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World Tour Matériel 101 #33

Publié le 15/10/2019 18:00

L’interview avec Alain Delcourt, en charge du développement vélo chez Michelin a été riche d’enseignements.

Nous l’avons scindée en 2 parties dont la seconde se trouve dans les lignes qui suivent et la 1ère est déjà parue la semaine dernière : https://www.velo101.com/pros/article/world-tour-materiel-101-32--21604

 

- Quand vous êtes revenus dans le monde des pros, vous avez eu le retour des coureurs mais vous étiez forcément confrontés sur le terrain avec ce que pouvait faire vos concurrents, Continental en tête. Comment cela s’est passé ?

Non, en réalité pas du tout. Nous n’avons pas regardé ce que faisaient nos concurrents pour lancer nos produits, nous nous sommes focalisés sur nos pneus à nous et avec une attention en particulier sur notre grip mouillé avec le boyau Power Compétition Tubular que les pros utilisent.

 

nullStéphane Rossetto sur le Tour 2019 | © Sirotti

 

- Nous avons parlé de relations avec le staff et à ce propos comment est abordée la question avec eux d’une course comme Milan San Remo où les coureurs vont passer environ 7h sur le vélo, comparativement avec le Tour du Haut Var où le temps de selle sera de moitié ?

Il y a différentes approches. C’est là où nous avons un lien étroit avec Cédric Vasseur. Sur une course comme le Haut Var, il n’y a pas vraiment d’échanges car c’est du « standard ». Là où nous serons très présents, ça sera sur les classiques ardennaises, les flandriennes et notamment Paris-Roubaix et enfin Milan San Remo. C’est une course qui fait 300 km avec beaucoup de temps sur le vélo, une météo spéciale et qui peut être changeante. Nous avons des offres (boyaux) spécifiques sur cette course. Idem pour Paris Roubaix avec différentes largeurs et carcasses.

 

- Ces offres spécifiques, les particuliers peuvent les acheter ?

On a effectivement sur le marché ces offres mais il faut tenir compte d’un certain temps de validation. Notre Power Tubular sorti en avril 2019 a ainsi bénéficié des développements avec Cofidis sur la saison 2018. Et sur le Power Tubular 2 qui sortira, les utilisateurs bénéficieront des échanges avec Cofidis sur 2019.

Ce qui a été fait sur Paris-Roubaix avec les pros, se retrouve sur notre offre grand public avec un boyau Power Tubular qui se décline à présent en 28 mm.

 

- La durée des courses n’est pas le seul facteur qui entre en jeu pour les pneus, il y a aujourd’hui l’influence de la mondialisation. Dans le sens où les coureurs vont courir à Oman ou au Qatar avec des températures et degrés d’humidité complètement différents. Comment appréhendez-vous cela ?

Là-dessus, nous sommes toujours en relation avec Cédric Vasseur et travaillons avec ces données que vous évoquez dont le taux d’humidité qui fait varier la pression. Nous travaillons sur l’optimisation avec la recherche de la bonne pression au départ pour avoir la pression voulue à l’arrivée. Nous avons par exemple un cas concret avec Jesus Herrada sur une course qui s’est disputée à Oman, relativement courte mais avec un taux d’humidité élevé dont il a fallu tenir compte. Finalement, la pression de départ a été choisie délibérément élevée pour avoir une pression élevée dans le final totalement disputé en montée. C’est cette partie là que nous avions ciblée. Jesus s’est classé 2ème donc nous étions heureux de cette collaboration.

 

nullHerrada l'emporte sur le Ventoux | © James Startt - Agence Zoom

 

- Dans le cyclisme d’aujourd’hui, il y a un aspect à prendre en compte : le mobilier urbain. Les dos d’âne bien sûr mais aussi les bandes blanches. Comment gérez-vous ces aspects ?

Nous travaillons beaucoup avec notre Centre de Recherches et Technologies situé à Clermont Ferrand avec toujours la problématique principale qui est le grip mouillé. Nous avons des ingénieurs chimistes qui travaillent sur de nouvelles technologies et de nouveaux matériaux avec différents types de silice, pour toujours améliorer ce grip. Cela fait partie des recherches. En conditions sèches et pour simplifier, le grip est suffisant pour répondre aux besoins des utilisateurs. Tout en sachant que ces besoins ont grandi avec l’apparition des freins à disques dont les exigences ont fait grandir le grip sec, avec des freinages plus importants évidemment.

 

- A propos des disques on peut imaginer que tout le peloton passera en disques à brève échéance. Il est facile d’imaginer que le matériau sera soumis à d’importantes contraintes. Quelle est votre façon d’anticiper le problème ?

Chez Michelin, nous sommes plutôt contents de cette évolution. Car en termes de grip (mouillé et sec) nous sommes très bien placés par rapport à nos concurrents, nous sommes capables de le mesurer avec des partenaires extérieurs. Donc l’évolution nous est plutôt favorable donc aucune appréhension de notre part.

 

nullChristophe Laporte sur l'Etoile de Bessèges | © Sirotti

 

- Vous avez été notamment en Formule 1 et en Moto GP avec un seul fournisseur de pneumatiques pour l’ensemble des concurrents. Ce n’est pas sur la table pour le vélo mais nous pourrions avoir le même genre de situation sur le World Tour. Comment pourriez-vous vous situer, que vous soyez la marque qui équipe le peloton ou bien que ce soit l’un de vos concurrents ?

La situation en Formule 1 ou en Moto GP avec cette situation d’unique fournisseur, ce n’est pas une situation que Michelin aime. Nous aimons la compétition et c’est ça qui permet d’avancer. Au contraire, quand on a une situation mono marque, ce que je n’approuve pas encore une fois, Michelin se doit de se mettre des challenges. Par exemple sur les 24h du Mans moto, le challenge a été de faire plusieurs relais avec le même pneumatique. On démontre alors notre savoir-faire et en même temps le côté green et efficience. S’il est question que le vélo passe en mono marque, ce qui est loin d’être d’actualité, c’est le côté compétition plutôt que sponsoring qui doit primer.

 

- Nous parlions au début de l’interview du partenariat avec Cofidis, dans un passé plus ancien vous aviez plus d’équipes. Quel serait la limite maximale que vous vous fixez ou bien vous estimez qu’une seule équipe c’est le bon nombre ?

Pour le moment nous sommes très contents du partenariat avec Cofidis parce que nous avons un réel échange technique. Nous réfléchissons néanmoins à avoir plus d’équipes. Mais le nombre ne peut pas s’étendre indéfiniment car la qualité des échanges et du travail s’en ressentirait mais 2 à 3 équipes au total seraient la juste dose.

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