Fabio Aru. Ce soir à Madrid, c’est donc Fabio Aru (Astana) qui soulèvera le trophée de lauréat sur la première marche du podium dressé sur la Plaza de Cibeles, ceci grâce à un prodigieux retournement de situation hier dans l’ultime étape de montagne. « On avait compris vendredi soir qu’il faudrait donner le maximum, et nous avions un bon terrain pour attaquer, a-t-il souligné dans son maillot rouge retrouvé. Toute mon équipe a été parfaite. Diego Rosa et Dario Cataldo ont roulé à un rythme très élevé dans la Morcuera. Puis Mikel Landa a fait du grand boulot. Il a su se mettre à ma disposition, renoncer à des résultats pour m’aider comme il l’avait fait sur le Giro (NDLR : 3ème quand Aru avait pris la 2ème place). Nous avons d’abord marqué une première différence puis, quand Tom Dumoulin est revenu, on a levé le pied pour relancer à 2 kilomètres du sommet. Il est revenu, mais j’ai vu qu’il était fatigué, et on a roulé à un rythme fort en pensant seulement à augmenter l’écart. En bas de la descente, quand j’ai vu que Dumoulin revenait à 15 secondes, j’ai roulé à fond. Puis je suis tombé sur Andrey Zeits et Luis-Leon Sanchez. Sans eux on n’y serait pas arrivés. » Après des débuts d’exception dans les Grands Tours (3ème du Giro 2014, 2ème du Giro 2015, 1er de la Vuelta 2015), Fabio Aru envisage à présent de découvrir le Tour de France, ce qu’il devrait faire la saison prochaine avec Astana.
Ruben Plaza. C’est un numéro d’anthologie qu’a accompli hier l’Espagnol Ruben Plaza (Lampre-Merida), deux mois à peine après avoir conquis une étape du Tour de France à Gap. Au taquet, le porteur du dossard 101 de la Vuelta a d’abord pris la bonne échappée, composée de dix coureurs mais rapidement talonnée par un groupe d’une trentaine d’hommes. « Nous étions dix en tête, et j’ai entendu qu’il y avait vingt-neuf coureurs en chasse, raconte-t-il. Là, j’ai compris que ce serait le chaos, des coureurs réussissant toujours à ne pas collaborer dans d’aussi grosses échappées. J’ai donc espéré former un petit groupe en relançant l’allure avant la jonction mais je me suis retrouvé seul à 114 kilomètres de l’arrivée. Je connaissais très bien cette étape, alors j’ai insisté et je suis allé au bout. »

Joaquim Rodriguez. Monté sur le podium du Giro (2ème en 2012), du Tour (3ème en 2013) et déjà de la Vuelta (3ème en 2012 quand il avait dû sa 3ème place en 2010 au déclassement a posteriori d’Ezequiel Mosquera), Joaquim Rodriguez (Team Katusha) gravira ce soir la deuxième marche du podium du Tour d’Espagne à 36 ans. Hier, il s’est accroché au groupe Aru et a su limiter son débours sur Rafal Majka, qui convoitait lui aussi le rang de dauphin. « Les Astana ont été très courageux. Ils ont joué le tout pour le tout pour isoler Dumoulin. J’ai eu peur pour ma 2ème place. Majka a été très fort et il a eu l’aide de Quintana. J’ai eu la chance d’avoir l’aide de l’équipe Astana et aussi d’Alberto Losada, qui termine cette Vuelta extrêmement fort. J’aurais signé de suite pour une 2ème place acquise de cette façon. »

Nairo Quintana. Des quatre as du dernier Tour de France présents au départ de la Vuelta, Nairo Quintana (Movistar Team) sera le seul à s’en être sorti avec les honneurs quand Vincenzo Nibali a été exclu, Chris Froome contraint à l’abandon sur blessure et Alejandro Valverde a affiché ses limites hier. Dans la foulée de sa 2ème place finale dans le Tour de France, le Colombien terminera 4ème ce soir du Tour d’Espagne après s’être encore montré offensif hier. « Je suis content, mais j’aurais été plus heureux si j’avais atteint le podium. Comme je l’ai dit il y a quelques jours, je suis bien revenu après avoir été malade. Finir la Vuelta comme ça est une récompense. Après avoir abandonné sur chute en 2014, je voulais absolument finir cette fois. Je suis très content de cette 4ème place. »
L’étape du jour :
