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Piste

Interview de François Pervis (Cofidis)

Publié le 08/12/2008 09:36

Interview de François Pervis : "en tant que sprinteur, je pense que j'aurais eu ma place dans le peloton routier français."
Interview de François Pervis : "en tant que sprinteur, je pense que j'aurais eu ma place dans le peloton français, car il n'a pas de grands sprinteurs."

Ancien médaillé de bronze du kilomètre aux Championnats du Monde de Bordeaux en 2006, le Mayennais François Pervis a rejoint l'équipe Cofidis cet hiver afin d'y poursuivre sa carrière dans les épreuves du sprint : la vitesse individuelle, la vitesse par équipes et le keirin. Leader actuellement de la Coupe du Monde de keirin, le pistard de 24 ans a répondu vendredi soir aux questions des lecteurs de Vélo 101 à l'occasion d'un tchat d'une heure organisé avec les coureurs de l'équipe sur piste de Cofidis et leur nouvel entraîneur Arnaud Tournant. Les questions ont afflué pour l'élève de Florian Rousseau, qui a répondu au maximum d'entre elles dans le temps qui lui était imparti. Aussi, pour ceux qui n'étaient pas présents avec nous vendredi soir, nous vous proposons aujourd'hui de revivre cet entretien unique réalisé en direct par les lecteurs de Vélo 101.
François, comment accède-t-on à la piste quand on est Mayennais et qu'on vient du pays des frères Madiot, davantage axés route et cyclo-cross ?
"J'ai commencé à rouler à Renazé sur la piste des Madiot, dans leur pays. J'ai eu la chance d'avoir un père passionné, prêt à faire beaucoup de sacrifices et de kilomètres en voiture pour m'emmener sur les belles pistes de la région, à Angers et Châteaubriant. J'ai eu la chance de disputer plusieurs challenges, ce qui m'arrivait de faire deux à trois compétitions de piste par semaine. C'est comme ça que j'ai touché à la piste."

Quel a été le coureur que vous vénériez à vos débuts ?
"Florian Rousseau. J'ai les images de 1998, les premiers Mondiaux que j'ai vus à la télé. Il m'a impressionné par son physique, il dominait tout le monde. Il était très médiatisé. C'est l'époque où je commençais à regarder la piste à la télé. Il est aujourd'hui mon entraîneur, j'ai beaucoup de chance."

A quel moment avez-vous senti que vous vous destiniez à la piste ?
"Ca s'est passé en 2001. J'avais intégré le Pôle Espoir de la Roche-sur-Yon sur route. Cette année-là, j'ai passé un très mauvais hiver, je n'étais pas du tout habitué à rouler en paquet à l'entraînement. J'ai eu des problèmes de santé, j'ai été arrêté deux mois. J'ai repris par la piste et j'ai fait vice-champion de France sur piste sans entraînement. J'ai été sélectionné pour des événements internationaux, ce qui était énorme quand on sort de son petit village de Mayenne. Ca m'a beaucoup attiré et, en Juniors 1, on m'a donné la possibilité de rentrer à l'INSEP en septembre 2001. La piste me plaisait énormément pour obtenir un bon palmarès et voyager un peu. Je pense ne pas m'être trompé et avoir pris la bonne décision."

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaiterait se lancer sur la piste ?
"Pour la petite anecdote, ma première compétition était un kilomètre, sur la piste justement des frères Madiot. C'était en 1996, j'avais 12 ans. A cette époque, je n'aurais jamais pensé passer pro chez Cofidis. Un jeune doit trouver des compétitions et un encadrement pour s'entraîner sur piste. Il doit avant tout se faire plaisir et acquérir tout ce qu'il faut. La piste, ce n'est pas évident. La première fois que je suis monté sur une vraie piste, avec des virages relevés, je me suis dit que je ne remonterais plus jamais là-dessus. Je n'étais pas habile, j'avais peur de tomber. Il faut persévérer."

Quel effet cela vous fait-il de revêtir le maillot rouge de l'équipe Cofidis ?
"C'est génial d'intégrer Cofidis. Je touche du bout des doigts mon rêve de gosse. J'aurais vraiment aimé passer pro sur route, ce n'est pas le cas, j'ai d'autres qualités physiques. Laurent Gané et Arnaud Tournant sont passés par Cofidis, j'espère faire aussi bien qu'eux. Heureusement qu'il y a une structure comme ça pour progresser. Je me sens privilégié et c'est génial."

Quel regard portez-vous sur la route et les routiers ?
"En tant que sprinteur, je pense que j'aurais eu ma place dans le peloton français, car il n'a pas forcément de très grands sprinteurs. Tout ce qui est fait en ce moment par les instances a l'air de porter ses fruits. On l'a vu cette année au Tour de France. Les tricheurs sont pris, c'est bien, on va vers le cyclisme du renouveau. Ca prendra le temps qu'il faudra mais on y arrivera. C'est très bien, ça a fait du mal au vélo ces dix dernières années mais on fait tout pour redorer l'image du cyclisme. En tout cas pour moi, la meilleure des choses est la suspension à vie, et on n'en parle plus."

Vous êtes leader de la Coupe du Monde de keirin, comment évaluez-vous les épreuves de la Coupe du Monde par rapport aux Championnats du Monde ?
"Personnellement, j'utilise les Coupes du Monde pour me tester physiquement par rapport aux étrangers, voir si j'ai progressé par rapport aux entraînements que je fais. On ne court pas beaucoup, nous avons dix compétitions à tout casser dans une saison. Une Coupe du Monde, c'est un petit Championnat du Monde, ça permet d'acquérir de l'expérience, se jauger physiquement et acquérir des choses."

Entre une place en équipe de France de vitesse par équipes ou une sélection en keirin pour les Championnats du Monde, que choisiriez-vous ?
"Déjà les deux, parce que c'est déjà mon objectif d'être sélectionné pour les Championnats du Monde. S'il fallait faire un choix, ce serait vraiment la vitesse par équipes. Ca me tient vraiment à cœur et j'espère y entrer un jour pour devenir champion du monde et champion olympique."

Que savez-vous de la piste des prochains Championnats du Monde de Pruszkow en Pologne ?
"Je sais que c'est une très belle piste, j'ai vu des images des Championnats d'Europe Espoirs. C'est une piste nouvelle, apparemment très rapide, ce qui est toujours très intéressant pour le moral et pour battre des records personnels. Je ne sais pas encore beaucoup de choses, je n'ai pas eu la chance de rouler dessus mais j'ai vraiment hâte d'y être."

Propos recueillis le 5 décembre 2008.

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