À l’occasion du salon Eurobike 2026, nous avons rencontré Dr. David T. Hon, fondateur et président de DAHON, l’inventeur du vélo pliant moderne. Plus de 40 ans après la création de la marque, le dirigeant revient sur la mission de l’entreprise, ses dernières innovations, sa vision de la mobilité durable, le développement des vélos électriques ainsi que les ambitions internationales de DAHON. Entretien.

 

DAHON existe depuis plus de 40 ans et est aujourd’hui présent dans de nombreux pays. Comment décririez-vous l’identité et la mission de l’entreprise ?

Depuis le début, notre mission est de contribuer à une mobilité plus verte. Avant de créer DAHON, j’étais chercheur dans un laboratoire scientifique. Je ne souhaitais pas que mes travaux servent à des applications militaires, j’ai donc quitté ce milieu pour développer des solutions favorisant une mobilité plus durable.

Au fil des années, nous avons largement contribué au développement du vélo pliant. Aujourd’hui encore, de nombreux fabricants utilisent des concepts inspirés de nos brevets historiques.

Pourquoi Eurobike 2026 est-il un rendez-vous important pour DAHON ?

Je ne dirais pas que c’est un moment décisif, mais c’est un rendez-vous annuel incontournable pour nous. Cette année, la fréquentation a été deux à trois fois inférieure à celle des éditions précédentes. Cela nous amène déjà à réfléchir au format que nous adopterons l’année prochaine.

Eurobike demeure toutefois l’occasion de retrouver nos partenaires, nos clients et même nos concurrents. C’est toujours appréciable d’avoir un rendez-vous au moins annuel de notre écosystème.

 

Quelles sont les principales innovations que vous présentez cette année ?

Notre nouveauté majeure est le modèle Lunden. Il intègre les meilleures solutions développées dans l’univers du vélo pliant et apporte plusieurs améliorations importantes : une géométrie optimisée, un cadre plus rigide, une suspension améliorée et une meilleure efficacité au pédalage.

Nous avons également retravaillé plusieurs éléments structurels afin d’améliorer les performances globales du vélo.

 

Lunden est également le premier vélo pliant à intégrer votre technologie V-Tech. Pouvez-vous nous en dire plus ?

La technologie V-Tech repose sur plusieurs innovations brevetées qui permettent d’augmenter la rigidité du cadre tout en conservant un excellent confort de roulage.

Nous avons utilisé des simulations informatiques très avancées ainsi que des tests physiques réalisés pendant plusieurs années afin de valider ces améliorations.

Nos résultats ont d’ailleurs été relayés par plusieurs médias internationaux comme Forbes, Reuters et Bloomberg.

 

Vous présentez également la gamme Mariner HD. Quel est son objectif ?

Les utilisateurs sont aujourd’hui plus grands et plus lourds qu’il y a plusieurs décennies. Pourtant, la limite de charge maximale des vélos est restée fixée à 105 kg depuis très longtemps. C’est la norme du marché depuis des décennies, hors les gabarits des utilisateurs ont changé.

Nous pensons qu’il est temps de faire évoluer cette norme. C’est pourquoi nous avons développé une gamme capable de supporter jusqu’à 150 kg afin que davantage de personnes puissent pratiquer le vélo en toute sécurité.

 

Vous estimez donc que les normes internationales devraient évoluer ?

Oui. Elles datent d’une époque où le profil des utilisateurs était différent. Il faudrait mener de nouvelles études afin d’adapter les standards aux usages actuels.

 

Votre introduction en Bourse a suscité un très fort intérêt des investisseurs. En quoi cela accélère-t-il votre capacité d’innovation ?

Oui, il y a eu une sursouscription. Cela démontre la confiance des investisseurs dans notre avenir. Notre croissance est très forte. L’an dernier, nous avons enregistré environ 22 % de croissance, aussi bien en chiffre d’affaires qu’en bénéfices.

Cette dynamique nous permet d’investir davantage dans le développement de nouveaux produits.

 

Cette croissance est-elle mondiale ?

Notre plus forte progression se situe actuellement en Chine, mais nous enregistrons également une croissance dans le reste du monde.

 

Quels sont aujourd’hui les principaux défis pour DAHON ?

La concurrence reste importante, notamment sur certains marchés européens où des marques comme Brompton bénéficient d’une très forte notoriété.

Nous continuons cependant à développer notre présence et à renforcer nos partenariats.

Nous souhaitons aussi densifier notre footprint industriel, ce qui peut se faire via des acquisitions d’usines. 

Nous avons l’ambition d’accélérer sur les vélos électriques. Ce segment fait d’ailleurs partie de nos priorités pour le futur. Je citerais également comme priorités l’innovation continue sur notre cœur de métier que sont les vélos pliables et le développement de solutions que d’autres fabricants peuvent intégrer à leurs propres produits.

Notre objectif n’est pas seulement de vendre des vélos DAHON, mais aussi de devenir un partenaire technologique reconnu par l’ensemble du secteur.

Interview réalisée par Benjamin Abitbol