette Ekar sur pignon de 9 | ©Vélo 101

On retrouve le passage de vitesses franc et presque brutal, cher à Campagnolo, particulièrement sur ses groupes mécaniques. On entend et on ressent bien les crans au niveau de la poignée, mais également au niveau de la cassette, aussi bien en montant qu’en descendant les vitesses. Après un léger ajustement de la position du dérailleur, les vitesses passaient très bien et sans frottement particulier, malgré la distance plus faible entre les pignons. A noter que pour permettre un réglage plus précis de cette position, les ingénieurs Italiens ont conçu une vis de tension de câble dotée d’un pas de vis plus fin qu’habituellement.

Le dérailleur exerce une forte tension sur la chaine, nous n’avons subi aucun déraillement pendant la durée de notre test, même en passant les vitesses à la volée sur des terrains bosselés. Le système Ultra-Shift permettant de monter 3 vitesses d’un coup fonctionne bien et s’avère très utile pour se sortir de certaines situations, comme par exemple ne pas rester tanqué au pied d’une bosse non anticipée. Nous avons même constaté que sur la première moitié de la cassette, ce n’est pas 3 mais 4 vitesses que l’on arrive à monter d’un coup.

La cassette est bien étagée sur la version 9-42 qui équipait notre Wilier, la plage d’utilisation est très appréciable pour une transmission mono-plateau et conforme à ce que l’on pouvait s’attendre. En effet c’est la principale qualité de ce groupe Ekar, mise en avant par Campagnolo, grâce aux 2 innovations présentées précédemment.

Transmission Ekar_1Transmission Ekar | ©Vélo 101

Comme expliqué plus haut, le levier de descente des vitesses, historiquement placé sur le côté intérieur de la poignée et que l’on pourrait qualifier de gâchette tellement il est réactif, a été modifié. Sa nouvelle géométrie en forme de C est une vraie réussite, une réelle amélioration par rapport aux versions route mécaniques que proposait jusqu’à présent la firme Italienne.

Compar leviers Campa EPSLeviers Campa mécanique et EPS | © Campagnolo

En effet, ce qui a souvent été reproché à cette gâchette, est sa position un peu trop haute, pas toujours facile à atteindre avec le pouce lorsque l’on a la main dans le creux du cintre. Une évolution a déjà été effectuée sur les versions électroniques EPS, la faible course de la gâchette permettant de la rabaisser, comme vous pouvez le constater sur la photo ci-dessus.

La poignée Ekar étant mécanique, cela nécessite une certaine course pour enclencher le cliquet et la solution trouvée par Campa a donc été de créer une nouvelle gâchette avec une forme en C comprenant 2 zones d’appui, ce qui la rend beaucoup plus facile à atteindre mains en bas, tout en conservant une bonne accessibilité mains en haut. Elle fera sans doute son apparition sur les futurs groupes route mécaniques.

Poignee droite Ekar1Poignee droite Ekar | ©Vélo 101

Le freinage disque est conforme aux versions route Campagnolo, c’est-à-dire très efficace, très puissant, même sous la pluie, d’autant plus que notre Wilier Jena était monté avec 2 disques de 160mm. Nous avons pu rouler sur des sentiers gras, même un peu boueux, sans être confronté à des problèmes de freinage, ni d’ailleurs de passage de vitesse.

Transmission Campa Ekar_3Transmission Campa Ekar | ©Vélo 101

En conclusion :
Avec ce groupe Ekar, on peut dire que Campagnolo n’a pas raté son entrée sur le secteur très convoité du gravel, même si sur le papier ce n’était pas gagné, étant donné leur manque d’expérience sur les chemins non-asphaltés. En revanche, leur immense expérience acquise depuis des décennies sur la route, leur a évité de faire des mauvais choix. L’ensemble est le résultat d’un savant mélange entre une bonne étude de marché, de l’innovation et du développement sur le terrain.

Ce groupe fonctionne à merveille, il a été fiable sur toute la durée de notre test, le mono-plateau reste pour nous le meilleur choix pour rouler en gravel et cela est d’autant plus vrai lorsque l’on dispose d’une aussi grande plage d’utilisation. L’ensemble complet devrait être proposé aux alentours de 1600€ en fonction de la configuration mais on peut déjà le trouver à moins de 1500€ sur certains sites en ligne.

Nul doute que ce groupe Ekar va rencontrer un grand succès auprès des adeptes du gravel mais également du bikepacking et du cyclo-cross. Nous vous conseillons de l'essayer, vous ne serez pas déçu !

 

Retrouvez toutes les infos ici :https://www.campagnolo.com/FR/fr/groupes_mecaniques/ekar/gravel5

Pour toute question sur ce test, vous pouvez nous contacter directement par email :

testvelo101@velo101.com

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