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Le point de vue de Nicolas Fritsch

Interview de Steve Chainel

Publié le 10/12/2016 15:00

"Un sponsor qui investit dans une équipe française ne veut des retombées que sur la route. La piste, le cyclo-cross et le BMX ne l'intéressent pas."

Nicolas FritschNicolas Fritsch | © Nicolas FritschProfessionnel entre 1999 et 2006, 3ème du Tour de Suisse 2002, Nicolas Fritsch est aujourd'hui conseiller auprès de l'agent Clément Gourdin. Tous les quinze jours, il nous apporte son point de vue sur l'actualité cycliste. Après avoir rencontré le pistard Benjamin Thomas (Armée de Terre) la semaine passée, Nicolas Fritsch fait le point sur la situation du cyclo-cross français avec Steve Chainel (Cross Team by G4).

Steve, on dénombre plus de 200 coureurs au départ d'une Coupe de France Cadets de cyclo-cross quand dans le même temps la France a une certaine difficulté à exister au plus haut niveau sur les Coupes du Monde Elites. N'est-ce pas paradoxal ?
C'est en efet quelque peu bizarre. On constate qu'il y a énormément de pratiquants tant au niveau régional que national, la discipline est en plein essor, et seul le sommet de la pyramide manque. Il y a 200 Cadets au départ des Coupes de France, cette discipline attire les jeunes comme les moins jeunes pour son côté fun et technique. Nous, les Elites, avons du mal à percer au niveau international, le dernier champion du monde français remonte à 1993, c'est loin ! Nous avons besoin d'un coup de pouce de tout le monde, organisateurs, fédération, clubs, équipes professionnelles, pour permettre aux coureurs motivés et performants de pouvoir aller chercher ces quelques mètres qui les séparent d'un titre mondial.

Est-ce possible pour un pro de performer sur route et en cyclo-cross ?
Soyons honnêtes, le cyclo-cross est une discipline très chère. Les équipes professionnelles ont des budgets de plus en plus importants, et le nouveau calendrier WorldTour va encore augmenter ce budget. Il va être compliqué pour l'ensemble des équipes professionnelles d'avoir un crossman, un pistard, ou pourquoi pas un bicrosseur dans leur équipe, et ce malgré l'intérêt des médias et des jeunes. Un sponsor qui investit dans une équipe française ne veut des retombées que sur la route. La piste, le cyclo-cross, ou même le BMX, ne l'intéressent pas. Et je vois mal un manager aller contre son sponsor malgré sa passion. Il suffit de voir Marc Madiot pour le cross par exemple.

A Epinal, Steve Chainel concède la victoire à Yan GrasA Epinal, Steve Chainel concède la victoire à Yan Gras | © Cross Team by G4

Que proposerais-tu comme idée pour développer le cyclo cross en France ?
Nous devons être très stricts au niveau de la réglementation du cyclo-cross, afin que chaque cyclo-cross national soit télévisé, peu importe sur quelle chaîne, voire même en live streaming. La fédération devrait nous donner un coup de pouce à ce sujet. Quelle que soit la discipline, qu'il s'agisse du bicross, de la piste, ou encore de la route, une production télé pourrait passer un deal avec la fédération et ainsi ouvrir la porte au sponsoring et à la publicité. Il faut savoir en outre qu'en Belgique il est possible d'avoir le statut continental sans payer la totalité des coureurs : or c'est impossible en France. Et cela ferme des portes à une structure comme le Cross Team by G4, notamment la possibilité de participer à des courses de préparation comme le Tour d'Alsace ou les Boucles de la Mayenne. Ce qui est dommage, c'est que personne ne cherche à consulter les coureurs pour essayer d'augmenter notre niveau, qui n'est finalement pas si loin de la plus haute marche du podium mondial. Tout se joue sur un ensemble de détails et ce sont ces détails là qui sont les plus compliqués à aller chercher.

Toi qui est en pleine saison, que peut-on te souhaiter en tant que coureur mais également en tant que manager ?
Oh tu sais Nico, désormais l'objectif c'est de me faire plaisir en tant que coureur et aussi de mettre mon expérience au service des jeunes de mon équipe. J'ai connu l'ensemble des managers des équipes françaises et certains m'ont beaucoup plus apporté que d'autres. Désormais, à moi de faire ma sauce, d'essayer de comprendre chaque individualité, car contrairement au monde professionnel je ne veux pas faire de mon équipe une usine. Je veux que le coureur soit en accord avec lui-même et réalise ses propres objectifs et non les objectifs de l'équipe. C'est important pour moi que chaque individualité, chaque coureur, chaque mécanicien, chaque soigneur, chaque kiné qui vient avec nous, se sente bien car c'est là que l'on obtient les meilleurs résultats. Je veux réussir à remettre l'humain au centre de ce sport !

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