
Pour vaincre, mieux vaut malgré tout se cacher le plus longtemps possible. Comme Erik Dekker et Richard Virenque l’ont fait en leurs temps, Thomas Voeckler adopte pourtant une tout autre tactique pour tenter de sauver sa saison une semaine après qu’il ait manqué une opportunité de ce type chez lui au Tour de Vendée. Le coureur dont le compteur de victoire reste bloqué à zéro cette saison, contre deux pour son compteur de clavicules cassées, fausse compagnie au peloton dès les premiers tours de roue. Il s’embarque alors, sans peut-être le savoir encore, dans une fugue qui durera près de 240 kilomètres. Pour se faire, Thomas Voeckler n’est pas seul. Il peut compter sur l’appui de Cesare Benedetti (Team NetApp-Endura), Yoann Paillot (La Pomme Marseille 13), Kevin Van Melsen (Wanty-Groupe Gobert) et Jelle Wallays (Topsport Vlaanderen-Baloise). Puis Julien Duval (Roubaix Lille Métropole) et Pierre Gouault (BigMat-Auber 93) les rejoignent dans une échappée qui, dans d’autres circonstances, n’aurait pas eu la moindre de chance de réussir.
Même s’il fait un temps à ne pas mettre un cycliste dehors en ce dimanche d’automne pluvieux, les conditions météo vont être favorables au groupe de tête. Les averses rendent les routes glissantes et gênent la progression du peloton qui a pourtant tout fait pour garder les fuyards sous contrôle après avoir lâché du lest et 6’40 » en début d’épreuve. Thomas Voeckler tente tant bien que mal de s’économiser jusqu’au moment où le peloton accélérera pour montrer le plus de résistance possible lors d’un bras de fer déséquilibré. Et ça marche ! Leur avance de 2’25 » à 42 kilomètres de l’arrivée n’a été réduite que d’une minute vingt kilomètres plus loin. Les nombreuses chutes perturbent l’avancée du peloton et l’organisation des équipes des finisseurs redonnant ainsi espoir aux fuyards matinaux.

Une fois arrivé sur l’avenue de Grammont après s’être assuré que le peloton ne reviendrait pas, le Flamand ne cède pas au chantage tactique de Thomas Voeckler et reste dans son sillage. L’Alsacien n’a d’autre choix que de lancer le sprint… et de s’incliner face à un coureur plus puissant. Jelle Wallays triomphe. Il s’offre à 25 ans une ligne de prestige à son palmarès et prive le coureur d’Europcar d’une victoire cette saison. La boucle est bouclée puisque la saison 2014 se termine comme elle avait débuté. Sur la course d’ouverture du calendrier, au GP La Marseillaise, un Flamand de Topsport Vlaanderen-Baloise, Kenneth Vanbilsen, privait déjà les tricolores d’un succès sur leurs terres.
Classement :
1. Jelle Wallays (BEL, Topsport Vlaanderen-Baloise) les 237,5 km en 5h26’18 » (43,6 km/h)
2. Thomas Voeckler (FRA, Team Europcar) m.t.
3. Jens Debusschere (BEL, Lotto-Belisol) à 12 sec.
4. Roy Jans (BEL, Wanty-Groupe Gobert) m.t.
5. Heinrich Haussler (AUS, IAM Cycling) m.t.
6. Jempy Drucker (LUX, Wanty-Groupe Gobert) m.t.
7. Kristian Sbaragli (ITA, MTN-Qhubeka) m.t.
8. Pierre-Luc Périchon (FRA, Bretagne-Séché Environnement) m.t.
9. Guillaume Levarlet (FRA, Cofidis) m.t.
10. Jos Van Emden (PBS, Belkin) m.t.