Patrick, comment vous êtes-vous préparé pour ce défi et comment vous sentez-vous ?
Je me sens bien, je suis parfaitement dans mon plan de préparation. En fin de période d’entraînement, j’ai essayé d’augmenter ma résistance à l’acide lactique en faisant des montées rapides. Une montée beaucoup plus rapide que ce que je vais faire là, j’essayais d’être en moins d’1h50 sur une montée sèche sachant que mon record est d’1h38. Le but est de pouvoir, le jour du défi, rouler non pas en sous-régime mais rouler avec une grande marge et ne pas créer d’acide pour aller le plus loin possible sans douleurs.

Au niveau diététique, quel a été votre programme ?
Je suis un programme diététique depuis le 15 janvier, d’abord pour perdre du poids. Ce n’était pas été un régime, je n’aime pas ce terme, le but était de me réhabituer à manger de façon équilibrée. Ce n’était pas tant sur les quantités, mais je suis très sucré donc il fallait que je supprime beaucoup d’aliments. Et j’ai perdu 12,5 kg, j’en suis où je voulais être. Cette partie perte de poids m’a énormément aidé. Rien qu’une perte de poids de 3 kg c’est 5 minutes de gagné. Depuis quelques jours, je ne prends par exemple plus de pain complet dans le but de ne pas irriter l’intestin. Je me suis donc remis au pain blanc. A trois jours du début, j’évitais toutes les graisses inutiles, non pas pour perdre du poids mais pour essayer de stocker un maximum de glycogène. A ce niveau-là ça s’est bien passé.

Vous partez lundi à 0h01. Comment allez-vous gérer la diététique les heures précédant votre départ ?
Il faut que je mange une quantité assez importante de sucres lents huit heures avant de partir, donc ce sera des pâtes. Puis je compte me coucher assez tôt, dans un endroit assez calme puis une fois que je suis parti l’objectif est de manger le plus régulièrement possible les choses que je mange habituellement quand je roule. Il n’y a pas de secrets, ce sont des compotes, du lait concentré sucré, des pâtes d’amande. Toutes les 20 minutes, en montant, c’est du grignotage à longue durée. Je ne prends pas de gels. J’en ai quelques-uns au cas où j’aurais une fringale mais je fonctionne peu avec. Et une fois au sommet je mange un peu de solide et je profite de la descente pour faire de même puisque je n’ai, à ce moment, plus de problèmes de respiration pour mâcher correctement. Ce sont des barres de céréales, et en fin de journée quelques biscuits salés. Au niveau des boissons je roule uniquement à l’eau, surtout pour l’aspect pratique. C’est vrai que c’est très bien d’avoir des apports de sucres par la boisson mais si vous vous trompez de gourde pour vous arroser, ça colle et c’est toujours gênant. Donc les 60 g à l’heure nécessaires je les mange.

Une partie du défi est de monter 19 220 mètres, l’autre est de récolter 19 220 euros. A combien en êtes-vous aujourd’hui ?
Nous sommes environ à 7 500 euros. Je pense que c’est plus évident de s’entraîner à faire du dénivelé que de trouver les budgets. Mais pour moi ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel est de faire ce challenge. Nous pouvons continuer à récolter des fonds aussi après le challenge et j’essaierai de le faire. Mon objectif est toujours d’arriver à 19 220 euros. Nous n’arriverons peut-être pas à cette somme le jour de la fin du challenge mais nous pourrons poursuivre.

Vous souhaitez récolter des fonds via les trois communes alentours du Ventoux, Bédoin, Malaucène et Sault, en plus de Vélo 101. Quel est ce principe ?
Le principe est de mettre les villes en concurrence pour qu’elles puissent récolter une somme équivalente au dénivelé du Ventoux. Nous avons aussi mis en place, avec Vélo 101, une tombola où vous misez 10 euros et vous êtes sûrs de gagner, nous avons déjà 250 lots. Cela peut être bien d’arriver à faire cela. Mais je rappelle qu’il y a toujours la possibilité d’aller sur le site www.sein-gle.be et faire un don. Le versement va directement sur le compte de l’association Octobre Rose. Cette somme finale, quelle qu’elle soit, ne sera pas utilisée à la recherche fondamentale mais pour aider des femmes qui ont un cancer du sein et qui n’ont pas la possibilité d’accéder à des soins dits de conforts, faute de ressources suffisantes. Par exemple une perruque pour les femmes qui, suite à une chimiothérapie, perdent leurs cheveux. Même des soins comme des massages, qui permettent d’atténuer des douleurs, sont considérés comme des soins dits de confort et ne sont pas remboursés. J’avais insisté auprès de l’association, qui est tout à fait partante, pour que l’on puisse déterminer quel type d’aide nous ferions.

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant votre défi ?
Je ne suis pas anxieux, ces moments là sont agréables. J’ai fait tout ce qu’il fallait donc quoi qu’il arrive je n’aurai aucun reproche à me faire. J’ai préparé cela avec beaucoup de sérieux et du plaisir. Egoïstement, cela m’a permis de progresser à vélo et d’arriver à des temps dans le Ventoux que je n’aurais jamais réussi à faire si je n’avais pas eu ce challenge. Et si je l’avais fais uniquement pour moi je ne me serais pas entraîné comme ça. C’est au final du gagnant-gagnant. La cause sera gagnante quelle que soit la somme que l’on récolte et cela m’aura fait du bien à moi. Et c’est pour cela que ce moment est agréable. Je ne me mets pas de pression et pas de stress. Pour moi c’est un challenge ce n’est pas un record. Un record, il y a un esprit de compétition et j’ai banni cet aspect de ma tête.

Challenge à suivre sur la page Facebook Je roule sein-glé