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Dernières brèves du Tour de France : 14ème étape

Publié le 18/07/2004 00:05

Thomas Voeckler champion du courage, Jan Ullrich cale encore, une voiture de RAGT Semences accidentée.
Thomas Voeckler champion du courage, Jan Ullrich cale encore, une voiture de RAGT Semences accidentée.

L'info du Tour :

Les yeux chargés de bonheur, un sourire rayonnant sur son visage, le Maillot Jaune ouvert flottant dans l'air, Thomas Voeckler (Brioches La Boulangère) a ému la France hier après-midi au Plateau de Beille. Sans jamais paniquer, sans jamais se décourager non plus, l'Alsacien a réalisé une grande étape pyrénéenne. Distancé à plusieurs reprises, il a bataillé pour défendre son Maillot Jaune et est parvenu au bout de l'étape avec le poing droit levé. De ses 9'35" d'avance sur Lance Armstrong il y a quarante-huit heures, Thomas Voeckler n'en conserve que 22 secondes à la sortie des Pyrénées, mais c'est suffisant pour espérer atteindre l'Alpe d'Huez en Jaune, si la grande bagarre n'éclate pas dans l'étape de Villard-de-Lans, mardi. Mais quoiqu'il arrive, chaque jour en Jaune est désormais du bonus. "En montant sur le podium à La Mongie, je pensais que c'était la dernière fois, a rappelé Thomas Voeckler sur son petit nuage. Aujourd'hui, avant la dernière ascension, j'avais déjà bien galéré. J'avais été décroché dans le col d'Agnès et puis j'ai réussi a retrouver un deuxième souffle, je suis revenu et je me suis calé dans la roue des US Postal. J'ai essayé de les suivre le plus longtemps possible en prenant soin de ne pas me faire péter la caisse. Puis Jérôme Pineau et Sylvain Chavanel m'ont aidé, m'ont encouragé, m'ont dit de ne pas baisser les bras. C'est vrai que je me suis impressionné moi-même. Je ne pensais pas que j'étais capable de faire ça dans un col comme le Plateau de Beille et cela m'aide à prendre conscience de mes moyens." Après le Maillot Jaune, Thomas Voeckler tâchera de défendre le Maillot Blanc, dont il est également le détenteur depuis le coup de Chartres.

L'Allemand Jan Ullrich (T-Mobile) a de nouveau montré des signes de faiblesse en montagne. Hier, il a craqué dès le début de l'ascension du Plateau de Beille. Seul cette fois, il a dû batailler comme dans un contre-la-montre pour parvenir à céder le moins de temps possible à Lance Armstrong. Tout de même cinquième au sommet, Jan Ullrich a perdu 2'46". Il est désormais 8ème du classement général à 7'01" de son rival Américain. "J'étais un peu mieux que dans l'étape de La Mongie, a précisé l'Allemand. Mes jambes tournaient mieux aussi. Mais j'ai toujours quelques problèmes musculaires. J'espère pouvoir me bonifier encore dans les Alpes. Je me bats tous les jours et le Tour se termine à Paris. Il y a encore des étapes difficiles dans les Alpes. Si je peux renouveler chaque jour le bond que j'ai effectué samedi par rapport à vendredi, je serai content."

Le problème des arrivées en altitude, c'est qu'après l'étape, il faut redescendre dans la vallée pour rejoindre l'hôtel. Mêlées à la foule de supporters, les voitures des équipes ont mis un temps fou à rentrer hier soir. Deux heures après l'arrivée de l'étape, la plupart des formations étaient encore coincées dans d'importants embouteillages. Aussi, pour contourner les difficultés, une voiture de RAGT Semences-MG Rover s'est mise à rouler à gauche avant d'emboutir une voiture arrivant en sens inverse. Ses occupants, un kiné et un assistant, ont été blessés et transportés à l'hôpital du val d'Ariège. Le plus touché des deux souffrait d'une entorse cervicale et d'un choc au bassin.

Le road-book : 14ème étape Carcassonne-Nîmes.

La 14ème étape du Tour de France se déroule entre Carcassonne et Nîmes, sur un parcours de 192,5 km. Nîmes reçut le Tour de France pour la première fois en 1905 (victoire de Louis Trousselier) et pour la dernière fois en 1986 (victoire de Franck Hoste). L'étape est plane et pourrait parfaitement convenir à un sprinter.
  • L'avis de Nicolas Portal (Ag2r Prévoyance) : "voilà une étape de transition classique, qui ne se finira pas au sprint. Entre les Pyrénées et les Alpes, je vois une arrivée du style Toulouse l'an dernier. Pour les équipes de sprinters, ce sera dur de contrôler tout le monde. Ca peut partir plein pot et puis arriver en petit groupe. Les équipes vont être bien usées. Et puis, on arrive chez Stéphane Goubert..."


    Les télégrammes :

    Ouf. Lance Armstrong a exprimé son soulagement à Ivan Basso à 2 km de l'arrivée, estimant qu'ils avaient eu de la chance d'être passé entre les rangs de supporters.

    Poisse. Christophe Moreau (Crédit Agricole) a été victime d'une crevaison au pied du Plateau de Beille. Néanmoins, il a terminé 8ème au sommet à 2'51" d'Armstrong.

    Balai. L'Espagnol Haimar Zubeldia (Euskaltel-Euskadi) et le Russe Denis Menchov (Illes Balears-Banesto) ont abandonné le Tour hier matin, blessés à un genou.

    Supporter. Le président des Etats-Unis George Bush suit avec beaucoup d'intérêt les exploits de son ami Lance Armstrong sur le Tour de France.

    Aîné. Pascal Lino, qui porta le Maillot Jaune du Tour 1992 pendant onze jours, a promis de donner des conseils à Thomas Voeckler pour gérer l'après-Maillot Jaune.


    Derrière le 101 : Virenque habillé pour les Alpes.

    Le dossard 101 avait un objectif dans cette deuxième semaine de Tour de France : amasser suffisamment de points au classement de la montagne pour arriver vêtu du Maillot à Pois dans les Alpes. Hier, entre Lannemezan et le Plateau de Beille, Richard Virenque a accompli sa mission. Précédé par les trois échappés, il a pris la 4ème place au col du Portet d'Aspet, au col de la Core, au col de Latrape, au col d'Agnès et au Port de Lers. Dans le peloton, seul Christophe Moreau (Crédit Agricole) a montré un réel intérêt pour le classement de la montagne, qui ne devrait sans doute pas échapper à Richard Virenque. Le Varois a empoché 33 nouveaux points hier et s'est dit impressionné par la clameur du public dans les derniers kilomètres du Plateau de Beille, où il a terminé 34ème à 11'28" du duo Armstrong-Basso.

    101 ans de légende : la naissance du Maillot Jaune.

    C'était il y a 85 ans, le vendredi 18 juillet 1919. Le Tour était parti depuis trois semaines et il restait une semaine de course à accomplir. Les coureurs prenaient un peu de repos du côté de Grenoble quand l'idée de matérialiser la première place du classement général par un maillot distinctif prit forme. Depuis quelques temps, les journalistes suggéraient à Henri Desgrange de donner au premier du classement général, en l'occurrence Eugène Christophe, un maillot de couleur. Le directeur du Tour de France opta pour le jaune, la couleur du papier de son journal, L'Auto. Au matin de la 10ème étape, Eugène Christophe troquait donc son maillot gris de La Française pour le tout premier Maillot Jaune de l'Histoire, devenu aujourd'hui le symbole du Tour de France. D'Eugène Christophe à Thomas Voeckler, les générations se sont succédées avec la même flamme à l'égard de la tunique sacrée. Thomas Voeckler est le 80ème coureur Français à porter le Maillot Jaune depuis la naissance de la toison d'or il y a 85 ans.
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