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World Tour Matériel 101 Edition 2020 #02

Publié le 04/02/2020 18:51

Cette semaine, pour ce nouveau volet du World Tour Matériel 101 nous retrouvons à nouveau Franck Potier, 9ème saison chez Deceuninck Quick Step après 15 ans chez Cofidis, en tant que mécanicien.

Après avoir évoqué avec nous l’aspect freinage avec les disques, nous avons échangé avec lui à propos des pneus.

Il s’agit là d’un autre « gros point » alimentant discussions et réflexions quant au choix du matériel que les cyclistes amateurs sont amenés à utiliser. Le retour des pros à ce sujet est toujours intéressant à récupérer car il donne le ton de l’évolution à venir, celle qui va se retrouver chez les vélocistes ou sur Internet.

 

Franck 01Franck Potier s'affaire sur un vélo de l'équipe Deceuninck Quick Step | © Vélo 101

Vous avez été témoins des gros changements dans l’équipe avec l’arrivée de Specialized et de Shimano et l’année dernière avec l’arrivée du Tubeless. Par quelles étapes la transition s’est-elle faite ?

- Les coureurs ont fait des tests à partir d’avril-mai 2019 puis il y a eu des courses avec ce produit et au fil du temps, de plus en plus de coureurs les ont utilisés en permanence. Pour 2020, il est prévu qu’à partir de Milan-San Remo ce soit Tubeless pour tout le monde.

 

Les coureurs pros ont longtemps juré uniquement par les boyaux. Comment avez-vous réussi à convaincre tout le monde ?

- Au départ, il s’agit d’un vœu de Specialized, commercialement parlant. Mais évidemment, il est toujours question de fournir le meilleur matériel possible. Ils ont innové, ont fait beaucoup de tests, d’échanges et de retours avec les coureurs qui ont eux-mêmes donné beaucoup de conseils. Les Tubeless ont beaucoup évolué dans cette phase de test. Poids, confort, tenue de route : tout a été amélioré et est aujourd’hui impeccable. Les coureurs sont très contents maintenant.

 

Vous êtes une équipe qui vise les classiques pavées. Avez-vous pu tester ces Tubeless sur ce terrain là aussi ?

- Oui cela a été fait, notamment avec Zdenek Stybar. Nous ne savons pas encore si les Tubeless seront utilisés sur Paris-Roubaix. Il y a de bonnes chances mais cela reste toutefois à confirmer.

 

Nous le savons, avec le préventif que l’on met à l’intérieur de ces pneus, permet de limiter les crevaisons. Est-ce un argument qui a joué en faveur de ces enveloppes ?

- Oui, clairement cela a joué. D’autant plus qu’il faut avouer qu’avec les disques le dépannage est moins facile.

 

Vous mettez le minimum de préventif pour « faire plaisir » aux coureurs en gagnant du poids ?

- Non, nous mettons la quantité nécessaire, il n’y a pas de discussion là-dessus à vrai dire.

 

Il est recommandé de moins gonfler en Tubeless mais par habitude, les coureurs aiment sur-gonfler. Qu’en est-il ?

- Nous mettons entre 6,5 et 7 bars, à peu près quel que soit le poids du cycliste.

 

Avez-vous effectué beaucoup d’allers-retours avec Specialized pour finaliser les produits ?

Ils étaient en permanence avec nous sur la phase de test, ils récupéraient les pneus, les observaient et les faisaient évoluer, avant de nous redonner d’autres modèles. Mais sur la toute dernière version, celle que nous avons eue sur le stage du mois de décembre, sur 30 coureurs nous avons eu 1-2 crevaisons, pas plus, dues à de gros trous pour lesquels le préventif n’a pas pu intervenir.

 

Franck 03Roue complète chez Deceuninck Quick Step | © Vélo 101

 

Quels sont les coureurs les plus pointus concernant cette partie du matériel ?

- Je dirais qu’il s’agit de Zdenek Stybar qui est toujours très pointu pour toutes ces questions, ainsi que Kasper Asgreen et Yves Lampaert.

 

Nous parlions du freinage disques. Au niveau de la gomme, est-ce que cela va amener les manufacturiers à changer les types de gomme, ou même leur épaisseur ?

- A l’heure actuelle, pour être honnête je ne sais pas trop. L’info que j’ai aujourd’hui, est que nous allons avoir un modèle de jantes bien plus large à l’avant, pour des questions aérodynamiques et je sais que le pneu va devoir s’adapter.

 

Est-ce que le fait de travailler avec un seul partenaire (Specialized) au niveau du pneu et des roues (Roval), est-ce un avantage ?

- Oui, immanquablement. Nous avons la chance d’avoir le meilleur matériel du monde ou au moins dans les meilleurs. Chaque coureur qui arrive dans l’équipe le dit d’ailleurs en expliquant qu’il y a une grosse différence avec les autres marques.

 

Vous avez des techniciens Specialized avec vous en permanence sur les courses ?

- Finalement, c’est surtout sur les stages qu’ils sont présents. L’année passée en avril-mai, nous faisions déjà des tests sur les cadres qui seront fournis cette année en 2020.

 

L’officialisation du Tubeless chez Deceuninck Quick Step s’est justement faite pendant le Tour 2019. Avez-vous des statistiques sur le nombre de crevaisons pendant l’épreuve ?

- Hélas, je n’étais pas présent moi-même donc je ne peux pas vous dire avec certitude mais je sais que des gars comme Elia Viviani ont roulé en Tubeless en permanence et en étant contents de la gestion des risques de crevaison.

 

Vous voyez le peloton pro passer au Tubeless ou bien pensez-vous que boyaux, Tubeless et tubetypes vont cohabiter ?

- Je pense qu’il s’agit surtout d’une volonté des constructeurs. Pour le disque par exemple, la tendance a été poussée par les constructeurs mais en ce qui concerne le Tubeless, difficile de répondre à la question pour le moment. Quoi qu’il en soit, nous sommes la vitrine des marques et si elles décident toutes de passer au Tubeless, nous n’aurons pas le choix.

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