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World Tour Matériel 101 #14

Publié le 29/05/2019 07:28

Le 14ème épisode du World Tour Matériel 101 correspond à l’entrée dans la dernière semaine du Giro. Sur cette semaine montagneuse le matériel est fortement mis à contribution, surtout quand le mauvais temps s’en mêle.

Sur l’étape qui a conduit les coureurs par-delà le fameux Mortirolo, un aspect matériel a pu interpeller les téléspectateurs : Giulio Ciccone (Trek Segafredo) annoncé meilleur descendeur que son compagnon d’échappée Jan Hirt (Astana) roulait avec un vélo à disques. La descente du Mortirolo était détrempée, la route sinueuse et étroite avec de nombreuses épingles. Avec un freinage forcément plus puissant, nous aurions pu voir se créer un écart entre ses 2 coureurs, dans la configuration de route et de météo qui favorise le plus les vélos à disques. Il n’en a rien été. Bien sûr, il est hasardeux de tirer une conclusion sur ce seul fait de course car Ciccone paraissait encore plus « gelé » que Hirt. Toujours est-il que le coureur italien n’a pas tiré d’avantages de son vélo dans ces conditions particulières.

Sur l’étape précédente (arrivant à Côme), le matériel a aussi été cité : Primoz Roglic a été victime d’un souci de dérailleur avant au plus mauvais moment, quelques kilomètres avant la dernière ascension, courte mais pentue, du Civiglio. Son directeur sportif aurait choisi, sans connaitre les déboires de Roglic, ce moment pour satisfaire un besoin naturel. Pour autant, Antwan Tolhoek avait pu laisser son vélo à son leader qui mesure 1 cm de moins. Si la présence de Tolhoek aussi bien placé et à la proximité immédiate de la 2ème voiture de Jumbo-Visma, a laissé planer un doute quant à un abri bienvenu, c’est surtout le vélo de Roglic qui a disparu à l'arrivée, c’est-à-dire sans avoir pu être contrôlé. Voici le genre de « raté » qui ramène sur le tapis, les inévitables débats sur la présence ou non de vélos à assistance électrique au sein du peloton.

 

 Primoz Roglic | © Sirotti

 

Ce souci mécanique nous permet d’évoquer l’assistance neutre sur le Giro, fournie par Shimano. Nous avons pu rencontrer Veronica Passoni qui travaille la marque depuis l’année passée seulement et qui explique ainsi qu’elle est nouvelle dans le « monde bleu ». Cependant, son expérience ne date pas de 2018 puisqu’elle a déjà travaillé pour un Service Course depuis 2009. Sur la base d’un contrat entre RCS (l’organisateur du Giro) et Shimano, elle se trouve donc sur les courses organisées par RCS telles que le Tour de Dubai puis les Strade Bianche, Tirreno Adriatico, Milan San Remo ainsi que Milan Turin et le Tour de Lombardie en fin de saison. Cependant, le plus évènement reste le Tour d’Italie.

Son interview sera détaillée en 2 parties, dont voici la 1ère cette semaine.

 

 

© Vélo101

 

Y a-t-il une différence entre les moyens mis en place cette année comparativement à l’année dernière ?

- Les différences ne sont pas fondamentales, je peux surtout comparer avec 10 ans en arrière : le service neutre était vraiment différent. A l’époque nous étions juste la structure qui changeait les roues. Maintenant, nous sommes vraiment la référence pour toutes les équipes et pas seulement pour les roues mais pour les vélos, la nutrition, l’eau et tout besoin qui peut arriver en cours de route.

 

Combien de voitures et motos avez-vous sur ce Giro ?

- Cela peut aller jusqu’à 4 voitures, 1 moto et un bus pour la logistique, ce qui est un dispositif légèrement supérieur à ce que nous avons sur des courses de moindre importance.

Sur un CLM ou étape particulière comme en haute montagne, c’est ce dispositif que nous avons. Mais cela peut aussi être 3 voitures « seulement » sur des étapes qui réclament moins de moyens.

Cela représente 10 personnes qui travaillent ensemble.

 

Les 3 voitures que vous évoquez, à quel endroit de la course sont-elles placées ?

- Une voiture au niveau de l’échappée, une voiture sur un éventuel 2ème groupe et une 3ème voiture à l’arrière, derrière le peloton principal. Mais j’insiste sur le fait que nos services ne se limitent pas à changer des roues mais il s’agit bien de tous les services aux coureurs incluant la diététique, eau, petits réglages en tous genres.

 

© Vélo 101

 

Et où sont les motos ?

- Elles sont à l’avant, car plus maniables elles peuvent venir en support plus rapidement, notamment sur les routes étroites en montagne.

 

Par rapport à votre expérience, pouvez-vous nous donner le nombre de roues ou de vélos dont vous disposez ?

- Jusqu’à il y a 2 ans, nous avions 4 vélos sur les galeries et depuis l’année dernière c’est 6 vélos dont 2 avec disques. Cela représente 18 à 25 vélos disponibles pour les coureurs. Nous avons aussi augmenté le nombre de roues à disques prêtes à être utilisées, du fait que de plus en plus de coureurs en sont équipés.

Nous avons aussi plusieurs diamètres de disques (140 mm et 160 mm). Cela n’est pas simple à gérer mais nous nous en sortons, de même qu’il faut gérer les 11 et 12 vitesses. 

Dernière chose à propos des mesures, nous avons des cotes de tous les coureurs, en particulier pour la hauteur de selle. Ce qui nous permet de fournir un vélo (modèle de pédales compris) aux cotes les plus proches pour tous les coureurs. Ce qui signifie que même un coureur de grande taille comme Tom Dumoulin peut (ou aurait pu) avoir un vélo à ses cotes si nécessaire.

Jusqu’à l’année passée, nous avions seulement les cotes précises pour les leaders mais cette année c’est pour tout le monde !

A propos des motos, elles ont 4 roues de rechange (2 paires standard et 2 paires disques). Mais si nous avons une étape qui sollicite beaucoup de changements alors l’une des voitures peut venir « ravitailler » les motos qui se trouveraient dépourvues de roues de rechange.

Sur une échappée et par rapport à la moto, nous adaptons aussi en temps réel le type de roues (11 ou 12 vitesses) en fonction des coureurs qui sont présents. Cela demande parfois un « ballet » entre l’une des voitures et la moto mais ceci se fait suffisamment rapidement pour qu’aucun coureur ne soit pénalisé. Nous utilisons alors la radio, afin d’intervenir au plus vite.

 


 

Enfin, revenons à notre classement World Tour Matériel 101. Pas de changement au sommet, malgré les performances de l’équipe Astana qui se trouve plus à l’aise sur les courses par étapes.

Nous retrouvons donc toujours le trio qui mène la danse : Specialized/Shimano/Roval.

 

Le podium WT Matériel 101Le podium WT Matériel 101 | © Vélo 101

 

 Par Olivier Dulaurent

 

 

 

 

 

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