
Jacques Corteggiani, responsable sponsoring chez Mavic, en est à son 31ème Tour de France. « L’assistance neutre est notre principal travail, affirme-t-il. Nous faisons toute la saison, du mois de février au Tour d’Oman à Paris-Tours en octobre. Nous sommes toute l’année avec les équipes, donc nous connaissons leurs équipements et leurs nouveautés. » Plutôt standardisé par le passé, l’équipement de l’assistance neutre a fortement évolué, en partie depuis l’étape du Mont Ventoux l’an dernier et les cales de Christopher Froome, non compatibles avec celles des vélos jaunes. Sur les trois voitures et le scooter utilisés sur la Grande Boucle, de petites nouveautés sont apparues cette année. « Nous avons mis des tiges de selle télescopiques pour que le vélo puisse s’adapter facilement aux différentes tailles de coureurs. Avant, nous avions des galeries en travers avec trois vélos. Cette année nous pouvons mettre six vélos donc c’est plus facile de faire du sur mesure. »

S’adapter à l’évolution du matériel du peloton, c’est un mot d’ordre chez Mavic qui s’est également penché sur l’épais dossier des freins à disques. « Nous voulions une norme pour avoir la bonne roue lorsque nous dépannons un coureur. Mais comme c’est en test, l’UCI n’a pas voulu normaliser cela, regrette le responsable sponsoring de la marque. » Ce qui rend aujourd’hui impossible un dépannage par la voiture neutre d’un coureur équipé en freins à disques. Heureusement, seul Marcel Kittel en est un fervent utilisateur sur ce peloton. « Il y a un gros rejet de la part des coureurs. Ils n’en veulent pas, ça n’apporte rien de plus. Chez les pros, il faut ralentir et non pas s’arrêter comme en VTT. Les freins à patins sont assez efficaces et les pros savent freiner. Ils n’ont pas besoin d’avoir des freins à disques. »

Mavic, en 40 ans, a connu de nombreuses évolutions dans le matériel cycliste et a toujours su les suivre. La justification d’un partenariat qui dure. Et sur quatre décennies, forcément, il existe de grands souvenirs. « Notre fait de gloire, c’est Greg Lemond qui gagne le Tour en 1989 avec un vélo équipé tout Mavic. Il bat Laurent Fignon pour 8 secondes et son équipe termine à trois coureurs. Nous avons eu plein de victoires d’étapes, comme avec Charly Mottet à l’époque de RMO, mais la plus belle a été de gagner le Tour avec un vélo entièrement équipé en Mavic. »
Leur dernier exploit est l’œuvre de Maxime, un des nombreux techniciens de l’assistance neutre. Présent il y a dix jours dans la voiture qui suivait la tête de course en direction de Chambéry, le jeune homme est intervenu sur le vélo de Rigoberto Uran, endommagé lors de la chute de Richie Porte dans la descente du Mont du Chat. Jacques Corteggiani nous raconte son intervention.

Le Colombien a passé la ligne en vainqueur grâce à Mavic. D’autres ont simplement passé la ligne grâce à Mavic. Comme Jens Voigt un jour de malchance. « C’est le dernier qui a franchi la ligne d’arrivée avec un vélo jaune. Ce jour là, dans les Pyrénées, il y avait des coureurs partout. Il a cassé ses deux vélo et n’en avait plus de rechange. Il a récupéré un vélo Mavic et a pu finir l’étape avec, repartir le lendemain et arriver jusqu’aux Champs-Elysées. »
En quarante ans sur les routes de France, les vélos jaune ont connu bon nombre d’histoires. « C’est la folie du vélo et la beauté du Tour, il peut tout se passer à n’importe quel moment. » Et sur la Grande Boucle, quoi qu’il se passe, Mavic sera toujours là pour les coureurs. – Adrien Godard