L’étape du jour : Toulouse – Bagnères-de-Bigorre (209,5 km)profil étape 13 tdf 2019profil étape 13 tdf 2019 | © ASO

Première pris de contact avec les Pyrénées pour les coureurs du Tour ! Avec les cols de Peyresourde et de la Hourquette d’Ancizan, le peloton franchira les deux premières longues ascensions de cette 106e édition de la Grande Boucle. Toutefois, ce tracé entre Toulouse et Bagnères de Bigorre ne devrait pas être décisif dans la lutte pour le classement général.

En effet, si le col de Peyresourde offre bien un terrain de jeu intéressant aux grimpeurs, avec ses 13,2 kilomètres à 7%, son sommet relégué à 63,5 kilomètres de l’arrivée ne devrait pas permettre d’offensives des favoris pour le général.

Pour la Hourquette d’Ancizan, le problème est différent : si les pourcentages proposés par cette montée, 10 km à 7,5%, pourraient également favoriser les attaques, la descente exposée au vent de 30 kilomètres qui s’en suit devrait décourager les velléités de l’ensemble des ténors des cieux. Dans ce retour vers Bagnères-de-Bigorre en faux plat descendant, ne permettant pas la moindre récupération, il faudrait une avance de plusieurs minutes pour qu’un coureur passant seul au sommet ne se fasse pas revoir par le groupe de poursuivants.

De ce fait, deux scénarios potentiels s’offrent à nous : celui d’une échappée fleuve dont les membres les plus solides se disputent la victoire au sprint à Bagnères-de-Bigorre, ou celui d’un retour du peloton emmené par des équipes croyant en les chances de leur leader au finish, où les principaux favoris pour le classement général se départageraient ainsi dans les quelques centaines de mètres précédant la ligne d’arrivée.

 

La Grosse Cote du Jour : Warren Barguil

En 2017, avant de s’élancer dans un Tour de France sous forme d’un feu d’artifice du 14 juillet, Warren Barguil avait connu une saison minée par les blessures. Abandonnant lors de la deuxième étape du Tour de Romandie, il avait couru dans une extrême discrétion le critérium du Dauphiné, avant d’exploser à partir des premières étapes de montagne de la Grande Boucle, glanant finalement deux succès d’étapes, un maillot blanc à pois rouges et une splendide 10e place au classement général.

Au matin de l’entrée des coureurs dans le massif Pyrénéen, 2019 a des airs de 2017 pour le breton. Victimes de lourdes chutes à Paris-Nice et au Tour de Catalogne, le natif de Hennebont a vu l’apparition de son pic de forme être repoussé, et sa fraîcheur de début de saison conservée. 4e de la dernière étape d’un Critérium du Dauphiné difficile puis vainqueur en costaud du championnat de France, le coureur du Team Arkea-Samsic semble désormais avoir à nouveau atteint son niveau de 2017, après une année 2018 assez compliquée au sein de la formation d’Emmanuel Hubert.

Ainsi, leader mu en chasseur d’étape, Warren Barguil pourrait profiter de cette entrée en délicatesse dans la montagne pour s’extirper du peloton et aller glaner à Bagnères-de-Bigorre le bouquet de son retour au plus haut niveau. En s’isolant avec les meilleurs grimpeurs de l’échappée, avant de les régler au sprint grâce à sa bonne pointe de vitesse, le nouveau champion de France pourrait nous faire une seconde fois crier « cocorico » sur ce Tour 2019 !

 

Le beau geste du jour : l’esprit de solidarité de Stéphane Rossetto

C’est bien connu, Stéphane Rossetto n’a pas pour habitude de garder sa langue dans sa poche. Et il a encore fait part de ses états d’âme à l’arrivée à Toulouse. Le francilien s’est en effet mis en colère contre Aimé De Gendt qui ne s’est pas pleinement engagé dans la résistance de l’échappée au retour du peloton lors du final de cette 11e étape. Le coureur de la Cofidis a ainsi pris l’attaque du Belge dans les derniers kilomètres comme démonstration de l’incomplétude de son dévouement lors des relais, à la différence de leurs deux autres compères, les régionaux de l’étape, Lilian Calmejane et Anthony Perez. Plutôt que de tenter de déjouer les plans des équipes de sprinteurs, le coureur de Wanty – Gobert a alors privilégié le prix de la combativité, qui lui a effectivement été décerné. Pourtant n’est-il pas plus combatif que de ne pas rechercher le dossard rouge de la combativité pour optimiser les (faibles) chances de l’échappée ? « Pour que ça marche il faut que tout le monde soit loyal […] tu ne peux pas aller au bout avec des mecs comme ça ! », a de ce fait résumé Stéphane Rossetto en interview d’après-course.

 

Une Histoire du Maillot Jaune : 9 juillet 2011 : La descente infernale de Froome du col de PeyresourdeChristopher Froome dans la descente du col de Peyresourde lors du Tour de France 2016Christopher Froome dans la descente du col de Peyresourde lors du Tour de France 2016

Les anglais aiment utiliser cette expression très idiomatique de « hammer time » (l’heure du coup de marteau littéralement). A la Sky, ce moment revient à toutes les premières étapes de montagnes des Grandes Boucles successives, signifiant que les « boys » de Dave Braidford doivent profiter des premières pentes aigues du parcours pour démontrer à leurs adversaires qu’une année encore, la lutte ne s’effectuera que pour des places d’honneur. Planche des Belles Filles 2012, Ax-3-Domaines 2013, Pierre-Saint-Martin 2015… la liste de ces ascensions symboliques du triomphe à venir de la Sky est longue. Pourtant, en 9 juillet 2016, Christopher Froome va tenter d’innover.

Cette fois, ce n’est pas dans une partie montante qu’il compte asseoir sa domination, mais bien dans la descente du col de Peyresourde, conduisant les coureurs vers l’arrivée à Bagnères-de-Luchon, qu’il va sonner la fameuse heure du « hammer time ». S’il enfonce tout d’abord délicatement le clou, en faignant d’aller chercher les points pour le classement du meilleur grimpeur offerts au sommet du col de première catégorie, il frappe ensuite avec ardeur dans le marteau pour tenter de creuser mètre après mètre l’écart crée sur ses poursuivants. Descendant à tombeau ouvert, assis sur son cadre, ne laissant pas la moindre partie de son corps nuire à une aérodynamique proche de la perfection, il effectue une véritable démonstration sur les pentes roulantes et dans les lignes droites peu techniques du col de Peyresourde. Narguant le danger, frôlant la chute, évitant l’accident, Christopher Froome s’envole littéralement vers le maillot jaune.

Cette tunique dorée qu’il retrouve une nouvelle fois si tôt dans la course. « Froomey » a en effet quelque chose de possessif avec elle. Il ne la partage pas avec ses concurrents, et la prête peu aux baroudeurs. A Bagnères de Luchon, il a d’ailleurs mis fin à la récréation des Greg Van Avermaet et consorts. Désormais le seul et unique Roi Soleil de la Grande Boucle, ce sera lui, vaillamment protégé par sa garde noire de la Sky, que la légende prétend invincible. Impossible ainsi à la princesse dorée de lui échapper, d’être chipée par le moindre rival. Une année encore, le château de l’équipe anglaise semble apte à résister à tout assaut, même le plus féroce. La marquise de la Petite Reine peut donc en être sûre : son protecteur l’amènera une fois de plus sans embûches ni embuscades jusqu’aux Champs-Elysées.

 

La spécialité du coin : La Saucisse de Toulousesaucisses de toulousesaucisses de toulouse | © cuisine AZ

Deuxième journée à Toulouse et deuxième spécialité de la ville rose avec la saucisse éponyme ! Produit de haute qualité comme en atteste son label rouge, elle a notamment été rendue célèbre en étant utilisée dans le Cassoulet (voir gazette d’hier). Avec sa couleur tournant vers le rosé, la saucisse de Toulouse rappelle sa composition en viande de porc crue issue d’élevages locaux. Elle se reconnait également à sa large épaisseur, la plupart du temps autour de 30 millimètres.

En cette saison estivale, vous apprécierez la faire griller au barbecue afin d’y apporter une saveur fumée, tout en l’accompagnant d’un vin de la région du Sud-Ouest. De quoi faire tout un festin en consommant uniquement des produits du terroir local !