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World Tour Matériel 101 #31

Publié le 01/10/2019 14:30

Ca sent la fin de saison pour les coureurs mais la planète matériel reste en éveil et prépare déjà 2020.

Dans les sujets liés au matériel utilisé par les pros, nous avons rencontré un jeune retraité des pelotons, dont l’éclairage sur tous les sujets liés à la technique est toujours intéressant.

Son interview est à lire ci-après.

Parmi les vélos aperçus dimanche sur les Championnats du Monde, le vélo Lapierre de Stefan Küng a attiré les regards. Alors que l’équipe dont il fait partie (Groupama FDJ) roule avec un vélo équipé de patins de freins, il a utilisé ici un vélo avec des freins à disques. Prémices de la saison 2020 ou simple choix technique liés aux conditions météo exécrables ? Nous en saurons bientôt plus.

 

Stefan Kung avec des disquesStefan Kung avec des disques | © Sirotti

 

- Sylvain Chavanel, nous vous voyons rouler sur des vélos Specialized. Durant votre carrière, vous avez roulé sur Wilier et sur Time aussi. Vous verra-t-on de manière définitive sur des vélos Specialized ?

Pour toujours, non. C’est plutôt l’occasion de travailler avec mon magasin de cycles par chez moi à Châtellerault, les Cyles Desmazeau. Specialized est une marque que j’ai connue il y a longtemps car j’ai notamment été en contrat avec eux pour les chaussures sur une longue période.

Aujourd’hui, ils me fournissent du matériel. Gracieusement je le précise. Mais pour les gens que je peux côtoyer quand je roule c’est aussi l’occasion d’apercevoir quelques nouveautés.

 

- Quand vous étiez coureur, vous étiez méticuleux pour tout ce qui touche au matériel ou bien au contraire, facile à manager de ce côté-là ?

(Hésitations). Facile à manager sauf peut-être pour un aspect : j’avais toujours besoin de mes roues carbone.

 

- Avez-vous croisé des mécanos qui vous ont marqué par leur côté méticuleux ?

Je dirais qu’à force de faire de chronos en visant la performance, on devient méticuleux par obligation car le matériel est très important, du couvre chaussure au vélo ou à la gaine qui dépasse. Aucune place au hasard n’est laissée sur ce format de course et chaque détail compte, le public s’en rend compte s’il s’intéresse à cette discipline.

 

- Parmi toutes les évolutions (le changement de vitesses électrique, les freins à disques, le passage de 9 à 11 voire 12 ou 13 vitesses), quelle est celle qui vous a le plus marqué ?

Pas facile d’isoler une innovation mais j’ai envie de citer les développements. Je suis effectivement passé par 9 vitesses en 1999 alors qu’aujourd’hui c’est 12 voire 13 ! Je constate aussi que maintenant, il n’y a plus un câble qui dépasse, le vélo devient bien plus facile à nettoyer. D’un simple coup d’éponge une majeure partie du travail est déjà faite.

 

Le vélo Specialized de Sylvain Chavanel en 2019Le vélo Specialized de Sylvain Chavanel en 2019 | © Vélo 101

 

- Vous en tant que pro, peut-être n’avez-vous pas besoin des disques car vous freinez les yeux fermés. Mais pensez-vous que les disques vont s’installer dans le peloton définitivement ?

Je le pense effectivement. Il suffit d’observer ce qui se passe dans le monde pro : la meilleure équipe du monde sur le plan du nombre de victoires, c’est-à-dire Deceuninck Quick Step roule sur des vélos qui sont équipés de freins à disques. Quand on sait qu’à ce niveau, pour réussir il faut bénéficier du meilleur matériel possible, cela signifie que c’est forcément performant et sécuritaire. Après les débats qui tournent autour de ce système de freinage, les coupures liées peut-être aux chutes comme on l’a vu par le passé, c’est tellement difficile de se prononcer à coup sûr. Car cela peut aussi bien être un plateau, une chaine. Mais pour résumer, je sais que ça va venir un passage obligé.

Un autre point : tous les vélos de CLM sont à disques. Peut-être que les disques vont diminuer en taille, pour réduire en diamètre. Sur le plan de la sécurité, plus le diamètre est important et plus c’est tranchant. Les choses évoluent tellement vite dans tous les aspects de la technique que les disques seront touchés eux aussi.

 

- Le VTT a adopté le tubeless pour des raisons de confort et de gestion des crevaisons. Sur la route c’est moins le cas. Qu’en pensez-vous ?

C’est exactement le phénomène que vous décrivez, sur la route le tubeless a plus de mal. Pour le moment le boyau est quelque chose de très performant au niveau des pros.

Mais comme évoqué, dans l’évolution générale j’ai aussi vu des marques qui essaient de développer le tubeless. Je l’ai aussi vu arriver autour de moi, tout comme j’ai connu les chambres à air en latex mais pour ce que j’ai testé le boyau restait le plus performant.

Maillon_Octobre 2019

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