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Arnaud Gérard : du vélo à la voiture suiveuse

Publié le 18/12/2018 14:45

Arnaud Gérard ne prendra pas sa retraite de sitôt. L'ancien de la FDJ a décidé de poursuivre au sein du Team Arkéa-Samsic en tant que directeur sportif. Le Breton nous parle de ce nouveau rôle après 14 années sur le vélo

Après quatorze saisons de bons et loyaux services où il a souvent travaillé pour ses leaders, Arnaud Gérard a décidé de raccrocher le vélo. Passé par la FDJ avant de rejoindre sa Bretagne natale chez Fortuneo Samsic, le Dinanais a saisi l'opportunité de continuer aux côtés d'Emmanuel Hubert, désormais en tant que directeur sportif. 

nullArnaud Gérard avec Fortuneo Samsic © Team Fortuneo Samsic

Aviez-vous prévu de terminer votre carrière sportive cette saison ? 

Non. Ce n’était pas forcément prévu. Ca pouvait être ma dernière année ou avant-dernière année. Mais j’étais sûr d’arrêter en 2019. C’est également l’opportunité qui m’a permis de prendre cette décision. 

Finalement, vous êtes un jeune retraité, à seulement 34 ans.

Je suis passé professionnel assez tôt. Je n’ai pas de regrets. Après, le vélo a changé par rapport à mes débuts. Au mieux, j’aurais pu faire deux ans de plus. 14 ou 16 ans dans le monde pro, ça n’aurait pas changé grand chose. 

On imagine combien ça peut-être compliqué, usant, et fatiguant de monter tous les jours sur le vélo pendant près de 14 ans. C'est ce qui a motivé votre arrêt ?

Je suis un passionné de vélo. Je n’ai jamais senti la difficulté d’aller m’entrainer. Mais, je sentais ces derniers temps que j’étais moins performant en course. C’est plus mes performances qui m’ont convaincu qu’il fallait passer à autre chose. 

La transition entre coureur et directeur sportif s'est-elle faite naturellement ? 

J’avais discuté avec Emmanuel Hubert au mois de juin, je voulais être fixé assez rapidement sur mon avenir. Savoir si j’avais la possibilité de continuer dans l’équipe ou si il y avait une place pour intégrer le staff, car j’étais preneur. J’ai eu ma réponse fin juillet. Il m’a dit que sportivement, ça serait compliqué car il y avait peu de coureurs en fin de contrat et il fallait diminuer l’effectif. Et puis, concernant la deuxième proposition, il m’a encouragé à passer mes diplômes pour intégrer le staff. J’ai saisi l’opportunité car on vous tend la main, il faut la prendre. C’était un choix de ma part de rester dans le milieu, et puis je trouve que c’est bien de continuer avec l’équipe qui m’a permis de réaliser ma fin de carrière. 

Vous apportiez déjà votre expérience au groupe l'année passée. Cette saison, en tant que DS, vous vous placerez dans la continuité ?

Je suis quelqu’un qui partage. Ce que je ne voulais surtout pas, c’est faire une ou deux saisons de trop pour finir aigri. Moi, j’ai plutôt envie de partager mon expérience avec l’équipe, avec les jeunes. Mon rôle sera de faire la transition entre les coureurs et le staff technique. En 2018, j’étais encore coureur donc je sais ce qu’ils veulent ou pas. J’ai encore l’oeil du coureur et je pense que ce sera un plus pour l’équipe. 

Quels ont été les faits marquants de votre carrière ? Vos deux victoires en pro ?

Oui. Il y a la PolyNormande, et puis l’étape au Tour du Poitou. Sur les 14 années, c’est sur que j’aurais aimé gagner plus de courses. Mais j’ai quand même pu réaliser les plus grandes épreuves du circuit, ce qui me permet aujourd’hui de ne pas avoir de regrets. 

Vous avez pu courir les trois grands Tours, c'est une satisfaction ?

Oui, une grande satisfaction. J’aurais bien voulu faire une ou deux fois de plus le Tour de France. Ce sont les aléas d’une carrière, on n’est pas toujours sélectionné. Dès fois, on est le 10ème alors qu’il y en a que neuf qui partent. Mais j’ai pu faire les trois grands Tours et je les ai toujours terminés. C’est une satisfaction personnelle d’avoir pu vivre ces aventures humaines et sportives durant ces grands Tours. 

Connaissez-vous votre planning pour la saison 2019 ? 

Je ne suis encore que stagiaire car je passe mon diplôme. Je vais faire moins de jours que les directeurs sportifs numéro 1. Je vais découvrir en tant que numéro 2. En tout cas, de ce que je sais actuellement, je vais démarrer sur le Tour de Provence.  

Première question en tant que directeur sportif. Quels seront les objectifs d'Arkéa-Samsic pour 2019 ?

L’objectif sera de réaliser une bonne saison. 2018 a été compliquée. Donc il faudra être meilleur et surtout prendre du plaisir car les résultats vont souvent avec. Le sport, ce n’est jamais une science exacte. 2018 a été difficile mais 2019 pourrait être une superbe saison. Ca fait partie du sport de haut-niveau, ce n’est pas forcément agréable, mais il faut passer par-là. 

Le train de Greipel chez Fortuneo SamsicLe train de Greipel chez Fortuneo Samsic | © Team Fortuneo Samsic

Vous avez désormais des leaders sur tous les terrains 

Sur le papier, l’équipe a recruté Greipel, l’un des meilleurs sprinteurs du monde. Il y a Warren Barguil qui grimpe bien. Sans oublier les jeunes qui arrivent derrière. On a une équipe solide et homogène. Il y a des coureurs d’expérience comme Romain Hardy, Florian Vachon ou Laurent Pichon qui savent gagner des courses. On ne se reposera pas seulement sur les deux leaders de l’équipe. Il ne faut pas résumer Arkéa-Samsic à deux coureurs.

Vous possédez également de bons jeunes à l'image d'Alan Riou ou de Clément Russo. L'objectif sera de les intégrer et les voir briller ? 

C’est ça. Clément Russo a eu un début de saison compliqué l’année dernière parce qu’il avait mal à un genou. Mais il a fait une excellente fin de saison. C’est un garçon qui s’intègre très bien au groupe. Il a de réelles qualités. Sur les cyclo-cross, il est déjà performant. Après, un coureur comme Alan Riou va découvrir cette année. Il faut qu’il profite de sa première saison parce que ce n’est pas forcément évident d’assimiler la distance, le rythme ou les plannings du monde pro. Il va se retrouver avec des périodes de 15 jours/trois semaines sans courir. Tout ça, c’est nouveau pour eux, donc le but sera des les intégrer au maximum pour qu’ils performent le plus tôt possible. Mais on ne leur met pas une pression monstre. 

Un petit mot d'Elie Gesbert qui a montré de belles choses depuis deux saisons. 

C’est un talent brut. Il a fait une belle première année en 2017 acec deux victoires. Cette année, il a fait un très beau Tour de France. Il a du talent, et il peut briller. Il a des qualités sur tous les terrains. Il frotte bien, il grimpe bien, et c’est également un bon puncheur. L’équipe compte sur lui pour faire des résultats. Il est encore jeune, mais quand on a découvert le Tour de France à son âge, il y a beaucoup d’attente de la part des médias. C’est difficile à assumer. Mais c’est clair que le talent, il l’a dans les jambes. L’équipe croit beaucoup en lui. 

-Propos recueillis par LL 

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