Les plaisanciers et camping-caristes le connaissent bien : le Dahon Mariner est bien connu sur le marché du vélo pliant depuis des années. Résistant à la rouille, ultra-compact, il incarne la fiabilité pour les vélos pliants. Mais en 2025, l’icône a franchit un cap : Dahon a dévoilé l’E-Mariner, une version électrique. Nous avons l’avons testé.

Intégration du « E-Bag » : Quand la batterie devient un atout

Dahon ne s’est pas contenté de visser un moteur sur son best-seller. La marque a repensé l’intégration de la batterie avec une approche radicale : le « Power Pack » amovible. Au lieu d’épaissir le cadre ou d’alourdir la tige de selle, les ingénieurs ont logé la batterie Samsung (36V 9,5Ah) dans une sacoche rigide fixée à l’avant du vélo.

Cette solution a intrigué les premiers testeurs. « On gagne en équilibre avec plus de poids sur la direction », souligne l’un d’eux lors de la présentation. « Avec un moteur moyeu arrière, beaucoup de pliants deviennent lourd à l’arrière. Là, la masse se répartit mieux. » Le système Plug-and-Play séduit aussi : on détache la sacoche en une seconde pour recharger au bureau ou dans la cabine du bateau, sans trimballer tout le vélo.

Autre point fort : Dahon a travaillé l’aérodynamisme de cette sacoche. Sa forme arrondie limite la prise au vent, et elle offre un rangement bonus pour le chargeur ou quelques affaires personnelles. Un deux-en-un malin.

Un moteur qui ne fait pas semblant

Sous le moyeu arrière on retrouve un moteur de 250W à rotor externe. Dahon a opté pour un contrôleur FOC (field oriented control) couplé à un capteur de couple. En clair : l’assistance réagit à l’effort réel du cycliste, pas seulement à la rotation des pédales. Exit l’effet « scooter » des capteurs de cadence basiques, place à une propulsion fluide et naturelle.

L’autonomie annoncée frappe : plus de 80 km. Un chiffre impressionnant pour un pliant, que Dahon attribue à son système BMS qui optimise chaque watt. Dans la réalité on aura une autonomie intéressante mais qui dépendra du profil de la route, du poids du cycliste et du niveau d’assistance utilisé mais une chose est sure, il ne sera pas nécessaire de le recharger tous les jours.

Le Cadre Deltec : La rigidité par Dahon

Les puristes Dahon reconnaîtront immédiatement le câble de renfort Deltec qui barre le cadre. Ce câble, signature visuelle des modèles 2025, relie la base du châssis à la colonne de direction pour créer une triangulation. Résultat annoncé : +15% de rigidité latérale.

« La différence se sent direct », confirme un testeur habitué aux Mariner classiques. « Le vélo ne flotte plus dans les relances. Toute la force de pédalage passe à la route. » Cette structure K-Frame en aluminium Dalloy reste souple verticalement pour absorber les pavés, mais tient ferme dans les appuis. Une alchimie qui transforme le comportement du pliant.

Freinage à Disques : l’autre évolution

C’est la mise à jour que l’on attendait aussi. Dahon abandonne les V-Brakes traditionnels et équipe l’E-Mariner de freins à disques mécaniques avant et arrière. Une évolution indispensable quand on doit stopper un vélo électrique plus lourd, surtout sous la pluie ou en descente chargé.

Côté transmission, Shimano prend les commandes avec un dérailleur 8 vitesses, une cassette 11-32T et un plateau de 53T. Ce braquet généreux permet de pédaler confortablement même à 25 km/h sans « mouliner dans le vide », un défaut chronique de nombreux pliants notamment sur le K-Feather.

Notre analyse : Les forces et les failles

Bien que le modèle soit tout frais, nous avons eu le temps de cerner ses atouts… et ses limites.

Ce qui fait plaisir : La modularité change la donne. Détacher la sacoche-batterie en une seconde allège instantanément le vélo dans les escaliers de métro ou pour le hisser à bord. Les pneus de 20 pouces filtrent bien les vibrations, et l’écran LCD reste sobre et fonctionnel : vitesse, codes d’erreur, gestion de l’éclairage.

Ce qui interroge : Cette sacoche avant, aussi pratique soit-elle, ajoute du poids sur la direction. Plusieurs testeurs notent qu’il faut s’habituer pour éviter que le guidon ne « tombe » dans les virages serrés à basse vitesse. Autre question : le pliage reste-t-il aussi compact avec la sacoche ? Un petit peu moins, retirer la batterie permet d’avoir un pliage plus compact.

Fiche technique : Dahon E-Mariner 2025

Cadre : Aluminium Dalloy « K-Frame » avec renfort Deltec
Moteur : Moyeu 36V 250W
Batterie : Samsung 36V 9,5Ah
Autonomie : > 80 km annoncée -> 45 en réél en fonction des conditions
Freins : Disques avant/arrière
Transmission : Shimano 8 vitesses (cassette 11-32T, plateau 53T)
Roues : 20 pouces, jantes aluminium
Pliage : Charnière forgée ViseGrip, tige télescopique
Poids :  17 kg avec batterie

Le verdict

Dahon réussit son pari : moderniser une icône sans la trahir. Les freins à disques et le renfort Deltec apportent la sécurité et la rigidité qui manquaient au Mariner. Le concept de batterie-sacoche amovible bouscule les habitudes, mais il répond précisément aux besoins des voyageurs multimodaux et des navigateurs : facilité de charge, équilibre des masses, gain de place.

L’E-Mariner 2025 ne se contente pas d’ajouter un moteur à une légende. Il repense l’usage du vélo pliant électrique.