
La saison de Bryan Coquard a donc démarré sur des bases similaires à celle de l’année passée. Une surprise relative pour un finisseur atypique, taillé comme un grimpeur (1,69 mètre, 58 kg), qui sait décidément s’imposer sur tous les terrains. « Sur les sprints plus plats, j’essaie de profiter de ma petite taille et de l’aspiration, explique-t-il. Sur des sprints en bosse, c’est le rapport poids-puissance qui parle. A Bessèges, j’étais sans doute moins prêt physiquement que l’an passé. Mais je sens que j’ai progressé en un an, si bien que j’arrive à obtenir le même résultat malgré une condition moins bonne. »
Plus costaud et plus posé. Avec six victoires en 2013, sa première année d’apprentissage l’a confirmé d’emblée parmi les meilleurs sprinteurs du monde. Certes, Mark Cavendish, André Greipel et Marcel Kittel restent les trois références en la matière, mais Bryan Coquard se situe sans prétention parmi les dix sprinteurs qui leur collent au train, et dont font également partie Nacer Bouhanni et Arnaud Démare. « Je n’arrive pas trop encore à me situer par rapport à eux mais je sais que nous avons une belle génération de sprinteurs en France, admet-il. Je ne les ai pas beaucoup battus l’année passée. Arnaud et Nacer avaient déjà une ou deux années d’expérience chez les pros donc plus de maturité. Malgré tout j’ai réussi à battre de grands noms du sprint comme Marcel Kittel. »

En ce sens, l’accession de l’équipe au WorldTour va offrir à l’ensemble du groupe un calendrier plus conséquent avec un accès aux plus grandes courses. Une chance que Bryan Coquard compte bien saisir. Sa première partie de saison est d’ores et déjà axée sur trois rendez-vous : Paris-Nice, Milan-San Remo et Gand-Wevelgem, trois courses dont il rêvait gamin et sur lesquelles il aimerait être au top de son niveau pour pouvoir faire du mieux possible. « J’irai avant tout pour y prendre de l’expérience et progresser en me confrontant aux meilleurs mondiaux, le résultat sera accessoire, même si j’ai envie de gagner dès que je prends le départ d’une course. Je m’attends quand même à moins gagner du fait de faire des courses d’un niveau un peu plus important. L’objectif, c’est de progresser, prendre de l’expérience, prendre de la caisse dans l’optique d’être toujours meilleur d’une année sur l’autre. »
Sans renier ses racines, celles de la piste, d’où vient Bryan Coquard, médaillé d’argent de l’omnium à Londres, et sur laquelle il roule encore tous les mardis soirs sur le vélodrome de Pontchâteau avec les jeunes du club. « J’ai été vacciné à la piste, c’est elle qui m’a amené à ce niveau, garde-t-il en tête. J’aimerais d’ailleurs retourner un jour sur les compétitions internationales avec l’équipe de France. Je n’ai pas zappé de ma tête les Jeux de Rio en 2016. Ce sera compliqué de mener un double objectif mais je n’ai pas encore fait une croix dessus. Dans six mois, la qualification pour les Jeux commencera. On se décidera à ce moment. Ce qui est sûr, c’est que si je vais à Rio pour l’omnium, ce sera pour être champion olympique. »