
Le clenbutérol, c’est précisément la substance qui avait fait tomber son coéquipier Alberto Contador en 2010, lorsque d’infinitésimales traces du produit avaient été retrouvées dans ses échantillons urinaires à l’entame de la dernière semaine de Tour de France. Le produit d’usage vétérinaire est détourné de sa fonction pour deux effets principaux : sa propriété à brûler les graisses et son effet anabolisant, qui permet aux muscles de grossir sans effort. Dans le cas d’Alberto Contador, le contrôle positif avait débouché sur un an de suspension et la perte de nombreux titres dont la troisième victoire dans le Tour de France, qu’il n’a plus été en mesure de gagner depuis.
A présent, l’avenir de Michael Rogers repose entre les mains de la fédération australienne, qui devra mettre sur pied une instance d’audition afin de déterminer si l’Australien a effectivement commis une infraction au règlement antidopage. En attendant, Michael Rogers restera interdit de compétition. A l’annonce de cette sanction provisoire, le coureur a pris contact avec ses dirigeants. « Il leur a expliqué qu’il n’avait jamais ingéré sciemment ou délibérément cette substance, précise le Team Saxo-Tinkoff dans un communiqué. Il craint que les origines de ce résultat d’analyse anormal ne proviennent d’un aliment contaminé. » 2ème du Tour de Californie et 6ème du Critérium du Dauphiné cette saison, Michael Rogers adopte donc la même stratégie défensive que celle soutenue par Alberto Contador. Il s’expose à un à deux ans de suspension, ce qui pourrait fortement compromettre la suite de sa carrière.
Par ailleurs, on apprend également ce soir qu’un second coureur est concerné par un contrôle positif au clenbutérol. Il s’agit du Belge Jonathan Breyne (Crelan-Euphony), un coureur de 22 ans remarqué le mois dernier par sa victoire d’étape au Tour de Taihu Lake. Lui aussi a été provisoirement suspendu.