Le Tour d’Italie s’élance le samedi 4 mai, dans une semaine. Voici le parcours et le profil des 21 étapes du Giro 2024

Après la victoire de Primoz Roglic à bout du suspense sur les pentes du Monte Lussari, le Giro nous réserve, chaque année, plusieurs étapes exigeantes, surtout en troisième semaine. Cette année, deux contre-la-montre individuels et une étape des “sterrati” (chemins de terre) seront notamment au programme. La troisième semaine s’annonce décisive avec quatre étapes de montagne.

Le parcours du Giro 2024

1ʳᵉ étape : Venaria Reale → Torino (136 km)

Une étape difficile avec un final exigeant qui portera les leaders aux avant-postes dès le début de ce Giro. Approche de Turin par le nord, puis circuit avec l’ascension de l’Eremo et du Colle Maddalena avant de redescendre vers Moncalieri et Turin.

2ᵉ étape : San Francesco al Campo → Santuario di Oropa (154 km)

Une étape difficile avec un final en montée. Le parcours traverse le Canavese et le Biellese, passe par Valdengo et l’Oasi Zegna pour affronter le versant classique d’Oropa à partir de Biella.

3ᵉ étape : Novara → Fossano (165 km)

Une étape qui convient aux sprinteurs, mais aucun cadeau ne leur sera fait. La dernière rampe avant la dernière ligne droite se situe à quelques kilomètres de l’arrivée. L’étape traverse la vallée du Pô avec de rares ascensions comme Lu et Cherasco.

4ᵉ étape : Acqui Terme → Andora (187 km)

 

 

Encore une étape pour les sprinteurs qui auront la vie facile dans le final, mais plus difficile au départ quand, après avoir traversé le Val Bormida, il faudra franchir les Apennins pour atteindre la mer. La route monte à 1000 m jusqu’au col de Melogno pour redescendre sur Savone par le col de Cadibona. De Savone, le parcours emprunte l’intégralité de la via Aurelia avec le Capo Mele comme dernière montée.

5ᵉ étape : Genova → Lucca (176 km)

 

Troisième étape pour les coureurs rapides. Le peloton file le long de l’Aurelia de Gênes à Camaiore, en passant par Rapallo, Sestri Levante, Sarzana, Carrara et Massa. L’approche de Lucques se fait par le Val Freddana avec Montemagno comme seul relief au départ.

6ᵉ étape : Viareggio → Rapolano terme (177 km)

L’étape des “sterrati” (chemins de terre). Nous partons de Viareggio (Torre del Lago) pour traverser la région pisane via Cascina et Ponsacco, puis passer devant Volterra. L’étape entre dans la région de Sienne par la colonne Montarrenti pour parcourir les tronçons Vidritta et Bagnaia des Strade Bianche et ensuite, en arrivant à Asciano, le tronçon inédit de Pievina. L’arrivée est en montée légère. Il y a de nombreuses montées à la longueur variable au fil du parcours.

7ᵉ étape / CLM individuel : Foligno →Perugia (37.2 km)

Contre-la-montre plat au pied de la capitale de l’Ombrie avec une montée finale (répertoriée pour le classement de la montagne) vers le centre. Une course très rapide est attendue dans la première partie à travers Spello, Assisi et Bastia Umbra.

8ᵉ étape : Spoleto → Prati di Tivo (153 km)

Une étape courte dans les Apennins avec un dénivelé important. Au départ, les coureurs escaladent la Forca di Cerro, suivie de la Forca Capistrello jusqu’à Leonessa, où ils affronteront un tronçon sans précédent avec l’ascension de Croce Abbio (qui flirte avec le Passo Capannelle) depuis Capitignano. Descente rapide jusqu’au pied de la montée finale de 14 km à 7% de moyenne.

9ᵉ étape : Avezzano → Naples (206 km)

Une étape de plaine avec un final piégeur. Le parcours commence sur un terrain favorable, en descente quasi constante depuis Avezzano, le long de l’autoroute Sora-Cassino. Après avoir atteint la mer Tyrrhénienne après Minturno, les coureurs passeront par Castelvolturno, Mondragone, Lago Patria et Cuma avant l’ascension du Monte di Procida avec une succession de reliefs jusqu’à Pozzuoli et Posillipo. Le final est en descente avant l’arrivée sur la Via Caracciolo.

Première journée de repos
10ᵉ étape : Pompei → Cusano Mutri (141 km)

 

La grande étape des Apennins méridionaux. Elle part de Pompei pour longer Nola et Montesarchio. Les difficultés commencent ensuite, avec les pentes du Taburno et la montée de Camposauro. Après une courte descente, la très longue montée finale commence, en passant par Guardia Sanframondi et Cusano Mutri, qui marque le pied de l’ascension (18 km à 5,6 %).

11ᵉ étape : Foiano di val Fortore → Francavilla al mare (203 km)

 

Une étape qui mène les coureurs à la mer Adriatique via le Molise. Le parcours traverse les Apennins de Molise jusqu’à Termoli, où les coureurs emprunteront la route nationale de l’Adriatique jusqu’à l’arrivée. Les 80 derniers kilomètres sont rectilignes et plats pour un sprint pratiquement assuré.

12ᵉ étape : Martinsicuro → Fano (183 km)

Étape des “petits murs” (qui ne sont pas extrêmes). Après une première partie le long de l’Adriatique, on s’éloigne de la mer à partir de Civitanova Marche pour affronter un parcours en dents de scie, fait de montées et de descentes plus ou moins difficiles. On en compte une dizaine (seules quelques-unes sont répertoriées pour le classement de la montagne), dont la dernière, à 12 km de l’arrivée, devrait permettre à quelques audacieux de se lancer à l’attaque.

13ᵉ étape : Riccione → Cento (179 km)

Cette étape parfaitement plate relie les plages au centre de la vallée du Pô. La première partie suit la Via Emilia et s’en détache après Imola avec un large passage au nord de Bologne et une arrivée à Cento, où un sprint massif est attendu.

14ᵉ étape / CLM individuel : Castiglione delle Stiviere → Desenzano del garda (31 km)

Un contre-la-montre pour les spécialistes. Une moyenne de 55 km/h est attendue compte tenu de la configuration très rapide de la route dans la seconde moitié et du profil, presque toujours en légère descente. Le parcours traverse la campagne de Desenzano pour une arrivée au bord du lac.

15ᵉ étape : Manerba del garda → Livigno (220 km)

 

Une grande étape alpine avec une arrivée inédite (c’est l’étape la plus longue). Départ du lac de Garde pour rejoindre le lac d’Iseo par l’ascension inédite du Colle San Zeno. L’étape remonte le Val Camonica pour passer Aprica, entrer en Suisse et escalader l’interminable Forcola di Livigno. Place ensuite à une descente rapide et à la montée jusqu’au Passo d’Eira, avec les 2 derniers kilomètres sur la piste de ski de Mottolino.

Deuxième journée de repos
16ᵉ étape : Livigno → Santa Cristina Valgardena (202 km)

 

Une longue étape avec le Passo dello Stelvio comme Cima Coppi. Départ en montée avec les cols d’Eira et de Foscagno, suivis du Stelvio après Bormio. Longue descente et long faux-plat jusqu’à Bolzano le long de la vallée de Venosta et de la vallée de l’Adige. À partir de Cardano, une longue montée mène vers Castelrotto et Passo Pinei. Après avoir traversé Ortisei, les derniers kilomètres présentent une montée douce jusqu’à la rampe finale.

17ᵉ étape : Selva di Val Gardena → Passo del Brocon (159 km)

Étape courte et très intense. Quelques kilomètres et beaucoup de dénivelé. Au départ, l’étape emprunte le Passo Sella et la Valle di Fassa (la seule section “tranquille”), avant de monter successivement le Passo Rolle, le Passo Gobbera et le Passo Brocon jusqu’au premier col. Descente par le Catello Tesino et remontée du versant le plus difficile (et inédit) de la Val Malene jusqu’au Passo Brocon pour l’arrivée. Les 2 derniers kilomètres sont très raides (12% en moyenne) avec des virages en épingle à cheveux très serrés.

18ᵉ étape : Fiera di primiero → Padova (166 km)

Une étape de “repos” avec un probable sprint final. Le parcours est en descente légère depuis le départ jusqu’à Feltre. Ensuite, c’est plat à travers les terres du Prosecco, Trévise et l’arrière-pays vénitien. Dernière partie le long de la Brenta et de ses villas pour arriver à Prato della Valle à Padoue.

19ᵉ étape : Mortegliano → Sappada (155 km)

Étape intermédiaire. La première partie est plate jusqu’à Tolmezzo. Elle est suivie par la montée vers Paularo, pour attaquer le triptyque formé par le Passo Duron, la Sella Valcalda et la montée finale vers Sappada.

20ᵉ étape :  Alpago → Bassano del Grappa (175 km)

 

Une étape décisive du Giro si les écarts ne sont pas trop importants. Après une première partie essentiellement plate, avec la seule ascension du Muro di Ca’ del Poggio, l’étape emprunte deux fois l’ascension du Monte Grappa par le versant de Semonzo. Après la deuxième descente, la course file immédiatement jusqu’à l’arrivée.

21ᵉ étape : Rome → Rome (126 km)

 

La parade finale suit un parcours similaire à celui de 2023, avec un aller-retour initial vers la côte, puis quelques tours de circuit en ville.

Filippo Ganna, vainqueur de six étapes du Giro d’Italia :

« Ce sera un Giro très exigeant, je me concentrerai clairement sur les deux contre-la-montre. Des deux, celui de Desenzano me convient le mieux. Gagner les étapes du Giro sont toujours spéciales, j’ai envie de recommencer ».

Vincenzo Nibali, double vainqueur du Giro d’Italia (2013, 2016) :

« C’est agréable d’être dans le cyclisme et de suivre les courses d’un point de vue différent comme je l’ai fait sur le Giro de cette année. Ça va être un début atypique, Il faut être prêt car les premières étapes sont exigeantes. Oropa le deuxième jour sera un test important et il sera bon de se souvenir de Marco Pantani. Le contre-la-montre de Pérouse sera un bon test pour ceux qui visent la Maglia Rosa. Avec tant de montées dans la deuxième et la troisième semaine, je suis convaincu que la course sera ouverte jusqu’au bout, comme l’année dernière, et que le Monte Grappa pourrait être la montagne décisive ».

Crédit : Giro d’Italia / Fabio Ferrari / LaPresse