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Interview de Frédéric Grappe

Publié le 10/02/2017 14:00

Directeur de la Performance de la FDJ - "Avec le nouveau capteur Shimano développé avec FDJ, nous allons pouvoir aller beaucoup plus loin dans l'analyse des données."

Frédéric GrappeFrédéric Grappe | © Frédéric Grappe/N.Götz

Frédéric, l'équipe FDJ développe avec Shimano un nouveau capteur de puissance. Où en sont vos recherches à l'heure actuelle ?
Nous collaborons avec Shimano et ses ingénieurs au Japon depuis un an et demi dans le but de développer ce nouveau capteur de puissance. Aujourd'hui, le modèle final est sorti mais nous sommes toujours en mode prototype en attendant une validation qui devrait intervenir au premier semestre. Un tiers de l'équipe l'a utilisé l'année dernière, ce qui a permis d'optimiser le système de manière à ce qu'il soit performant en 2017. Je pense qu'en milieu de saison quasiment toute l'équipe en sera équipée. Ce n'est pas encore le cas puisque nous sommes toujours en phase de test, mais progressivement nous serons amenés à rouler essentiellement sur ce capteur.

Où se situe ce nouveau capteur de puissance par rapport à la référence que demeure le SRM ?
Les procédures de validation réalisées sur l'année 2016 ont révélé d'excellents résultats par moments. Mais certaines réponses liées aux conditions climatiques, le mauvais temps comme la température, ont engendré quelques petits soucis. C'est normal pour un prototype, et tout cela a permis d'optimiser encore notre outil. Deux ingénieurs de Shimano ont été dépêchés sur la Vuelta de manière à améliorer la relation entre le capteur et la température. Nous voulions qu'il soit infaillible par fortes chaleurs. A partir de là les ingénieurs ont travaillé tout l'hiver pour sortir le nouveau capteur, le 9100, que l'on commence à mettre sur les vélos.

Des modèles comme les pédales Powertap mesurent l'efficacité du pédalage de la jambe droite comparativement à la jambe gauche. Qu'en est-il du capteur Shimano ?
Par le biais de la manivelle, il apporte une mesure à gauche, une mesure à droite, ce que ne fait pas le SRM. Nous disposons ainsi de l'équilibre, la balance entre gauche et droite, mais aussi un indice d'efficacité du pédalage, et un indice de technicité du pédalage. Nous allons pouvoir mesurer de nouveaux indices et retranscrire les courbes sur des logiciels. Nous allons ainsi pouvoir aller beaucoup plus loin dans l'analyse des données : voir si l'efficacité du pédalage se dégrade en fonction du temps, de la température, de l'intensité... Je suis persuadé que dans un proche avenir le capteur de puissance Shimano va devenir le nec plus ultra.

Arnaud Démare et la FDJArnaud Démare et la FDJ | © Sirotti

Vous êtes en train de nous dire que le SRM va devenir obsolète ?
Pas tout à fait, car le SRM reste scientifiquement le gold standard. Mais il dispose d'un peu moins d'options que le capteur Shimano au niveau de la mesure. Il restera un très bon capteur mais il est évident qu'à un moment donné, face aux mesures qui seront données par le capteur Shimano, le SRM ne pourra pas rivaliser. Le modèle 9100 sorti par Shimano est en outre beaucoup plus rigide et plus léger de 70 à 80 grammes que le SRM. La rigidité des manivelles, essentiellement en 175 millimètres, sera plus importante également. Non seulement nous allons optimiser la mesure de la puissance, mais nous allons pouvoir apporter une meilleure réponse au coureur qui pédalera. Quand il produira un certain niveau de force, il y aura moins de déformation avec ce capteur qu'avec un autre pédalier.

Les pros ont-ils beaucoup à progresser du point de vue de l'efficacité du pédalage ?
Il faut être prudent avec les chiffres car un coureur peut être performant sans avoir 50/50 au niveau de la balance. On peut être performant en ayant 2 à 3 % d'écart entre les deux membres parce que le coureur s'adapte musculairement. Il ne faut donc pas le corriger à tout prix. Evidemment, de grosses différences de balance peuvent causer des problèmes. Mais ce qui est clair c'est qu'avec l'arrivée de ce nouveau capteur, nous allons pouvoir aller plus loin dans la qualité des entraînements. Aujourd'hui, on ne peut pas donner plus de charges de travail au coureur, sans quoi on les fatigue et ils régressent. L'idée en revanche c'est d'être encore plus qualitatif dans les séances d'entraînement.

Quand ce produit sera-t-il mis sur le marché ?
Il est abouti à 90 %, il reste donc 10 % de mise au point. Shimano a parlé d'une mise sur le marché au mieux en milieu de saison. Avec de fortes probabiliés qu'il soit disponible avant le Tour.

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