
On a presque envie d’écrire que LBL Challenge, c’est l’Etape du Tour sans chronomètre, tant dans sa difficulté (4800 mètres de dénivelé) que dans ce qu’il implique de légende, celle qui pousse à se lancer à l’attaque des 279 kilomètres du mythique grand parcours (167 et 85 kilomètres pour les autres circuits).
C’est dans un Liège encore endormi, les candidats au grand parcours s’élançant librement entre 6h30 et 7h30, que l’on donne les premiers coups de pédales. La fraîcheur matinale justifie le port des manchettes, mais pas pour longtemps car une belle journée s’annonce, le grand ciel bleu matinal offrant des paysages sublimes à travers le beau massif de l’Ardenne et ses vallées encaissées. On ne tarde d’ailleurs pas à s’attaquer aux premiers raidards qui, bien qu’historiquement présentés sur le retour Bastogne-Liège, se présentent en fait dès le premier tronçon. La route entre Liège et Bastogne surprend le cyclo non averti. Si une seule côte est répertoriée sur les 120 kilomètres de liaison entre les deux villes, il s’agit en fait d’une suite de montées et descentes pas très pentues mais sans interruption. Si bien qu’à Bastogne on a déjà pris plus de 2000 mètres de dénivelé…

Mais c’est dans la Redoute que la magie de la Doyenne nous rattrappe pour de bon, sur une route qui grimpe sévèrement et que les camping-cars ont déjà prise d’assaut. Entre les barrières et sur cette chaussée bariolée de marquages, les plus nombreux en faveur de « Phil » Gilbert, qui a grandi ici, on sent alors toute la légende de Liège-Bastogne-Liège vingt-quatre heures avant le passage des champions.
Reste encore à franchir la côte des Forges et surtout la Roche-aux-Faucons, dont la fin est terrible, avant de retrouver les faubourgs de Liège pour le final qui passe par la côte de Saint-Nicolas et la montée vers Ans, en haut de laquelle est jugée l’arrivée du parcours des pros, que l’on quitte avant le fameux dernier virage – fatal dimanche à Daniel Martin – pour rejoindre la zone de départ/arrivée et récupérer la médaille de finisher et un beau pavé pour les cyclos ayant effectué le Tour des Flandres Cyclo, Paris-Roubaix Challenge et Liège-Bastogne-Liège Challenge.

Mais la qualité des routes au revêtement parfait et sans la moindre circulation, le nombre de signaleurs aidant au franchissement des carrefours et participant à l’impression de sécurité qui règne d’un bout à l’autre, les ravitaillements copieux dont certains dans des lieux chargés d’histoire comme la cour de l’Abbaye de Stavelot, l’assistance Mavic aux cinq ravitaillements, la bonne ambiance entre des cyclos des quatre coins du monde, sans chronomètre pour mieux profiter des paysages (quatre côtes faisaient toutefois l’objet d’un chronométrage pour les coureurs avides de challenges), laisseront de cette expérience un souvenir impérissable.